Top 3 des chansons qui me rendent nostalgiques

De Michel Delpech à Air, voici le top 3 des chansons qui rendent Sophie Riche nostalgique.

Top 3 des chansons qui me rendent nostalgiques

La nostalgie, c’est pas sale. Je sais pas pourquoi certain•e•s refusent d’éprouver cette émotion, comme si elle empêchait d’aller de l’avant, comme si, en se laissant aller à l’éprouver, on allait être atteints du syndrome du « c’était mieux avant » et s’enfoncer dans le passé.

La nostalgie, c’est une sorte de gentil regret qui fait soupirer en souriant un peu quand on repense à un truc qui nous a plu, à une jolie période. Moi-même, je suis régulièrement prise de nostalgie, et laisse-moi te dire que ça ne m’empêche en rien d’être consciente que cette semaine sera meilleure que la précédente (qui était pourtant géniale) et moins bien que la prochaine ! Sourire du passé ne veut pas dire oublier que le présent et l’avenir poutrent vachement.

Et quand j’ai envie de ressentir de la nostalgie, j’ai un top 3 des chansons plus efficaces les unes des autres.

Highschool Lover, de Air (2000)

https://www.youtube.com/watch?v=KSKn68HYpYo

Ça fait déjà 16 ans que Virgin Suicides, le premier film de Sofia Coppola, est sorti. À l’époque j’avais dix ans alors tu penses bien que je l’ai pas regardé tout de suite : j’en aurais rien eu à péter, et puis, je suis pas sûre que j’aurais eu le droit.

À lire aussi : Virgin Suicides et sa moiteur lascive — Du livre à l’écran

Mais, depuis que je l’ai vu pour la première fois, outre les jolies images à l’écran, le truc qui me marque le plus, c’est la bande-son (comme probablement tellement d’autres personnes sur Terre). Portée par le groupe Air (et la voix de Thomas Mars, du groupe Phoenix, sur Playground Love), c’est un vrai bijou, une source inépuisable de bonheur pour les oreilles avec plus ou moins de cerumen dedans.

Tous les morceaux sans exception mettent dans un état de douce mélancolie nostalgique. À Highschool Lover, j’ai longtemps préféré Playground Love, la version avec plus d’arrangements et quelqu’un qui chante dedans. Je l’ai écouté en boucle et ça accompagnait mes moments de réflexions centrées sur moi-même à l’adolescence. Et puis un jour, j’ai ré-entendu Highschool Lover et elle m’a mille fois plus bouleversée.

Ce piano lourd en fond, ces notes faussement guillerettes en surface, le moment du film qu’il illustre… tout semble rappeler la période de l’adolescence parfois nulle parfois géniale parfois les deux en même temps (saleté d’hormones, ah ouais ?).

Ça gonfle drôlement le palpitant.

Àguas de Março, de Antonio Carlos Jobim (1972)

Je sais pas si c’était le cas, mais Àguas de Março sonne pour moi comme le genre de chansons qui baignent les enfances de tous les enfants, toute générations confondues. Je sais pas pourquoi. Je suis même pas sûre de l’avoir entendue quand j’étais petite ! Mais la première fois que je l’ai écoutée, j’ai eu l’impression d’être réchauffée dans l’océan de douceur d’une serviette de bain rincée au Soupline, si tant est que mon enfance était en réalité une publicité pour assouplissant.

Cette chanson est réconfortante, elle est comme une tartine de pâte aux noisettes après une grosse sieste, le premier repas qui tient la route après une gastro, la chaleur d’une couette après la douche après un trajet trop long sous une pluie torrentielle, ou un thé fumant un lendemain de soirée trop arrosée… L’avantage, c’est qu’elle a été reprise de multiples fois, alors chaque fois que tu tapes Àguas de Março sur Spotify, Deezer ou autres, c’est comme une découverte.

Ce titre a été élu meilleure chanson brésilienne de tous les temps selon le journal Folha de São Paulo. Je m’y connais pas de façon technique en musique, mais bon, je me dis que si un morceau est sacré « meilleure chanson de son pays », c’est plutôt bon signe, en terme de qualité.

Même si à la fin, c’est gênant parce qu’on dirait Tonton Jean-Mi et Tatie Josiane se chauffent de façon caricaturale en plein trip « prends-moi sauvagement », ça reste une des chansons qui me remplissent le plus le coeur d’une sorte de nostalgie joyeuse. J’aime bien.

Quand j’étais chanteur, Michel Delpech (1975)

Hier, j’étais tranquillement en train de glander quand mon portable a vibré dans ma poche. Vu que j’ai désactivé les notifications pour pas mal de trucs, c’était forcément une alerte info. Je m’attendais à un scandale politique ou autre rencontre sportive de haut vo —, rien qui ne me touche en plein coeur.

C’était effectivement une alerte info, mais celle-ci m’a fait drôlement mal au bide. Elle disait que Michel Delpech s’éteignait doucement. Qu’il était en train de mourir d’un cancer de la gorge, qu’il ne pouvait plus parler et encore moins chanter, et qu’il serait probablement mort avant l’automne.

C’est son ami Michel Drucker qui l’a annoncé aux médias, obéissant aux demandes du principal concerné : « […] Il s’éteint doucement et si je vous en parle c’est qu’il m’a demandé de le faire. Je le vois tous les trois jours, tous les quatre jours, et il me dit : parle de moi, parle de moi sur scène, parle de moi dans tes vidéos, dis que j’ai été courageux. […] »

Alors j’ai repensé aux trajets en voiture à l’arrière de la voiture familiale, rythmés par Michel Delpech avec sa voix de personne gentille et sa bonne tête de personne gentille sur la pochette. Avec son sourire franc et son regard qui a l’air de tout trouver super. Je sais pas pourquoi, je l’imagine trop dire ça : « ah bah ça c’est super ! » avec un enthousiasme à la cool.

Dans Quand j’étais chanteur, il chantait du haut de ses vingt-neuf ans en se mettant dans la peau de lui-même, à 73 ans, en 2019, revenant sur ses succès d’antan, sur sa carrière de grand chanteur populaire. Il les atteindra certainement pas, ses 73 ans… Ça fait mal partout de se dire ça.

Les chansons qu’on entendait souvent plus jeune, ça rend nostalgique du passé, mais celle-ci me rend également nostalgique pour toutes les personnes qui ont été adulées un jour et qui ne le sont plus vraiment. Pour toutes les personnes qui ont été jeunes un jour, et qui ne le sont plus du tout. Elle me rendait nostalgique bien avant cette alerte info – dès la première écoute, en réalité. Je trouve ça fantastique à quel point ces paroles si simples sonnent vraies.

Cette chanson, c’était déjà ma number one de la nostalgie, alors je te raconte pas l’effet qu’elle me fait maintenant que je sais que mon musicien français préféré est apparemment en train de mourir…

Et toi, quelles sont tes chansons qui te plongent dans une douce nostalgie ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Demezia
    Demezia, Le 16 juin 2015 à 22h19

    Oh je ne savais pas pour Michel Delpech, ça me fait un petit coup au moral.

    Etant grande fan de Nostalgie (la radio) c'est un chanteur que j'entend souvent, je me sens un peu proche de lui

    @PlumeRouge cette chanson me fout toujours les larmes aux yeux aussi, d'autant plus qu'elle était une des préférée de ma tante qui est malheureusement morte et donc ne verra jamais sa maison se re-remplir... J'avoue que ça me fout toujours le cafard quand j'y pense :erf:

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