« Souk », un jeu de société familial et sympathique (+ interview)

Pour ce « Jouons en société ! », Mathilde s’est intéressée à un duo auteur/illustrateur et vous présente dans cette deuxième partie « Souk », avec une interview !

« Souk », un jeu de société familial et sympathique (+ interview)

Après vous avoir présenté la semaine dernière Le Lièvre et la Tortue et son univers autour des contes, voici un autre jeu du même duo auteur/illustrateur (Mathieu Leyssenne à l’illustration et Gary Kim, auteur de Koryo) : Souk, édité cette fois chez Bombyx, qui vous plonge dans l’Orient.

À lire aussi : « Le Lièvre et la Tortue », un jeu de société rapide et malin

Souk (2014)

  • Difficulté : familial, à partir de 8 ans
  • Mécanismes : Mises et paris
  • Univers : Orient
  • Joueurs : 3-5
  • Durée : 15 minutes
  • Prix : 15€
  • Editeur : Bombyx
  • Auteur : Gary Kim
  • Illustrateur : Mathieu Leyssenne

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C’était un peu le souk dans la boîte… haha.

Souk est un jeu de cartes édité par Bombyx, que vous connaissez très bien car je vous ai déjà présenté Noé, Sultaniya et Abyss. Dans la boîte métallique embossée typique de l’éditeur, vous trouverez :

  • Cent cinq cartes Épice joliment illustrées.
  • Cinq aides de jeu.
  • Un pion « premier joueur ».
  • Un plateau représentant la place des Épices avec ses sept échoppes.

Comment jouer ?

Souk est un jeu de mises et de paris se déroulant en quatre manches. Distribuez sept cartes à chaque joueur. Les cartes représentent les six épices différentes du jeu : poivre noir, pavot bleu, anis étoilé, curcuma, cardamone et piment fort.

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Une partie en cours.

Chaque manche débute par la phase de mise secrète durant laquelle chaque joueur sélectionne de sa main une ou deux cartes Épice qu’il place ensuite devant lui, face cachée. Pour la première et la deuxième manche, une carte est posée et chaque joueur pioche une nouvelle carte. Pour la troisième et la quatrième manche, deux cartes sont posées et chaque joueur pioche deux nouvelles cartes.

Une fois que cette mise est effectuée, il vous suffira de choisir entre deux actions :

  • La mise ouverte (possible uniquement une fois par manche) : placez une carte de votre main face visible devant vous. C’est un pari supplémentaire pour marquer des points.
  • La pose de carte(s) Épice : placez des cartes du même type d’épice sur une échoppe libre ou qui comporte déjà cette épice. Le total d’épices dans une échoppe ne peut jamais dépasser le chiffre de quatre.

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Mes deux mises pour cette manche : pavot et anis.

La fin de partie, c’est quand ?

À trois ou quatre joueurs, une manche se termine lorsque chaque échoppe contient au moins une carte ou lorsque quatre cartes sont présentes dans au moins deux échoppes. Une manche est donc très courte et peut se terminer avant d’avoir eu le temps de placer une mise ouverte ! Ensuite, chaque joueur révèle ses mises et compte le nombre de points qu’elles lui ont rapporté : selon le nombre de cartes Épice jouées dans l’échoppe, vous marquerez un certain nombre de points, à condition d’avoir misé sur cette épice évidemment !

Tournez la carte Épice vous ayant servi de pari de manière à afficher la valeur correspondant au nombre de cartes de cette épice jouées dans l’échoppe, et placez-la à côté de vous pour le restant de la partie : cette valeur représente vos points qui s’accumulent au cours de la partie.

Jouez quatre manches et calculez vos points ! Le vainqueur est évidemment celui/celle avec le plus de points.

Interview de Benoît Forget, gérant de la maison d’édition Purple Brain

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Monsieur veille sur ses bébés !

  • Tout d’abord, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Benoît Forget, j’ai 41 ans et je vis à côté de Bordeaux avec ma compagne et plein d’enfants. Je suis le patron de Purple Brain Creations, une modeste maison d’édition de jeux de société que j’ai fondée en mars 2013 après avoir été chef de projet chez Libellud (Dixit, Seasons…), chroniqueur-rédacteur pour Plato Magazine, Ravage Magazine et Scifi Universe. J’ai également travaillé chez les Sapeurs-Pompiers de la Vienne pendant douze ans et avant cela, j’ai fait des études d’histoire.

Un parcours un peu hétéroclite, donc.

  • Quel rapport entretiens-tu avec les jeux de société modernes (métier, passion…) ? Si c’est ton métier, peux-tu le décrire en quelques lignes ?

Les deux madame ! Je pratique depuis un certain temps. Concernant mon métier, c’est un peu comme dans les métiers du livre : je suis éditeur. Cela implique le développement d’un prototype en vue de l’édition, le choix des illustrateurs et la direction artistique, l’établissement des devis de production, la communication, etc. Je travaille de manière très rapprochée avec Iello, mon distributeur.

  • Quels sont tes jeux préférés, ou (si ta liste est trop longue) ton type de jeu de prédilection ?

Je suis assez hétéroclite dans le domaine : j’aime autant les jeux pour enfant/famille que les jeux pour public averti. J’adore les jeux d’affrontement tactique tels que Claustrophobia mais aussi certains jeux de l’école allemande comme El Grande. Bref, j’aime beaucoup de choses dans ce domaine et surtout les jeux familiaux dans lesquels tout le monde y trouve son compte (ou conte)… C’est ce que j’essaie de proposer avec les jeux que j’édite.

  • As-tu l’occasion de jouer régulièrement avec des femmes aux jeux de société modernes ? L’expérience est-elle différente ?

Oui, ma compagne en premier lieu, qui participe souvent aux tests de jeux. En fait, je ne fais pas tellement de différence de genre dans ce domaine. Chacun•e possède sa propre expérience dans le domaine ludique et ailleurs, qu’il/elle soit une femme ou un homme. Ce qui m’intéresse, ce sont les personnes avec qui je joue, c’est un acte social indépendant de toutes notions de genre.

  • Pourquoi, selon toi, y a-t-il plus de joueurs que de joueuses ?

Les temps changent ! Je pense que tout a commencé avec le jeu de rôle et les wargames qui étaient très « masculinisés » à l’époque — la faute à la testostérone, sans doute. Et c’est grâce aux jeux de société modernes que l’ouverture s’est faite. Pas seulement en direction de la gente féminine mais aussi vers les différentes générations. Aujourd’hui, il n’est plus rare de voir mamie, papy, les petits-enfants et les parents réunis autour d’un jeu de société !

  • Le monde du jeu est majoritairement masculin : as-tu des idées pour attirer davantage de femmes vers ce loisir, cette passion ou cet univers professionnel ?

Il y a de plus en plus de femmes dans le monde ludique, et cela à tous les niveaux. Il me semble donc que nous suivons la bonne voie. La grande richesse du jeu de société moderne est que tout le monde peut y trouver son compte, que ce soit dans le domaine du loisir ou de l’éducation. Je pense aussi que les acteurs du monde du jeu de ma génération ne font pas de différence en terme de genre, ce qui rend naturelle la présence de plus en plus conséquente des femmes.

À lire aussi : Bombyx, éditeur de jeux de qualité — Jouons en société ! (1/2)

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