L’opération myopie au laser

Fab a testé pour vous l'opération myopie au laser. Voici ce que ça donne, étape après étape, jusqu'à un bilan cinq ans plus tard.

L’opération myopie au laser

Publié initialement le 10 novembre 2009

Ça m’est venu comme ça. Marre de porter mes lunettes en permanence crados (avec à boire et à manger dessus), marre de me péter le pif pendant les séances de bagarre avec mes filles, marre de ne pas reconnaître mes blondinettes quand on allait à la piscine… je n’étais pas très myope mais suffisamment pour que ça soit handicapant sans lunette.

Un jour, ça m’est venu comme ça, donc. J’ai posté un message sur Twitter, puis Beyond m’a répondu qu’y avait un sujet sur le forum de madmoiZelle. Bah oui, banane que je suis. Je pensais que c’était un truc de « vieux », l’opération de la myopie. Mais non en fait. Au contraire, vu le succès du topic – 13 pages à l’heure où je tapote ces lignes.

J’ai lu, j’ai posé la question à mon ophtalmo, qui m’a dit que ça tombait bien, qu’un de ses collègues pratiquait l’opération, que j’avais qu’à prendre mon prochain rendez-vous de contrôle chez lui. Et hop.


« Je vois des gens mooorts » mais non en fait.

Fin août, rendez-vous. Explications. Grosso modo, la cornée du myope est déformée et le laser va venir découper quelques microns pour la rendre belle gosse. Il y a deux sortes d’opérations :

– Le laser excimer, qui consiste à gommer la surface de la cornée après en avoir retiré l’épithélium (une petite couche la recouvrant, nous y reviendrons). Elle est recommandée pour les petites myopies et les astigmatismes légères.

– Le LASIK : un sympathique robot va venir t’enlever le « couvercle » de ta cornée pour que le laser vienne réparer ta myopie et ton astigmatisme en profondeur. Une fois que c’est fait, le petit robot vient te reposer le couvercle, comme si de rien n’était. Ce traitement est recommandé pour les myopies un peu plus balèzes, jusqu’à 10 dioptries. Pour les amatrices de sensations fortes, une vidéo en très gros plan sur Youtube, c’est cadeau.

— Plus d’infos sur cette page fort bien documentée

Pour moi, bicoz p’tite myopie et léger astigmatisme, ça sera le laser excimer.

Rendez-vous est pris. Deux rendez-vous, plus précisément, parce que mon toubib pratique un oeil, puis l’autre un mois plus tard. Je ne suis pas assez curieux, j’ai appris plus tard que beaucoup d’entre vous se faisaient opérer des deux yeux d’un coup. Quelle est la différence ? Je suppose que ça permet d’avoir un oeil valide pendant que l’autre récupère.

L’opération de la myopie

Comment se passe l’opération de la myopie ?… Je ne sais pas s’il y a l’équivalent de la brigade des nurses (comme pour l’accouchement dixit Florence Foresti) qui va me tomber dessus, mais comme j’suis un ouf, j’m’en vais te raconter tout ça.

Déjà, le lieu. Rendez-vous au CHR de Lille. Pour un grand gaillard comme moi qui n’a jamais subi d’opération de sa vie à 32 ans, ça pose direct le tableau : yes, l’heure de ma première opération chirurgicale est venue. Pour accentuer cette impression, l’infirmière va me coller des sur-chaussures et une magnifique charlotte. Ca sied à merveille à mon crâne chauve, précise-t-elle. Elle doit la faire à tous les déficients du cheveu.

Quelques gouttes anesthésiantes dans l’oeil plus tard, mon ophtalmo est là, fagotté comme dans Urgences, les gants en plastoc et tout. Il m’allonge, me glisse l’instrument de torture au-dessus de l’oeil et – truc le plus étonnant de l’expérience – me cale un écarte-paupière sur l’oeil opéré. Cet engin me fera découvrir une sensation tout à fait inédite : l’obligation de voir. Impossible de fermer les yeux pour te dire « ah non ça je veux pas voir, merci ! »…

Grattage de cornée et flou artistique

Tu compatis vachement avec le héros d’Orange Mécanique et d’autant plus quand l’ophtalmo t’annonce qu’il va te gratter la cornée, que ça va devenir tout flou mais que c’est pas grave. Et zou, il gratouille, gratouille et même si c’est indolore, ça fait quand même complètement bizarre. Tu vois FLOU. Mais pas flou myope, hein. Non FLOU FLOU, pareil que quand ton père il lavait le pare-brise de la caisse sur la route des vacances.

Voilà typiquement le genre de moments où tu voudrais ne pas regarder, mais c’est sans compter sur l’écarteur de paupière, ma p’tite dame. Une fois plongé dans le flou, l’ophtalmo te caresse la cornée avec un p’tit pinceau pour réhydrater et ho, ça redevient net ! Vient le moment du… laser et là, ça rigole pu.

