J’ai couché avec un homme juste pour son physique et je ne regrette rien


Cette lectrice n'avait connu que la séduction par l'esprit. Mais lorsque ses yeux se posèrent sur Maxime, elle sut qu'elle n'avait plus besoin de mots, simplement de gestes...

J’ai couché avec un homme juste pour son physique et je ne regrette rienStudio Flussigkeit / Unsplash

Après des années et des années de couple, j’ai découvert, en janvier 2020, les joies du célibat. 

Coucher avec qui l’on veut, quand on le veut, sans jamais avoir à rendre de comptes, c’était une liberté toute nouvelle pour moi.  Et je comptais bien en profiter !

Un célibat grisant

L’appétit en bandoulière, je me suis inscrite sur toutes les applis de rencontres, de la très classique Tinder à la plus féministe Bumble en passant par la décevante (selon moi) Happn

Mon critère numéro un ? L’humour.  J’avais toujours aimé les hommes drôles aux taquineries sarcastiques, et aux bons traits d’esprit. Et ma recherche sur les réseaux n’allait pas différer de ma quête habituelle. 

Ainsi, je ne rencontrais que les hommes qui parvenaient à me harponner, au milieu des centaines de messages reçus par jour, grâce à un bon mot, une vanne juste. Très vite, mes semaines se sont remplies de rencards au point que mes amis passaient au second plan.

Il est si grisant de découvrir que la rencontre ne se trouve qu’à quelques clics sur un écran de téléphone portable…

Louis, Laurent, Yann, Paul, Armand, Yanis, Jean, Nico, Gab : la liste d’hommes avec qui j’ai partagé une bouteille de vin et des petits plats cuisinés, au bistro qui fait l’angle de mon boulevard, où se pressent tous les bobos du 19e arrondissement de Paris, est longue. 

Ces hommes m’ont fait rire, et j’ai passé à chaque fois des heures de débats passionnés, sur ma terrasse, après le resto, avec eux.

Jusqu’à 6 heures, 7 heures du matin même parfois, j’ai entretenu certaines des conversations les plus intéressantes que j’avais jamais eues avec des humains. 

Séduite par l’intellect de mes amants

La destination finale était toujours la même : mon lit. 

Là encore, je ressentais l’adrénaline extrême de pouvoir être intime le lundi avec Paul, le mardi avec Yanis, le mercredi avec Hugo, le tout sans prise de tête ni jugements de leur côté comme du mien. 

J’ai vécu de belles surprises, des instants intenses avec des hommes pour lesquels je n’entretenais pas de désir physique au départ, et des moments très décevants avec des mecs qui pourtant me faisaient plus qu’envie. 

S’ils étaient bien sûr profondément différents, tous avaient un point commun : c’était leur intellect, surtout, qui me séduisait. À l’exception d’un ou deux que je trouvais particulièrement attrayants, les autres n’étaient pas forcément les canons de beauté qu’on voit dans les films. 

Et ça n’était pas grave, car c’est la personnalité, d’ordinaire, qui me donne envie d’épouser un corps pendant quelques minutes ou quelques heures, pas un physique. !

Et puis, le confinement est arrivé, et j’ai dû cesser mes nuits d’aventure. Ce qui m’allait très bien car depuis quelques semaines, ces nuits de blabla suivies d’un sexe à la qualité incertaine m’ennuyaient profondément.

Le petit jeu de la séduction par écrans interposés m’avait lassée, et j’avais découvert que les applis pouvaient s’avérer plus tristes et sinistres que grisantes. 

J’étais arrivée au fameux stade dont me parlaient mes amis : je ne répondais plus à personne, ou alors simplement pour booster mon ego de temps en temps, et je swipais l’oeil hagard, pas convaincue d’être toujours motivée…

L’éveil du désir physique

Et puis, vers la toute fin du confinement, alors que je traînais mollement sur Bumble, je suis tombée sur un profil qui a particulièrement retenu mon attention : celui de Maxime.

Sur ses photos, il portait un T-shirt tout simple qui laissait entrevoir une musculature impressionnante, et ses cheveux bouclés tombaient sur ses yeux bleu nuit. Il avait indiqué sa taille : 1m98. 

Je n’ai pas hésité une seconde avant de swiper à droite et, coup de chance, nous avons matché.  Je lui écrivis immédiatement, et appris alors qu’il était basketteur professionnel, vivait à Marseille et passait plusieurs heures par jour à pratiquer son sport, sa passion. 

Pour la première fois depuis le jour 1 de mon célibat, je bavais littéralement sur un homme… pour son physique. Ses abdos coulant jusque dans son pantalon de sport, le V invitant à le lui enlever, et les jambes gonflées, longues et robustes, le regard dur et franc, tout dans son corps rendait le mien fébrile. 

Nous avons immédiatement entrepris un échange basé sur le sexe. Pas de blagues, même si je décelais un esprit fin et corrosif sous cette montagne de muscles, mais de la drague ouverte, des mots crus, et même… des nudes. 

