Comment j’ai fait la paix avec mon niveau en sport en reprenant la danse après 10 ans

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Elise a fait de la danse pendant 6 ans avant de reprendre... 10 ans plus tard. Spoiler : elle a perdu beaucoup de niveau, mais a décidé de ne pas se laisser abattre.

Comment j’ai fait la paix avec mon niveau en sport en reprenant la danse après 10 ans

Si tu m’as déjà vu dans les vlogs, tu le sais : j’adore danser.

Dans la rue, pendant les Grosse Teuf, aux mariages, aux anniversaires, aux enterrements  devant Danse avec les Stars, des fois sous ma douche (ce qui m’a déjà valu des gamelles), je danse dès que je peux.

J’ai d’ailleurs fait 6 ans de danse modern-jazz, entre mes 10 et 16 ans, avec la meilleure prof du monde (à mes yeux, bien sûr). Franchement, j’avais un niveau vraiment pas dégueu (sans être à un haut niveau pour autant).

Comment j’ai arrêté le sport

Et puis… ça parlera à certain•es : en arrivant au lycée j’ai dû arrêter, les cours d’arts plastiques du mercredi après-midi m’empêchant de poursuivre dans l’école où j’étais.

J’ai vaguement repris à la fac, mais je suis partie à la fin de ma première année de licence et mes études de mode ne m’ont pas donné assez de temps pour danser (ni même dormir, hein, voire manger quelques fois).

L’emploi du temps de mon premier job en tant que salariée changeait chaque semaine, donc impossible de prendre des cours de manière régulière.

Et puis je suis arrivée chez madmoiZelle et mes horaires fixes m’ont permis d’aller retâter du parquet.

J’ai alors testé le hip-hop (avec Mélissa, anciennement chargée des témoignages chez mad) et puis je me suis dit que finalement, à quoi bon lutter ? C’était le modern-jazz que j’avais envie de retrouver !

Comment j’ai repris tranquillement le sport en tant qu’adulte

J’ai décidé de recommencer dans ma ville, dans un cours débutant pour adultes.

J’y suis allée en traînant la patte, j’aime pas les débuts d’années où tu connais personnes, où tout le monde se regarde en chien de faïence, où certaines se scannent de la tête aux pieds avec un regard moyennement sympathique.

Et là… Le kif ! Rien à voir avec ce que j’ai pu ressentir en étant ado.

Tu vois ces ambiances où tout le monde est cool avec tout le monde, et c’est sincère, mais tu sens qu’il y a quand même une pointe de compétition ? Je détestais ça.

Dans mon groupe d’adultes, il n’y avait que des gens qui découvraient, qui étaient là sans aucun stress, qui avaient juste envie de se détendre et d’apprendre la danse.

Ça m’a fait un bien fou de ne pas être dans la compétition mais dans la bonne humeur et l’entraide.

Autre point positif quand t’es adulte (enfin pour moi) : je suis beaucoup moins timide quand il s’agit d’aller vers les autres. Après tout, si on est tou•tes là pour danser, c’est qu’on a déjà quelque chose en commun, non ?

J’ai repris pendant un an, avec des femmes merveilleuses, appliquées, et pour la première fois j’avais un prof de genre masculin.

Quand pendant six ans tu danses avec la même personne, tous ses gestes deviennent des automatismes, tu arrives à anticiper sur les pas qui vont s’enchaîner.

Là c’était différent mais la transition a été douce, puisque son style était assez similaire à ce que je connaissais, je me sentais comme à la maison.

On a même fait un spectacle en fin d’année, j’étais aussi émue que la première fois qu’on m’a applaudie sur scène.

Sortir de sa zone de confort en reprenant le sport

Et puis pour la rentrée 2017 on m’a proposé d’aller en cours adulte moyen. J’hésitais. Le cours débutant était rassurant, j’avais repris mes marques, j’étais pas trop à côté de la plaque… Mais je sentais que j’avais envie d’aller un peu plus loin.

J’ai donc respiré un grand coup et je me suis sorti les doigts. Encore une fois, que des femmes merveilleuses au cours, avec cette fois une prof au style très différent.

Ça fait deux mois que j’y suis, et j’ai l’impression d’apprendre une nouvelle langue… et de faire beaucoup, beaucoup de fautes de conjugaison !

Son style est très intéressant et me challenge vraiment. Seulement je ne sais rien anticiper, j’oublie tout, je me trompe, j’arrive pas à faire deux pivots de suite.

