Six Feet Under, la série thérapeutique

Pondu par Brune B. le 23 décembre 2010     

Brune revient sur Six Feet Under, série culte du début des années 2000, qui vous renvoie à deux-trois interrogations par rapport à la mort, notamment.

Il y a les séries télé qu’on regarde pour s’occuper lorsqu’on a rien d’autre à faire, en mangeant des pâtes à même la casserole dans son canapé le dimanche après-midi. Et puis il y a les séries télé qui nous rendent accros, tellement accros qu’on est prêts à se lever plus tôt le matin pour avoir le temps de voir un épisode avant de partir au boulot (la tristesse, c’est hélas du vécu). Tellement accro qu’on se met à parler des personnages de la série comme si c’était des membres de notre famille, et même à rêver d’eux, si si ! Six Feet Under fait partie de la seconde catégorie, et figure tout en haut dans mon palmarès personnel de la série. (NDFab : Brune n’a pas encore vu Sur Ecoute, c’est donc normal :))

Six Feet Under, la série thérapeutique six feet under post

Six Feet Under, c’est le bébé de Alan Ball (scénariste de American Beauty). Une série de 5 saisons qui suit la vie d’une famille de croque-morts à Los Angeles. Ouais, y’a plus attractif comme pitch… Mais je peux vous assurer qu’après avoir bouffé les 5 saisons en question, vous poserez un autre regard sur le métier de croque-mort (peut-être même que vous trouverez ça sexy, ouais !)

Le cadre de la série étant les pompes funèbres, on peut imaginer qu’il est question de mort. Évidemment. La mort est partout, à commencer par les trois premières minutes, où le patriarche de la famille Fisher se tue dans un accident de corbillard. Puis, pour ne pas perdre l’habitude, chaque épisode commence par une mort, de la plus banale à la plus loufoque. Tout y passe, la liberté des scénaristes est totale.

Pourquoi c’est bien ? Parce que la série nous concentre sur ce qui rend la vie importante, et c’est bel et bien la mort. La mort, qui dans trop de films ou de livres est évoquée trop rapidement, ou simple prétexte à rebondissement. D’ailleurs à ce propos [SPOILER HARRY POTTER]j’aurais deux trois mots à toucher à J.K. Rowling pour avoir osé tuer Sirius Black de manière aussi pourrie (depuis quand on meurt en passant derrière un rideau ??) et pour ne pas avoir eu le cran de tuer Harry Potter à fin (il DEVAIT mourir).[/SPOILER]

Dans Six Feet Under, la mort est un commencement, elle rapproche les gens, les éloigne, les fait grandir, elle est inévitable et omniprésente. C’est en cela que cette série donne de sacrées leçons de vie. La mort n’y est pas un sujet tabou, mais plutôt un événement normal faisant partie de la vie, pouvant être traité de manière tragique, mais aussi avec humour, ou indifférence. Sans parti-pris religieux ou mystique, SFU nous donne une vision de la mort rassurante, douce, et pose un constat : peu importe ce qu’il y a après la mort, l’important c’est ceux qui restent.

La série parle tellement bien d’eux, ceux qui restent, les vivants, qu’on a l’impression de les connaître depuis toujours. Et là aussi les tabous sont joyeusement transgressés : on nous parle de sexualité, de drogue, de religion, avec une liberté qu’on n’attendait pas forcément dans une série américaine – Six Feet Under aura d’ailleurs été un précurseur du franc parler des séries US. Elle met en scène des personnages terriblement humains, des gens « comme nous », peut-être un chouïa plus perturbés que la moyenne, qui essaient, comme à peu près tout le monde, d’être heureux.

Après avoir parlé avec plusieurs personnes ayant vu et apprécié la série, il semblerait qu’elle ait un effet thérapeutique sur beaucoup de gens. La psychologie des personnages est tellement fouillée et réaliste qu’on s’identifie forcément à l’un d’entre eux. Avec son rythme très lent et ses longs épisodes, SFU nous fait réfléchir à des tas de choses auxquelles on ne pense pas assez, et donne à sa manière des réponses aux questions existentielles que tout le monde se pose.

L’autre idée agréable que véhicule la série d’Alan Ball, c’est qu’on a tous le droit de péter un boulon. Sur ce point-là, aussi, Six Feet Under a été précurseur : ses scénaristes ont autorisé d’autres scénaristes à mettre en scène des personnages qui font des erreurs, déconnent, sont bourrés de défauts. Ils ont tous leur part d’ombre et ça a quelque chose de rassurant parce que ça nous ressemble.

