J’ai testé pour vous, être une rousse

Émilie est rousse. Oui tu as bien lu. ROUSSE. Elle a donc pu écrire un vrai papier d'investigation, sans même avoir besoin de quelque artifice que ce soit. Let's go.

J’ai testé pour vous, être une rousse

Signes particuliers : peau incroyablement douce et laiteuse, parsemée de délicates éphélides* et auréolée d’une chevelure fauvesque – un ange passe. Ou plutôt le trip de La Naissance de Vénus de Botticelli dans ma tête.
*tâches de rousseur

Ok, j’vous la refais, en moins enrobé. En vrai j’ai la peau blanche cachet d’aspirine, mais quand je dis blanc, c’est VRAIMENT blanc, limite mes veines tracent la carte de France sur mon corps. Qui dit rousse ne dit pas forcément « face criblée de tâches de rousseur ». A ce niveau, j’ai été relativement épargnée, c’est léger et discret (mais n’empêche ça se pointe quand même dans des endroits invraisemblables ces trucs-là…). Et en ce qui concerne mes cheveux, on va pas les couper en quatre (pouet). Roux c’est roux. Et pis c’est tout.

Le portrait est donc dressé, pour bien comprendre la ginger culture, un p’tit retour aux sources s’impose…

« Oui, oui, oui, je suis Belzébuth ! »

HISTOIRES ROUSSES

L’Histoire fait mal… très mal ! La rouquine a mauvaise réputation depuis l’Antiquité, tantôt esclave, tantôt prostituée chez les Egyptiens, les Grecs et les Romains, en passant par sorcière au Moyen Age.

Sympathique tableau. Y manquerait plus que « pêcheresse originelle » pour le parfaire. Et devine ? Bah ça n’a pas loupé : Lilith en personne, première femme d’Adam, chassée du paradis et reine des succubes. Là niveau taf de merde, elle a donné la p’tite, c’est sûr !

L’image qu’il nous reste et qui est sans doute la plus forte, celle de la sorcière traquée et persécutée par la Sainte Inquisition. Au bûcher, mémère. D’ailleurs j’ai jamais compris pourquoi l’Eglise avait une dent contre les rousses, la bonne copine de Djizeus, Marie-Madeleine, c’en était pourtant bien une. C’est peut-être parce qu’ils auraient fricoté ensemble, tu diras. L’Église ne plaisante point avec ces choses-là (non, du tout, du tout).

La couleur rare – et donc fait peur – se voit diabolisée jusque dans les représentations picturales. On apercevra tout juste de légères teintes ambrées dans les œuvres de la Renaissance mais il faudra surtout attendre le XIX° siècle et les préraphaélites (cf. Rossetti, Waterhouse, Leighton et Burne-Jones) pour voir tout à coup la femme rousse élevée sur un piédestal.  Tout est bien qui finit bien ! … pas si sûr.

MAKE THE DIFFERENCE

Les préjugés ont la vie dure. On a toutes entendu, subi (si tu es rousse) ou balancé (ouuh la vilaine !) des remarques sur les roux. Ça se transmet même rapidement entre générations : la preuve, dans les cours de récré. C’est fou comme, dès le plus jeune âge, une bande de lardons peut être violente et sadique envers ses congénères !

Pas de bol pour les rouquins, la parité rousses / roux est largement en faveur de la demoiselle. Alors qu’en grandissant, la petite fille rousse gagnera une aura particulière, son pendant masculin, lui, continue à être perçu comme un mouton noir. Ou roux. Bref.

L’actualité n’aura échappé à personne, depuis plusieurs mois, le roux prend cher : Ginger have souls, groupes Facebook plus qu’édifiants, clip de MIA, Julien de « l’Amour est aveugle » et j’en passe…

Or la rouquine, elle, est tendance, on te rabache dans tous les magazines que c’est LA it-couleur à adopter. Pourquoi donc un tel engouement pour la miss ? Sans doute pour les mêmes raisons qui lui ont valu d’être rejetée par le passé. Si aujourd’hui tout ce qui est singulier attire, à l’époque, ça foutait sacrément les pétoches.