Je suis devenue « la moins bonne de la classe », parfois je m’en veux, je fais des blagues en parlant trop fort pour cacher que je suis gênée par mon niveau, par moi-même.

Aïe… quand tu captes que tu ressens de la honte d’être là et de pas savoir faire les choses, tu te rends compte que c’est pas la bonne façon de penser.

Être indulgente envers moi-même et m’écouter

Hop hop hop, il fallait vite changer cette vision des choses, sinon j’allais abandonner.

Premier point : oublier le passé et mon niveau d’avant.

J’ai un gros problème avec l’exigence que j’ai envers moi-même, et là, y a sûrement un peu de fierté qui s’en est mêlée. J’avais un bon niveau, me voilà bien moins douée… Ça fout un coup à l’ego. Mais… Et alors ?

Je ne suis plus la même personne, 10 ans se sont écoulés et… BAH J’AI VIEILLI MON GARS.

Déjà qu’avant j’étais pas super souple, là j’ai mal à la hanche pendant les deux jours qui suivent mes étirements et je boite. Ridicule (mais drôle).

Ma vision de moi-même quand je me regardais danser les premières semaines

Alors je vais aussi loin que je peux. Tant que ça travaille, ça me va. Si je retiens pas mes enchaînements, tant pis, ça viendra, on n’a pas tous les mêmes capacités à retenir les choses.

J’essaye de me filmer en train de faire la choré, comme ça je visionne la vidéo la semaine suivante, avant de me rendre à mon cours. Et ça marche plutôt bien.

Pourquoi j’ai repris le sport, au fait ?

Je me suis souvenue que si j’avais repris la danse, c’était aussi pour des raisons solides. Je voulais être sûre que c’était les bonnes.

Est-ce que j’avais envie de reprendre pour me rappeler que j’étais douée dans ce sport et me donner une bonne image de moi-même ?

Heureusement que la réponse était non, sinon je pense que j’aurais déjà laissé tomber.

J’ai repris parce que c’est le moment de la semaine où je sens mon corps, je suis là pour lui et même s’il flanche, il est là pour moi. Je danse parce que je me sens bien, que ça m’éclate !

J’ai aussi recommencé pour découvrir d’autres profs, d’autres façons de bouger, d’autres sensibilités. J’ai toujours la même émotion qui me traverse quand se lance la musique. Et même si tout n’est pas parfait, je kiffe toujours autant qu’à mes 10 ans.

Outrepasser sa peur, pour mieux kiffer !

Si toi aussi t’as une passion mais que t’as peur d’avoir perdu du niveau et d’être bien moins balèze qu’avant, demande-toi juste si cette peur vaut le coup de laisser passer ta passion, ou si ta seule façon de te sentir vraiment vivant•e, c’est d’y aller.

Je t’envoie plein d’amour, écoute-toi et si tu aimes vraiment ton sport, retourne-y. Ce sera pas parfait, mais si ça te plaît à ce point, que tu te sens vivant•e, ça vaut le coup.

J’espère que cet article aura donné un (gentil et bienveillant) coup de pied au cul à celles et ceux qui hésitent encore.

Les autres, soyez patientes et patients avec vous-même, si ça vous manque vraiment, vous trouverez le courage de vous y remettre.

Si ce n’est pas le cas, c’est peut-être juste que vous avez changé, et c’est très bien aussi. Faites ce qui vous ressemble à l’instant T, pas pour retrouver la personne que vous étiez plus jeune.

Et surtout lâchez vous la grappe bordel, faites-vous plaisir, on a qu’une vie, après tout. (Cette phrase est sponsorisée par les mantras de développement personnel stéréotypés.)

Racontez moi dans les commentaires si vous aussi vous avez recommencé un sport récemment, et vous galérez mais vous kiffez quand même, vous avez décidé de ne pas vous laisser abattre !

À lire aussi : Faire du sport, à quoi bon ? Sister Sister entre Mymy la patate & Clémence la sportive 🚴🏼

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Elise S.

Grande fan de textiles arrivée en août 2016 dans la team mode-beauté, Elise partage sur madmoiZelle tout ce qui la transcende : la couleur, les motifs, les chaussettes, Wham!, la « petite » création… et parfois tout ça en même temps. Ne t’inquiète pas, cela dit : elle ne te forcera jamais à porter des épaulettes. Ni des faux cils. Pas de menaces.


