Pourquoi j’avais tort de détester L.E.J, et comment je l’ai compris

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Le groupe L.E.J ne mérite pas son succès, si c'est autant la hype, c'est forcément un truc commercial... Le jour où Célia a laissé tomber ses a priori, elle a appris et partagé une belle leçon, avant de rendre hommage au groupe par une belle reprise !

Pourquoi j’avais tort de détester L.E.J, et comment je l’ai compris

Mise à jour du 22 juillet – Suite à la publication de l’article, Célia a décidé de faire un petit hommage à L.E.J en reprenant l’un de leur titre : La Dalle.

Je plussoie pour l’interprétation et j’applaudis des deux mains pour le recul pris par Célia : je trouve cette histoire définitivement belle !

Article original publié le 18 juillet – Lucie, Elisa et Juliette, les membres du groupe L.E.J, ont été propulsées de YouTube à l’Olympia en moins de deux ans, en passant par un buzz mondial et une tournée dans toute la France.

Les trois p’tites meufs de la Seine Saint-Denis ont même remporté une Victoire de la Musique en 2017, celle de la Révélation Scène. Pour les avoir vues en live à l’Olympia, je ne peux qu’approuver cette récompense !

Une ascension aussi rapide, une popularité aussi grande, ça attire (attise ?) forcément quelques commentaires peu sympathiques.

La musique, comme la peinture ou la gastronomie, ou n’importe quel champ artistique, c’est surtout une affaire de goûts.

On aime ou on n’aime pas, et parfois ça change selon les humeurs. (En ce qui me concerne, j’ai du mal avec le rock un peu bourrin au réveil, mais chacun sa came écoutez.)

Le snobisme musical, cette plaie mondaine

C’est en lisant le roman d’Élise Costa, Comment je n’ai pas rencontré Britney Spears, que j’ai découvert la notion de « snobisme musical ». Le fait de juger les goûts musicaux des autres comme s’il s’agissait de fautes graves avait donc un nom.

À lire aussi : Le snobisme musical, cette plaie de la vie en société

Qu’on déteste une chanson au point de finir crispé•e à force de l’entendre, je le conçois.

Je n’oublie pas Blurred Lines (et je compatis avec les victimes de Despacito, ou du « Jonathan Remix »). Mais qu’on en vienne à détester personnellement les artistes à l’origine de ces chansons, je dois dire que ça me dépasse.

Le snobisme musical tend parfois vers cet extrême. Bonne nouvelle, ce n’est pas un mal incurable !

Le témoignage qui est apparu dans les mentions de madmoiZelle sur Twitter ce matin raconte une belle histoire, et surtout, une grande leçon à ce sujet.

Le snobisme musical n’est pas une fatalité

Célia habite à Manchester, et elle nous a autorisées à publier le tweet qu’elle a posté ce mardi 18 juillet.

Elle raconte sa découverte du groupe L.E.J, en dépit de ses lourds a priori vis-à-vis de ces artistes, dans un texte que je vous reproduis ici pour faciliter la lecture.

« Le jour où L.E.J m’a fait comprendre quelque chose d’important »

« Bon, faut qu’on parle d’un truc.

Il y a deux ans, j’ai reçu des liens de tous les côtés vers une reprise de L.E.J.

Comme beaucoup de gens, me pensant au-dessus, j’ai répondu à tout le monde « mouais bof » sans avoir même écouté. »

« J’ai lu des tonnes d’articles les démontant en hochant la tête, j’ai ri aux commentaires les défendant par « ils connaissent rien à la bonne musique ces gosses ».

J’étais outrée d’apprendre qu’elles aient gagné une Victoire de la Musique pour des mashups (j’en avais quand même appris sur le groupe « grâce » à ces fameux articles.)

J’ai rajouté une couche à chaque fois qu’un de mes potes faisait un commentaire à la con à leur sujet.

Et tout ça sans jamais avoir entendu une seule de leur chanson (j’habite à Manchester depuis quatre ans, c’était plutôt simple).

Puis, il y a trois jours, j’ai lancé une des playlists de madmoiZelle.com en faisant la vaisselle, parce que bon voilà hein. »

« Dès que les premières notes de El Dulce de Leche ont retenti, je me suis mise à chanter, harmoniser, danser avec le violoncelle, en me disant « Putain c’est qui qui chante ? Qui joue ? Ça démonte ! Je vais écouter ça tout l’été ! »

L’excitation de la découverte d’un nouvel artiste, que je vous souhaite de tous de connaître un jour.

Je vous laisse imaginer ma tête quand je me suis rendue compte… Je peux vous dire que je me suis sentie sacrément conne. »

« J’ai pris une sacré claque »

« Je me suis fait violence et j’ai lancé leur album (oui, parce que la connerie prend du temps à s’évacuer), regardé quelques interviews histoire de me faire une idée de qui étaient réellement ces trois meufs que j’avais apparemment décidé de détester pour le reste de ma vie.

Et j’ai pris une sacré claque quand je me suis rendu compte de leur parcours. »

« Étant chanteuse/guitariste moi-même et ayant le même âge qu’elles, ça a été une très belle leçon.

J’ai enfin compris et assimilé que y a des fois où faut simplement arrêter d’être con.

Faut arrêter cette maladie du musicien snobinard qui dégueule sur des artistes montants parce que machin-a-dit-que, et j’ai-lu-dans-tel-journal-biaisé-que…

Je sais pas si c’est de la jalousie mal placée, la pression de nos potes snobs ou juste qu’on est tous des connards au fond…

Ce que je sais par contre, c’est que de cracher à la gueule des gens qui font du sacré boulot sans même avoir pris la peine de regarder leur travail et de s’être fait une opinion soi-même, c’est laid et ça vaut pas le coup. Surtout entre artistes. »

Message à Lucie, Elisa et Juliette

« Alors je tenais à remercier madmoiZelle.com pour la découverte, et m’excuser publiquement auprès de Lucie, Elisa et Juliette (et auprès de tous les artistes que j’ai pu dénigrer dans le passé au passage, parce qu’il y en a eu beaucoup avant vous, je vais pas mentir).

Votre parcours est absolument génial, vous déchirez la baraque et il me tarde d’entendre ce que vous aurez à proposer sur votre album. Je vais même l’acheter et pas le pirater.

Et si jamais vous passez en Angleterre (s’il-vous-plaît-merci), envoyez un message, je vous dois au moins 5 tournées, quelques joints et un bon boeuf.

Célia. »

Merci à toi Célia pour ton témoignage ! J’espère qu’il inspirera davantage de bienveillance et de respect entre artistes, et plus généralement entre nous tous et toutes.

Je reste convaincue que la solidarité, l’entraide et l’encouragement mutuel restent des moteurs plus puissants que les rancoeurs et les jalousies !

On transmet ton message à Lucie, Elisa et Juliette !

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Clemence Bodoc

Anciennement Marie.Charlotte, Clémence Bodoc a été jeune cadre dynamique dans une autre vie, avant de rejoindre la Team madmoiZelle. Elle s’intéresse à l’actualité et à l’écologie, aime la politique et les débats de société. Grande fan de sport (mais surtout à la télévision), et de cinéma (mais seulement en VO), son nom de scout est dinde gloussante azurée. Elle ne mord pas mais elle rit très fort.


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Commentaires
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  • Bananou
    Bananou, Le 1 août 2017 à 7h12

    @Melydo Je suis consciente du problème de l'appropriation culturelle mais j'avoue que je ne la vois pas vraiment ici... Je vais lire le lien, merci :fleur:

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