Le 25 novembre, toutes en jupe ?

Le mouvement Ni Putes Ni Soumises, présidé par Sihem Habchi, lancera jeudi 25 la journée de la jupe en même temps que la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Le but ? Que toutes les françaises s’habillent en jupe, qu’il s’agisse d’une « jupe crayon, plissée, bouffante, mini… », pour soutenir activement celles […]

Le 25 novembre, toutes en jupe ?

Le mouvement Ni Putes Ni Soumises, présidé par Sihem Habchi, lancera jeudi 25 la journée de la jupe en même temps que la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Le but ? Que toutes les françaises s’habillent en jupe, qu’il s’agisse d’une « jupe crayon, plissée, bouffante, mini… », pour soutenir activement celles qui « subissent le fait d’être née femme ». Concrètement, que faut-il en retenir ?

L’évènement « Toutes en jupe » est avant tout un acte de rébellion contre tous ceux qui traitent les filles de putes dès qu’elles sortent en jupe. Qui d’autre que l’association Ni Putes Ni Soumises pouvait donc organiser telle manifestation ? Le problème, on le connait : oui, il arrive que les filles se fassent insulter dès qu’elles arborent leur féminité. De la même façon qu’il m’est déjà arrivé d’entendre, alors que je dégustais mon cookie dans la rue : « eh, tu vas grossir » (et si j’avais envie d’être grosse, bon sang ?). Certains n’ont pas encore pigé qu’une femme n’a pas à correspondre à certains stéréotypes, et encore moins à obéir à des règles établies par des hommes frustrés et peureux.

Le comble, quand on sait qu’il y a plusieurs décennies, c’était le port du pantalon qui était mal vu chez les femmes. Autrement dit : quoiqu’il arrive, les femmes se verront toujours imposer des diktats absurdes.

En ce sens, l’évènement est louable, mais l’action reste symbolique. Ce n’est bien évidemment pas en portant une jupe un jour par an que les choses vont changer. Pour faire évoluer les mœurs, c’est l’image de la femme toute entière, telle qu’elle est ancrée dans notre société aujourd’hui, qui doit être valorisée. Une femme n’a pas à être discrète pour se faire accepter.

Mais c’est pas à pas qu’on y arrivera, pas vrai ? On peut adhérer au projet par solidarité féminine, sans oublier que c’est un travail quotidien.

Jeudi soir, une soirée expo/vente se déroulera au Palais de Tokyo, où 17 jupes de personnalités telles que Sophie Marceau, Isabelle Adjani ou Carole Bouquet, seront mises aux enchères. Les fonds récoltés serviront alors à financer des « appartements-relais », le projet de Ni Putes Ni Soumises et de l’association Aurore. « Dans la continuité, des photos de filles des quartiers portant les dites jupes seront exposées et mises en vente » précise le communiqué de presse.

Près de 65,000 personnes sont inscrites à l’évènement sur Facebook.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Daisy Blue
    Daisy Blue, Le 9 décembre 2014 à 14h59

    Rebecca D.
    C'est super facile aujourd'hui d'être taxé d'extrémiste en tant que féministe.
    [...]
    La liberté d'expression c'est aussi de pouvoir dire "je sais bien que si on m'a dit bonjour x15 ce matin c'est pour mon cul, et en parlant de cul ça me fais grave chier, parce que j'ai aussi d'autres passions dans la vie que la fermeté de mes fesses" celles et ceux qui se plaignent de quelque chose qu'on leur fait, ont raison de le faire, c'est comme ça qu'on définit ses limites à soi, n'en déplaise à celles et ceux qui se fichent des limites des un(e)s et des autres.
    [...]
    Et c'est pas parce que jolie est un terme mélioratif, que ça excuse n'importe quelle attitude. Je me demande si on arrêterait de filtrer les spam (et de s'en plaindre) si dans l'objet du message il y avait écrit "Jolie!".
    Lorsque je parle d’extrémisme, j'évoque des comportements qui chercheraient à signifier que la femme est plus forte que l'homme, l'image d'une femme conquérante qui revendique plus que de l'indépendance et de la liberté : de la suprématie. Et c'est l'impression que j'ai eu plusieurs fois face à des manifestations diverses de groupes féministes. Je ne les accuse de rien, peut-être est-ce moi qui interprète mal, mais je trouve que parfois c'est cette image qu'elles ont renvoyé.
    J'ai bien conscience que le phénomène de harcèlement de rue est grave, et qu'il est important de chercher à le vaincre, mais on pourrait parfois croire que certaines se servent de cette situation comme un prétexte à mépriser et à vouloir dominer le genre masculin. Encore une fois, c'est ma vision des choses, et je ne mets heureusement pas toutes les manif féministes dans le même lot!

    Pour ce qui concerne la dernière partie de ton message, pareil, je ne généralise pas, enfin ce n'était pas mon intention! ;) Et bien sûr qu'il y a des comportements qui ne s'excusent pas. Mais pour moi, tout dépend de la manière dont c'est dit, la manière dont la personne t’aborde, dont elle te regarde, etc. Le contexte, quoi. Je trouve qu'on a tendance à voir de l'agressivité et de l'irrespect partout chez les hommes un peu dragueurs alors que pour certains il ne s'agit pas de cela.

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