« Unfriended », le film d’horreur sur le harcèlement en ligne… à côté de la plaque

Unfriended sort au cinéma : ce film d'horreur sur le cyber-harcèlement a entièrement lieu via un écran d'ordinateur. Une double innovation qui ne sauve pourtant pas un film un peu bancal.

« Unfriended », le film d’horreur sur le harcèlement en ligne… à côté de la plaque

Vous n’avez pas pu le rater : Unfriended sort au cinéma et c’est un événement pour plusieurs raisons. D’abord parce que c’est un film qui aborde le cyber-harcèlement et que c’est une réalité dont on parle trop peu dans les médias et dans la culture. Deuxièmement parce qu’il se déroule intégralement dans un ordinateur : on voit l’écran d’une des protagonistes et rien d’autre. Au fil des pages ouvertes et des conversations Skype, l’histoire se révèle.

Ces deux innovations et surtout ce thème à la fois important et d’actualité auraient pu faire d’Unfriended un très bon film, à la fois utile et divertissant. Mais il s’avère relativement bancal malgré des qualités : j’en suis sortie bien déçue… et pourtant assez optimiste. Je vous explique tout ça, aucun souci !

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Le cyber-harcèlement, un (non) sujet central du film

La bande-annonce donnait la couleur : une conversation Skype entre des amis qui se retrouvent avec un invité surprise à bord — un hacker, un fantôme, un stalker… on ne sait pas trop. Pile-poil un an après la mort d’une de leurs camarades victime de cyber-harcèlement, l’heure est au bilan : qui a posté la vidéo et donc causé le suicide de Laura Barns ?

On reconnaît malheureusement nombre d’histoires de cyber-harcèlement ou de harcèlement scolaire ayant mal tourné chez des adolescent-e-s. Ici, Laura Barns a été filmée saoule, disant bon nombre de bêtises et se déféquant carrément dessus pour bien finir sa soirée. Une vidéo qui a circulé dans son lycée, en faisant la risée et provoquant son suicide. Un fait tristement réaliste qui annonçait un bon début de film.

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Si l’histoire de Laura Barns est centrale dans le film, elle n’est qu’un prétexte à une intrigue foireuse avec l’esprit d’une morte qui revient hanter son ancienne bande de copains — laquelle contient à coup sûr le coupable de la mise en ligne de la vidéo. Rien sur l’importance de reconnaître le cyber-harcèlement, qui n’est pas qu’une forme virtuelle de violence mais juste une version moderne de la bonne vieille tête dans la poubelle. Rien sur le parcours de Laura entre la diffusion de la vidéo et le moment de son suicide. Rien (ou presque) sur la personne qui a posté la vidéo ou ses raisons de le faire.

Ce qui sauve Unfriended, c’est une absence de jugement sur le rapport des jeunes à Internet : si le film (ou au moins sa traduction française) n’a clairement pas été réalisé par des vingtenaires ou du moins des internautes confirmés (faute aux mauvais raccords et au langage texto parfois insupportable à lire et bien ridicule), il n’est jamais question de caricature d’une soi-disant addiction aux nouvelles technologies qui déplacerait le débat.

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Une forme moderne pour un film d’horreur plutôt classique

La grande nouveauté d’Unfriended, c’est sa réalisation : fini le film d’horreur tourné comme à la maison ou avec moult lumières permettant de mettre l’emphase sur l’air paniqué de la blonde qui se fera tuer en premier. Les personnages, les décors et l’action ne se trouvent que dans l’écran de Blaire, personnage principal du film et ancienne meilleure amie de feu Laura.

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Malgré les quelques ratés au niveau de la traduction et du langage SMS, la forme remplit bien son boulot, c’est plutôt agréable à suivre. Les longueurs au début permettent d’installer les personnages et leurs relations, ce qui est souvent bâclé à mon goût dans la majorité des films d’horreur.

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Mais ce qui reste pour moi le grand souci d’Unfriended, c’est la notion de d’horreur. Absolument terrifiée par ce genre de films et donc assez peu connaisseuse, je l’admets, je l’ai plutôt vu comme un film angoissant voire gore. Les moments censés terroriser le spectateur arrivent à grands renforts de basses dans les oreilles, ce qui gâche un petit peu l’effet de suspense.

Quant au reste du film, l’horreur fait plus souvent place au gore, façon Destination Finale version Skype. Point positif pour la blondasse qui ne se fait pas trancher la première : il était temps qu’elle survive un peu, celle-ci !

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Un fantôme moderne, c’est un fantôme qui a Facebook.

En résumé, Unfriended est un film qui ne casse pas trois pattes à un canard sans non plus être la crotte de l’année, qui ne fait qu’effleurer un sujet passionnant sans y apporter de nouveauté, au casting agréable sans être éblouissant, qui se sauve par sa forme originale. À choisir, j’aurais d’autres longs-métrages et documentaires à te conseiller sur les nouvelles technologies et nos rapports à celles-ci !

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Ce bilan mitigé ne t’aide pas, je m’en doute. Une seule solution : aller le voir dès demain au cinéma et donner ton avis dans les commentaires !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Tinnuviel
    Tinnuviel, Le 8 juillet 2015 à 15h09

    Je l'ai vu hier soir...
    Ce que j'ai préféré, c'est l'ambiance dans la salle, on a tous beaucoup rigolé !
    Perso, je n'ai pas eu peur.. L'idée du film était vraiment bonne, mais plutot sous exploitée selon moi...

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