Interview de Maëlle, militante pour Solidarité et Progrès

Jusqu’au premier tour de la Présidentielle, nous allons rencontrer des jeunes militantes engagées auprès d’un parti politique dans la course à l’Elysée. Aujourd’hui, c’est au tour de Maëlle, militante pour Jacques Cheminade, de nous parler de son engagement.

Interview de Maëlle, militante pour Solidarité et Progrès

Solidarité et Progrès, le parti de Jacques Cheminade

Le parti a été fondé en 1996, à l’initiative de Jacques Cheminade. Les idéologies associées à « S&P » sont le catholicisme social, le protectionnisme, le progressisme mais aussi le gaullisme. Pour faire simple : Jacques Cheminade pense qu’il existe aujourd’hui une alternative politique entre l’ultra-libéralisme et le marxisme. Cette alternative passerait par un protectionnisme altruiste et l’organisation des marchés. Notons aussi que Solidarité et Progrès est un parti plutôt « conservateur » en termes de mœurs : interdiction des jeux vidéo violents, contre la dépénalisation de la drogue et contre l’euthanasie.

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Nous avons rencontré Maëlle, militante pour Solidarité et Progrès depuis maintenant 4 ans, afin de lui poser quelques question.

Quels sont les points du programme de Jacques Cheminade qui te touchent ?

Tout d’abord la cohérence, dûe au fait que, contrairement à beaucoup d’autres, Jacques Cheminade ne cherche pas à s’adapter à un système économique qui, étant réduit à une peau de chagrin, ne peut que mener aux conséquences gravissimes auxquelles conduit l’austérité. Son programme ne réside ni dans la séduction, ni dans un égrenage de mesures ou mesurettes, mais tente d’éduquer en donnant un sens du tout, des causes, et d’une vision de ce que doit devenir la société.

Peux-tu nous donner des exemples d’application ?

Jacques Cheminade met au défi les décideurs sur la façon dont eux-mêmes devront mettre au défi cette société qui, en mal d’avenir, ne sait plus vraiment où elle va ni qui elle est. Il les pousse aussi à prendre au mot leurs formules de gauche remâchées, telles que « remettre l’homme au centre de l’économie », que finalement seule la politique gaulliste des Trente Glorieuses, de laquelle il s’inspire, via la planification de grands projets par le crédit productif public (création monétaire par une banque nationale), avait réellement eu le courage de porter. En effet c’est la nécessité de développement humain qui doit être la condition de la création monétaire, et non l’inverse, comme c’est le cas depuis 1973. Cela suppose une politique sans complaisance vis-à-vis de la finance.

Dans Solidarité et Progrès, il y a « Progrès ». Le progressisme fait partie de l’ADN du parti ?

Je suis particulièrement touchée par l’ambition de Jacques Cheminade de rendre justice à l’Afrique en jetant les bases de son développement. Combat que nous menons depuis des années. Les propositions sur l’éducation et la culture me parlent également beaucoup : ajouter des professeurs ou des éducateurs est fondamental, mais ne suffira pas à aider nos jeunes. Il faut recréer un contexte d’épanouissement personnel et de vivre ensemble, où les références sont celles qui élèvent l’homme et lui donnent envie de créer, de se projeter dans l’avenir, de faire du beau et de le socialiser. Le projet de Jacques Cheminade est le seul à poser le problème du modèle culturel, et à le mettre en rapport avec l’économie, qui doit être celle de la découverte et du progrès, non celle de l’instant, du rapport de concurrence à tout va, de l’usure et de la gestion de ce qui existe déjà.

Comment se passe la campagne au quotidien ?

Certains militants sont au bureau de campagne à organiser cette dernière, ainsi que les relations presse. D’autres sont au bureau du parti politique à coordonner les activités militantes qui ont lieu dans toute la France, via des militants locaux ou des équipes itinérantes parcourant les différentes grandes villes pour tracter nos brochures. Ça se passe dans les gares, les rues, à la sortie des usines, etc., ou en posant des tables politiques avec banderoles, affiches. C’est là que s’organise un dialogue avec les citoyens sur le projet de Jacques Cheminade, mais aussi plus largement sur les origines de la crise, les perspectives de sortie, la nécessité d’organiser une résistance positive dans la population sur des idées et des projets, pour se réapproprier la République. Dialogue que nous menons également le reste de l’année, soucieux, à travers divers mouvements associatifs tel ACLEFEU, de redévelopper un sens citoyen dans le pays.

