Le pénis perdu d’Osiris, et autres anecdotes mythologiques #2

Ah, la mythologie ! Épopées fabuleuses, légendes éternelles, mythes fondateurs de nos sociétés... Mais savez-vous que parfois, la mythologie, c’est drôle ? Drôlement tordu, en tout cas.

Le pénis perdu d’Osiris, et autres anecdotes mythologiques #2

Les récits mythologiques, c’est fascinant. Bien sûr, ce sont souvent des histoires fabuleuses avec de sacrés morceaux d’épique dedans… C’est l’épopée du roi Gilgamesh à la recherche de l’Immortalité. C’est la création de l’Univers selon le Kalevala dans la mythologie finnoise. C’est des dragons. Des Dieux des Enfers. Des nymphes, des Sphynx, des héros et des loups géants.

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Mais c’est aussi beaucoup de dieux bourrés, de parties génitales malmenées, de plans cul mal gérés, de naissances improbables et, potentiellement, de bites. Faut pas se leurrer.

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Or ce sont ces histoires-là, qu’on trouve étrangement beaucoup moins dans les livres scolaires, qui sont les plus fascinantes ! Après l’histoire de Loki et la chèvre, les frasques de Zeus et l’ubiquité sexuelle de Krishna, voici une nouvelle sélection d’anecdotes mythologiques toutes plus croustillantes les unes que les autres…

On a perdu le pénis d’Osiris

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Osiris n’a pas eu une vie facile. Pourtant, au panthéon des Dieux égyptiens, il a un certain cachet : né de l’union divine de Nout, déesse du ciel, du firmament et des astres, et de Geb, dieu de la terre, il régnait sur l’Égypte antique avec sa soeur et épouse Isis, belle déesse pleine de ressources (comme on le verra plus tard). Souverains primordiaux, ce sont eux qui ont enseigné aux hommes comment pourvoir à leurs besoins en restant civilisés et sans se bouffer les uns les autres (en gros).

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Amour, gloire et beauté. Tout allait bien dans le meilleur des mondes (de péquenots mortels) pour Osiris. Hélas, un peu trop bien… car il avait un frère pour qui ça roulait un peu moins.

Seth, dieu des éclairs et mec pas très clair, était jaloux de son frère. Faut dire que malgré sa tête de chacal, Seth, c’était un peu le vilain petit canard de la famille, et ça le rongeait. Alors un beau jour, lors d’un open bar entre divinités, il se ramène avec un superbe sarcophage, qu’il promet d’offrir à celle ou celui qui le remplira avec le plus de style (il faut savoir que le sarcophage était alors la dernière mode en Égypte) (non c’est des conneries).

Jusque là, vous ne voyez pas bien le rapport entre un sarcophage et le pénis perdu d’Osiris ? Pas de panique, à ce moment de l’histoire, ce dernier a toujours son membre viril sur lui, et nous y arrivons. Surprise : sans se douter que son traître de frère l’a fabriqué spécialement pour lui, Osiris constate avec extase que ce sarcophage lui va à merveille. Or c’était un piège.

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Ni une, ni deux, et sans que personne dans l’assistance ne réalise que ce n’est pas normal, Seth enferme Osiris dans le sarcophage en le scellant avec du plomb, et le jette dans le Nil. Pif, paf, pouf, noyé c’est pesé.

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Enfin, on aurait pu le croire… mais Isis, en soeur et épouse (jugez pas) fidèle, écume le Nil à la recherche du corps de son mari fort marri. Excédé, Seth le récupère avant elle, et en fait exactement quatorze morceaux qu’il disperse dans toute l’Égypte en mode « va chercher bonheur ». Bon, Isis va effectivement « chercher bonheur », puisque sa quête pour récupérer les morceaux du corps de son époux est une épopée mythologique à part entière. Ce qu’il nous faut savoir pour aujourd’hui, c’est qu’elle finit par tous les retrouver… sauf un.

Elle a pas retrouvé le pénis. Elle sait pas où il est passé, quoi. Bon, d’accord, elle sait qu’un poisson l’a bouffé. Oui, un poisson a bouffé le trululu d’Osiris ! C’est bien la peine d’être le Dieu de la fertilité si c’est pour se faire boulotter l’outil par un sushi…

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RENDS LE TRULULU, TOI.

C’est là que nous découvrons enfin à quel point Isis a de la ressource. Il manque une pièce cruciale au puzzle de son mari ? Qu’à cela ne tienne ! Elle façonne un nouveau pénis en argile, le lui colle entre les jambes, bat des ailes pour lui ré-insuffler un peu de vie, et se fait planter une petite graine avant que monsieur ne parte définitivement au royaume des morts. Au bout d’un moment, ça va bien, hein.

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Et c’est ainsi que naquit Horus, et que re-mourut Osiris. Quant au pénis d’argile, j’aime à penser que la famille du défunt l’a longtemps conservé sur la cheminée en souvenir.

