Top of the Lake, la mini-série de Jane Campion, ce soir sur Arte

Top of the Lake est une mini-série très particulière mêlant féminisme, enquête policière, paysages et reconstruction personnelle. Suite et fin ce soir sur Arte !

Top of the Lake, la mini-série de Jane Campion, ce soir sur Arte

Le 14 novembre — Top of the Lake, suite et fin, c’est ce soir sur Arte avec les trois derniers épisodes diffusés à partir de 20h50. Si vous n’étiez pas devant votre télé jeudi dernier, vous pouvez rattraper en retard en VOD sur Arte +7 !

Article du 7 novembre :

Top of the Lake est une mini-série sortie en mars 2013, créée par Jane Campion (La Leçon de pianoBright Star…) et Gerard Lee et portée par la talentueuse actrice Elisabeth Moss, connue pour son rôle de Peggy dans Mad Men. Elle sera diffusée en deux parties sur Arte avec trois épisodes ce soir, jeudi 7 novembre 2013, et les trois autres dans une semaine, le 14.

Une enquête policière qui remue la vase

Robin Griffin, inspectrice de police, revient dans sa ville natale, Laketop, en Nouvelle-Zélande. Elle est sollicitée par les enquêteurs locaux car une habitante, Tui, âgée de douze ans, est enceinte : il faut découvrir qui l’a violée. Mais rapidement, Tui disparaît sans laisser de traces…

Pendant son enquête, Robin va remuer la vase de cette petite ville en bord de lac et ne va pas se faire que des amis. Le père de Tui, par exemple, traîne dans différents trafics pas très recommandables. Un peu en retrait de la ville, une étrange communauté de femmes violentées s’est installée, sous la coupe d’une drôle de gourou qui semble n’en avoir rien à foutre.

Et surtout, Robin sera confrontée au viol en réunion qu’elle a elle-même subi dans sa jeunesse, de la pire des manières : en croisant dans la rue, dans les bars, ses agresseurs toujours en liberté…

L’homme est un loup pour la femme

Le thème principal de Top of the Lake, c’est les violences faites aux femmes. Si les personnages masculins ne sont pas tous des agresseurs, il y a une bonne dose d’hommes abusifs, de virilité exacerbée et violente, qui se cristallise dans la grossesse, puis la fugue de Tui et dans le viol subi par l’héroïne, mais aussi dans la communauté de femmes décidant de vivre entre elles dans un espace sécurisé et non-mixte après avoir souffert auprès des hommes.

Loin d’être fataliste ou misérabiliste, la série aborde ce problème de front et montre, via le personnage de Robin, femme violée évoluant dans un monde masculin et viril, celui de la police, qu’il est possible de s’en sortir, de se battre et de ne pas se laisser marcher sur les pieds. À de nombreuses reprises, l’héroïne tiendra tête à des hommes menaçants, et luttera pour qu’on la respecte, elle comme toutes les autres femmes.

La famille de Tui, une belle brochette de vrais bonhommes

Une série brutalement contemplative

Un peu comme RectifyTop of the Lake tempère la violence des thèmes abordés par une esthétique contemplative, avec beaucoup de plans immenses sur la nature néo-zélandaise, et un rythme lent qui nous immerge dans cette petite ville pleine de secrets malsains et de rivalités. On est loin de la frénésie des séries policières classiques.

Si ce choix peut amener une partie du public à abandonner — j’ai moi-même hésité à finir les six épisodes d’une heure chacun, impossible en tout cas de nier la qualité de Top of the Lake, qui allie à cette esthétique particulière des acteurs et actrices très justes et subtils. On a ici une vraie série artistique qui n’a rien à envier au grand écran.

En bref, je ne peux que vous conseiller de tenter l’expérience ce soir sur Arte, à 20h50 (ou en replay pendant sept jours) !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Duendecita
    Duendecita, Le 28 décembre 2013 à 0h51

    Je viens de finir la série et j'ai beaucoup aimé: je ne trouve pas du tout que la lenteur d'un film ou d'une série soit un défaut, bien au contraire. Le problème qui réside dans beaucoup de séries est pour moi justement le besoin d'aller vite, de dresser les caractères de personnages et les cadres dans lesquels ils évoluent le plus rapidement possible afin que le spectateur ne se lasse pas. Cela donne souvent à mon avis des personnages grossiers, des intrigues bâclées, des situations répétitives et une impression de consumérisme assez pénible (il faut satisfaire le client). Cela est bien sûr dû au système général de diffusion des séries (si elle n'a pas d'audience une série est souvent arrêtée) mais cela nuit à la qualité de ce que l'on nous propose.
    Bref je me suis un peu égarée mais j'ai trouvé la série intéressante, fine dans les questions qu'elle pose et laisse ouvertes (le personnage de la femme "sage", JG, est très bon selon moi car elle est très humaine, ne se revendique pas comme une "guide" parfaite, râle, crie, refuse la méditation etc.).
    L'atout principal de cette série est de ne pas exagérer: on n'est jamais dans un pathos ridicule ou dans du voyeurisme racoleur, pas de scènes trop explicites: c'est pudique sans être prude. On se doute assez vite de l'identité du coupable, mais l'intrigue ne tourne pas vraiment autour de cela: c'est un prétexte au traitement des personnages et du milieu.
    C'est le genre de séries que j'aime beaucoup, le fait de prendre son temps est un gage de qualité, comme un roman prend le temps d'installer les personnages, de les faire évoluer, de décrire les lieux.
    Dans les mini séries j'ai aussi beaucoup aimé, pour celles qui voudraient en voir d'autres, Angels in America (qui date de 2003, 10 ans déjà!) et Girls.
    Dans un genre très différent, je pense à The Wire,  qui pour moi a la qualité de prendre son temps, de ne pas chercher à satisfaire l'attente préétablie d'un public ciblé, et qui montre de façon très intéressante une ville et ses différents milieux.

    (bon j'ai écrit plus que prévu mais l'essentiel est que j'ai vraiment aimé cette série, découverte grâce à vous donc merci! :fleur:) Je vais d'ailleurs regarder d'autres œuvres de Jane Campion!

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