Laser et cochon grillé

« Fixez le point rouge qui clignote et faut pas bouger ! » Yes sir ! 8 secondes x 4 coups de laser, au cours desquelles le point rouge va devenir une tâche informe mais peu importe, fixe quand même grosso merdo le centre de la tâche rouge. Ca fait bzzz comme dans les mauvais films de série Z, ça sent un peu le cochon grillé mais encore une fois, c’est totalement indolore.

Le temps de mettre 3 gouttes, une lentille de protection (à garder quelques jours) et hop, te voilà avec un oeil neuf. Ou presque.

Convalescence

On peut distinguer trois grandes phases dans la « convalescence » et le rétablissement de l’oeil :

Phase 1 – Le pleurage de mère

Sorti de l’hosto, y’a pas à dire, je me portais comme un charme. L’oeil opéré voyait limite clairement, j’étais juste un tantinet secoué par tant d’émotions, mais sinon, sans souci. C’est environ… deux heures plus tard que ça commence à se compliquer, pile-poil le moment de poser les premières gouttes, tes précieuses amies des jours à venir.

Maux de tête, oeil rougi, sensation de grain de sable dans l’oeil, picotements, oeil qui pleure tout seul pendant la nuit… c’était pas spécialement le moment le plus glamour de mon existence. Mon conseil : ROU-PILLE H24. Ça permettra à l’oeil de se rétablir bien plus rapidement (j’ai appliqué mon conseil sur l’oeil n°2 et ça fonctionne effectivement).

Phase 2 – Flou, net et re-flou

La semaine suivante, l’oeil ne te fait plus souffrir, mais il va te jouer des tours : la vue risque d’être fluctuante pendant une semaine à quinze jours. Mais quand je dis fluctuante, c’est VRAIMENT fluctuante : de plus en plus net de loin, mais flouflouflou de près (pour un myope, ça fait bizarre), avant d’aller de mieux en mieux.

La solution pour cette transition si tu te fais opérer un oeil, puis l’autre : adopter une seule lentille pour l’oeil encore miro, ou bien poser un verre neutre sur ta lunette (ça m’a coûté 30 euros, mais ça en valait la peine).

Sache que cette période est terriblement gonflante, parce que tes deux yeux sont totalement décalés : alors que l’opéré voit de façon bancale, l’autre reste flou comme au premier jour.

Phase 3 – Quand la vie redevient nette

Passée cette période d’ajustement, ton oeil va redevenir gai comme un pinson et toi avec. Depuis quinze jours, je n’arrêtais pas de fermer l’oeil non-opéré pour vérifier que la netteté était toujours au rendez-vous et YES IT WAS.

Visite de contrôle chez l’ophtalmo mercredi dernier : la myopie a disparu, il me reste un léger reste d’astigmatie, mais pas grand’chose et il peut très bien avoir disparu dans quelques mois. Wait & see donc.

Je me suis fait opérer du second oeil jeudi matin. Hormis un petit malaise vagal (8h20 c’est trop tôt pour se re-faire gratter la cornée), ça s’est passé à merveille et mon deuxième oeil s’est rétabli beaucoup plus vite… sans doute parce que la première fois, j’ai fait le mariole à vouloir à tout prix bosser le jeudi et vendredi, ça a dû le fatiguer.

adriaaaane
Adriaaaaane !

Bon j’ai encore le petit oeil caractéristique de l’opération — checke-moi ça, on dirait un boxeur, mais si tu es myope, que tu ne supportes pas les lentilles et que tu as 1500 euros à dépenser (remboursés 500 par ma mutuelle), n’hésite pas, fonce, c’est un génial investissement (surtout vu le prix de mes derniers verres de myope amincis pour éviter les culs de bouteille).

Et tiens, en parlant de lunettes, comme un symbole, je les ai pétées net samedi matin. Sans le faire exprès, hein, pas pour trouver une cholie fin à cet article.

crac la lunette

Mise à jour du 25 août 2014 — Presque cinq ans plus tard, j’ai fait mon premier « contrôle » chez l’opthalmo pour vérifier si tout allait bien, et je n’ai perdu qu’un dixième à un oeil. Si bien que les deux yeux ouverts, j’ai toujours 10/10. Ma myopie est toujours parfaitement corrigée.

Le toubib m’a également expliqué que j’avais encore la cornée suffisamment épaisse pour tenter une seconde opération si nécessaire, avant l’inévitable presbytie qui se pointera aux alentours de la cinquantaine. Cinq ans plus tard, les € dépensés dans cette opération restent l’un de mes meilleurs investissements.

Une fois que vous avez passé la convalescence et une première année où vos yeux seront secs plus que de raison, le confort est total.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • La.Rousse
    La.Rousse, Le 14 octobre 2016 à 16h17

    Je vais passer une consultation dans les prochaines semaines pour savoir si je suis opérable : ENORME STRESS ! :tears:

    Est-ce que l'une d'entre vous s'est déjà fait opéré ou connaissent des gens s'étant fait opéré soit au CHRU de Lille (Hôpital Huriez) soit au centre Acti-Vision, de la clinique privée La Louvière, à Lille aussi.

    Je n'arrive pas à me décider entre ces deux options, pleeeaaaase HELP !

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