Nicolas Sarkozy propose un délit pénal pour les visiteurs de certains sites internet

Ce midi, vers 13h20, Nicolas Sarkozy a prononcé un discours après le dénouement de l'affaire Mohamed Merah. Une annonce a retenu l'attention de tous : il a déclaré que la visite de sites internet faisant l'apologie du terrorisme deviendra un délit pénal.

Ce matin, l’assaut donné par le RAID au domicile de Mohamed Merah (celui que l’on connaît mieux sous la périphrase du « présumé tueur au scooter ») a conduit à la mort de ce dernier. Après avoir félicité les forces de l’ordre, le président Nicolas Sarkozy (et non le candidat puisqu’il a suspendu sa campagne jusqu’à ce soir, 18h) a rebondi sur ce drame en proposant un nouveau délit pénal :

« La République ne tolérera ni embrigadement ni conditionnement idéologique sur son sol. Toute personne qui consultera de manière habituelle des sites Internet qui font l’apologie du terrorisme ou qui appellent à la haine sera punie pénalement.« 

Ce qui est surprenant dans cette proposition, comme le précise Marc Rees pour PCinpact, c’est que « généralement, les démocraties sanctionnent ceux qui diffusent et enregistrent, non ceux qui lisent ». La question se pose alors de la liberté de chacun : si une telle loi est acceptée, on peut se poser la question de la façon dont nous, utilisateurs d’internet, serons surveillés. Comme le rappelle Justine Paleo sur 24matins, il y aurait deux possibilités pour contrôler les sites que visitent les internautes :

  • Soit en regardant directement ce que chacun fait sur internet,
  • Soit en demandant aux fournisseurs d’accès de donner les noms de leurs clients qui visitent ce genre de sites.

En outre, comment faire la différence entre des visiteurs habituels de site internet défendant une idéologie terroriste et des potentiels terroristes ? Comment faire la part des choses entre ceux qui s’y rendent par simple curiosité ou « dans le cadre de leurs recherches » (comme le souligne Marc Rees) et ceux qui seraient susceptibles d’être endoctrinés ? Ces questions techniques posent la question de la possibilité d’application d’une telle loi.

Quoiqu’il en soit, cette déclaration de Nicolas Sarkozy fait parler d’elle. Sur Twitter, deux idées sont récurrentes : la crainte du flicage et la peur d’une entrave à la liberté individuelle avec un flicage massif et systématique des internautes au nom de la sécurité. L’occasion pour @LinuxManua sur Twitter de citer cette phrase de Benjamin Franklin :

Et vous, où vous positionnez-vous dans ce débat ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • VII
    VII, Le 28 mars 2012 à 21h01

    Donc les journalistes ne pourront plus faire leur job -__-'
    Ah et puis tous les gens qui suivent des comptes twitter de terroristes vont être poursuivis? (Les milices Al Shabab ont un twitter et les taliban Afghan aussi).

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