Parité salariale : la France encore loin derrière

Le classement annuel du Forum de Davos a placé la France au 131ème rang mondial, en matière d'égalité de rémunérations hommes-femmes.

Malgré les 4 lois (1972, 1983, 2001, 2006) votées depuis 40 ans pour supprimer les écarts, les femmes gagnent en moyenne 27% de moins que les hommes.

Le JDD cite Brigitte Grésy, inspectrice des affaires sociales et auteure du Petit Traité contre le sexisme ordinaire (paru chez Albin Michel) :

« Le salaire est le symbole, mesuré chaque mois en monnaie sonnante et trébuchante, de toutes les autres inégalités. »

Autrement dit, les inégalités de salaire ne seraient que la partie visible de l’iceberg de toutes les autres inégalités quotidiennes dont les femmes souffriraient.

Qui plus est, « l’ombre des enfants » (selon une expression de Rachel Silvera, économiste à l’université Paris X-Nanterre) plane toujours sur les mères. Même sur celles qui n’en ont pas. Une femme serait moins productive parce qu’occupée par les tâches domestiques, moins rentable parce que susceptible à tout moment de partir en congé maternité.

Et les employeurs de continuer à être une majorité à ne pas rémunérer les femmes à leur juste valeur. Dans ce contexte, la solution a semblé être la sanction. C’est pourquoi la dernière loi en date (promulguée en 2006) a pensé à intégrer un mécanisme de sanctions anti-inégalités (lequel a finalement été associé à la loi sur les retraites en 2010). En théorie : une avancée pour la lutte anti-inégalités. En pratique : un échec reconnu de tous, puisque les inspecteurs du travail seraient trop peu nombreux pour constater les infractions. Que faire aujourd’hui ?

Olga Trostiansky a mis en place un think tank intitulé « Laboratoire de l’égalité ». L’adjointe au maire socialiste de Paris vient de présenter un pacte pour l’égalité (à consulter à cette adresse) soumis à tous les candidats à la présidentielle et articulé autour de 4 grands enjeux : la parité et l’accès des femmes aux responsabilités, l’égalité salariale et la lutte contre la précarité, la conciliation des temps de vie et l’implication des hommes, et le partage d’une culture de l’égalité.

Le JDD rapporte que « la députée Chantal Brunel suggère de faire de l’égalité une grande cause nationale en 2012 et de créer un label égalité pour distinguer les entreprises vertueuses ».

Comme du greenwashing, mais niveau parité, en somme. En espérant que ça marche.

PS : Et n’oubliez pas de participer à notre sondage « La France est-elle sexiste ? »

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Carmelita
    Carmelita, Le 22 novembre 2011 à 20h47

    Foxey;2720437
    Justement, "une femme enceinte" c'est différent de "une femme". Or, on parle de discrimination à l'embauche parce que tu pourrais (biologiquement) tomber enceinte.
    Ça ne change rien que tu ne veuilles pas d'enfants, ça ne change rien que tu n'aies pas de mec avec qui faire cet enfant, il est possible que tu tombes enceinte DONC tu as moins de chances d'être prise pour le poste.

    Ça c'est pour le raisonnement ultra basique, mais en plus les pères aussi ont des congés parentaux, maintenant, donc même cette logique ne tient plus.
    On fait une discrimination à l'embauche qui n'a aucune justification, ni même "fausse" justification.
    +1. Surtout qu'un enfant, en général, on le fait à deux. (Les cas d'immaculée conception sont tout-de-même rares me semble-t-il.) Une femme, même enceinte, est sauf graves complications, apte à travailler jusqu'à un stade avancé de sa grossesse, et peut revenir rapidement au travail. Donc pourquoi est-ce toujours à elle d'assumer seule la responsabilité, et qui plus est quand il s'agit d'une forme de pénalisation, de la grossesse ? Pourquoi quand un homme veut prendre un congé paternité on lui rit au nez ? Pourquoi une femme active qui a eu un enfant se complairait-elle automatiquement dans le congé maternité longue durée ? La parentalité n'est pas davantage l'apanage d'un sexe que de l'autre.

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