L’autonomie de l’université française : une réforme nécessaire ?

Autonomie des 85 universités. Le concept est, en ce moment, présent partout. Mais qu’est-ce que ça signifie ? Positif ? Négatif ? Difficile de se faire un avis…Le projet de loi dessiné par la Ministre de l’Enseignement Supérieur Valérie Pécresse, devrait être présenté au Sénat dés le 12 juillet prochain. Mais, alors l’autonomie, concrètement, ça […]

L’autonomie de l’université française : une réforme nécessaire ?

Autonomie des 85 universités. Le concept est, en ce moment, présent partout. Mais qu’est-ce que ça signifie ? Positif ? Négatif ? Difficile de se faire un avis…Le projet de loi dessiné par la Ministre de l’Enseignement Supérieur Valérie Pécresse, devrait être présenté au Sénat dés le 12 juillet prochain. Mais, alors l’autonomie, concrètement, ça changera quoi ?

L’autonomie des universités en théorie

Théoriquement, l’université française est autonome depuis 1968. Suite à la loi Edgar Faure, conséquence législative de mai 68, les quatre-vingt cinq universités françaises sont, dans les textes du moins, autonomes. Un principe qui est confirmé par la loi Savary de 1984. Pourtant, dans la pratique, il faut avouer, que les facs restent largement sous la tutelle de l’Etat. D’une part, parce qu’aujourd’hui encore, leur financement dépend à 80% de l’Etat, d’autre part parce qu’elles ne maîtrisent pas le choix de leur personnel : tout changement est soumis à l’approbation du ministre.
Conséquence : les universités sont sclérosées, et leur classement parmi les universités mondiales est pitoyable.

La mesure du gouvernement

Pour contrer le déclin de l’université française, le gouvernement se propose de leur donner plus d’autonomie. François Fillon s’est fixé « un double objectif »: « conduire 50% de notre jeunesse vers un diplôme de l’enseignement supérieur » et « faire de nos universités des pôles d’excellence ». Les universités seront donc totalement libres dans leur fonctionnement mais toujours financées pour la plus grande partie par les fonds publics. L’idée est donc de donner plus de liberté aux universités, en leur permettant de gérer elle-même leur budget, leur locaux, leur recrutement. Concrètement, une enveloppe de plus de 5 milliards d’euros devrait être débloquée pour assurer le déroulement de cette réforme, prévue sur 5 ans.

En concret, ça donne quoi ?

L’objectif avoué de cette réforme repose sur la souplesse que l’autonomie apportera au système français. Chaque université gérera son budget comme bon lui semble, les professeurs seront recrutés selon des critères établis par l‘université elle-même.
Si, sur le papier, le projet est beau, rien n’empêche les syndicats d’émettre des critiques. Leur principale peur est de voir s’instaurer une concurrence entre les différentes universités françaises qui signerait la fin de l’enseignement égalitaire. Puisque chaque université pourra recruter ses professeurs, il est fort à parier que les meilleurs enseignants se retrouveront dans quelque pôle d’excellence, et qu’au contraire certaines autres universités seront délaissées.

La mort des grandes écoles

L’autre grand changement que cette réforme risque d’apporter est relatif à la position des grandes écoles. ESC, IEP, HEC, ENA, X… Un ensemble de sigles, typiquement français, censés former les élites de la nation. Ces institutions bénéficient déjà le plus souvent d’une très grande autonomie et des projets pédagogiques propres. Avec la réforme des universités, ces institutions perdraient alors une partie de leur avantage. Et si en plus à terme, les universités françaises se refont une réputation,cela réduirait peut-être le fossé qui les sépare.

L’autonomie des universités, c’est donc beaucoup d’espoir pour redorer le blason de l’enseignement supérieur français, mais aussi beaucoup de peur dont on ne pourra avoir la justification ou non qu’une fois la mesure mise en place.

Et toi, cette mesure t’inspire quoi ? Espoir d’une enseignement universitaire prestigieux ? Crainte d’une université inégalitaire ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Reiyel
    Reiyel, Le 30 janvier 2008 à 22h34

    Je pense que ça dépend vraiment des endroits, je bosse depuis quelques mois chez eux et franchement je ne ferais pas ces conclusions. Après je ne rêve pas d'y faire carrière c'est clair mais bon, je pense que ça dépend énormément des équipes, j'ai jamais eu l'impression d'être mal traitée et il y a une super ambiance. Et puis pour les contrats et les dispos, chez moi y a largement moyen de négocier, les plannings sont donnés grand minimum 10 jours à l'avance, et ce sont d'une semaine à l'autre à peu près les mêmes de toute façon (sans compter qu'on ne m'a encore jamais refusé de congés).

    Bref c'est pas le boulot du siècle, je vais pas y faire ma vie mais y a des choses à nuancer.

    (je suis consciente d'être complétement HS mais bon ça 'menerve quand les gens crachent sur Mc Do alors que franchement, je préfère 10000 fois bosser là qu'à Leclerc ou autre, et même que je suis heureuse d'aller travailler, sisi, c'est possible)

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