La chirurgie esthétique de la vulve monte en puissance, même chez les adolescentes

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Les labioplasties, ou opérations chirurgicales de la vulve, sont de plus en plus nombreuses, même chez les mineures. Et c'est inquiétant.

La chirurgie esthétique de la vulve monte en puissance, même chez les adolescentes

La labioplastie, c’est une pratique qui consiste à réduire ou modifier la taille des grandes ou petites lèvres de la vulve.

Cette intervention quasi-inexistante au début des années 2000 figurait en 2015 au 19ème rang des opérations les plus pratiquées. Cette même année, 95 000 personnes avait été opérées, selon une enquête de la Société internationale de chirurgie esthétique.

Ces chiffres me semblent déjà énormes.

Mais ils m’ont paru d’autant plus effrayants quand je me suis rendu compte que cette chirurgie esthétique ne se limitait pas qu’à un public adulte. Elle s’invite également dans la culotte de jeunes adolescentes

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Quand des adolescentes veulent se faire refaire la vulve

Le 3 juillet, la BBC a publié un article dénonçant le fait que plus de 200 mineures britanniques ont subi une labioplastie en 2015-2016. Parmi elles, 156 avaient moins de 15 ans.

Pourtant le National Health Service, l’organisme de santé du Royaume-Uni, déconseille cette interventions aux personnes de moins de 18 ans car leurs organes génitaux n’ont pas fini d’être formés.

Le NHS explique également refuser que l’on pratique cette opération pour des raisons esthétiques sur des mineures. Sauf que cela ne les empêche pas d’y avoir accès, comme l’explique la médecin De Zulueta, interviewée par la BBC.

« Les jeunes femmes savent qu’elles auront plus de chance d’obtenir cette opération si elles disent que ça perturbe leurs relations sexuelles, leur pratique du sport.

Elles ont l’impression que ça les rendra normales. »

Des propos appuyés par ceux de Naomi Crouch, une chirurgienne pédiatrique.

« J’ai beaucoup de mal à croire qu’à l’âge de 15 ans, il y ait 156 jeunes britanniques qui ont une malformation génitale nécessitant une opération en Grande-Bretagne. Je trouve ça fou.

Durant ma carrière, je n’ai jamais vu une fille âgée de moins de 15 ans qui avait besoin d’une telle opération. »

La vulve, une nouvelle source de complexe ?

Selon la docteure De Zulueta, ce complexe semble avoir commencé à se répandre sérieusement ces dernières années seulement.

« Je vois des jeunes filles de 11, 12 ou 13 ans qui pensent qu’elles ont un problème avec leur vulve. Qu’elle n’a pas la bonne forme, la bonne taille. En fait, elles semblent dégoutées par leur intimité. »

Face à ce phénomène, la représentation des organes génitaux dans les médias et l’éducation sont pointés du doigt : les vulves y sont le plus souvent lisses, avec aucune lèvre qui dépasse.

Pourtant, les organes génitaux peuvent avoir de multiples formes, couleurs et variations tout en étant normaux.

La labioplastie, une opération qui peut avoir des conséquences

En 2011, Jack Parker sortait le fabuleux article Ta vulve est normale où elle parlait du complexe lié à la vulve.

Elle y expliquait les risques de la labioplastie.

« Ça peut réduire vos chances de prendre du plaisir et d’avoir un orgasme.

Des terminaisons nerveuses, vous en avez aussi dans les lèvres — essayez de passer un doigt dessus délicatement pour voir, ça risque de ne pas vous laisser totalement indifférente.

Alors certes, votre clitoris et l’intérieur de votre vagin resteront intacts, mais il vous manquera quand même une partie de votre appareil. »

Alors si je comprends qu’il peut sembler compliqué d’aimer avec passion votre vulve, essayez au maximum de la traiter comme une amie.

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Commentaires
  • Robinsonne
    Robinsonne, Le 7 juillet 2017 à 16h40

    Ça me démonte, qu'on puisse vouloir un pubis de poupée barbie / mannequin en plastique dans une vitrine (plus de poils et rien de rien qui se voit, surtout). Avec, rajouté à ça, le vagin (à paillettes) se devant d'avoir un gout malabar pour être "ce qu'il devrait normalement être chez 80% de nos contemporaines", je suis en pleine hallucination. Mais Allo ! C'est juste incroyable...

    Après le déo qui fait que tu ne sens plus rien à part la fleur des champs, le poil qui rend sale, voici la vulve trop franchement voyante qui disparait des écrans radars, finissant de désexualiser, au moins symboliquement, la "femme moderne" (et participant à créer un nouveau complexe chez les pré-pubères).

    Ce monde est vraiment malade...

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