Nymphomaniac, vol. 1 : le sexe, l’amour, et l’obsession

Nymphomaniac volume 1 est actuellement en salles, en attendant le second volet qui sort dans trois semaines. Alors, cette nouvelle réunion Lars Von Trier - Charlotte Gainsbourg, ça donne quoi ?

Nymphomaniac, vol. 1 : le sexe, l’amour, et l’obsession

J’aime Lars Von Trier d’un amour masochiste. Je suis persuadée que si j’avais affaire à cet homme (dans un quelconque monde parallèle), je le haïrais. Je le haïrais autant que je l’admire de ma place de spectatrice.

Lars Von Trier possède une manière étrange et fascinante de mettre en scène les femmes. À ce jour, celle qu’on voit le plus dans ses films, c’est Charlotte Gainsbourg. C’est dans Melancholia que j’ai soudainement découvert le potentiel de cette actrice : Lars Von Trier ne cesse de la sublimer. Elle donne plus que sa personne dans ses prestations. Elle ose, et affronte les virulences la tête haute.

Charlotte Gainsbourg et Lars Von Trier forment un duo qui me fascine. En visionnant les films de ce dernier, je sais qu’ils vont me marquer au fer rouge. Que je vais manger avec, dormir avec, penser avec, durant une durée indéterminée. Ils marquent ma rétine, tout comme Nymphomaniac s’apprête à le faire…

Une vie marquée par le sexe

Nymphomaniac est frontal, direct, comme son prédécesseur Antichrist. Pénis, vagins, pénétrations, cunillingus, fellation… Mieux vaux ne pas être une mijaurée.

« Nymphomaniac est la folle et poétique histoire du parcours érotique d’une femme, de sa naissance jusqu’à l’âge de 50 ans, racontée par le personnage principal, Joe, qui s’est auto-diagnostiquée nymphomane.

Par une froide soirée d’hiver, le vieux et charmant célibataire Seligman découvre Joe dans une ruelle, rouée de coups. Après l’avoir ramenée chez lui, il soigne ses blessures et l’interroge sur sa vie. Seligman écoute intensément Joe lui raconter en huit chapitres successifs (Le parfait pêcheur à la ligne, Jérôme, Madame H., Delirium…) le récit de sa vie aux multiples ramifications et facettes, riche en associations et en incidents de parcours. »

— Pitch par AlloCiné

Avec un tel synopsis, on pouvait s’en douter, surtout venant de Lars Von Trier : Joe raconte son histoire avec franchise et cynisme. Seligman l’écoute sans la juger, faisant un lien entre son parcours à elle et ses connaissances à lui. Pêche, musique, delirium tremens… Chaque partie est guidée par un thème.

Joe tisse sa toile à travers les hommes qui ont défilé, ce qui n’est pas sans me rappeler Journal d’une Call-Girl, dans un autre registre. Mais Joe prend-elle possession de sa vie, ou est-ce sa vie qui la possède ?

Un paradoxe entre violence et amour

Nymphomaniac est paradoxal. Joe se juge durement, mais Seligman passe la pommade sur sa violence verbale contre elle-même, contre ses actes. Par moments, il semble n’être que l’avatar de Lars Von Trier, il s’exprime à travers son personnage.

Nous sommes face au sexe sans sentiments. Si elle le prônait étant jeune, aujourd’hui Joe n’a plus l’air de le trouver légitime. Cela dit, elle éprouve tout de même une affection pour certains de ses amants, pour diverses raisons. Ils ne sont pas tous des « objets » : s’ils sont tous là uniquement pour lui donner du plaisir, les réguliers sont comme une attache, un tout petit bout de relation. L’un parce qu’il sait exactement ce qu’elle veut, l’autre car ses aspects félins l’ont séduite.

Pourtant, il reste cette impression de mauvais comportement, comme si Joe n’assumait qu’à moitié. Ce qu’elle appelle nymphomanie, c’est son quotidien. La nymphomanie est déterminée comme un trouble psychologique mais c’est aussi un terme péjoratif. Une femme vivant librement sa sexualité peut être qualifiée de nymphomane dans une démarche insultante. Définir la nymphomanie est délicat : reste à savoir où se place Joe…

L’ingrédient secret du sexe, ce serait l’amour. Et l’amour est également présent, à la manière de Joe, obsessionnelle. Elle veut être touchée par ses mains à Lui, veut être Sa chose, mais leurs chemins se séparent, puis se rejoignent, jusqu’à ce que…

On se prend vite de tendresse pour Joe, on l’écoute, on veut savoir ce qu’elle a vécu. Dans une certaine mesure, nous sommes Seligman, nous sommes dans ce huis-clos.

Pas de pathos, pas de victimisation : les flash-backs sont comme Joe les a ressentis, négatifs, ou au contraire, extrêmement émotionnels, lorsqu’il s’agit de son père. Comme si tout son amour n’était que pour cet homme, au point qu’elle ne peut plus en donner aux autres : il ne lui en reste pas…

La suite, c’est pour le 29 janvier !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Ayla-
    Ayla-, Le 15 janvier 2014 à 12h43

    marichou66;4556372
    Je trouve que l'on parle beaucoup de Charlotte Gainsbourg et de Lars Von Trier et très peu (voire pas du tout) de Stacy Martin, l'actrice qui joue Joe jeune dans tout l'épisode 1 du film, alors qu'au final c'est elle que l'on voit le plus.  J'ai trouvé que son jeu était épatant pour une actrice si jeune.
    Je suis justement mitigée sur Stacy Martin. C'est sûr qu'elle joue bien, mais pourtant, son jeu m'a complètement laissée de marbre, je ne sais pas pourquoi. Et je crois que c'est un peu pour ça aussi que j'ai hâte de passer à la deuxième partie "adulte" on va dire.

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