Mise à jour du 28 mai 2010 par Fab – Deux ans après ce papier, le débat fait rage en France. L’occasion de le « ressortir » et de relancer le débat sur madmoiZelle : qu’en pensez-vous, de votre côté ? On vit plus vieux, est-il normal / ou pas d’allonger la durée du travail ? Vous vous dites encore, qu’à l’heure venue de votre retraite, vous pourrez la toucher sans aucun problème ? Pour plus de lumière sur le sujet, je vous invite à lire le papier d’Adeline, juste après cette citation tirée d’un article de Slate.fr intitulé « La Génération D. et les retraites ».
La réforme des retraites se profile comme thème d’actualité n°1. Dans les reportages télé, on trouvera toujours des jeunes pour affirmer d’un air concerné face caméra que «oui, le problème des retraites me préoccupe vraiment», les syndicats étudiants vont s’inviter dans les négociations. Pourtant, dans le fond, la plupart des jeunes (20 ans) et des moyens jeunes (28 ans), n’en ont, disons-le tout net, rien à foutre. Ça peut sembler dommage mais c’est comme ça. La retraite… Alors comment dire… Comment expliquer que plus ou moins consciemment on est persuadé que nous, on en aura pas de retraite ?
Mais il y a pire. Ça ne nous choque pas plus que ça. Pas parce que jeunesse folle et insouciante. En fait, cette indifférence révèle un changement en profondeur des mentalités. La suite par ici.
==
Posté le 5 juin 2008 – Fin mai, c’est au son de « Touche pas à ma retraite ! » qu’ont défilé des milliers de salariés dans les rues de France. Michel Rocard l’avait déjà constaté quand il était Premier ministre dans les années 80 : en France, la question des retraites est explosive pour les gouvernements.
Je te propose de revenir sur ce problème qui gangrène la France depuis près de 20 ans.
L’histoire du système de retraite français
La vieillesse a toujours été une période dont la communauté s’est chargée. D’abord à travers la solidarité familiale puis, dès les années 30, de manière beaucoup plus formelle avec les institutions comme les assurances vieillesse.
En France, le système de retraite est directement hérité de l’après deuxième guerre mondiale. Conçu dans un contexte de reconstruction et d’essor démographique, il se base exclusivement sur la solidarité inter-générationnelle : les générations actives paient pour les générations à la retraite.
Le système français, symbole de la période faste des 30 glorieuses, est considéré comme intouchable. De nombreux gouvernements se sont cassés les dents en essayant de le reformer : Rocard dans les années 80, Juppé dans les années 90, c’est maintenant le gouvernement Fillon qui est menacé par les manifestations contre sa réforme.
Deux modèles de système de retraite : par répartition et par capitalisation
Le système français est l’exemple type du modèle dit par répartition, c’est-à-dire que chaque actif, pendant sa période de travail, cotise pour les actuels retraités. La retraite est envisagée de manière collective : c’est la communauté dans son ensemble qui assure les retraites de tous les citoyens en droit de la percevoir, à travers des impôts payés par les actifs.
Le système par répartition est opposé au système par capitalisation. Courant dans les pays anglo-saxons, le système par capitalisation permet à chacun d’épargner de manière individuelle pour sa propre retraite. Ce système est vu comme un système individualiste où chacun est responsable pour son propre avenir. Si pour les revenus élevés ce système est sûrement plus avantageux, les faibles salaires se trouvent pénalisés.
Là où le système français coince…
Si les retraites posent aujourd’hui tant de problèmes, c’est que depuis les années 45, la situation de la France a beaucoup changé alors que le système ne s’est que faiblement adapté. La démographie a notamment ralenti. Et si dans les années 70, trois actifs cotisaient pour financer une retraite, aujourd’hui, ils ne sont plus que deux, et le gouvernement estime que d’ici 2040, avec le départ des baby boomers du marché du travail, le nombre d’actifs sera insuffisant pour financer les retraites. Malgré cet état de fait, la France a fait le choix de maintenir son système par répartition. Plusieurs solutions s’offrent au gouvernement pour résoudre le problème.
