L’autonomie de l’université française : une réforme nécessaire ?

Pondu par Adeline le 5 juillet 2007     

Autonomie des 85 universités. Le concept est, en ce moment, présent partout. Mais qu’est-ce que ça signifie ? Positif ? Négatif ? Difficile de se faire un avis…Le projet de loi dessiné par la Ministre de l’Enseignement Supérieur Valérie Pécresse, devrait être présenté au Sénat dés le 12 juillet prochain. Mais, alors l’autonomie, concrètement, ça changera quoi ?

L’autonomie des universités en théorie

Théoriquement, l’université française est autonome depuis 1968. Suite à la loi Edgar Faure, conséquence législative de mai 68, les quatre-vingt cinq universités françaises sont, dans les textes du moins, autonomes. Un principe qui est confirmé par la loi Savary de 1984. Pourtant, dans la pratique, il faut avouer, que les facs restent largement sous la tutelle de l’Etat. D’une part, parce qu’aujourd’hui encore, leur financement dépend à 80% de l’Etat, d’autre part parce qu’elles ne maîtrisent pas le choix de leur personnel : tout changement est soumis à l’approbation du ministre.
Conséquence : les universités sont sclérosées, et leur classement parmi les universités mondiales est pitoyable.

La mesure du gouvernement

Pour contrer le déclin de l’université française, le gouvernement se propose de leur donner plus d’autonomie. François Fillon s’est fixé « un double objectif »: « conduire 50% de notre jeunesse vers un diplôme de l’enseignement supérieur » et « faire de nos universités des pôles d’excellence ». Les universités seront donc totalement libres dans leur fonctionnement mais toujours financées pour la plus grande partie par les fonds publics. L’idée est donc de donner plus de liberté aux universités, en leur permettant de gérer elle-même leur budget, leur locaux, leur recrutement. Concrètement, une enveloppe de plus de 5 milliards d’euros devrait être débloquée pour assurer le déroulement de cette réforme, prévue sur 5 ans.

En concret, ça donne quoi ?

L’objectif avoué de cette réforme repose sur la souplesse que l’autonomie apportera au système français. Chaque université gérera son budget comme bon lui semble, les professeurs seront recrutés selon des critères établis par l‘université elle-même.
Si, sur le papier, le projet est beau, rien n’empêche les syndicats d’émettre des critiques. Leur principale peur est de voir s’instaurer une concurrence entre les différentes universités françaises qui signerait la fin de l’enseignement égalitaire. Puisque chaque université pourra recruter ses professeurs, il est fort à parier que les meilleurs enseignants se retrouveront dans quelque pôle d’excellence, et qu’au contraire certaines autres universités seront délaissées.

La mort des grandes écoles

L’autre grand changement que cette réforme risque d’apporter est relatif à la position des grandes écoles. ESC, IEP, HEC, ENA, X… Un ensemble de sigles, typiquement français, censés former les élites de la nation. Ces institutions bénéficient déjà le plus souvent d’une très grande autonomie et des projets pédagogiques propres. Avec la réforme des universités, ces institutions perdraient alors une partie de leur avantage. Et si en plus à terme, les universités françaises se refont une réputation,cela réduirait peut-être le fossé qui les sépare.

L’autonomie des universités, c’est donc beaucoup d’espoir pour redorer le blason de l’enseignement supérieur français, mais aussi beaucoup de peur dont on ne pourra avoir la justification ou non qu’une fois la mesure mise en place.

Et toi, cette mesure t’inspire quoi ? Espoir d’une enseignement universitaire prestigieux ? Crainte d’une université inégalitaire ?

Ça vous a plu ? Faites tourner !

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. ~Leev~~Leev~

    Le 12 décembre 2007 à 22:49

    Posté par Ambre
    Milles excuses Leevounette ma biche♥

    D'accord.
  2. ~Leev~~Leev~

    Le 16 décembre 2007 à 15:08

    (Réponds à mon mp)
  3. Mademoiselle SoMademoiselle So

    Le 29 janvier 2008 à 11:44

    Up : La Grande Bretagne reconnaît depuis le 28/01/08 le baccalauréat proposé par trois sociétés privées ( Mc Do, Flybe et la compagnie chargée du transport ferroviaire (cf news)
  4. MalaussèneMalaussène

    Le 29 janvier 2008 à 11:48

    J'vois pas le lien entre la LRU et le Bac McDo. De toute façon, quand bien même une expérience chez MacDal donnerait une équivalence Bac, ce serait un Bac Pro. Je n'ai plus les chiffres en tête là, mais le taux de réussite des bac pros en fac est tout simplement ridicule.

    Bref, aucun lien (et même pas j'suis fils unique, MOUAHAHAHAHAHAHA)

    Quand à la valeur d'un tel diplôme… Je rigole, je rigole.


