« Lucy », un film en demi-teinte avec une Scarlet à 200%

Lucy, le nouveau Luc Besson, a fait un gros démarrage en salles. S'agit-il vraiment du blockbuster à ne surtout pas manquer cet été, ou est-ce une nouvelle déception de la part du controversé réalisateur ? La réponse tout de suite.

« Lucy », un film en demi-teinte avec une Scarlet à 200%

Ça faisait un bout de temps que le dernier film de Besson m’intriguait. Au départ, lorsque j’ai eu vent du synopsis, je m’attendais à une vaste blague, à un fantasme de cinéaste, irréalisable tant il est improbable…

Et pourtant, Lucy vient de sortir en salles, porté par une Scarlett Johansson bien vivante. Poussée par la curiosité et l’amour à demi-avoué que je porte à l’actrice aux lèvres pulpeuses, je me suis jetée dans un fauteuil rouge histoire de voir si, moi aussi, je pouvais être à 100%.

À nous deux ma vieille. 

Lucy, c’est l’histoire d’une jeune étudiante enlevée par la mafia et forcée contre son gré à servir de mule pour transférer une nouvelle drogue un peu partout en Europe. Lorsque la jeune femme est battue, la drogue placé dans son ventre sort de son sachet et se répand peu à peu dans son organisme. Ce n’est ni à une overdose, ni au meilleur trip de sa vie que Lucie a droit, mais à une véritable prise de conscience.

En effet, cette substance lui permet d’utiliser 100% de son cerveau — on retrouve le fameux mythe (erroné) voulant que les humains n’utilisent qu’un dixième de leurs capacités.

Certes, le scénario se base sur une idée reçue, scientifiquement incorrecte. Et alors ? Les blockbusters sont rarement des bijoux de cohérence et de vérités factuelles. Besson a choisi, comme d’autres avant lui, d’utiliser cette idée pour son film, point.

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L’étrangeté avec Lucy n’est pas tellement son thème, qui est franchement intéressant, mais plutôt son traitement et son ton. Le long-métrage oscille constamment entre film d’action grand public (avec cascades et pauvres conducteurs qui perdent le contrôle de leur véhicule) et images plus caractéristique d’un film d’auteur.

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Le propos est sans doute trop métaphorique pour être un blockbuster et les traits trop forcés pour se placer du côté du film d’auteur. Lucy est donc en soi un petit OVNI dans son genre. Ce n’est pas un film à mettre dans une case, et c’est appréciable !

Fast and Furious ? Destination Finale ? Non. Lucy.

Pourtant, l’originalité du propos peut être confrontée à l’hyper-simplicité de la narration. C’est un film relativement court (1h30), qui se contente un peu d’aller de A à Z en empruntant le petit sentier balisé. Les retournements de situations sont inexistants, l’intrigue assez minimaliste et les personnages secondaires plutôt creux.

Ce n’est pas tant le chemin qu’emprunte l’héroïne qui nous intéresse, mais la finalité : que se passera-t-il quand elle sera capable d’utiliser pleinement ses capacités cérébrales ? Qu’est-ce que l’humanité a à apprendre de cette expérience ?

Pour mettre cet aspect en avant, le film est structuré en actes, marqués par un pourcentage qui s’affiche à l’écran. Plus le pourcentage augmente, plus le personnage de Scarlett gagne en puissance et perd en humanité. Malheureusement, j’ai trouvé que ça ne se ressentait pas vraiment dans Lucy. Elle passe subitement d’étudiante lambda à une machine de guerre, alors que ses pouvoirs, eux, évoluent progressivement. Je ne suis pas du genre à aimer les maths, mais là ce n’est pas logique, désolée !

J’ai bien aimé, cependant, les parallèles (un peu gros certes, mais il s’agit d’un film grand public) entre l’homme et la nature. La première séquence du film, façon Planète+, était vachement bien pensée. Des plans de coupe permettent une meilleure compréhension du concept tout de même un peu abstrait du film : l’équilibre entre reproduction et immortalité des cellules. Pourtant, ce n’est pas toujours limpide et il reste des zones de brouillard bien trop épaisses pour arriver à en tirer un réel sens.

La prestation des deux acteurs principaux, Scarlett Johansson et Morgan Freeman, est très bonne. Freeman fait le taf comme d’habitude et entre une fois encore dans la peau du grand sage sympathique. Scarlett incarne parfaitement cette jeune femme forte et froide (des restes de Black Widow, sans doute).

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À côté de ça, le méchant Mink-sik Choi est un peu fade et Amr Waked en officier de la police française n’est pas plus flamboyant. Lucy, et uniquement Lucy est mise en avant dans sa quête, son envie et son besoin de connaissance.

Oups. 

Devant ce nouveau Luc Besson, tu passeras sans doute un moment pas désagréable, mais ne t’attends pas à voir la lumière divine non plus : le film est trop normé pour ça.

À l’affirmation « La vie vous a été donnée il y a un milliard d’années, maintenant vous savez quoi en faire », je suis resté coincée à 3% seulement… Dommage.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Selinde
    Selinde, Le 19 mai 2015 à 21h35

    J'ai pas beaucoup accroché. Ca manque beaucoup trop de réalisme à mon gout et c'est beaucoup trop irréel. Non pas que je n'aime pas la SF, mais pas quand ça a pas vraiment de sens...

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