Les 5 livres préférés de… Caesonia !

« Les 5 livres préférés de… », c’est une rubrique qui vous présente cinq ouvrages phares d’une madmoiZelle : qu’ils aient changé sa vie, marqué son enfance ou l’aient sauvée d’un trajet ennuyeux, voici les bouquins qu’elle ne pourra jamais oublier !

Les 5 livres préférés de… Caesonia !

Le Comte de Monte-Cristo, d’Alexandre Dumas

J’ai mis très longtemps avant de m’attaquer à ce roman parce que j’avais peur de son volume et que j’ai toujours détesté abandonner un livre. Et pourtant, je peux vous assurer que je l’ai dévoré !

J’ai lu le premier tome en trois jours (un record en ce qui me concerne) et je me suis dépêchée de récupérer le second pour le finir encore plus rapidement. Ce qui fait la force du Comte de Monte-Cristo c’est son genre : le roman-feuilleton.

En effet, le roman n’a pas tout de suite été publié dans son entièreté. Alexandre Dumas publiait régulièrement des chapitres, à la manière d’une série, faisant ainsi toujours monter le suspense. Ainsi Le Comte de Monte Cristo rebondit sans cesse : impossible de s’ennuyer. La vengeance d’Edmond Dantès devient notre obsession, son amour pour Mercedes nous fait trembler…

Bref, roman indispensable ! Petit extrait :

On fit encore quatre ou cinq pas en montant toujours, puis Dantès sentit qu’on le prenait par la tête et par les pieds et qu’on le balançait.

— Une, dirent les fossoyeurs.
— Deux.
— Trois !

En même temps, Dantès se sentit lancé, en effet, dans un vide énorme, traversant les airs comme un oiseau blessé, tombant, tombant toujours avec une épouvante qui lui glaçait le coeur. Quoique tiré en bas par quelque chose de pesant qui précipitait son vol rapide, il lui semblait que cette chute durait un siècle. Enfin, avec un bruit épouvantable, il entra comme une flèche dans une eau glacée qui lui fit pousser un cri, étouffé à l’instant-même par l’immersion.

Dantès avait été lancé dans la mer, au fond de laquelle l’entraînait un boulet de trente-six attaché à ses pieds.

La mer est le cimetière du château d’If.

Tristan et Yseult

Difficile de retrouver l’auteur original de ce mythe ultra-célèbre. Je ne me souviens plus quelle édition j’avais achetée, ni quel auteur avait été crédité, mais je me souviens clairement avoir pleuré longuement en refermant mon livre.

Peut-être était-ce l’adolescence ou autre chose mais j’ai été littéralement bouleversée par leur histoire. Aujourd’hui mon rêve ultime est de trouver la plus belle édition qui soit, et illustrée. Si jamais vous en connaissez une, n’hésitez pas à me contacter, je vous en serait éternellement reconnaissante !

Extrait (attention gros spoiler, même si l’histoire est connue) :

Sur la mer, le vent s’était levé et frappait la voile en plein milieu. Il poussa la nef jusqu’à terre. Yseult la Blonde débarqua. Elle entendit de grandes plaintes par les rues, et les cloches sonner aux moutiers, aux chapelles. Elle demanda aux gens du pays pourquoi ces glas, pourquoi ces pleurs.

Un vieillard lui dit :

— Dame, nous avons une grande douleur. Tristan le franc, le preux, est mort. Il était large aux besogneux, secourable aux souffrants. C’est le pire désastre qui soit jamais tombé sur ce pays.

Yseult l’entend, elle ne peut dire une parole. Elle monte vers le palais. Elle suit la rue, sa guimpe déliée. Les Bretons s’émerveillaient à la regarder ; jamais ils n’avaient vu femme d’une telle beauté. Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Auprès de Tristan, Yseult aux Blanches Mains, affolée par le mal qu’elle avait causé, poussait de grands cris sur le cadavre. L’autre Yseult entra et lui dit :

— Dame, relevez-vous, et laissez-moi approcher. J’ai plus de droits à le pleurer que vous, croyez-m’en. Je l’ai plus aimé.

Elle se tourna vers l’orient et pria Dieu. Puis elle découvrit un peu le corps, s’étendit près de lui, tout le long de son ami, lui baisa la bouche et la face, et le serra étroitement : corps contre corps, bouche contre bouche, elle rend ainsi son âme ; elle mourut auprès de lui pour la douleur de son ami.

Volkswagen Blues, de Jacques Poulin

Volkswagen Blues c’est l’histoire d’un homme, Jack Waterman, à la recherche de son frère, et de La Grande Sauterelle, une jeune métisse, qui partent tout des deux dans un van Volkswagen pour un road-trip à travers l’Amérique.

C’est à la fois un road-novel et un roman d’amour, comme indiqué sur la quatrième de couverture, mais c’est surtout un parangon de la littérature québécoise. Jacques Poulin a pour habitude d’écrire une page par jour, pendant un an, avant de faire le tri et de recouper ses écrits.

Il en ressort un style très simple, un sentiment de pudeur très fort et une certaine rudesse. Volkswagen Blues dissémine ça et là des morceaux de la grande histoire de la conquête de l’Ouest, de ses pionniers, et c’est totalement dépaysant pour nous, Européens.