Et cerise sur le gâteau, Six Feet Under est une série avec une VRAIE fin. Depuis la première saison, Alan Ball savait qu’il n’en ferait que 5, et que l’histoire s’achèverait vraiment à ce moment-là. Pas de saison supplémentaire pour faire plus de pognon, pas de prolongations inutiles, non : SFU se termine bel et bien, et de manière grandiose. Je vous défie de ne pas pleurer devant les 10 dernières minutes du dernier épisode, c’est certainement le plus beau moment filmé du siècle et je vous préviens, ça vaut son pesant de cacahuètes.

/! GROS SPOILER

Pour celles qui l’ont vue, je vous fais ce petit plaisir de la remettre, mais si vous n’avez pas encore apprécié la série, ne regardez surtout pas, ça vous gâcherait une grosse partie du plaisir !

Ça vous a plu ? Faites tourner !

63 BIG UP

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. JixelsJixels

    Le 24 décembre 2010 à 16:50

    Posted by Scarlet Rope
    C'est marrant, cet article et cette vidéo me rappellent quelque chose de récent :)


    Même chose, j'ai pensé à toi en écrivant ces lignes :D
  2. Lady Von DuckLady Von Duck

    Le 29 décembre 2010 à 10:09

    J'ai bien aimé les deux premières saisons de cette série mais je dois dire que la troisième m'a profondément ennuyée (en même temps je regarde en général 3 à 4 épisodes à la suite quand je me mets en retard à une série)

    Mais surtout cette série m'a totalement déprimé. Pas juste le petit coup de blues. Quand je me suis décidée à ne plus regarder SFU j'étais vraiment au fond du trou, sans gout pour rien, à penser à des trucs badants sans raison. Et j'accuse la série parce que le phénomène s'est vite inversé après son arrêt

    Quand à être apaisé par rapport à la mort, j'étais juste encore plus déprimée et révoltée de voir à quel point on peut mourir bêtement

    Pour les personnages, je ne les appréciais pas pour la plupart (surtout la folle furieuse de Nathan). Ils étaient tous beaucoup trop loin de moi, beaucoup trop psychorigides pour que se fasse une quelconque identification
    Mais le scénario et l'image étaient je dois dire, géniales, et c'est tout ce qui compte dans une série (d'ailleurs je ne m'identifie jamais à des personnages de films/séries)

    Pour ce qui est des 5 saisons, je dois dire que là je suis totalement d'accord avec toi, il n'y a rien de mieux qu'une série qui ne dépasse pas les 5,6 saisons avec un début et une fin. Celles qui durent tant que ça marche deviennent souvent médiocres, ou en tout cas beaucoup moins bonnes

    Et pour le season final, je pleure à chaque fois
  3. rabbitheartedgirlrabbitheartedgirl

    Le 29 décembre 2010 à 22:50

    Cette série c'est toute ma vie alors ENORME BIG UP!!!!!
  4. AlimaneAlimane

    Le 29 décembre 2010 à 23:26

    Six feet under.:coeur:
    Une série ultra psychologique, mais en même temps tellement poétique qu'elle ne prend absolument pas la tête.
    Enfin non, je m'exprime mal. Elle prend bien la tête, mais c'est trop bon !:yawn:
    Ceux qui aime vraiment la série ne peuvent pas prétendre préféré un personnage il sont tous si complexe et beau…
    Râââh ça me donne envie de me faire une soirée six feet under même si je les ai déjà vu et re-vu !:coeurquibat:

    Le mot de la fin à Claire : "Well, isn't it comforting to know that being miserable is still better than being an idiot ?"
  5. Kat' de VeloursKat' de Velours

    Le 30 décembre 2010 à 13:01

    J'ai commencé à regarder, j'en suis à l'épisode 8 ou 9 de la première saison… Pour l'instant j'aime beaucoup, et si moi j'ai bien un personnage préféré : David. :coeur: Je trouve que c'est celui qui a la personnalité la plus intéressante, la plus nuancée. J'aime aussi beaucoup Ruth que je trouve trop mignonne, et j'ai du mal avec le côté manichéen & bons sentiments de Nate. Enfin pour l'instant.
  6. Julina.Julina.