Je n’avais jamais envoyé de photos de moi nue à un inconnu, et n’en avais jamais reçues non plus. Tous mes clichés sexy étaient d’ordinaire réservées aux hommes avec qui je vivais en couple. 

Mais là, je voulais plus que quelques mots sur une appli.

Maxime m’envoya alors des photos de lui, sans jamais dévoiler son sexe au départ, le torse nu, une serviette maintenue autour de ses hanches.

Je fis de même. Puis, les bas tombèrent, les poses se firent plus suggestives, les mains courant partout sur nos corps respectifs, aux endroits mêmes où nous aurions aimé sentir celles de l’autre. 

La rencontre, après des semaines de drague

Tout était terriblement érotique au début, pornographique ensuite, au point que j’écrivis certains des textos les plus hard sexuellement que je n’avais jamais envoyés.

Le matin au réveil, quand mon envie était à son point culminant, je pensais à Maxime. Pendant les réunions de travail, j’imaginais ses mains sur moi. Pendant mes apéros avec mes amis, je lui décrivais la manière dont il devrait me prendre la fois lorsque nous pourrions enfin nous voir. 

Pendant six semaines, je n’ai pensé qu’à son corps que j’imaginais dur, gonflé de veines battantes, souple, et mon corps qui disparaîtrait sous toute cette chair tendue. 

Et puis, un matin, Maxime m’annonça qu’il venait enfin à Paris. Il me proposa une rencontre tard dans la nuit, à l’heure où tous les chats sont gris (et saouls).

Ce samedi-là, je passai la journée à chercher une tenue ultra-sexy dans laquelle je serais capable de faire baver jusqu’au pape.

Je trouvai la robe parfaite : noire, longue, moulante, et fendue au niveau de la cuisse droite, un décolleté dans le dos rappelant celui de Mireille Darc dans Le Grand Blond avec une chaussure noire.

Le soir venu je l’enfilai, restai pieds nus, ondulai mes cheveux longs et maquillai mes yeux d’un noir charbonneux. Je ne touchai pas à ma bouche que je voulais nature, pour qu’il l’embrasse sitôt arrivé. 

Jamais je ne m’étais sentie aussi désirable, sans doute parce que je savais que nous étions sur la même longueur d’ondes : celle d’une rencontre bestiale, animale, un peu brutale, dont nous avions convenu par SMS. 

Toutefois, avant qu’il n’arrive, je paniquai un peu : et si, en vrai, il ne me plaisait pas ? 

Le désir grimpe

Quand on sonna à la porte, mon coeur battait à tout rompre, un peu comme il avait battu le jour du bac. Lorsque j’ouvris, la tension se fît plus forte encore que dans mon imagination. 

Si 1m98 c’est grand sur le papier, en vrai c’est très impressionnant.

Lorsque Maxime passa le pas de la porte et mit ses mains sur mes hanches en déposant un baiser sur ma joue, tout mon corps se mit en alerte.  Le moindre souffle, le moindre geste furtif augmentait mon désir, et je sentais qu’il en était de même pour lui. 

Je lui servis une bière, et nous nous installâmes face à face dans mon salon. Il était 2 heures du matin. En buvant, nous nous dévisageâmes longuement. 

– Tu es encore plus belle que je ne me l’étais imaginé.
– J’étais justement en train de me faire la même réflexion te concernant.

Je n’en revenais pas d’être si attirée par le corps d’un inconnu, et n’arrivais pas à croire que de mon côté, je pouvais plaire à un mec si beau. J’avais l’impression d’être devant la version vivante d’une statue de la Rome antique. 

Quelque chose dans son regard, dans sa manière lente de respirer, augmenta tant mon désir que c’est moi qui entrepris de passer aux choses sérieuses. Je lui glissai au creux de l’oreille :

— On va se coucher ? 

Il sourit, et se dirigea vers ma chambre pendant que je me précipitai dans la salle de bain enfiler un shorty et un crop top très moulant. 

Lorsque j’arrivai dans ma chambre, il m’attendait sur le lit, en effleurant mon livre de chevet d’un doigt curieux. Son seul regard sur mon corps m’invita à me déshabiller intégralement, et il fît de même, me défiant toujours d’un coup d’oeil plus que suggestif.

Je ne répondis alors plus qu’à mon instinct, oubliant toute inhibition, ne voulant qu’une chose : le sentir me pénétrer fort et profondément. 

Des ébats concluants

De quelques gestes, nous comprîmes que les « préliminaires » n’étaient pas à l’ordre du jour. Ni lui ni moi n’en avions envie. 

Nous ressentions le besoin ultime, presque indispensable, d’être l’un dans l’autre. Je crois que de toute ma vie, je n’avais jamais autant eu envie d’être pressée contre un corps. 

Ainsi, c’est moi qui m’installai sur lui, et le pris pendant que ses paumes à lui se logèrent sur mes seins et autour de ma gorge. 

Ses mains immenses et fortes contre moi me firent quasiment sortir de ma tête. J’ai un souvenir très flou de ce moment-là, tant mon cerveau n’était plus celui qui dirigeait mes actions.

