Ma soeur jumelle et moi — Les madmoiZelles témoignent

Qu'est-ce que ça fait de grandir avec une soeur jumelle ? Quel lien y a-t-il vraiment entre des jumeaux ? Des madmoiZelles témoignent.

Ma soeur jumelle et moi — Les madmoiZelles témoignent

*Certains prénoms ont été modifiés.

La gémellité est souvent source de fascination, et génère bien des légendes. Des madmoiZelles ayant une soeur jumelle nous ont raconté leur relation un peu particulière avec elle, ainsi que le regard des autres. Alors, qui arrive à dire ce que sa jumelle a mangé à midi ?

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Grandir à deux

Avoir une soeur jumelle, cela veut dire qu’on grandit à deux, côte à côte, et que l’on franchit les mêmes étapes à peu près en même temps, ensemble. De nombreux parents font attention à bien marquer les identités propres des soeurs, comme Camille s’en souvient :

« Nous sommes de vraies jumelles avec ma soeur, nées à sept minutes d’écart une petite soirée de fin de printemps. Nos parents ont toujours cherché à nous distinguer avant même notre naissance, et bingo : je suis née avec un petit grain de beauté au milieu du front !

Petites, je crois qu’on ne percevait pas vraiment la gémellité : on se percevait comme un tout, on ne se dissociait pas l’une de l’autre jusqu’à un certain âge. Nous parlions de nous comme d’un ensemble : « NOUS voulons jouer à ça », « NOUS avons faim »…

Pourtant, jusqu’à l’âge de cinq ou six ans nos parents faisaient attention à nous appeler une par une, et pas « les filles ». Et même si nous avions des vêtements presque identiques, ils n’étaient jamais de la même couleur (et de moins en moins de la même taille en grandissant, vu que je m’étais mise plus à l’aise dans le ventre de maman). En fait, l’école a sûrement joué : nous avons toujours été dans la même classe, sauf une année de maternelle pour faire un « test » de séparation qui a moyennement fonctionné — au début parce que nous nous manquions, et après au niveau éducatif, comme chacune était dans une classe à double niveau mais que celle d’Élisa tirait plus vers le bas.

L’éducation, que ce soit celle des parents, de la famille ou encore de l’école, est pour moi ce qui marque vraiment notre rapport à la gémellité. Ainsi que les autres enfants, qui la voient généralement tout de suite.

Par la suite mes parents ont fait attention à ce que les institus nous distinguent bien, ne nous mettent pas dans la même case : nous commencions à avoir nos propres personnalités, et cela se voyait aux copains que nous choisissions, à nos goûts en développement… »

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L’importance de la distinction et de l’ouverture aux autres est également quelque chose qui a marqué Alix :

« Ma sœur et moi sommes de vraies jumelles. Arrivées dans une famille déjà composée d’un frère et d’une sœur, nous avons été appelées « les petites sœurs » toute notre enfance !

Mes parents ont toujours plus ou moins voulu nous différencier ; nous n’avons donc pas eu droit aux habits ou aux coiffures identiques. Par contre, nous avons toujours été scolarisées dans les mêmes établissements, et donc parfois dans les mêmes classes. Ma mère a tout de même fait la demande de nous mettre dans des classes séparées quand nous sommes entrées au collège.

Pour moi c’était sans grande importance puisqu’on avait déjà été séparées dans certaines classes du primaire, mais ma mère trouvait ça très important pour que l’on apprenne à se construire seules, à devenir indépendantes l’une de l’autre et à ne pas rester tout le temps collées ensemble. Avec le recul je pense qu’elle avait tout à fait raison, il me semble important d’obliger les jumeaux à s’ouvrir aux autres, et de veiller à ce qu’ils ne restent pas dans leur bulle. »

Enfants, les filles restaient cependant très proches de leur soeur jumelle, et avaient une relation forte. Camille se souvient ainsi avoir été soutenue et aidée par Élisa dans la cour de récré :

« J’avais plus de facilités à l’école alors que ma soeur était beaucoup plus sociale, tournée vers les autres. Avec du recul je me suis rendu compte qu’elle a été mon soutien au niveau social jusqu’à la fin du collège : elle m’a m’aidée à me trouver des amis, à m’intégrer dans des petits groupes déjà faits. Sans elle, personne n’aurait voulu traîner avec la « chouchoute de la maitresse », « l’intello »… »

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Grandir signifiait en effet pour elles se distinguer l’une de l’autre, chacune se développant et cultivant ses goûts et sa personnalité.

