Les mythes sur le viol sont tenaces, est-ce que je me bats dans le vide ?


La culture du viol est bien ancrée en France : 18 mois après #MeToo, les idées reçues sur les violences sexuelles ne semblent pas avoir évolué...

Les mythes sur le viol sont tenaces, est-ce que je me bats dans le vide ?

« La responsabilité du violeur est atténuée si la victime a une attitude jugée provocante. »

« Il suffit de respecter certaines règles de précaution pour ne pas être violée. »

« Beaucoup de femmes, quand elles disent non pour une relation sexuelle, pensent oui. »

Ces idées, tu penses peut-être qu’elles appartiennent à un autre temps — ou en tout cas tu espères, comme moi, qu’elles sont en recul.

Pourtant, ce n’est pas forcément le cas…

Un sondage sur la culture du viol en France

En 2016, l’association Mémoire traumatique et victimologie dressait un terrifiant état des lieux des idées reçues autour du viol en France.

3 ans plus tard, et 18 mois après le mouvement #MeToo, un nouveau sondage a été effectué… Et ses résultats ne sont pas reluisants.

Certains résultats de ce sondage font franchement peur, notamment au niveau de la méconnaissance du viol conjugal ou de la réalité du viol en général.

Le fait que les victimes de viol portent encore peu plainte, et que leurs plaintes débouchent peu souvent sur des condamnations, est largement ignoré, par exemple.

La culture du viol est tenace… et ça fait mal

Je l’admets : j’ai vu passer ce sondage hier, déjà. J’aurais pu le traiter sur madmoiZelle immédiatement.

Mais j’ai été retenue. J’essaie de porter une voix pleine d’espoir et de positif. J’essaie de mettre en avant le fait que les combats féministes servent à quelque chose.

Je n’avais pas envie d’écrire un article pour dire « Bon bah c’est mort, en 3 ans quasiment rien n’a changé ». Comme un aveu de défaite. Comme si je n’avais plus envie d’essayer.

Et puis je me suis rendu compte que si, j’ai encore envie d’essayer.

Je continuerai à lutter contre la culture du viol

3 ans, c’est quoi, à l’échelle d’une société ? Rien du tout. Une poussière. Même à l’échelle de ma vie, c’est pas si long.

J’ai baigné 20 ans dans la culture du viol jusqu’au cou, je sais ce que ça fait !

Et même maintenant, je continue à apprendre des nouvelles choses régulièrement. Ce qu’on appelle la « déconstruction », questionner et éliminer ses idées reçues, ça ne se fait pas en un jour.

Malgré son côté un peu déprimant, ce rapport a ses aspects encourageants, notamment une réception très positive du mouvement #MeToo dénonçant les violences sexuelles au travail :

En 3 ans, certaines idées reçues ont perdu du terrain. Grâce à mon travail, un peu, et à celui de tous et toutes les militantes qui dépensent de l’énergie au quotidien pour sensibiliser.

Grâce à la meuf qui marche avec #NousToutes comme au mec qui reprend son pote relou. Grâce aux vidéos YouTube pédagogiques et aux actions coup-de-poing. Grâce à l’évolution des lois et à celle des mœurs.

Rendez-vous dans 3 ans pour voir si les mentalités continuent à changer en France ; en attendant, je compte continuer à militer en ce sens, et j’espère que toi aussi !

À lire aussi : 6 films pour comprendre la culture du viol

Mymy Haegel

Mymy Haegel

Mymy est la rédactrice en chef de madmoiZelle. Elle est aussi dans la Brigade du Kif du super podcast Laisse-Moi Kiffer. Elle aime : avoir des opinions, les gens respectueux, et les spätzle.

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Commentaires

helene_musca

@helene_musca Chez nous aussi, la justice est l'amie des violeurs. À chaque affaire, tout le tribunal remue ciel et terre pour que ces dernier soient impunis.
On se rappelle bien de Sarah, une enfant de 11 ans qui a été violé par un homme de 27 et qui n'a pas été jugé pour viol mais pour atteinte sexuelle, les victimes ne seront jamais protégés alors que les violeurs oui
 

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