Comment j’ai survécu à ma première année de prépa, et même surkiffé !

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Une madmoiZelle raconte sa première année de prépa, des difficultés au déclic. Grâce à ce cursus, elle a appris à se dépasser et à s'assumer.

Comment j’ai survécu à ma première année de prépa, et même surkiffé !

On imagine souvent la prépa comme une filière extrêmement dure et épuisante. Pour ma part, même si j’ai évidemment beaucoup travaillé durant cette première année de prépa littéraire, j’y ai tellement appris qu’au final, les quelques zones d’ombres qui ont pu venir obscurcir le tableau ne comptent plus.

Je mentirais si toutefois je disais que tout avait été joyeux dès le début : je n’avais, jusque-là, jamais vécu une rentrée aussi horrible.

La prépa et la mise à l’épreuve de ma timidité

D’abord, pendant plusieurs semaines, je me suis sentie seule. Comme je n’avais pas fait de terminale littéraire, je ne pouvais pas retrouver mes camarades de l’année passée et je ne connaissais véritablement personne d’autre.

Alors oui, j’aurais pu me dire que ça allait être chouette, que justement j’allais rencontrer de nouvelles personnes, me faire de nouveaux amis, etc. J’ai vraiment essayé de rester positive, de me motiver mais ça n’a pas réellement fonctionné car en plus de ne connaître personne, j’ai eu du mal à m’intégrer.

Il faut dire que j’ai toujours été extrêmement timide et que j’avais un gros manque de confiance en moi.

Ainsi, comme je ne m’étais jamais trouvée intelligente ni particulièrement intéressante et que j’accordais trop d’importance à ce que les autres pouvaient penser de moi, ayant peur qu’ils ne m’aiment pas, je faisais rarement le premier pas.

De plus, à cause de cette timidité, j’ai toujours paru froide voire hautaine aux premiers abords, ce qui n’a jamais facilité ma socialisation. Par conséquent, me faire une place a vraiment été difficile.

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Les premiers cours d’hypokhâgne ou l’enfer

J’ai eu d’importants problèmes au collège qui, par la suite, se sont répercutés sur la qualité de mon expression à l’écrit ou à l’oral. Je n’arrivais pas à formuler ou à structurer correctement mes phrases et j’avais donc beaucoup de mal à être claire, même si tout l’était dans ma tête.

Autant dire que pour les dissertations ou autres travaux d’écriture, ça ne m’a pas aidée et j’ai dû combler ces lacunes pour me mettre au niveau, tout en faisant le travail qu’on me demandait de fournir (et oui je dormais le soir, promis).

Pour finir, à cause de ce manque de confiance en moi, je me sentais incroyablement bête quand je voyais les autres qui semblaient bien se débrouiller alors que moi je ne comprenais pas les textes qu’on devait ficher ou ce que les professeurs pouvaient lire parfois.

Ainsi, en ce début d’année qui me semblait terriblement long, tout était remis en question. Même si je restais avec deux filles avec qui je m’entendais bien, je ne me sentais pas véritablement à ma place. J’en suis alors venue à me demander si j’avais choisi la bonne voie et si je devais donc continuer.

Moi en train d’attendre que mon année devienne cool

Pourquoi je suis restée en prépa littéraire

J’ai dû beaucoup travailler pour les cours mais mon année s’est améliorée lorsque, petit à petit, j’ai pris confiance en moi.

Ça a d’abord commencé avec la soirée de parrainage durant laquelle j’ai réellement pu m’amuser et être moi-même. J’y ai rencontré mon parrain qui a été d’un grand soutien toute l’année et comme une des deux filles avec qui je m’entendais bien (qu’on appellera Perrette) avait le même, je me suis vraiment rapprochée d’elle après cette soirée.

On s’est de mieux en mieux entendues et elle est devenue une très bonne amie. Elle m’a beaucoup soutenue dans mes galères et je ris beaucoup quand je suis avec elle.

Et puis au final, l’ambiance de classe s’est améliorée, jour après jour, et à partir de là, je me suis sentie de plus en plus à l’aise. Ça m’a donné confiance, je me suis alors ouverte aux autres et en cours puisque j’ai commencé à participer dans ceux de langues vivantes.

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La prépa m’a permis d’améliorer mon estime de moi

Si ma confiance en moi commençait à s’améliorer, en revanche l’estime que j’avais concernant ma capacité intellectuelle ne changeait pas. Des fois, je n’avais pas vraiment l’impression d’être considérée contrairement à d’autres élèves autour de moi, et ça affectait mon moral.

