madmoiZelle devient un État : bienvenue au madiZtan !

Oyez, oyez gentes madmoiZelles, aujourd’hui est un jour historique : madmoiZelle.com devient (presque) un État indépendant !

madmoiZelle devient un État : bienvenue au madiZtan !

Après 6 ans et demi à distiller son idéologie sur internet et rassembler une fidèle communauté, il est temps pour madmoiZelle.com de voir les choses en grand, en plus grand, en encore plus grand et de devenir un État à part entière : le madiZtan ! En exclusivité exclusive exclusivement pour vous, nous vous dévoilons le drapeau du madiZtan : 

Le gouvernement, hautement compétent, sera composé de la façon suivante :

Si vous voulez obtenir la nationalité du madiZtan, il vous suffira de cliquer ici et un passeport vous sera automatiquement délivré. Si vous souhaitez participer au ministère de la propagande, il ne vous en coûtera qu’une enveloppe timbrée.

Vous pouvez également postuler pour des emplois au madiZtan en expliquant l’intitulé et le contenu de votre poste dans les commentaires.

Le monde merveilleux des micronations

Le madiZtan est ce qu’on appelle une micronation et participe à la vague de projets créés pour imiter et caricaturer les États. Les micronations peuvent avoir des vocations artistiques ou politiques, mais sont uniquement des États fictifs. Elles ont bien une population (pour le madiZtan, c’est la rédac et les madmoiZelles), un territoire qui n’est parfois que virtuel et une organisation politique, qui sont les éléments constitutifs des États, mais ne sont reconnus par aucun acteur des relations internationales : ni par les “vrais” États, ni par les organisations internationales. On ne peut donc pas adhérer à l’ONU et Fab ne peut pas ratifier les conventions internationales interdisant l’esclavage, la torture, ou la prolifération des armes nucléaires, par exemple (zut alors).
Heureusement, les micronations peuvent interagir entre elles. On peut donc assister à  des congrès internationaux des micronations et une guerre entre le Global Country of World Peace et le Kingdom of Lovely pourrait très bien éclater, hein, pourquoi pas ?

Les micronations peuvent émettre leurs propres monnaies, des passeports, voire même des titres de noblesse. Pour un peu moins de 40 euros, vous pouvez donc devenir une Lady ou une Baronne de la principauté du Sealand, et pour 500 dollars australiens, vous pouvez vous procurer un Passeport de la Principauté de Hutt River (PDF).

Sur la liste des micronations, le madiZtan côtoie entre autres :

La Présipauté de Groland : Le pays au taux de chômage de 100% où les pauvres et les moches n’ont pas leur place, dirigé par le Président Salengro, seul dépositaire du droit de vote et qui s’est “démocratiquement auto-élu à vie”. Le journal télévisé du Groland, présenté par Jules-Edouard Moustic et Michael Kael, est même diffusé en France, c’est dire l’importance du pays ! Pour faire une demande d’asile au Groland, rendez-vous ici !

Neue Slowenische Kunst (l’État NSK, pour celles qui n’ont pas réussi à dépasser la première syllabe) : C’est un collectif d’artistes qui, pour dénoncer les régimes totalitaires, c’est constitué en État. Ils délivrent des passeports et ont des ambassades partout en Europe.

La République libre du Saugeais : A ma connaissance (qui n’est pas infaillible), c’est la micronation la plus proche du madiZtan puisqu’elle se situe en France, dans le Haut Doubs ! Depuis 1135, onze communes se sont rassemblées autour de la capitale et de la communauté religieuse de Montbenoît, en devenant à la suite d’une plaisanterie du préfet local la République du Saugeais. La micronation possède un drapeau, un blason et même une télé !

La république de Molossia : Au coeur du Nevada se trouve la République de Molossia, créée en 1977 et peuplée de “personnes qui ont le sens de l’humour” dont Son Excellence le Président Kevin Baugh. Petite destination touristique et outil pédagogique, la République de Molossia n’accorde pas de visas dépassant les 3h et son accès est conditionné à la possession d’un passeport valide, même si vous êtes américain.

