Quand le jeu vidéo devient politique

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Les jeux vidéo permettent de passer un bon moment, tout•e seul•e ou à plusieurs, manette à la main. Et s'ils permettaient aussi... de militer ?

Quand le jeu vidéo devient politique

Le jeu vidéo a beau se démocratiser de plus en plus, il souffre encore d’une image de loisir superficiel.

Mon père continue à penser que c’est un truc qui rend con, et il m’arrive d’avoir droit à des œillades moqueuses dans le métro parce que je me fais une petite session Pokémon Sun sur ma 3DS.

Mais comme le cinéma, la musique ou la bande dessinée, celui qu’on appelle le dixième art est souvent porteur d’un message. Et avec le climat politique actuel, c’est de plus en plus évident.

Jeux vidéo et politique, une histoire ancienne

Trump a été élu président des États-Unis : vu la place prédominante de ce pays, sa politique pourra potentiellement avoir un impact international.

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Avec le Muslim Ban qui a séparé des familles et a exclu des gens de leur foyer. Avec le traité anti-avortement qui empêche des opérations de communication sur la santé des femmes dans le monde entier.

Pourtant, l’univers du jeu vidéo n’a pas attendu cette triste élection pour être engagé.

Même un titre aussi inoffensif que Civilization, en intégrant des leaders et des peuples ayant vraiment existé, parle, d’une certaine façon, de politique. Je pense également à la saga Metal Gear Solid et à sa réflexion constante sur l’évolution des conflits armés.

Et dans le milieu du jeu indépendant, c’est encore plus évident !

Papers Please met en scène un régime répressif extrêmement semblable à l’URSS d’hier et la Corée du Nord d’aujourd’hui. Human Resource Machine représente l’aliénation des travailleurs et travailleuses dans une énorme entreprise anonyme.

La chaîne Game Next Door a extrêmement bien résumé le lien entre jeu vidéo et politique, dans une courte vidéo hyper claire. Ça c’est pour vous inciter à la regarder. Promis elle vous fera comprendre plein de trucs.

Face à Trump, Humble Bundle organise une action groupée

On sait donc que le jeu vidéo a toujours été politique, qu’il le veuille ou non ! Une œuvre d’art est souvent influencée par le climat dans lequel elle est réalisée.

Et le jeu vidéo EST une œuvre d’art (j’aurais même tendance à dire que c’est plein de petites oeuvre assemblées pour en faire une très grosse).

Mais en ce moment plus qu’avant, des créateurs et créatrices ressentent le besoin d’utiliser leur média pour se battre.

Cette semaine, on vous parlait du méga Humble Bundle, qui proposait une quarantaine de jeux pour 28€. Intitulé Humble Freedom Bundle, le pack a pour but de lutter contre les répressions mises en place par le gouvernement Trump.

Traditionnellement, l’argent des bundles est en partie reversé à des associations.

Dans ce cas spécial, l’intégralité des recettes est reversé à des organisations. Ça veut dire que les studios et le site font carrément cadeau de l’opération, au profit d’une cause.

Pourquoi ? Parce que les associations impliquées sont toutes malmenées par le gouvernement américain.

L’ACLU par exemple, grande association de défense des droits civiques aux États-Unis, a combattu avec acharnement le Muslim Ban. Même chose pour l’International Rescue Committee.

Et Médecins sans Frontières s’est insurgé contre la politique d’immigration de Trump.

Humble Bundle explique son initiative sur son site :

« Nous avons choisi ces trois organisations pour le travail inspirant qu’elles font en apportant une aide humanitaire aux réfugié•es et aux personnes déplacé•es. Dans le but de défendre la justice, les droits humains et civiques. »

Plus que jamais, il me paraît nécessaire de donner à ces associations qui recevront probablement moins d’aides du gouvernement américain.

Une Game Jam pour dire non à la politique de Trump

Côté création, la même question se pose. Connaissez-vous le principe des Game Jam ? Lors de ces événements — parfois internationaux, comme la Ludum Dare — des équipes tentent de concevoir un jeu vidéo en un temps limité (souvent un week-end).

Et une Game Jam un peu particulière s’organise : la ResistJam aura lieu le 3 mars prochain. Le but ? Lutter artistiquement contre la politique migratoire du gouvernement américain.

resitjam

Interviewée par Polygon, Stephanie Barish, l’une des organisatrices de l’événement, explique l’opération :

« Dans l’industrie du jeu vidéo, nous collaborons à travers les frontières, comme des partenaires, avec nos différences et en trouvant des solutions créatives aux problèmes qu’on rencontre.

Fermer les esprits et les frontières est un affront à tout ce pourquoi nous nous battons. »

Les participant•es sont encouragé•es à créer des jeux promouvant l’entraide et l’amitié, et excluant de préférence la violence. Il est aussi précisé qu’il faut éviter d’intégrer aux productions des personnes existant réellement.

De très bons jeux sont nés de Game Jam, tels qu’A Normal Lost Phone par exemple. Cet événement promet donc une belle fournée de jeux vidéo porteurs de messages et de paix.

Alors oui, on joue pour le fun, pour se vider la tête après une grosse journée de boulot, pour profiter d’une belle histoire ou pour se challenger. Mais même les jeux les plus simples peuvent être engagés. À vous de les décoder !

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Lise F.

Tombée dans la marmite du jeu vidéo à l’adolescence, Lise cause gameplay, graphismes et OST en toute tranquillité. Pendant son temps libre, elle écrase des gens sur Splatoon avec un grand rire machiavélique et donne des coups de pelle à ses voisins sur Animal Crossing. Ses autres passions sont faire et manger des cookies, dormir et râler.

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