La France clivée et fatiguée psychiquement ?

Aujourd’hui, Jean-Paul Delevoye remet son rapport annuel au Président de la République et au Parlement , et enclenche dans le même temps, la sonnette d’alarme. Qui est Monsieur Delevoye ? C’est le Médiateur de la République. Depuis sa création en 1973, ce poste est employé a améliorer les relations entre les citoyens et l’administration. Dans son […]

La France clivée et fatiguée psychiquement ?

Aujourd’hui, Jean-Paul Delevoye remet son rapport annuel au Président de la République et au Parlement , et enclenche dans le même temps, la sonnette d’alarme.

Qui est Monsieur Delevoye ? C’est le Médiateur de la République. Depuis sa création en 1973, ce poste est employé a améliorer les relations entre les citoyens et l’administration.

Dans son rapport , le médiateur constate « une société émiettée et en tension » et « un goût du vivre ensemble » menacé. Il parle de « société en grande tension nerveuse » et use de la la figure de style de la personnification en ajoutant que notre société semble « fatiguée psychiquement ». Le fossé entre citoyens et Administration se creuse, et la moitié des 76 000 dossiers adressés à Delevoye concernent des demandes d’information. Les citoyens seraient en mal de compréhension des lois, en demande de transparence  dans les informations médicales.

« La France des invisibles » est évoquée : celle de ces personnes en « fragilité sociale ». Pour 15 millions de personnes selon le médiateur, les fins de mois se jouent à 50/100 euros près.

Face à ce constat, l’Etat aurait du mal à réagir, et ce,  à cause d’une boîte à outils « mal adaptée ». Alors qu’il s’agirait de régler des cas particuliers à chaque fois, l’administration ne peut que traiter les situations difficiles comme autant de dossiers qui s’accumulent. Les aides financières arrivent souvent plusieurs mois après leurs demandes. Dans une interview accordée au Monde, Jean-Paul Delevoye parle de 2 sociétés forcées de cohabiter : la première, officielle; la seconde, souterraine, qui vit d’aide, de marché noir, de réseaux. Fracture sociale en 1995, sécurité en 2007 : à chaque échéance électorale, c’est le constat de fissures dans le tissu républicain qui revient.

Plus largement, la question reste la même, récurrente et obsédante : celle des clivages sociaux.

Les citoyens, qui se sentent désarmés face à l’Administration, jugée bureaucratique; les salariés qui crachent sur les chômeurs; les patrons et les salariés, qui régulièrement s’opposent; le MEDEF et les syndicats de salariés, qui ne défendent rien en commun; les Français de souche et la peur des Français issus de l’immigration; la droite (qui flirte avec l’extrême droite?); la gauche (de moins en moins à gauche?); l’extrême gauche (force d’opposition qui ne prétend pas au pouvoir?); les « bourgeois » qui ne comprennent pas les « banlieusards »; la ville VS la campagne; l’autorité et les jeunes qui veulent se rebeller; etc.

Portrait caricatural de notre République ou schéma simpliste qui illustre au fond très bien la réalité ?

Et toi, comment te sens-tu dans cette France souvent en proie à ses maux incurables ? Trouves-tu que le « vivre ensemble » a pris un coup, ces dernières années ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Estelle29
    Estelle29, Le 23 février 2010 à 4h31

    J?aimerai apporter mon avis personnel sur la question. Exilée depuis plusieurs années entre l?Australie, l?Espagne et l?Angleterre entre autres, j?ai pu observer les systèmes politiques et administratifs qui régissent ces pays. Depuis que je suis rentrée en France depuis quelques mois, j?ai l?impression de ne pas vraiment me sentir chez moi. Impossible de changer quoi que ce soit dans ce pays sans avoir à subir des grèves ridicules de syndicats qui ne savent plus quoi inventer pour contredire la droite au pouvoir. Je reprends les cours à la rentrée 2010 (école de commerce) et je n?aurai pas le droits au bourses. Je ne comprends pas pourquoi les étudiants s?opposent à une privatisation (partielle) du milieu éducatif. Les universités françaises à l?étranger n?ont aucune renommée et le système universitaire aurait besoin selon moi de fonds privés afin de moderniser leurs structures et multiplier les relations partenariales. Et puis la course au pouvoir politique m?exaspère, seul les bénéfices personnels des personnalités politiques carriéristes prime sur l?intérêt collectif.
    Bref, tout ça pour dire que j?ai hâte d?avoir enfin fini mes études pour pouvoir travailler à l?étranger dans des pays où je peux vraiment gagner mon salaire sans avoir peur que l?état m?en pique la moitié. Sur ce a+

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