    Le 02 janvier 2011 à 17:41

    J'ai vraiment beaucoup beaucoup aimé cette série, plus que toutes les autres, et l'article me donne vraiment envie de la regarder de nouveau.
    La fin de la série qui est dans l'article est juste parfaite pour moi.
    Même si je me souviens avoir moins aimé la troisième saison, c'est vraiment une série à prendre dans son intégralité.
    La psychologie des personnages est vraiment bien développée, on ne tombe pas dans le pathos, mais on ne l'oublie pas non plus. Les personnages sont tous attachants, sans pour autant être parfaits, c'est vraiment le genre de série dans laquelle on peut s'identifier facilement aux personnages. Et malgré le thème qui peut sembler morbide, c'est une série qui ne parle pas uniquement de la mort.
    Bref :coeurquibat:
  7. Mamzelle.SleepyMamzelle.Sleepy

    Le 03 janvier 2011 à 15:23

    La première fois qu'on m'a mis devant le première épisode de cette série je me suis endormie.
    Pourtant je voulais la voir.
    J'ai donc pris la bonne résolution de la regarder et arriver au bout, j'ai adoré. Il y a certes comme toutes les séries des saisons moins bonnes que les autres mais globalement cette série est énorme. Et puis quand on a connu Dexter avant cette série c'est assez drôle de voir le rôle de Michael C Hall dans celle là.

    Je la recommande fortement.
  8. Smelly CatSmelly Cat

    Le 25 janvier 2011 à 14:52

    C'est ma série préférée. C'est la première fois que j'accroche sur une série à ce point.
    A tel point que j'ai envie d'acheter l'intégral en dvd…
  9. slashingbeeslashingbee

    Le 23 février 2011 à 10:26

    Juste la meilleure série crée de tous les temps. Je la mattais à l'époque quand elle passait sur Canal + vers les 1h du matin, donc ça date vraiment beaucoup (une dizaine d'année presque) et j'avais tout de suite accroché. Puis je me suis achetée toutes les saisons et j'ai re regardé encore et encore.
    C'est une série très saine malgré le lien évident avec la mort. Les personnages sont très puissants en émotions mais criants de vérité.
    Je ne peux m'empêcher de verser une larmichette quand j'entends "Breath me" de Sia, ça me rappelera toujours Claire dans son corbillard vert et sa vie qui défile.
    J'ai découvert le réalisateur Alan Ball, qui par la suite à réalisé "American beauty", encore mon film préféré enfin bref, je pourrais en écrire des tonnes …
    C'est LA série de ma vie ♥
  10. TabouretTabouret

    Le 21 octobre 2011 à 17:14

    Hum, désolée de déterrer le sujet mais je découvre cette section du forum et je ne PEUX PAS ne rien écrire sur Six Feet Under.

    Cette série, on me l'a faite découvrir en 2007 si mes souvenirs sont bons. À ce moment-là, elle a atteint haut la main la première place dans le classement de mes séries préférées, et depuis aucune autre n'a réussi à la détrôner (à mon avis c'est pas demain la veille que ça arrivera parce que ça demandera un sacré niveau).

    Pour moi, malgré le thème omniprésent de la mort, Six Feet Under parle avant tout de la vie, dans toutes ses facettes. Elle traite d'énormément de sujets sans jamais en faire trop. Et ce que j'aime par dessus tout, c'est que les personnages sont réalistes et vraiment profonds. Je ne peux pas avoir de personnage préféré, car je les ai tous adorés et détestés à différents moments de la série. Dans la vraie vie c'est pareil, personne n'est super lisse, on peut avoir envie de foutre des baffes à des gens qu'on adore ou découvrir qu'une personne qu'on déteste a quand même des bons côtés.

    J'adore aussi le ton extrêmement décalé. Il y a beaucoup d'humour noir mais aussi pas mal de loufoque. Au final, les passages déprimants sont contrebalancés par les moments drôles (même si selon les épisodes la balance penche plus d'un côté ou de l'autre), et tout est vraiment très bien dosé.

    Et puis, la fin quoi :coeurquibat:

    Pour l'instant, j'ai regardé SFU deux fois, mais je vais sûrement la redécouvrir avec plaisir à un moment ou un autre. D'ailleurs, on m'a offert l'intégrale à Noël dernier dans ce coffret (la photo est trop petite, mais sur le côté ça dit "Everything. Everyone. Everywhere. Ends.") et je l'aime je l'aime je l'aime :jv:

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