Que s’est-il passé à la journée présidentiELLE de Sciences po Paris ?

Comme en avril 2007, ELLE magazine a organisé hier une journée dite "présidentiELLE" à Sciences po Paris. L'occasion pour le public d'interroger les candidats à la présidentielle sur leurs mesures pour l'égalité hommes-femmes.

Que s’est-il passé à la journée présidentiELLE de Sciences po Paris ?

On n’aura jamais autant parler de Sciences po Paris de l’année que cette dernière semaine. D’abord, cette terrible nouvelle : la mort de Richard Descoings (dans des circonstances encore inconnues), qui a dirigé l’école ces 16 dernières années. Puis, ce grand oral organisé par ELLE, dans l’enceinte de l’école qui, comme en 2007,  a été organisé pour discuter des propositions des candidats en faveur de l’égalité hommes-femmes. Le constat est donc sans appel : la grande école a fait couler beaucoup d’encre, ces temps-ci.

Ainsi, comme l’aurait certainement voulu Richard Descoings (sic), connu pour avoir ouvert Sciences po Paris aux élèves issus de zones d’éducation prioritaire, aucun cours ni événement n’a été suspendu. Et c’est dans cet étrange contexte de recueillement que la journée présidentiELLE s’est déroulée, avec succès.

Inégalités salariales, IVG, conciliation vie professionnelle / vie privée, crèches… autour de Bruce Toussaint (présentateur de la matinale d’Europe 1) et Valérie Toranian (directrice de la rédaction de ELLE), les candidats à la présidentielle (à l’exception de Cheminade, Poutou, ainsi que Sarkozy et Mélenchon qui ont annulé leurs venues) ont débattu de thèmes plus vastes aussi, tels que la précarité, le logement et la santé. Que faut-il retenir de cette journée ?

1. François Hollande : pour un ministère des droits des femmes

Premier intervenant de la journée, le favori des sondages a donné un discours relativement bien accueilli. Il a rappelé les points de son programme, et défendu le rétablissement du ministère des droits de la femme ainsi que la suppression des subventions publiques aux partis politiques qui ne respectent pas la parité.

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Pour le ragot people : François Hollande a fait une arrivée remarquée, aux bras de sa compagne, Valérie Trierweiler.

2. François Bayrou : pour l’aménagement d’horaires pour les femmes dans les piscines

« Je pense qu’il y a des femmes, et pas seulement musulmanes, qui simplement parce que l’âge les a faites ce qu’elles sont… », a commencé le candidat centriste, avant d’être interrompu par les remous du public.  « Vous êtes toutes en pleine jeunesse et en pleine beauté, et puis il y a des femmes qui pèsent plus lourd que d’autres, et qui ne veulent pas être exposées au regard des hommes dans une piscine », a-t-il poursuivi maladroitement.

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3. Nathalie Arthaud : la prison pour les patrons

Celle qui succède à Arlette Laguiller s’est dite en faveur de l’instauration d’un vrai rapport de force : elle a prôné la prison pour les patrons qui ne respecteraient pas l’égalité salariale entre les hommes et les femmes de leurs entreprises.

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4. Nicolas Dupont-Aignan : pour la création d’un label HF (Homme-femme)

Le candidat souverainiste a proposé la création d’un label HF placé sur les produits des entreprises qui respectent l’égalité salariale. Une façon, à l’image des labels bio et Max Havelaar, de récompenser ces entreprises et d’inciter à consommer leurs produits plutôt que ceux de sociétés moins fair.

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5. Marine Le Pen : la manifestation silencieuse

Des panneaux en forme de sens interdit, les mots « amalgames », « islamophobie », « stigmatisation », « peine de mort » et « xénophobie » écrit dessus. Voilà ce qui a attendu la candidate FN à son arrivée dans le hall de Science po. Une protestation silencieuse qui n’a pas manqué de vexer celle dont la venue à Dauphine, en décembre 2011, avait été annulée en raison d’une contre-manifestation plutôt houleuse.

Quand on sait que le féminisme n’est pas une lutte connue pour être ancrée dans les revendications frontistes, comment Marine Le Pen a t-elle réussi à se légitimer ? Plusieurs choses à noter :

– La candidate FN s’est réclamée de Simone Veil, Elisabeth Badinter ou encore Olympe de Gouges.
– Elle a défendu son opposition à la parité et à un ministère des droits des femmes en clamant, à l’adresse des femmes : « On n’est pas une espèce à protéger ! »
– Sur la question la plus attendue (l’IVG), Marine Le Pen a ré-affirmé sa ferme intention à lutter contre « l’avortement de confort », qu’elle souhaite dérembourser, puisqu’elle se dit contre les « femmes qui avortent deux, trois, quatre fois » et qui feraient de l’IVG une sorte de « moyen de contraception ».

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6. Eva Joly : présente malgré son accident

Elle est apparue, lunettes noires et blouson en cuir rouge sur les épaules.

Le point fort de son discours ? Elle a estimé qu’on ne devrait pas mettre « de la laïcité partout » (Eva Joly s’est dit contre l’application du principe de laïcité aux assistantes maternelles accueillant des enfants à domicile).

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7. Nicolas Sarkozy : remplacé par Nathalie Kosciusko-Morizet

Elle est venue remplacer Nicolas Sarkozy, qui, « pour des raisons de sécurité », ne s’est pas rendu au forum. Trop de gens aux abords de l’école, trop de foule dans le hall d’entrée : selon NKM, les consignes de sécurité n’ont pas été respectées, il y a eu « traquenard » (ce que la directrice de la rédaction de ELLE a jugé faux).

La porte-parole de l’UMP s’est donc retrouvée à essayer de donner un petit discours sous les huées de la salle. Cinq longues minutes pour elle, à l’issu desquelles elle a quitté le forum, en l’absence de questions posées par le public (à moins qu’on ne leur ait pas donné le micro ?)

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8. Jean-Luc Mélenchon : l’annulation

Un duplex avec le candidat du Front de Gauche était prévu, mais la veille, Jean-Luc Mélenchon a annulé. « Un lapin » (selon les mots de la directrice de la rédaction de ELLE) peu apprécié…

Absent de la rencontre, Mélenchon était tout de même « représenté » par des tracts distribués par les étudiants juste avant l’intervention de Marine Le Pen. [Source : Cécile Deheshin pour Slate]

Il est toujours difficile de résumer une journée de colloque où tant d’idées et bribes de raisonnements sont exposées. Voilà en tout cas  « les temps forts » de cette initiative de ELLE(*).

(*)Initiative, soit dit en passant très intéressante, et loin de tout ce qu’on a pu reprocher au titre cette année…

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Steffie
    Steffie, Le 11 avril 2012 à 11h37

    Je tiens à préciser que Jean-Luc Mélenchon n'était pas là pour la simple et bonne raison qu'il était à Toulouse pour son meeting...

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