Thor et Loki sont dans un bar…

La petite anecdote suivante nous vient d’un poème en vieux norrois de l’Edda Poétique, un recueil islandais à l’origine de nos connaissances actuelles de la mythologie scandinave. Ce poème, c’est le Thrymskvida (à vos souhaits), ou « Chant de Thrym ». Et il raconte une petite mésaventure de nos joyeux lurons préférés, Loki et Thor.

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Party hard.

C’est Thor et Loki qui rentrent dans un bar… Bon, en vrai, il n’y avait peut-être pas de bar, mais les dieux n’ont pas besoin de comptoir pour se mettre une mine — ce qu’ils font, pas à moitié : ils ne tardent pas à plonger dans le profond sommeil des poivrots. Or le lendemain, en se réveillant, ils constatent avec horreur que le fidèle marteau de Thor, Mjölnir, a disparu.

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Ils apprennent bien vite que c’est ce vieux rat de Thrym, le roi des géants, qui le leur a piqué — non pas pour enfoncer des clous, mais pour leur demander la belle déesse Freyja en échange. Ce qui aurait pu tout à fait convenir à Thor et Loki, si seulement Freyja ne les avait pas envoyés balader. À la place de sa personne, elle leur file une de ses tenues en leur disant de se débrouiller.

Bon. Eh bien ils vont faire avec, hein.

Après avoir perdu à chi-fou-mi, Thor enfile la robe et se présente devant le géant avec Loki en tant que Freyja et sa servante. Magie du récit ou caca dans les yeux, le stratagème passe inaperçu, et la cérémonie du mariage commence. Même lorsque Thor descend un boeuf entier, une petite tonne de saumons ainsi que quelques tonneaux d’hydromel, et grogne quand on l’approche, Loki réussit à expliquer son comportement de bourrin au géant : « oui mais ça fait bien une semaine qu’elle a pas mangé, tellement elle avait hâte de vous embrasser, noble seigneur, ohlala ».

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Quoi ?

Magie du récit ou vide intersidéral dans le cerveau, la ruse fonctionne, et la cérémonie continue. Enfin, le moment tant attendu par nos deux renards arrive : dans le cadre de traditions obscures, la future épouse qui n’est autre que Thor habilement déguisé (clin d’oeil clin d’oeil) se voit remettre le fameux marteau.

Et là, c’est l’hallali.

Son fidèle Mjölnir à nouveau à ses côtés, Thor défonce toute l’assistance, y compris ce pauvre Thrym et son caca dans les yeux, et lui et Loki rentrent bras dessus bras dessous, chatoyants dans leurs jolies robes : tout est bien qui finit bien. Sauf chez les géants, où on a un peu mal à la tête…

La vérité sur la naissance d’Athéna

Pour finir, petit retour sur un épisode que vous connaissez peut-être un peu : la naissance de la déesse grecque Athéna. Oui, peut-être que vous avez déjà lu quelque part que c’est Zeus qui a mis Athéna au monde, et pas par l’anus ? Non ? Ah, j’en vois dans le fond qui opinent du bonnet. Écoutez, on va reprendre depuis le début, hein. Ça vaut le coup.

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Alors. À l’origine, Athéna est la fille de Zeus et de Métis, une nymphe de l’océan. Mais si la mythologie grecque a fini par retirer cette dernière du portrait familial, c’est tout simplement parce que son rôle dans la conception de l’enfant a un peu divergé du schéma classique. Et pour cause : lorsque Zeus se fait prédire par Ouranos qu’un fils né de Métis finirait par lui piquer son trône, le dieu des dieux panique, et ne trouve rien de mieux que… de boulotter cette dernière.

Un problème, une solution.

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Viens faire un bisou.

Hélas, cette technique d’avortement ne s’avère pas très efficace. Après avoir gobé Métis alors qu’elle était enceinte, Zeus se met à ressentir non pas des maux d’estomac, mais un terrible mal de crâne, à s’en frapper la tête contre les murs. La tête contre les murs… Tiens ! Mais quelle riche idée ! Fier de l’idée qui a germé dans son cervelet divin malgré la douleur, Zeus va sonner chez le dieu Héphaïstos. Pour lui demander de lui exploser le crâne.

Ben oui, logique : il a mal à la tête, il se la fait ouvrir à coup de hache pour en extirper la douleur. Le Doliprane, c’est pour les faibles. Et là, paf, qu’est-ce qui en sort sans péridurale ? Une jolie petite déesse, toute adulte, déjà habillée et armée de sa lance et de son bouclier ! Félicitations, Zeus : c’est une Athéna.

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Zeus était bien emmerdé, vous imaginez. Une gosse qui vous tombe de la tête sur les bras, comme ça… Mais bon, comme c’était une fille (adulte), et pas un fils, personne n’allait risquer de lui piquer son trône. En plus elle était déjà propre. Alors ma foi. Bienvenue Athéna. Maintenant, un divin chirurgien aurait-il l’obligeance de recoudre le crâne du dieu des dieux ? Pas que ça pisse le sang, mais si, un peu quand même.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Petious
    Petious, Le 15 juin 2015 à 14h54

    J'adore ces articles là ! :gnih:
    J'espère qu'il y en aura encore beaucoup !:dowant:

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