« Nous faisions les même activités physiques et culturelles jusqu’à ce qu’on décide de ce qu’on voulait vraiment faire, complètement à l’opposé l’une de l’autre. Même si nous avions beaucoup d’intérêts en commun, nous nous sommes développées, et nous continuons de nous développer différemment.

À notre arrivée au lycée, nous avons demandé à laisser faire le hasard, qui nous a mises dans des classes séparées. Finalement, c’était beaucoup mieux comme ça ! Ça nous a permis de nous émanciper l’une de l’autre, surtout moi de ma soeur je pense. J’en avais besoin et ça m’a permis d’apprendre à me connaître moi, pas à travers ce que pouvait aimer ma soeur, de bien montrer que j’avais une personnalité différente de la sienne.

Petit à petit, nous avons chacune pris des chemins un peu différents, et cette année nous ne vivons plus ensemble à cause de nos études respectives. »

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Pygypuff cultive les différences qui la distinguent de sa soeur :

« Physiquement je trouve qu’on se ressemble : on fait la même taille, on a les mêmes cheveux, la même forme de tête etc. Mais on reste très différentiables : on n’a jamais été habillées pareil et on a rarement eu la même coupe. En effet, comme en primaire les gens nous confondaient parce qu’on était coiffées de la même façon, ma sœur a dit stop et s’est fait couper les cheveux très courts.

Puis elle en a eu marre qu’on la prenne pour un garçon, donc elle les a laissés repousser, mais plus court que moi qui les avait longs. Puis je les ai coupés aux épaules et elle les a laissés pousser. Et là je les laisse repousser et elle a la plus jolie coupe garçonne que je connaisse. Personnellement je ne me les couperai jamais à ce point car c’est SA coupe ; elle a déjà pris ce risque trois fois, ça lui va très bien et je trouve que ce serait la copier. C’est un truc auquel je tiens beaucoup, qu’on ait chacune notre identité. »

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Une grande complicité

Alix ne s’est jamais sentie seule, et fait état d’une grande proximité avec sa soeur :

« On a toujours été assez proches. Petites, nous étions toujours fourrées ensemble, parce qu’avoir une jumelle veut dire qu’on a toujours une partenaire de jeu, ce qui est quand même chouette ! La présence de ma sœur m’a donc permis de ne jamais me sentir seule en étant enfant.

En grandissant nous sommes restées proches, mais en ayant aussi chacune notre vie de notre côté. Chacune avait ses ami•e•s et ses loisirs. Je me souviens qu’on aimait bien se raconter toute notre journée et tout pleins de trucs insignifiants quand on rentrait du collège/lycée. Ça pouvait durer des heures, et même si des fois on parlait sans trop s’écouter ; le fait d’avoir quelqu’un à qui raconter tout ce qui nous passait par la tête, sans avoir peur du jugement, c’est le truc le plus cool qui existe !

Du coup on se racontait pleins de choses, mais on restait aussi un peu secrètes sur d’autres sujets. C’est toujours le cas aujourd’hui, on se parle beaucoup, mais on garde aussi certaines choses pour nous. Par exemple je ne connais pas la vie sentimentale de ma sœur en détails, comme elle ne connait pas la mienne. Je pense que c’est une histoire de pudeur, et ça se retrouve dans notre relation. On ne parle pas de nos sentiments ; on sait qu’on s’aime très fort et qu’on ne pourrait pas se passer l’une de l’autre, mais on ne se le dit pas vraiment, ou de façon détournée, on ne se fait pas de câlins ou de bisous etc.