Extrait :

Une côte assez raide l’obligea à rétrograder en troisième, puis en deuxième, lorsqu’il arriva au sommet, il aperçut la grande fille maigre qui marchait au bord de la route. Elle était en partie dissimulée par un énorme havresac à montants tubulaires, mais il la reconnut tout de suite à ses cheveux très noirs et à ses pieds nus. Il fit exprès de rester en deuxième vitesse plus longtemps qu’il n’était nécessaire et, au grondement du moteur, la fille leva le pouce de la main gauche sans se retourner. Il la dépassa, immobilisa le Volks sur l’accotement de la route et fit clignoter ses feux d’urgence.

La fille ouvrit la portière.

Elle avait un visage osseux, le teint foncé, les yeux très noirs et légèrement bridés. Elle portait une robe blanche en coton.

— Bonjour ! dit-elle.
— Je vais à Gaspé, dit l’homme. C’est pas loin, mais…

Il lui fit signe de monter.

Elle se défit de son havresac et le hissa sur le siège du passager. Le petit chat noir sortit d’une de ses poches, s’étira et grimpa sur le dossier du siège. Il était tout noir avec le poil court, et il avait les yeux bleus. Il se mit à explorer le minibus. L’homme plaça le havresac entre les deux sièges. La fille monta dans le Volks, mais elle laissa la portière ouverte. Elle observait le chat et attendait qu’il eût terminé son exploration. Finalement, il vint de coucher sur ses genoux.

— Ça va, dit-elle, et elle ferma la portière.

Après un coup d’œil au rétroviseur, l’homme démarra. Le Volks était très vieux et envahi par la rouille, mais le moteur tournait bien. C’était un moteur rénové. La fille était jeune. L’homme régla le chauffage pour qu’elle eût un peu d’air chaud sur les pieds. C’était le début de mai.

— Allez-vous loin ? demanda-t-il.

La Promesse de l’Aube, de Romain Gary

Bon… Je crois bien qu’à force on ne le présente plus ! La Promesse de l’Aube, c’est une histoire d’amour intense entre une mère et son fils. C’est la révélation du sens des mots sacrifice, courage et persévérance.

Je ne connais personne qui ait lu ce livre sans en être ressorti complètement chamboulé. Les souvenirs d’enfance sont certainement les épisodes les plus drôles du livre mais à mesure que l’auteur vieillit on prend tout à coup conscience, en même temps que lui, à quel point sa mère a influencé sa vie uniquement par la force de son amour.

Extrait :

Rien, dans son aspect un peu las, dans ses manières de parfait homme du monde, ne laissait deviner le petit garçon en culotte courtes qu’il cachait en lui, enfoui sous les sables du temps ; il en est souvent des apparences de maturité comme des autres façon de s’habiller, et l’âge, à cet égard, est le plus adroit des tailleurs.

Mais je venais d’avoir 17 ans et je ne savais encore rien de moi-même ; j’étais donc loin de soupçonner qu’il arrive aux hommes de traverser la vie, d’occuper des postes importants et de mourir sans jamais parvenir à se débarrasser de l’enfant tapi dans l’ombre, assoiffé d’attention, attendant jusqu’à la dernière ride une main douce qui caresserait sa tête et une voix qui murmurerait : « Oui, mon chéri, oui. Maman t’aime toujours comme personne d’autre n’a jamais su t’aimer ».

L’Amant, de Marguerite Duras

En règle générale, chez les gens, Marguerite Duras ça passe ou ça casse. Pas de demi-mesure pour cette auteure le plus souvent rattachée au Nouveau- Roman.

J’ai découvert L’Amant en cours de cinéma lorsque nous avons étudié l’adaptation filmique. J’ai ressenti dans l’écriture une force et une liberté de ton incroyables. Son genre se rapproche surtout de celui du Bildungsroman — ou roman d’apprentissage. Marguerite Duras retourne à l’adolescente qu’elle était et étale ses relations familiales, ses relations amoureuses et bien sûr son enfance coloniale.

Je vous déconseille fortement de regarder l’adaptation de Jean-Jacques Annaud qui n’a pas du tout su restituer l’atmosphère du livre ni la pensée de Marguerite Duras.

Extrait :

Cet amour insensé que je lui porte reste pour moi un insondable mystère. Je ne sais pas pourquoi je l’aimais à ce point-là de vouloir mourir de sa mort. J’étais séparée de lui depuis dix ans quand c’est arrivé et je ne pensais que rarement à lui. Je l’aimais, semblait-il, pour toujours et rien de nouveau ne pouvait arriver à cet amour. J’avais oublié la mort.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Elearane
    Elearane, Le 7 octobre 2013 à 13h02

    Ah, Tristan et Yseult... <3
    L'auteur, en tout cas, le premier dont on retrouve trace et celui qui a donné la version la plus commune de la légende est Béroul. Il n'y a pas de date précise pour l'écriture, mais on la situe au début du XII°s. Roman incomplet, on garde une copie du XIII°siècle.
    C'est sans doute la version que tu as lu Caesonia.
    C'est la version la plus "connue" puisqu'elle est la "version commune" de la légende de Tristan.

    En tout cas, très bon choix et très bon livre !
    Les légendes arthuriennes, prises à "l'origine" sont justes magiques.
    Et rien à voir avec le fait que je sois reconstitutrice médiévale (ou si peu... :P).

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