Je suis quelqu’un « d’entier », mais ça ne veut pas dire que j’écrase les autres

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On pense souvent qu'être « entier » c'est rouler sur les autres et ne penser qu'à soi-même. Spoiler alert : ça veut juste dire être soi-même, et ce n'est pas un manque d'empathie  !

Je suis quelqu’un « d’entier », mais ça ne veut pas dire que j’écrase les autres

Dans la vie, tout est une question d’équilibre.

Ça, je l’ai toujours su, parce que tout le monde le répète en boucle. Mais à appliquer au quotidien, surtout pour quelqu’un d’entier dans mon genre, c’est franchement coton (c’est ma nouvelle expression préf).

Par contre, après une heure et demie de recherche, je ne trouve que des posts de forum datant de 2007 ou 2009 où des gens disent qu’être entier, c’est un synonyme d’« être franc ».

Que les choses soient claires, moi j’entends ça comme deux des définitions proposées par Larousse. À l’ancienne.

  • « Qui n’admet pas de demi-mesures, de nuances, qui est d’une seule pièce. »
  • « Qui est sans réserve, sans restriction, sans atténuation ; total. »

Chez moi, sans rentrer dans les détails et vraiment pour résumer grossièrement, ça se traduit par le fait que soit je suis à fond, soit je suis rien du tout. Je sais pas faire l’entre-deux, quoi.

Soit je suis à fond, soit je suis rien du tout.

Le pire, c’est que je suis à peu près sûre que la première fois que j’ai rencontré ce terme d’entier, c’est en lisant une interview de Lââm dans un magazine type Fan 2 ou Star Club.

Années 2000 rpz.

Être entier n’est pas forcément une qualité

Pour moi, c’est pas une qualité d’être entière, c’est juste une façon d’être.

C’est bien de savoir ou non si on l’est, parce que ça nous aide à nous comprendre un peu mieux — ce qui est très cool. Mais je vois pas en quoi c’est mieux d’être entier que de ne pas l’être.

D’ailleurs, PARDON HEIN, mais j’ai l’impression qu’on a davantage tendance à acheter du lait demi-écrémé que du lait entier. AH ! Je pouvais pas rêver meilleur argument pour appuyer mes propos.

Je digère pas le lait de vache, mais je suis ravie qu’il me soit utile aujourd’hui.

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Nan mais c’est vrai quoi, être entier, pour moi c’est une façon de gérer ses émotions, ses relations et sa vie de manière générale, pas un truc dont on doit se vanter nécessairement. Enfin clairement, c’est pas la qualité que je mettrais en avant à un entretien d’embauche.

MAIS, c’est un trait de mon caractère dont il est important que je sois consciente pour mieux comprendre mes réactions et gérer mes émotions quand elles partent en steak.

Pour moi, c’est pas une qualité, juste une façon d’être.

Être entier, ça n’a vraiment pas que des bons côtés. Certains travers de ma personnalité découlent directement de ça. Parce qu’en me jetant à fond dans tout ce que j’aime et dans tout ceux que j’aime, j’ai tendance à vouloir que le monde autour de moi soit pareil avec moi.

Sauf que si ce n’est pas leur façon d’être, c’est impossible pour eux !

Et on est plus indulgent et compréhensif lorsqu’on réussit à prendre le recul nécessaire pour comprendre que ce point-là peut gêner, et que cette différence-là peut causer des désaccords.

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Être entier n’excuse rien

J’ai l’impression que ce trait de caractère est souvent utilisé pour justifier, voire excuser, un comportement un peu limite, et ça me plait pas trop.

Pour moi, rien de non-pathologique ne justifie ou n’excuse d’avoir mal agi. Parce que je suis fondamentalement persuadée que rien n’est immuable.

Je suis retombée sur une interview de Mathilde Seigner, une actrice que je respecte beaucoup (qu’on ne se méprenne pas), et qui m’a fait prendre conscience d’un truc. Dedans, la comédienne dit qu’elle est entière, qu’elle le sera toujours, qu’elle peut rien contre ça.

J’étais vraiment pas sur la même longueur qu’elle. Pour ma vie à moi, hein, on est tous uniques, eh oh, le point Mathilde s’arrête ici j’veux pas d’histoire.

Moi quand je veux pas d’histoire.

Loin de moi l’idée de la juger pour ce qu’elle fait et ce qu’elle dit, mais je sais que moi, dans ma vie à moi, je laisserai plus jamais un trait de mon caractère me faire dire « je peux rien contre, je suis comme ça ». Parce que je PEUX quelque chose contre. Je suis pas un animal : je peux me contrôler un minimum.

Les « défauts », c’est pas toujours une fatalité

On peut carrément embrasser et aimer la personne qu’on est, avec nos qualités, nos défauts et nos traits de caractère ni bons ni mauvais.

Je suis complètement pour, à douze millions % au carré (ça se voit que je suis nulle en maths ?). Mais jamais plus je laisserai un pan de ma personnalité faire du mal à autrui ou me blesser moi en haussant les épaules.

Je sais que je laisserai plus jamais un trait de mon caractère me faire dire « je peux rien contre, je suis comme ça ».

Ça me prend un temps fou, et un petit travail du quotidien sur le long terme, de lutter contre ce que mon côté entier m’apporte comme émotions négatives (je pense notamment à mon impatience ou ma tendance à la jalousie).

Mais petit à petit, j’y arrive et j’apprends à ce que ça me fasse moins de mal à moi et aux autres.

Y a pas de fatalité. C’est pas parce qu’on est de nature impatiente qu’on va passer devant tout le monde à La Poste. C’est pas parce qu’on est nerveux qu’on va faire des fuck à tout le monde à la moindre émotion.

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L’autre jour, quelqu’un m’a dit qu’il savait pas faire des choix, que c’était au-dessus de ses forces. Et ça, c’est le genre de comportement que je ne veux plus jamais avoir. M’excuser d’être moi (principalement auprès de moi) sans agir si ça me gêne.

Si un petit tracas de ma personnalité m’empêche de profiter de ma vie à fond, ou si ça blesse des gens, ou les deux, je veux plus jamais me contenter de me dire que « hawwwnaaan mais j’suis comme ça j’y peux rien j’peux pas aller contre ma nature ».

Aller contre ma nature, je suis contre. Mais là, c’est juste chercher à évoluer, à grandir et à apprendre de ses erreurs. Ça n’a rien à voir et c’est complètement possible. 

Et la première étape, pour pimper sa personnalité et se rendre encore plus heureux d’être soi-même, c’est d’être conscient de qui on est.

Heureux comme ça.

Et trouver le juste milieu pour réussir à faire ça sans se mettre trop de pression. Car dans la vie, tout est une question d’équilibre.

Ça, je l’ai toujours su, parce que tout le monde le répète en boucle. Mais à appliquer au quotidien, surtout pour quelqu’un d’entier dans mon genre, c’est franchement coton. Et on reprend l’article au début.

À lire aussi : Ces différences que j’ai cultivées… et qui ont fait celle que je suis devenue

Sophie Riche

Sophie Riche est membre de la rédac depuis 2011, époque à laquelle elle officiait sous le pseudonyme Sophie-Pierre Pernaut. Elle aime manger du fromage et l'humour un peu gras.

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Commentaires
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  • Little Moi-Même
    Little Moi-Même, Le 5 octobre 2017 à 16h11

    @Azelais J'ai pris mille ans à retrouver ce topic et donc à te répondre, navrée.

    Spoiler

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