Le Sealand dans toute sa splendeur

La Principauté de Sealand : Le meilleur pour la fin ! Située à 10km des côtes est de la Grande-Bretagne, cette ancienne plate-forme militaire qui compte au maximum 5 habitants a déclaré l’indépendance de ses 550m² en 1967, avant d’être reconnue comme un État à part entière suite à une décision de justice britannique. Son histoire est presque plus rocambolesque que celle du Groland : en 1978, un coup d’État contre la royauté éclate, mené par le Premier Ministre Sealandais, et la plate-forme est envahie par un groupe d’Allemands et de Néerlandais, qui prennent en otage le Prince Michael avant de le libérer aux Pays-Bas. Celui-ci décide de reconquérir son territoire et demande de l’aide à l’armée britannique pour gagner la plateforme grâce à un hélicoptère. Il racontera : « Descendre d’un hélicoptère, suspendu à une corde, 30 m au-dessus de la mer et faire face à des terroristes : je n’ai plus jamais ressenti une telle montée d’adrénaline ». Les envahisseurs sont fait prisonniers mais seule l’intervention de l’Allemagne, du Royaume Uni et des Pays-Bas ont pu faire libérer le Premier Ministre traître au bout de longues semaines de négociations diplomatiques. Cet ancien Premier Ministre a aussitôt établi un gouvernement en exil qui, aujourd’hui encore, revendique l’accès au pouvoir sealandais. Et ce n’est pas fini puisqu’en 2006, un nouveau drame secoue la principauté : le feu se déclare sur la plate-forme et détruit une bonne partie du territoire. La famille royale n’a plus le choix et doit mettre en vente son pays pour la modique somme de dix millions de livres sterling. Le site PirateBay (ne faites pas les mijaurées, je sais que vous connaissez !) lance alors l’opération BuySealand et récolte 2 millions de dollars à cette fin mais le Prince Michael refuse de leur vendre son royaume pour des raisons éthiques (il avait pourtant accepté d’héberger contre rémunération les serveurs informatique de Napster). On pourrait peut-être se cotiser ?

Si vous voulez en savoir un peu plus sur les personnes qui fondent les micronations, voici un court reportage d’Arte. Mais ne faites pas comme leurs journalistes, ne confondez pas les fantaisistes micronations avec les très sérieux micro-États !

Le monde moins merveilleux des micro-États

Les micro-États sont, eux, de vrais États. Ils jouent un rôle sur la scène internationale et disposent d’une voix à l’Assemblée Générale des Nations Unies au même titre que n’importe quel État. Donc la Chine et ses 1,34 milliards d’habitants est sur un pied d’égalité juridique avec les micro-États qui comptent par définition moins de 1,5 millions d’habitants.

Ces micro-États sont au nombre de 20 dans une communauté internationale de 193 États, et ce sont souvent des terres insulaires mises en danger par la montée des eaux due au changement climatique. C’est le cas de l’archipel de Tuvalu, dont les 11 000 ressortissants n’auront plus de territoire d’ici 35 ans, et des îles Kiribati qui envisagent de reloger leurs 110 000 habitants sur des îles artificielles pour assurer la viabilité de leur État, et la protection de leur identité nationale.

La survie des micro-États est de plus en plus précaire à cause de la mondialisation. D’un point de vue culturel, ces États ont souvent été créés par la sécession d’une minorité dans un plus vaste empire et la disparition de leurs territoires comme de leurs langues participe malheureusement à l’uniformisation de la culture mondiale.

Il est difficile pour ces petits États d’exister politiquement et économiquement, sauf s’ils ont la chance d’être situés sur un continent dont ils pourront bénéficier de l’influence, comme c’est le cas pour Andorre, le Lichtenstein et Monaco en Europe. Pour les États insulaires, les distances les séparant de marchés économiques moins restreints que le leur et les problèmes de transport qu’elles entraînent freinent considérablement leur développement économique. Comme leurs territoires terrestres sont petits, leurs accès aux ressources naturelles sont limités et ne peuvent pas aider à l’essor de ces États. Leurs territoires maritimes en revanche sont souvent vastes, et les micro-États du Pacifique sont bien placés pour influer sur les routes maritimes commerciales. La seule ressource économique à portée des micro-États est bien souvent l’opacité de leur fiscalité, la protection du secret bancaire et l’absence d’imposition qui font de ces territoires des paradis fiscaux.

Politiquement, ces États sont trop fragiles pour bénéficier des avantages d’une réelle politique étrangère et leur rôle sur la scène internationale est bien souvent limité à l’appui des revendications des pays en développement face aux puissances occidentales. Sur le plan interne, les administrateurs et dirigeants compétents sont trop rares, d’où un développement faible des services publics et du développement humain.

Prêtes-tu allégeance au madiZtan ? Quelle doit être la première mesure de notre nouveau gouvernement ? Penses-tu que le madiZtan pourrait résoudre à lui seul le problème du réchauffement climatique, du développement des micro-États et de l’absence d’heure légale pour la pause goûter ?

Merci à @Jeewing pour m’avoir fait découvrir, il y a bien longtemps, le monde lointain, très lointain des micronations.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Faol
    Faol, Le 24 juin 2012 à 23h34

    Niaah, moi aussi je veux être ministre de la psychorigidité orthographique, des bibliothèques et des chatons \o/

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