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Commentaires
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  • Laïla_Tali
    Laïla_Tali, Le 5 novembre 2017 à 15h38

    Je dois dire que je me retrouver énormément dans cet article.

    J'ai commencé le patinage artistique à 4 ans et ai pratique ce sport pendant 10 ans. Ce sont encore aujourd'hui de très belles années, qui m'ont beaucoup apportées, mais m'ont aussi fait très mal sur la fin. Je me suis réveillée un matin après 10 ans à en faire en me disant stop, je ne peux plus continuer ainsi et j'ai tout abandonné en milieu d'année. Au revoir la glace, au revoir les compétitions, au revoir 12h d'entrainement par semaine 6 jours sur 7... J'adorais mes camarades de cours, j'adorais la liberté que me donnait ce sport, mais je pense qu'au bout du compte mes entraîneurs ont éteints cette petite étincelle que j'avais en moi à chaque fois que je montais sur la glace. Je ne pouvais plus y aller sans avoir cette boule au ventre, je ne dormais plus sans entendre la voix de mon entraineur me dire que je ne valais rien parce que je n'arrivais pas à passer ce p*** de double saut qui "est pourtant si simple quand ont est pas une empotée". J’avais un bon niveau, c’est pour ça qu’il me poussait autant, mais ce n’était pas la manière de faire avec moi. Bref je n'en pouvais plus et j’ai arrêté, sans jamais revenir en arrière.

    Je suis retournée plusieurs fois à la patinoire avec des amis, sans jamais avoir cette envie de vraiment m’y remettre quotidiennement, cela ne me manquait pas plus que ça et ça m’a fait peur au début. Imaginez-vous passer de 12h de pratique par semaine avec 1 compétitions quasi tous les weekend à 3h un samedi après-midi tous les 2-3 mois, il faut le temps de s’adapter au changement… J’ai fini par le faire avec quand même cette sensation d’avoir perdu une partie de ma vie à travailler pour quelque chose qui, au final, ne m’aura rien apporté… Enfin, c’est ce que je croyais… Après plusieurs années, j’ai passé mon bac et je suis montée sur Paris pour mes études. Avec ce changement de ville, j’ai eu envie de reprendre une première fois le patin. J’y suis allée une fois, deux fois et j’ai demandé à être remboursée. Je n’avais plus les mêmes sensation, ni même cette envie d’être sur la glace comme avant.

    Et puis cette année, j’ai eu un déclic. J’ai finis mes études fin août… bonjour l’insertion dans le monde professionnel… J’ai eu besoin de me remettre au sport, de me faire du bien après 5 années passées à ne penser qu’aux études. J’ai fais un tour au forum des assocs de ma ville et suis tombée nez à nez avec le stand de danse sur glace de ma ville. La petite étincelle qui c’était éteinte à cause de mes entraîneurs s’est rallumée d’un coup, et le soir même je chaussais mes patins pour monter sur glace. J’ai découvert le ballet. On est une équipe, on patine ensemble, on fait des compétitions ensemble et pas l’un contre l’autre comme en patinage artistique. C’est quelque chose qui change. Je n’avais connu que cet esprit de compétition pendant 10 ans qui pouvait bouffer même les plus fortes amitié en artistique. Ici, on vient pour s’amuser, pour déconner et pour partager une passion. Je me suis surprise à voir que j’avais encore quelques pas, quelques bases, et que mes 10 ans d’artistique allaient me servir pour les attitudes et les pirouettes que l’on doit faire. Évidemment, je sais que je ne retrouverais jamais le niveau que j’avais, mais je me rends compte que cela ne me gène pas, parce que j’ai retrouvé cette liberté que je ressentais quand j’étais petite. J’ai retrouvé ma maison, celle que j’avais quitté il y a 10 ans, et franchement… ça fait beaucoup de bien ! C’est un vrai déclic pour moi. Je suis enfin en paix avec moi-même, avec mes choix, je reprends confiance en moi et j’assume. Et puis, l'ambiance aide aussi beaucoup. Avec des adultes (même si à 24 ans je suis presque la plus vieille du groupe), ce n'est pas pareil, il n'y a pas de prise de tête, on vient pour se détendre et si on y arrive pas, c'est pas grave ! On demande aux autres et on s'entraide. J'adore ça. j'espère pouvoir continuer encore quelques années...

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