Chevelure de ouf

Test en direct-live #1

Tellement rare j’vous dis que j’ai fait le test à une heure de pointe à Paris dans le métro ; je me suis plantée dans la foule (la meuf relou qui avance pas, c’est moi !) et j’ai demandé à une copine d’aller prendre de la hauteur un peu plus loin. Verdict sans appel, une seule touffe orange dans la marée humaine, ça flashe ! Donc déjà si tu veux passer inaperçue, c’est loupé. Là, faut clairement assumer.

C’est comme la peau blanche, qui va généralement de pair avec la roussitude. Lorsque Monsieur Soleil darde ses premiers rayons et qu’il me force à sortir mes petites gambettes, je reste désespérément immaculée et chaque année je me retrouve obligée d’éclairer le zigue moyen du pourquoi du comment je ne bronze pas, mais pas DU TOUT. Cf Combines d’une fille qui ne bronze pas.

Pour ça je lui ai trouvé une explication relativement simple : « C’est comme en cuisine tu vois, si tu ne badigeonnes pas tes feuilletés d’œuf, ils ressortent inévitablement blancs et mat au lieu d’être dorés et luisants à souhait. Eh ben les rousses, c’est tout pareil, on a juste oublié de nous mettre le gène du jaune d’œuf inside. » (Note de Fab : j’ai rien compris haha) Bon d’accord, faut déjà qu’il ait les bases de la cuisine sinon c’est foutu (Note de Fab : ah bah oui, tout s’explique). N’empêche ça ne doit pas gêner tant que ça le zéro bronzage quand j’entends « Eh madmoiZelle, elles ont pas un 06 tes jolies jambes ? »…

Test en direct-live #2

Oui, les rousses attirent. Pour bien m’en rendre compte, j’ai repris la même copine du métro, sauf que j’avais oublié de vous donner une info importante tout à l’heure, elle est rousse elle aussi… Test n°2 donc : « deux rousses en vadrouille ! »

A base de belles gosses

Déjà qu’une c’est pas commun mais alors là deux, c’est pompon sur la Garonne (Note de Fab : je ne valide pas cette expression). Dans l’imaginaire masculin c’est la femme fatale par excellence, courbes voluptueuses et yeux aguicheurs, le roux, dérivé du rouge reprend ses codes, synonyme de passion, de folie, promesse de nuit d’ivresse : que des trucs classés X, quoi.

Vérification faite, on peut dire que le cliché fait encore des émules puisqu’après moult œillades, sifflotements et mots fleuris en tous genres, on s’est vite dit que ça ne devait pas être que pour nos jolis yeux. Aussi en soirée, s’ils sont un peu éméchés, ils se permettront même de te poser LA grande question que tout homme refoule au fond de lui : « Mais t’es rousse du bas aussi ?! » – les (poils de) carottes sont cuites…

En mode chaudières…

Et d’un point de vue fille, toi les rousses ça te fait quoi ? Tu rêverais d’en être une ou ça ne te fait ni chaud ni froid ? Quelle est ta rouquine préférée ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • NaineRousse
    NaineRousse, Le 2 février 2014 à 18h34

    Je dois faire partie des rousses moches alors ^^ parce que tout ce que ma couleur m'a apportée, c'est du harcèlement au collège et des gosses qui me crient que je pue en pleine rue. A part ça une fille m'a un jour sérieusement demandé si les roux puaient le chien mouillé quand il pleut parce que son frère/cousin/je-sais-plus lui avait assuré. Du coup je déteste Karen Gillan, Rose Leslie, Christina Hendricks, Nicole Kidman et toutes les autres vraies ou fausses rousses qui entretiennent le mythe de la canonattitude des rouquines (surnom que je ne supporte pas quand on me le crie dans la rue).

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