Non, ce n’est pas honteux de rester chez soi un vendredi soir !

Lu n'a pas envie de sortir ce soir, mais la pression sociale est difficile à affronter. Elle nous explique pourquoi rester chez soi un vendredi soir ne doit pas être honteux.

Non, ce n’est pas honteux de rester chez soi un vendredi soir !

Ce soir, on me propose de sortir boire un verre pour l’anniversaire d’une connaissance. Mais ce soir, je n’ai pas envie ; je n’ai pas envie d’être sociable, pas envie de parler à des inconnus, pas envie de m’égosiller pour qu’on m’entende au milieu du brouhaha et de la musique qui passe à fond.

Alors je refuse, mais je vois bien que l’ami qui m’a proposé ça est déçu.

De la pression sociale pour sortir

Chaque fois c’est pareil, une certaine honte mêlée de peur s’installe insidieusement en moi. Et une petite voix dans ma tête, toujours la même, me reproche mon asocialité (oui, ce mot existe) :

« Tu es donc bien asociale, pour refuser cette invitation. Regarde autour de toi : tout le monde fait la fête, sort en boîte, boit et s’amuse ! Mais toi, tu veux rester dans ton coin, surtout ne pas parler aux autres. Tu fais presque pitié. »

Bien sûr, souvent, j’accepte de sortir, et je suis super contente de rencontrer des gens, d’en revoir d’autres, de boire un peu trop. Mais pas aujourd’hui, et dans le regard des autres, je vois que ce n’est pas « normal ».

Pour eux, tout le monde devrait vouloir sortir, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, exams ou pas, fatigue ou pas. Parce qu’on est jeunes, alors on doit sortir.

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Prendre du temps pour soi ne devrait pas être une honte

Cette sorte de pression sociale, qu’on se met à soi-même mais aussi que d’autres nous imposent, met mal à l’aise des tas de gens, jeunes ou pas. Ne pas vouloir sortir, c’est trop souvent être vu•e comme le ou la rabat-joie, celui ou celle qui n’est jamais content•e, qui ne s’amuse pas.

Encore pire, ne pas vouloir ou ne pas aimer sortir en boîte, c’est le comble de l’asocialité. On se voit rétorquer :

« Mais sérieux, allez viens, on va se bourrer la gueule ! »

Oui, une autre fois, mais pas ce soir.

On a tou•tes ces moments où on préfère rester chez soi, sous la couette, avec un thé (ou ce que vous voulez), une série, un bouquin, et surtout seul•e. Prendre du temps pour soi ne devrait pas être une honte, au contraire : on a tou•tes besoin de se recentrer sur soi-même.

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Du besoin d’être tranquille chez soi

J’écris ces mots aujourd’hui parce qu’il est difficile de voir à quel point nous sommes tou•tes comme ça, que nous avons tou•tes besoin d’être un peu asociaux et asociales, et c’est normal. Le côté ultra-social de notre génération nous empêche parfois de le dire : en apparence, tout le monde trouve cela génial de faire la fête.

Mais ne pas avoir envie de sortir, ça fait partie du jeu, et il est temps que chacun l’accepte sans honte et en parle ouvertement !

Alors osons dire :

« Une autre fois oui, mais pas ce soir, parce que j’ai juste envie d’être seul•e avec mon doudou, mon thé et le bouquin que je viens de commencer. Et oui, même un vendredi soir. »

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Aska
    Aska, Le 25 novembre 2016 à 13h59

    Très tôt j'ai été habituée à l'isolation de la part des autres, du coup aujourd'hui je n'ai absolument aucune envie de sortir de chez moi le vendredi/samedi soir.
    Je trouve toujours du réconfort après une semaine de travail difficile auprès de mon ordi, mon plaid avec une bonne tasse de café/thé/choco. Sous la couette avec mon doudou c'est encore mieux. Et le summum du summum ce sont les bouchons d'oreilles pour ne pas à avoir à entre mes voisins qui gueulent.

    Je n'aime pas l'alcool, et je ne comprends pas ceux qui me jugent lorsque je leur dis que je ne fume pas, ni je bois pas. Le goût de l'alcool m'écoeure au bout de 2-3 gorgées, même si c'est du cidre. Je suis mille fois plus heureuse avec un coca perso.

    Je dirais que c'est aussi le fait que mes parents m"ont beaucoup privée (interdiction de sortir même l'après-midi, pas confiance en mes "amis", peur de l'alcoolisme et tabagisme après un cas dans notre famille...). C'était dur d'être différente des autres, d'être rabaissée, mais finalement je ne comprends pourquoi ils trouvent ça cool de se mettre potentiellement en danger et de vendre ça après comme si je ratais quelque chose.

    Certes je ne m'amuse pas comme eux, mais je m'amuse tout de même chez moi avec un bon jeu vidéo et un film, en sécurité, au chaud, et sans doute mieux entourée.

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