Ce que j’aime dans notre relation c’est qu’on communique entre nous comme si on vivait ensemble. C’est-à-dire que quand on discute, par SMS par exemple, on ne va pas s’embêter à se demander comment ça va ou quelles sont les nouvelles : nos conversations sont très spontanées, on discute finalement comme on le ferait si on était l’une à côté de l’autre. On se raconte aussi toutes les choses les plus insignifiantes de notre journée (j’ai raté mon métro, j’ai mis des chaussures qui me font mal aux pieds, j’ai un pull qui gratte). Cette façon d’échanger, je ne la retrouve avec personne d’autre, et ça nous permet de nous sentir proches même en habitant à plus de 300km l’une de l’autre !

Aujourd’hui je dirais donc qu’on est toujours très proches, et si on pouvait habiter dans la même ville je n’hésiterais pas. Je pense qu’on a un peu le même genre de relation que deux meilleures amies, sauf qu’on sait qu’on sera toujours là l’une pour l’autre quoi qu’il arrive, et ce pour tout le restant de notre vie.

On cherche beaucoup moins à se différencier qu’avant, je pense que ça vient du fait qu’on a réussi à se construire chacune à sa façon, donc on a plus ce besoin de montrer qu’on est différentes, car c’est acquis (pour nous en tous cas !). On joue d’ailleurs un peu sur nos ressemblances par moment, alors qu’on ne le faisait jamais étant plus jeunes !

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Pour résumer, avoir une sœur jumelle permet d’avoir toujours à ses côtés quelqu’un qui grandit au même rythme que soi, qui traverse la même chose en même temps que soi, et ça permet donc de ne jamais se sentir seule. »

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Pygypuff est elle aussi très proche de sa soeur, et s’inquiète de leur grande soeur qui n’a pas forcément une place facile :

« Nous avons des caractères assez proches, et du coup je pense qu’on a naturellement fini par avoir les même amies. Au point que nous avons la même meilleure amie : ma sœur est devenue amie avec elle vers la cinquième, et moi en quatrième. C’est comme si on l’avait intégrée dans notre couple de jumelles, et que c’était un peu la triplée. Cela fait plus de cinq ans que l’on est séparées les unes des autres, mais nous sommes toujours aussi proches.

Cela m’amène à parler de notre grande sœur. Je ne crois pas que ce soit une situation facile. Je n’ose pas vraiment lui demander, mais je me demande si elle s’est sentie exclue de notre petit groupe, comme on jouait beaucoup à deux avec ma jumelle. En même temps cela ne l’empêche pas de « remplir son rôle » très bien. Mais cela m’a aussi causé un peu de jalousie à un moment, parce que ma jumelle vivait avec notre sœur pour ses études, et elles faisaient des choses ensemble, et j’étais triste de ne pas avoir une relation plus privilégiée moi aussi avec notre grande sœur. »

Les parents d’Alix lui ont reproché ce « cocon » dans lequel les soeurs semblaient s’enfermer :

« Concernant nos relations avec « l’extérieur », je me souviens de mes parents qui nous reprochaient de très peu leur parler lorsqu’on était au collège. On ne leur racontait jamais rien, ils savaient donc très peu de choses sur ce qu’on vivait à l’extérieur de la maison. Je pense que ça venait en partie du fait qu’on ne sentait pas le besoin de leur parler de ce qu’on vivait puisqu’on se le racontait déjà entre nous. C’est sûrement dur pour l’entourage de comprendre que l’on a pas vraiment « besoin » d’eux, et que la présence de notre jumelle nous suffit, mais c’est parfois vrai. »

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Camille est du même avis en ce qui concerne sa petite soeur :

« Je suis celle avec le côté fusionnel, j’attends un câlin de temps en temps mais Élisa n’aime pas ça ! Ça m’a longtemps pesé, comme si elle ne m’aimait pas (qui fait aussi qu’on est pas fusionnelles, contrairement à ce que les gens « attendent » généralement de nous en tant que jumelles), mais aujourd’hui j’apprends à vivre avec.

D’ailleurs, la relation entre jumeaux ou jumelles se fait aussi avec le reste de la fratrie ! On a une petite soeur avec pas mal d’écart, et si avoir deux grandes soeurs c’est bien pratique pour jouer, en grandissant elle a parfois dû se sentir exclue : c’était la coalition contre le petit monstre, aujourd’hui pré-ado parfois casse-bonbon ! Elle a toujours essayé de s’immiscer entre nous deux, d’être la triplée, mais à six ans d’écart c’est assez difficile. Comme on a des personnalités assez différente, elle vient plus vers l’une ou vers l’autre par périodes. »

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Élisa insiste également sur ces différences de caractères :

« On est extrêmement complémentaires, on fait quasiment tout à l’opposé l’une de l’autre. Si on devait fusionner, je crois qu’on serait la personne la plus douée sur Terre !