Et puis, un mercredi de novembre, à la fin d’un cours d’anglais, ma professeure que j’affectionnais pour sa profonde gentillesse, ses cours intéressants et sa capacité à être juste et encourageante, m’a complimentée sur mon accent.

J’avais toujours voulu qu’on le fasse mais cela me semblait inespéré car, jusqu’en terminale, j’étais d’une nullité folle en anglais et gardais de grosses lacunes.

Cela a été un élément déclencheur pour moi, ce qui peut sembler légèrement anodin parce que c’est « juste » un compliment. Cependant, je pense que c’est l’assemblage de petites choses comme ça qui m’a donné du courage et envie de mieux faire.

Dès lors, je me suis dit que s’il y avait quand même des personnes qui m’estimaient, je pouvais bien apprendre à le faire aussi (il y a également ma famille et mes amis extérieurs qui ont été d’un soutien sans faille, qu’on se le dise) et à me motiver quand je n’arrivais pas à trouver de solution pour m’améliorer.

J’ai vaincu définitivement une partie de ma timidité

Ma timidité a diminué naturellement au fur et à mesure de l’année. Plus je prenais confiance en moi, que ce soit pour les notes ou par des petites victoires personnelles comme aller parler à des personnes que je ne connaissais pas, plus mon manque d’assurance s’affaiblissait.

Je m’en suis rendu compte lors des portes ouvertes de mon établissement, lorsque j’ai dû parler devant plus de soixante-dix personnes, répondre individuellement à diverses questions et vendre la formation de la prépa.

C’est d’ailleurs à ce moment-là que j’ai vu ce que les khôlles (oraux où l’on présente un sujet qu’on a traité face à un professeur) apportaient : j’étais beaucoup plus à l’aise, j’osais m’exprimer, argumenter face aux parents et c’était même moi qui engageais la conversation avec eux, c’est pour dire !

Mon année d’hypokhâgne, une année de patience

Seulement voilà, tandis qu’un progrès se faisait sentir de ce côté-là, mes notes restaient assez mauvaises, bien que dans la moyenne de la classe.

Elles ne me satisfaisaient pas et des fois j’avais envie de baisser les bras, n’ayant aucune idée de comment m’améliorer et désespérant de n’en trouver aucune. J’ai donc vraiment dû me mettre un coup de pied aux fesses pour travailler et m’encourager en me disant que ça viendrait forcément afin de tenir le coup.

Heureusement qu’il y a eu des personnes pour me faire rire parce que sans elles, je serais restée dans mon lit et j’aurais abandonné !

Prépa littéraire : il faut apprendre à relativiser

Toutefois, vers le mois de mars, j’ai commencé à réaliser que l’anglais était ce que je voulais étudier et j’ai donc compris que la fac en L2 me tendait les bras (il était tout de même hors de question de quitter la prépa maintenant, je voulais finir mon année).

À partir de ce moment-là, comme il n’était plus obligatoire pour moi de passer en deuxième année et que je n’étais alors plus forcée de réussir le concours de fin d’année, j’ai décidé de vivre la suite de ce cursus simplement, en ne me posant plus de questions et en y allant sans stress.

J’ai donc appris à relativiser, ce qui m’a permis de me libérer d’une grande partie de ma nervosité, d’avoir l’esprit tranquille et donc enclin au travail productif. Mes notes ont donc augmenté significativement, notamment en anglais et ça m’a vraiment fait du bien !

J’ai enfin vu que le travail fourni payait et que j’étais capable d’y arriver. Comme un cercle vertueux, j’ai alors encore mieux travaillé et je me suis mise à participer dans toutes les matières, voyant que j’étais légitime à le faire et finalement, cela m’a décidée à suivre une deuxième année en prépa.

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Le travail en prépa

On ne va pas se mentir, la charge de travail est importante en hypokhâgne. Si la motivation et l’organisation — ou si ce n’est pas le cas, relativiser aide — sont présentes, il n’y a pas lieu de s’alarmer.

« J’ai un commentaire à rendre pour demain ? Mais je suis laaaarge ! » (ceci est un fait réel)

C’est simplement pour dire que le travail paie vraiment. On apprend, à mon sens, toujours quelque chose en prépa, que ce soit s’organiser, être autonome, réfléchir, acquérir une certaine culture, défendre nos propres arguments, nos idées

Je pense qu’on nous donne, tout en nous encadrant, des clés pour grandir et se gérer dans un monde de plus en plus complexe, ce qui n’est pas forcément le cas dans d’autres filières.