Qu’avez-vous à répondre aux gens tentés par le vote utile, pour qui les petits partis « ne servent à rien » ?

La réelle menace dans ce pays est la matrice créée par les partis en place lorsqu’ils se livrent à trop de complaisance vis-à-vis du système qui, une fois encore, parce qu’il est en contraction et ne nourrit plus l’économie réelle (celle qui doit développer les conditions de vie des gens), en vient à une logique malthusienne (trier ou rejeter car il n’y a pas assez pour tout le monde). Or le seul moyen d’agir contre cette complaisance est de ne pas voter par défaut pour un de ces « gros partis » : cela lui donnerait le laissez-passer pour continuer toute sa politique de compromis. Si vous voulez que vos représentants changent, en d’autres termes que votre vote soit utile pour la suite, donnez-leur une leçon positive (et non de sanction) en votant pour quelqu’un qui a un projet et des idées, qui peut leur donner l’exemple. Exercez ce sursaut dont parle Jacques Cheminade. Il faut que la France soit à nouveau actrice lorsqu’elle se rend aux urnes. C’est aussi ça la citoyenneté.

Jacques Cheminade prône « un monde sans Wall Street ni la City ». Qu’est-ce que ça suscite chez toi ?

Le sens qu’il a de l’audace. Et qu’il va droit au but pour désigner les réels obstacles au développement, non seulement de la France et de l’Europe mais aussi des pays du Sud. Plutôt que de est pas rembourser aveuglément et docilement une dette, ce qu’il faut c’est créer les conditions pour que les États ne soient plus dépendants d’un cartel de banques privées qui pratiquent l’usure financière sur notre dos et gonflent artificiellement cette dette. Et leur cœur est à la City et à Wall Street. Leurs bras à la BCE ou au FMI. Cela, les partis en place ne veulent pas ou trop peu le dire, et Jacques Cheminade l’a dénoncé depuis 1995, en avertissant de la crise.

Jacques Cheminade prétend « défendre une certaine idée de la France que les autres ne défendent plus ». Quelle est-elle ?

Celle de l’après-guerre et du succès de l’esprit des Trente Glorieuses : celle que progrès et justice sociale vont de pair. Celle d’être à l’avant-garde et toujours à la frontière de ce que l’on sait. C’est cela qui impulse l’enthousiasme et la dynamique de croissance, qui rend les gens heureux de travailler parce qu’ils sont au défi pour créer le pays de demain. C’est ce qui qualifie l’emploi et crée la vraie richesse. Une société qui investit dans la recherche et les technologies de pointe est une société qui crée les conditions pour augmenter son potentiel d’accueil démographique (énergie, infrastructures, nouvelles matières premières, agro-bio-phsysique, etc..,). Et ne considère pas l’immigration ou l’allongement de la durée de vie comme un problème.

« Oligarchie », « morale », « alliance des peuples » : les terminologies utilisées par Jacques Cheminade renouent avec une certaine grandeur de la chose politique. Est-ce que ça fait vendre ou est-ce qu’à l’heure du pragmatisme et de la dictature des chiffres, ça fait peur ?

Si cela renoue, à une certaine grandeur de la chose politique alors pourquoi s’en priver ? Le programme économique de Jacques Cheminade est à la hauteur de cette grandeur, car il jette le défi d’un monde qui n’a plus peur du progrès.

Un petit mot aux lectrices qui hésitent à voter Cheminade ?

Une fois dans l’urne, pensez à Marie-Madeleine Fourcade ou Lucie Aubrac et à ces nombreuses femmes de la Résistance, Amelia Boynton Robinson, collaboratrice de Martin Luther King, ou Marie Curie, qui, même quand le résultat était incertain, et envers et contre les réticences de leur entourage, parfois calomniées par la presse, osèrent le pari sur l’avenir, pour la cause de l’humanité.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • VII
    VII, Le 18 avril 2012 à 16h17

    Une alternative entre l'ultra-libéralisme et le marxisme,sérieux?
    Non parce que qu'ils y a toutes les autres tendance entre ces deux la (social-démocrate, nationaliste etc) donc ça veut vraiment rien dire!

    Sinon il est marrant Cheminade, mais un parti financé par un lobby conspirationniste US déjà ça me fait mal et sur le reste une idéologie "du progrès" euh oui mais c'est aussi celle du libéralisme. J'ai lu toute l'interview et c'est un melting-pot de tout ce qu'on entend ailleurs, en fait je trouve ça obscur et bizarre.
    (Et puis, "terraformer" Mars quoi XD)

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