Je préfère que l’on ait des goûts différents : nous sommes chacune une personne différente et nous ne pourrons pas rester ensemble tout le temps. Je suis « catégorisée » comme la rebelle car je suis celle qui se détache le plus et qui essaye le plus de se différencier.

On s’entend bien, on a nos hauts et nos bas. Nos différences, nos ressemblances. On est comme des soeurs très (très) proches, on s’aime à notre façon et c’est ça qui compte. »

L’importance de bien être considérée comme une personne à part entière, différente de sa soeur jumelle, est cruciale pour Élisa. Cela rend la comparaison qui est le lot de bien des jumeaux et jumelles d’autant plus agaçante à ses yeux — et elle est loin d’être la seule.

La comparaison, ce fardeau

Pour Alix :

« Un point négatif de notre gémellité est que je déteste que l’on me compare à ma sœur. Les gens ont tendance à le faire systématiquement, et c’est sûrement un réflexe normal puisque dans l’imaginaire collectif les jumelles sont deux êtres totalement identiques. Sauf que la réalité est complètement différente, et que non, nous ne sommes pas identiques. Chacune de nous a une identité propre, avec un caractère, des centres d’intérêts, des goûts, des qualités et des défauts. Vouloir nous comparer n’a donc aucun sens pour moi, je trouve ça assez absurde !

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Il est vrai que vivre dans le même cadre familial, avec le même entourage et au même rythme fait que nous nous ressemblons, mais à chaque fois qu’on nous compare ça me donne l’impression qu’on nous voit comme une seule et même entité. Cela rejoint d’ailleurs le fait qu’on nous confonde. Venant de personnes assez éloignées, je comprends qu’on ne fasse pas la différence entre nous deux, mais dès que ça vient de notre famille, je trouve ça blessant.

Ça me donne le sentiment que les gens ne prennent pas la peine de nous connaître individuellement, sous prétexte que nous sommes jumelles. Encore une fois, chacune a une identité propre, et chacune a un parcours différent (même s’ils se ressemblent). Du coup, quand une tante ou des cousins ne se souviennent plus qui fait quoi comme études ou qui est partie à l’étranger pendant six mois, ça me met vraiment en rogne. »

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Cette madmoiZelle a été particulièrement gâtée question comparaisons :

« Mes soeurs et moi sommes de vraies triplées, et j’ai tellement eu droit petite (et moins petite) à des « C’est qui la plus grande ? », « C’est qui la plus fine ? », « C’est qui la plus belle ? » et autres « C’est qui la plus intelligente ? » que je ne supporte plus les comparaisons. Quand on était petites, des gens arrêtaient carrément mes parents dans la rue pour leur demander ce genre de choses… Insupportable !

Je ne compte pas le nombre de fois au collège — avant que mes soeurs et moi soyons dans des établissements séparés et que seules mes connaissances proches savaient que je suis une triplée — où on m’a appelée du nom d’une de mes soeurs et où, après correction, je me suis entendue répondre « c’est pareil »… Et cela en venait pas seulement de la part d’autres enfants, certains profs s’y mettaient, comme si le fait d’avoir exactement le même code génétique faisait disparaître ton individualité. Certain•e•s ne prenaient même pas la peine de m’appeler par un prénom et disaient juste « la triplette » ou « vous les soeurs B » pour ne pas s’embêter ou risquer de se tromper…

J’ai pratiquement pleuré de joie lorsqu’au lycée, un de mes amis a appris pour mes soeurs et a juste dit « Ah… Ok. Moi j’ai deux grands frères » et rien de plus. Son premier réflexe en voyant une photo de nous trois a été de m’identifier au premier coup d’oeil, pas pour jouer à « qui est où », mais juste parce qu’il savait que j’étais là, et il ne s’est même pas extasié sur la ressemblance. Ce n’était tellement pas habituel, et pourtant très naturel. »