Mon année de prépa et mon rapport aux autres

J’avais envie d’insister un peu sur ce point : j’ai rencontré des gens géniaux, qui m’ont amusée et qui m’ont soutenue.

Je crois d’ailleurs que je n’ai jamais autant ri ni ne me suis jamais autant amusée qu’en hypokhâgne (oui c’est possible.) C’est en partie grâce à ces personnes si j’ai aimé mon année et si je suis restée.

De même, comme je l’ai dit plus haut, j’ai désormais plus de facilité à aller vers les autres, je suis plus ouverte et j’ai beaucoup moins peur de ne pas être aimée. Ça m’a permis de laisser partir des personnes à qui je m’accrochais, de peur d’être seule.

En outre, j’ai aussi appris à développer mon ouverture d’esprit, à laisser les gens avoir leurs propres opinions, à ne pas imposer la mienne, à écouter et à essayer de comprendre.

Je suis même devenue amie avec des personnes qui ont des avis totalement opposés au mien, chose qui n’aurait jamais été concevable pour moi avant.

Mes profs de prépa, ces personnes inspirantes

Je pense que je suis restée en prépa et ai progressé également parce que certaines personnes ont été là, comme ma professeure d’anglais, dont j’ai déjà parlé plus haut. Elle restera pour moi l’enseignante qui m’a donné le plus envie de continuer mon année.

J’ai d’ailleurs pleuré dans la rue après son derniers cours avec nous et les gens autour de moi m’ont mal regardée (grosse ambiance.) C’était la première fois que ça m’arrivait.

Il y a eu aussi ma professeure d’espagnol avec ses leçons de morale drôles et remontantes, ses mails encourageants nous répétant qu’on n’est « plus des moutons » et qu’il nous faut nous rebeller me faisaient rire et beaucoup de bien.

Pour finir, notre professeur d’histoire qui s’en allait à la retraite a tellement apprécié notre classe qu’il a invité tous les élèves à camper chez lui à la fin de l’année !

Vous avez ça, vous ?

Comme quoi, on peut vraiment faire de belles rencontres en prépa.

Mes conseils si vous voulez faire une prépa

Si vous voulez passer une bonne année, mettez-vous en tête que ça va être le cas, ne vous mettez pas la pression et éloignez-vous des gens qui ne font que vous stresser. Allez avec ceux qui vous apportent du bonheur et vous font rire, vous serez encore plus productifs !

Donnez-vous du temps et avancez à votre rythme. Si, comme moi, vous êtes longs à la détente, que l’adaptation se fait difficilement, tentez quand même et persévérez, peut-être que cela finira par payer et vous pourriez passer une bonne année.

Si cela ne paie pas et que vous vous rendez compte que la prépa n’est pas faite pour vous, ne vous trouvez pas nuls. C’est normal, se tromper arrive et vous finirez bien par trouver votre voie.

Vous n’avez pas besoin d’aimer travailler pour venir en prépa, moi-même je suis une grosse flemmarde. Partez étudier dans cette filière si vous avez envie de découvrir des choses et apprendre à travailler efficacement (pour ensuite mieux faire les larves devant des séries).

Bossez pour vous (et non pour les autres) mais surtout, dormez ! Le sommeil joue un important rôle sur le moral et sur l’intellect. Et mangez aussi ! Ma prof d’espagnol vous dirait de prendre du chocolat (et de lui en offrir.)

Si vous avez le moral à zéro, appliquez ce conseil dispensé par l’enseignante qui s’occupe de l’espagnol, encore : chaque jour ou chaque semaine, dites-vous à voix haute ce que vous avez réussi à faire.

Peu importe si ça vous semble dérisoire, comme se féliciter d’avoir osé participer durant un cours. Se dire des petites choses comme ça remonte le moral, je peux vous l’assurer.

Et enfin, j’aimerais terminer en citant une phrase que ma prof d’anglais nous a dite un jour. Elle sera valable pour toutes vos études :

« Choisissez la vie que vous avez envie d’avoir. »

Certes c’est un peu utopique mais ce n’est pas totalement faux. Je pourrais même rajouter : faites en sorte de pouvoir choisir et de l’avoir, peu importe le moyen. (Restez dans la légalité quand même hein, je vous vois venir !)

À lire aussi : Tu rentres en prépa ? Voici nos conseils pour réussir cette année !

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