Des solutions pour les futurs retraités…
La première solution, et sûrement la plus logique, c’est d’augmenter la durée de cotisation pour les actifs. C’est une des solutions envisagées par Xavier Bertrand, ministre du Travail. L’âge de cotisation passera donc progressivement de 40 à 41 ans d’ici 2012. Une mesure inévitable selon le ministre du Travail : « Si nous ne faisons rien, une retraite sur dix ne sera pas financée et le déficit des retraites atteindra 11 milliards d’euros pour la seule année 2012. »
Une autre solution pourrait être d’augmenter les cotisations retraites des salariés actifs. Mais dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat, la mesure est risquée.
… mais pas de solution miracle
Si ces mesures semblent logiques sur la papier, de nombreux obstacles persistent dans la réalité. D’abord, la situation n’est pas aussi lisse qu’elle n’y paraît. Si en théorie il paraît logique que tout le monde cotise la même durée, l’observation des conditions de vie questionne les fondements de la mesure. En France, il existe une différence de 7 ans entre la durée de vie d’un ouvrier et celle d’un cadre. Les 41 ans de cotisations posent alors la question de l’égalité entre les citoyens.
La perspective des 41 annuités de cotisation soulève un autre problème : l’emploi des séniors. En France, seulement 38% des plus de 50 ans ont une activité professionnelle. Les entreprises sont réticentes à employer ou à garder leurs salariés âgés. Pour résoudre cette tension, le gouvernement a annoncé le contenu du « plan emploi senior » permettant à un nouveau retraité de cumuler sa retraite avec un nouvel emploi. Ce système permet au retraité d’avoir un complément à sa retraite. Quand on sait que le minimum vieillesse est de 600 euros par mois, la mesure semble indispensable. Le gouvernement a d’ailleurs annoncé la revalorisation de + 25% du minimum vieillesse d’ici 2012.
Mais face à l’ampleur du problème, ces mesures ne semblent que des parapets pour éviter d’affronter le cœur du problème.
Ca se passe comment à l’étranger ?
La plupart des pays européens, confrontés aux mêmes difficultés, ont décidé d’introduire une dose de capitalisation dans leur système pour le sauver. L’Allemagne, par exemple, pays fondateur du système par répartition, a en 2001 introduit la retraite privée. Chaque mois, 4% du salaire brut peut être mis de côté par les salariés pour constituer une épargne retraite. La Suède et les Etats-Unis avaient déjà adopté le même type de système dit « mixte » dès les années 90.
Et toi, quel est ton point de vue sur la question ? La retraite, c’est trop loin pour que ça te préoccupe déjà ou bien tu considères qu’il faut d’ores et déjà penser à ses vieux jours ? Enfin, comptes-tu sur le système français pour te payer ta retraite ou bien vas-tu chercher d’autres moyens d’épargne ?








Le 01/06/2010 à 10h05
Je suis pas très au courant mais on a le droit de travailler au delà de l'âge de la retraite si on a envie?Le 01/06/2010 à 18h36
Le 02/06/2010 à 10h51
Vaste débat que celui des régimes de retraite mais comme celui de la dette publique il s'agit d'un débat quasi vital. Un énième refus de la réforme pourrait nous conduire à notre perte. En s'accrochant à des avantages ou des acquis d'un autre âge, on risque de se tirer une balle dans le pied!Le contexte a changé, la crise est en plus passée par là, mais surtout nous ne sommes plus dans une situation de forte croissance comme cela était le cas lors de la mise en place des retraites.
Aujourd'hui notre manière de fonctionner n'est tout simplement plus adaptée aux contraites de l'époque : problème de démographie, études plus longues, chômage en hausse, croissance stagnante et contexte global très défavorable.
Ce n'est jamais agréable de céder sur ce genre de choses, on a l'impression de régresser, des perdre des droits acquis depuis longtemps et pourtant c'est plus que nécessaire pour que notre système par répartition qui nous est si cher(dans les 2 sens du terme!!) reste viable.
Repousser l'âge de départ? selon moi ça n'a plus trop de sens étant donné que nous commençons à travailler à des âges très différents selon les études entreprises ou non. Alors pourquoi se borner à une même limite de départ pour quelqu'un ayant débuté sa vie pro à 18 ou 30 ans. Je ne maîtrise pas les tenants et les aboutissants de cette règle mais sur le principe ça me paraît absurde....si quelqu'un peut m'éclairer!