Cela a conduit Pygypuff à rejeter tout ce qui pourrait encourager la comparaison :

« Quand on est avec des gens qui nous perçoivent comme des jumelles, je refuse tout ce qui peut faire « cliché de la jumelle fusionnelle » : pas de câlins, etc. Par exemple, j’ai offert à ma soeur une écharpe que j’ai aussi (la seule pièce vestimentaire qu’on ai en commun), et je n’aime pas qu’on la porte ensemble. Bizarrement je n’aime pas « jouer aux jumelles ». »

Elle entend par ailleurs souvent les mêmes remarques au sujet de sa gémellité :

« Les gens sont souvent très enthousiastes quand on leur dit qu’on a un jumeau. On me dit très souvent que cela doit être génial, que pour beaucoup c’est un rêve. »

Car pour beaucoup, la gémellité a une dimension quasi surnaturelle.

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Le mystère de la gémellité

Camille surprend beaucoup de gens :

« Cela peut sembler incroyable, mais je ne compte plus le nombre de fois où on m’a dit « Ah, mais vous êtes normales en fait », ou « tu ne fais pas comme si ta soeur était la même personne dans un miroir, et le fait qu’elle soit exactement pareille ne t’énerve pas tant que ça »… Je réponds que c’est juste parce qu’on est différentes, ce n’est pas la même personne que moi justement ! »

Pygypuff voit très bien ce qu’elle veut dire…

« Niveau amoureux, j’ai eu un copain triplé. Je suis sortie avec lui pendant plus de deux ans, et on m’a fait des remarques du genre « oh la la, attention deux fois trois ça fait six ! »… »

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Les relations amoureuses révèlent d’ailleurs la façon ambigüe dont les jumelles étaient perçues :

« On a un ami qui a été amoureux de l’une puis de l’autre (au collège, ce n’était pas l’amour de notre vie). Comme c’était un bon ami, on n’a pas osé lui dire non — ah, les erreurs de jeunesse. Il est sorti en premier avec ma soeur (sept jours), puis avec moi, pendant trois mois incroyablement platoniques parce que je ne savais pas comment m’y prendre pour lui dire que je ne voulais pas être avec lui)… Une expérience étrange !

Je pense qu’il a fait un transfert sur moi après l’échec de sa relation avec ma soeur. D’ailleurs un autre ami nous a fait un peu le même coup plus tard, sauf qu’on était grandes et qu’on n’a pas laissé traîner, ça a été non tout de suite ! »

Camille est familière du concept :

« Ah le fantasme des jumelles, merci les séries où dès qu’un mec se prend un râteau d’un côté, il tente de l’autre puisque de toute façon elles sont pareilles, alors on sait jamais ! Sans compter les propositions à trois, tant qu’on y est ! »

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Elle a ainsi remarqué qu’être des soeurs jumelles attire généralement l’attention !

« Il y a le classique, la question qu’on nous pose quand on nous voit pour la première fois : « Mais vous êtes jumelles, non ? ».

C’était mignon au début, surtout quand on était petites parce que c’est là qu’on se ressemblait le plus. C’était assez drôle de voir notre mère répondre au bout d’un moment « Non, celle-là c’est notre fille, l’autre c’est le chien déguisé » ou tout simplement « non », et de voir les gens complètement perdus ! »

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Il faut dire que la gémellité est entourée d’une aura de mystère et de légendes. Camille et Élisa sont-elles liées par une connection surnaturelle ?

« Beaucoup de gens pensent qu’on communique par télépathie. Si, bébés on avait notre langage propre, maintenant s’il nous arrive d’avoir un fou rire sans même nous être adressé la parole, c’est juste qu’on pense à la même chose en même temps, qu’on s’est regardées et que l’une a fait une grimace… pas qu’on était en pleine réunion pour monter notre twin-show !