    EDIT: j'ai un flou là… Il s'agirait d'une formation faite entièrement par la boîte, ou juste une partie des cours, et l'autre à l'école? Vous imaginez, vous, un manager McDo vous enseigner l'histoire? Et quel contrôle sur les programmes?
    Et sympa comme modèle pour les jeunes, le management à la McDo… Une vraie fabrique à sales cons (or moi je dis, des sales cons, y'en a bien assez comme ça)
  5. ReiyelReiyel

    Le 29 janvier 2008 à 12:10

    Je ne vois pas tellement le rapport non plus, ça serait p'tet plus judicieux de faire un sujet à part
  6. Mademoiselle SoMademoiselle So

    Le 29 janvier 2008 à 15:58

    la relation entre notre réforme et le "Bac Mac do" et ce topic :

    En France, la grogne vient du fait que le gouvernement n'est pas fermé à la privatisations des universités, et donc leur financement par les entreprises intéréssées. Eh bien c'est ce qui se passe en Angleterre, où l'état permet à certains "grands noms"( = qui ont fait leurs preuves dans les enseignements qu'ils entendent dispenser). En ce sens l'état soulage ses universités et lycées, et professionnalisation et apprentissage sont combinées ( ça se fait de + en +)

    mon avis : l'expérience mac do ( ou grande distri' en général) est bonne à prendre au second degré, pour voir "comment ça tourne". Evidemment, c'est mieux d'avoir l'occasion de voir autre chose, de faire une bonne école, mais ceux qui n'en ont pas les moyens s'en tirent au moins avec une qualif'. Après, à eux de voir si ils veulent/peuvent connaître une autre culture d'entreprise que celle de chez Mac Do.
    Il faut toutefois nuancer en admettant que dans le domaine technique, la compagnie ferroviaire sera je pense une meilleure école qu'un enseignement théorique….
  7. MalaussèneMalaussène

    Le 29 janvier 2008 à 17:01

    Les bacs pro par équivalence existent déjà en France… (même si j'avoue ne pas trop savoir comment ça marche).
    En tout cas, dans le principe même, je n'adhère pas du tout aux formations "toujours mieux que rien". Nous sommes dans un pays qui devraient pouvoir fournir une réelle formation à tout le monde. Question de choix politique.
  8. Mademoiselle SoMademoiselle So

    Le 30 janvier 2008 à 09:47

    Posté par Malaussène
    J'vois pas le lien entre la LRU et le Bac McDo. De toute façon, quand bien même une expérience chez MacDal donnerait une équivalence Bac, ce serait un Bac Pro. Je n'ai plus les chiffres en tête là, mais le taux de réussite des bac pros en fac est tout simplement ridicule.

    Bref, aucun lien (et même pas j'suis fils unique, MOUAHAHAHAHAHAHA)

    Quand à la valeur d'un tel diplôme… Je rigole, je rigole.


    EDIT: j'ai un flou là… Il s'agirait d'une formation faite entièrement par la boîte, ou juste une partie des cours, et l'autre à l'école? Vous imaginez, vous, un manager McDo vous enseigner l'histoire? Et quel contrôle sur les programmes?
    Et sympa comme modèle pour les jeunes, le management à la McDo… Une vraie fabrique à sales cons (or moi je dis, des sales cons, y'en a bien assez comme ça)

    Il s'agit effectivement d'un enseignement plutôt professionnalisant. Ca n'est pas le schéma "fac traditionnelle". Un manager Mac do n'enseignera certainement pas dans un domaine de compétence qu'il n'a pas. Il fera certainement du Management ( gestion d'équipe, de plannings, etc) convenant très bien à qqn qui veut bosser en distri.
    Tu as déjà bossé chez Mac do ?
  9. MalaussèneMalaussène

    Le 30 janvier 2008 à 14:32

    Moi non, mais mon petit frère y est… exploité (:
    Paye ton ambiance de merde, devoir donner soixante heures de dispo dans la semaine (pour un contrat de 20h), ton planning à la dernière minute, etc, etc. Et quand on voit le taux de turn-over chez eux, franchement, je ne ferais jamais, au grand jamais, confiance en leurs méthodes de management (qui pour moi se résument à cela: traitons mal nos employés, de toute façon la formation des équipes ne coûte presque rien, et des étudiants en galère de thunes y'en aura toujours assez pour faire tourner la boutique)
    Bel exemple (:
  10. ReiyelReiyel

    Le 30 janvier 2008 à 21:34

    Je pense que ça dépend vraiment des endroits, je bosse depuis quelques mois chez eux et franchement je ne ferais pas ces conclusions. Après je ne rêve pas d'y faire carrière c'est clair mais bon, je pense que ça dépend énormément des équipes, j'ai jamais eu l'impression d'être mal traitée et il y a une super ambiance. Et puis pour les contrats et les dispos, chez moi y a largement moyen de négocier, les plannings sont donnés grand minimum 10 jours à l'avance, et ce sont d'une semaine à l'autre à peu près les mêmes de toute façon (sans compter qu'on ne m'a encore jamais refusé de congés).

    Bref c'est pas le boulot du siècle, je vais pas y faire ma vie mais y a des choses à nuancer.

    (je suis consciente d'être complétement HS mais bon ça 'menerve quand les gens crachent sur Mc Do alors que franchement, je préfère 10000 fois bosser là qu'à Leclerc ou autre, et même que je suis heureuse d'aller travailler, sisi, c'est possible)

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