Augmenter la durée de cotisation? ça me semble déjà plus pertinent, peu importe l'âge du début de notre vie pro, on a tous les même nombre d'années à tirer!
Ce qui est étrange c'est qu'en France on cherche à cumuler les 2! Et je crois (à vérifier) que nous sommes le seul pays européen à fonctionner de cette manière, les autres ont opté soit pour l'âge soit pour le cotisation.
Après, le système par répartition je n'y suis pas spécialement attachée. Je trouve ça pas plus mal d'essayer de responsabiliser un peu les gens en imposant une partie par capitalisation. Evidemment on a l'impression que ca avantage certaines personnes mais quand on y pense ceux qui ont des gros salaires on déjà actuellement une plus grosse retraite donc pourquoi pas?
Pour la pénibilité, c'est bien que l'Etat y pense même si globalement ça me paraît très très compliqué d'établir des règles. C'est clairement du cas par cas donc bonjour l'angoisse
Le 02/06/2010 à 19h08
Un retraité peut continuer a travailler en intérim par exemple, je pense aux infirmières, du moment qu'il ne touche pas plus que sa retraite je crois, et que c'est dans le privé.Le 08/06/2010 à 15h23
Franchement ça intéresse personne??On est pourtant pile la génération qui va se prendre un très sévère retour de baton si on ne s'y intéresse pas!
EDIT: Les mesures du gouvernement
Le 18/06/2010 à 20h41
Merci pour le lien Zyga, je m'en vais lire ça de suiteLe 27/06/2010 à 14h20
C'est marrant, je relisais le message que j'avais posté quand ce sujet est sorti (y'a deux ans !), et ma position n'a pas tellement évoluée depuis. J'aurai bien des choses à ajouter, mais aujourd'hui nous sommes dimanche, j'ai (encore) trop bu hier, et je ne suis pas d'attaque pour un long commentaire.Mais je suis d'accord aces toi Zyga : ça vaut bien un bon débat ! (notamment sur la question des sources de financement, de la pénibilité du travail, et du problème de l'emploi des seniors)
Edit : je m'excuse à l'avance, mais j'en profiterai pour caser un petit pour notre très cher Woerth, qui est dans une situation absolument délicieuse en ce moment (:
Le 27/06/2010 à 19h30
J'ai pas tout lu, donc bon je fais peut-être faire des répétitions. Mon avis sur la question c'est que finalement ça va être encore les mêmes qui font payer. Un journaliste de France 5 a expliqué les choses très clairement. Pour quelqu'un qui fait de courtes études et qui commence à 16/17/18 ans + 41,5 de cotisations = 57,5/58,5/59,5 ... Mais le départ légal à la retraite étant bousculé à 62 ans, il lui restera encore 5 à 3 ans à tirer ... Ou s'il décide de partir avant, ne la touchera pas dans la totalité. Pour les personnes commençant à 25 ans, ça ne va pas changement énormément de chose.Les personnes avec des carrières hachées -genre les femmes avec enfants- devront attendre 67 ans pour espérer une retraite à taux plein.
Une autre chose dont je ne sais pas si on a parler ici ; le gouvernement Jospin à mis en place un fond de réserve de 30 Milliards d'Euro pour les retraites à utiliser qu'à partir de 2020. Je ne sais pas ce qu'il en advient ...
M'enfin je n'ai pas de solution miracle, en même temps je ne suis pas économiste =)
Ceux qui me dérange aussi c'est que le 15-25 sont la population la plus touchée par le chômage (20%) alors si on met pas les gens à la retraite, comment trouver des boulots, surtout que justement on est à la fin du baby-boom et on devrait donc trouver des emplois plus facilement ...
On parle aussi du travail des seniors, qui était un problème d'actualité il y a peu : les personnes de plus de 50 ans qui une fois licenciés avait énormément de mal à retrouver du boulot ... Apparemment c'était pas marginal, donc bon on fait quoi aussi de ceux là ?
Le 27/06/2010 à 19h33
C'est là qu'on réalise qu'on ne peut pas mettre sur un même pied d'égalité tous les métiers ! En effet un professeur ou un caissière peut être stressé, oppressé ou dépressif autant qu'il veut à cause de son travail, celui-ci n'est pas comparable en fatigue et en problèmes rencontrés par les agriculteurs ou tout autre métiers dit "manuels".
!