De la même façon, nous ne ressentons pas la même chose quand nous sommes éloignées. Il m’est arrivé d’avoir mal au même endroit qu’elle quand elle s’était cassé un truc, mais ça doit être inconscient ! On ne ressent pas les maladies ou sensations de l’autre à distance — du moins je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui se mettait à avoir mal au ventre d’un coup sans comprendre pourquoi, et dire « ah, mon jumeau a dû manger quelque chose qui ne passe pas »…

Pour ce qui est de se comprendre, on a grandi ensemble donc on connait les goûts de l’autre, sa manière d’agir et de penser dans certaines situations. Mais c’est pareil avec ma meilleure amie par exemple ! Et pour répondre la même chose sans le savoir, à des personnes différentes, à des moments différents… c’est assez souvent parce que comme on a été élevées ensemble, on perçoit les choses de la même façon même si on a pas les mêmes goûts. Avec Élisa, cela peut nous arriver : si on fait les boutiques avec notre mère et qu’on se balade chacune dans notre coin, on peut lui ramener le même vêtement en faisant le même genre de réflexions dessus. »

C’est la même chose pour Pygypuff :

« Personnellement je ne sens pas quand ma sœur va mal et je ne peux pas imaginer que cela existe vraiment… peut-être parce que ça me rendrait triste que cela existe et qu’on ne soit pas concernées. J’ai déjà vu des émissions où on testait des jumeaux et jumelles en leur faisant répondre à une question ou choisir une forme, sans qu’ils sachent ce que l’autre répondait.

Je pense juste qu’on est conditionné•e•s par notre expérience et notre mémoire, et comme les jumeaux passent souvent beaucoup de temps ensemble, ils ont une base commune très grande. Il n’y a donc rien de surprenant à ce que face à un carré, un rond et un triangle, ils choisissent la même forme, la même couleur etc. C’est sans doute plus une question d’éducation et d’expérience, il faudrait faire le même test sur des frères et sœurs très rapprochés par exemple, on y verrait peut-être le même résultat ! »

La gémellité, si elle ne semble pas comporter de dimension magique, semble ainsi pour toutes les madmoiZelles qui ont témoigné être le gage d’une relation privilégiée et unique, faisant traverser ensemble des étapes clé de la vie, et instaurant un lien précieux pour la vie.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Moonforest
    Moonforest, Le 24 juillet 2016 à 17h26

    Bonjour à tous.
    Je tenais à vous faire partager mon histoire, une histoire un peu différente de la vôtre. J'ai également une sœur jumelle, mais elle est aussi ma pire ennemie.
    Quand on était petite, notre lien était très fort, on était inséparables, de vraie âme sœur. Mais on se querellait aussi beaucoup. Puis nous avons grandi, et petit à petit j'ai cherché à être différente, à découvrir le monde toute seule.

    Ma soeur est une personne très compétitive, elle a toujours besoin d'être supérieure à moi.

    Bref, à l’adolescence les choses se sont gâtés, elle est devenue une véritable peste, Le genre de fille populaire au lycée. Tout l'inverse de moi. Elle voulait être la plus forte, la plus jolie, la plus intelligente de nous deux. À tel point qu'elle manipulait mes proches, J’étais devenue la méchante jumelle, immature, idiote, susceptible, menteuse, hypocrite et j'en passe.

    Et elle est restée au lycée et je suis partie à la fac.
    C'était la plus belle année de ma vie ! personne ne savait que j'avais une jumelle, j'étais enfin quelqu'un d'unique avec une personnalité propre. Je n'ai jamais supporté être considérée comme partie d'un lot.
    Avec ma sœur, on se retrouvait seulement à la maison. Mais moins on se voyait et plus on se supportait.

    Puis certain problèmes sont arrivés, mes parents ont divorcé, ma mère est tombée malade, mon frère est partie en Australie.
    Les malheurs nous ont rapprochées, je l'ai laissée à nouveau entrer dans ma vie, rencontrer mes amis, découvrir ce que j'avais crée autour de moi.
    Une énorme erreur puisqu'elle a aussitôt tout détruit, elle a, à nouveau, manipulé mes proches. Elle a réussi à me faire douter de moi, je me trouvais laide, idiote, inutile, sans intérêt pour personne.
    Aujourd'hui je n'ai plus rien, même plus ma propre école, à la rentrée elle part dans la même fac que moi.
    J'aime ma soeur, de tout mon cœur, mais elle me détruit chaque jours un peu plus.

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