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« Rectify » : la vie après 19 ans dans le couloir de la mort

Fab vient de terminer la première saison de « Rectify », une série profonde et touchante sur la vie d’un rescapé du couloir de la mort. Six épisodes lancinants et fascinants.

Le 16 octobre 2014 — Bonne nouvelle ! ARTE passe les deux premiers épisodes de Rectify ce jeudi soir à 22h40 !

Le 8 octobre 2013 — Daniel Holden n’avait que 18 ans lorsqu’il fut condamné à mort pour le meurtre d’Hannah, sa petite amie, dans un petit village de Georgie — du moins on l’imagine, puisqu’ils parlent d’Atlanta comme de la grande ville du coin.

Dix-neuf ans plus tard, il est libéré grâce à de nouvelles études ADN. C’est un miracle, mais aussi une véritable épreuve de revenir vivre (au moins temporairement) dans sa ville natale et surtout de devoir se réhabituer à la liberté après une vingtaine d’années enfermé dans une cellule.

Rectify est une série tout à fait fascinante : le scénario et la réalisation vous plongent au plus près de ce rescapé — temporaire, en attendant qu’il ait un nouveau procès — du couloir de la mort. Comment revient-on à une vie normale après avoir vu défiler pendant deux décennies ses voisins vers l’injection létale, après avoir attendu si longtemps de mourir ?

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« Condamné à mort, contraint de vivre »

Tout a tellement changé en vingt ans : sa famille, sa ville natale, le monde, la technologie… la seule chose restée intacte, c’est l’animosité des gens de son bled qui, pour certains, auraient préféré le voir rôtir sur une chaise électrique. Ça lui vaudra d’ailleurs un retour agité à la maison. On n’aime pas voir revenir les vieux fantômes dans le Sud des USA.

Le comportement social de Daniel Holden est d’ailleurs grandement affecté par son séjour longue durée dans le death row, et qui pourrait le blâmer ? Pour que le spectateur comprenne bien l’étendue des dégâts, les scénaristes nous offrent régulièrement des flashbacks pour le moins percutants… si bien qu’on finit par avoir plus d’infos que sa propre famille sur les horreurs qu’a vécues Holden, lui-même étant peu prolixe sur les joyeusetés de sa vie depuis vingt ans.

Six épisodes, six jours

On accompagne donc le retour à la vraie vie de cet étrange personnage, durant six épisodes (et six jours dans la série) : on fait sa connaissance, on apprend à le connaître, à découvrir sa relation à sa famille, à sa soeur, Amantha, à son petit frère, Jared, 18 ans, son demi-frère et sa femme, Tawney, qu’il n’a jamais vraiment connus, et en filigrane, cette question : l’a-t-il fait, ou pas ? Est-il coupable ou innocent ?

rectify-tawneyTawney, qui n’est pas loin de gagner l’Oscar du personnage le plus relou dans une série en 2013

Fans de séries d’action, passez votre tour : Rectify

est une série au rythme lent. Mais pas lent façon Game of Thrones, où les douze mille intrigues obligent le scénario à traîner en longueur pour permettre à tout le monde d’avancer en parallèle.

Les p’tits plaisirs simples de la vie

Non, Rectify pose son oeil bienveillant sur ce seul Daniel Holden (Aden Young, fantastique dans ce rôle) et creuse en notre compagnie toute la complexité du personnage, qui retrouve le plaisir des choses toutes bêtes de la vie : marcher pieds nus dans de l’herbe, s’aseoir par terre et ne rien faire que de contempler l’existence… Mais oui, c’est vrai qu’il a dû oublier ce que ça pouvait faire, dans son couloir bétonné.

On y suit aussi ses ennemis, ce sénateur qui souhaite le voir retourner d’où il vient, ses amis, les méfiants.

Les dialogues prennent le pas sur l’action, ils y ont d’ailleurs une place prépondérante et ça tombe bien, puisqu’ils sont fantastiques — Rectify comporte quelques discussions qui vous marqueront, sans aucun doute.

Le succès critique fut d’ailleurs au rendez-vous aux US, mais pas que, puisque Sundance Channel a commandé une saison 2, alors que Rectify était au départ un « one-shot ».

Si vous cherchez une autre série à vous mettre sous la dent depuis la fin épique de Breaking Bad, jetez un oeil à Rectify. C’est le jour et la nuit d’un point de vue du rythme, mais la qualité est autant au rendez-vous qu’avec Walter White.

C’est assez rare en 2013, de tomber sur une série où il ne se passe rien ou presque, mais dans laquelle le simple fait d’accompagner un personnage vous donne la sensation d’avoir vécu quelque chose. Rectify est de cette trempe-là.

— D’autres avis à propos de Rectify sur SensCritique


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Les Commentaires

8
Avatar de sandrine1616
2 février 2014 à 14h02
sandrine1616
@ Ocacia : http://www.myzombieculture.com/2013/10/15/in-the-flesh-le-tournage-de-la-saison-2-de-la-serie-de-morts-vivants-de-bbc-three-a-debute/

Youhouuuu!!!!
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