Au moment où Maxime se leva pour me porter jusqu’à un guéridon et me prendre assise, j’éprouvai la force de ses bras, décuplée encore par le désir.

Chacun de ses regards trahissait la même passion pour moi que j’avais pour lui, et nos échanges devinrent plus puissants encore, plus brutaux aussi. Je lui écrasai le visage de mes mains, lui me griffa la peau, tant nous voulions, inconsciemment je pense, porter les stigmates de cette nuit ardente. 

Nous fîmes l’amour plusieurs fois cette nuit-là.

Au matin, nous allâmes bruncher non loin de chez moi. Pendant une heure, nous nous dévisageâmes sans nous parler, chacun visualisant encore le corps de l’autre sur la pupille de celui d’en face. En buvant ma gorgée de bière, je lui susurrai :

– J’ai envie que tu me baises encore !

Je vis sa tempe droite frémir légèrement et son regard se durcir dans la prévision des douces tortures que nous allions nous faire subir, encore une fois. 

À peine le repas payé, nous allâmes chez moi, et fîmes l’amour par terre, devant mon lit, sans aucun complexe, en beuglant comme des animaux, toussant, nous étranglant, nous embrassant, nous pinçant, nous mordant, nous crachant à la figure. 

Culpabiliser parce qu’on a couché avec quelqu’un pour son physique ?

Lorsqu’il partit, je dormis pendant deux heures, épuisée de n’avoir vécu pendant une nuit et une journée qu’à travers mon corps.  D’ordinaire simple vaisseau, il était devenu l’habitat principal de mon être, et avait été habité, dans tous les sens du terme, comme jamais auparavant.

Maxime m’écrivit, aussitôt rentré chez lui, que cette nuit fit plutôt incroyable, et je ne pus qu’approuver.

Aujourd’hui, lui et moi échangeons souvent, et projetons de nous revoir pour revivre un peu de cette nuit-là. 

Pour la première fois de mon existence, je me suis laissé séduire par un corps et un regard, sans avoir besoin de rire, de raconter ma vie ou d’écouter celle des autres. Seul le désir avait dirigé mes choix, et je n’en éprouvais pas la moindre culpabilité. 

Je suis consciente que j’ai réifié cet homme, tout comme il m’a réifiée. Mais nous avions tous les deux consentis à n’être rien de plus que des corps l’un pour l’autre, et ce depuis le premier message.

Qu’est-ce que c’est bon, de temps en temps, de mettre son cerveau sur pause pour laisser place à ses pulsions !

À lire aussi : « Red Light », une série sur la prostitution aux Pays-Bas sacrée à CanneSéries

Une madmoiZelle

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Commentaires

MorganeGirly

@Lowell Je ne suis pas trop d'accord avec ta vision du rôle des témoignages. Pour moi, ça n'a pas nécessairement besoin d'être original ou pédagogique. C'est juste une tranche de vie, et son éventuelle banalité peut justement permettre à des lectrices de s'y projeter. Dans ELLE, j'adorais lire la rubrique "C'est mon histoire" où une lectrice racontait un épisode sentimental ou personnel/familial de sa vie. Parfois, c'était assez original du genre "je suis une enfant cachée" mais parfois, c'était absolument banal du genre "après mon divorce, j'ai couché avec un maitre-nageur en vacances et ça m'a fait kiffer" mais ça n'empêche que je trouvais ça sympa d'avoir des petits bouts de vie comme ça. Donc le témoignage en lui-même, je trouve tout à fait normal de le partager.

Par contre, je trouve au final plus intrigant le fait que la MadZ juge plus inhabituel d'avoir un coup d'un soir avec un mec qu'elle trouve attirant qu'avec un mec lambda. C'est ptete juste moi, mais justement, j'ai l'impression que le principe d'un coup d'un soir c'est quand même beaucoup plus la connexion physique qu'intellectuelle :hesite:
Perso, mes histoires sexuelles dont j'ai le souvenir le plus moisi, c'était généralement avec des mecs qui ne m'attiraient pas des masses mais que je trouvais sympa, marrant ou avec qui je m'entendais bien, et je m'étais dit que c'était quand même bête de pas tenter le coup "juste" pour une question d'attirance physique.
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Du coup, ça m'intrigue pas mal que certaines personnes soient capables de coucher avec quelqu'un pour qui elles n'ont pas de désir physique à la base :hesite: J'ai l'impression que chez moi, l'attirance physique est quand même un facteur absolument clé pour que je trouve de l'intérêt au sexe et j'avais pas imaginé que ça puisse être aussi différent chez certaines personnes :hesite: Après bien sûr, être attirée par quelqu'un, ça veut pas dire qu'on trouve que ce quelqu'un a forcément un physique de calendrier des Dieux du Stade (l'attirance n'est pas forcément liée à la beauté et encore moins à la beauté conventionnelle), mais comme la MadZ a l'air de dire que même l'attirance physique de base n'était pas du tout très importante avant ce Maxime, je trouve ça très intrigant!
 
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