J’ai testé pour vous : le zona (ou la combustion spontanée)

Amélie était en mal de sensations fortes, alors son corps a décidé de se transformer en... dragon. Explications (et picotements).

J’ai testé pour vous : le zona (ou la combustion spontanée)

Aaaah mon zona, quel doux souvenir (non). C’était un samedi soir. J’avais bossé toute la semaine et je me préparais à remettre ça pour un long dimanche (de fiançailles) (mais avec mon classeur à factures).

Pour chasser mes folles envies de déprime, mon cher et tendre avait proposé d’aller boire un verre. Rien de bien fou, rien de bien long. Simplement une gentille soirée, avec de gentilles personnes, autour de quatre ou cinq gentils White Russian plus forts en vodka qu’en vitamine D.

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On s’est pris la tête vénère avec mon cher et tendre. J’ai passé la nuit à pleurer et le lendemain, ça me grattait franchement dans le dos.

La soirée se déroulait merveilleusement bien jusqu’à ce que, mon abominable concubin et moi, nous nous prenions la tête sévère. Voulant éviter la scène de ménage au goût de vomi (donc mauvais), j’ai préféré me réfugier chez moi, dans le noir, enfoncée au plus profond du canapé. J’ai crié, pleuré, hurlé dans un coussin couleur morve et mascara.

J’ai sué toute la nuit dans ce joli nouveau t-shirt et mes collants tout propres. Le lendemain matin, mon haut puait et ça me grattait franchement dans le dos.

Mon mec et moi, on ne s’est pas adressé la parole pendant vingt-quatre heures. Et mon dos me grattait toujours. Au début, ça ressemblait à un bouton de moustique, ou d’araignée.

En même temps, j’avais qu’à arrêter de dormir dans le canap’. C’est vrai, on ne sait jamais qui s’assoit sur un canapé. Un pote, ta belle-mère, ce mec venu te venter les mérites de la fibre SFR ? Bref, je l’avais bien cherché si un•e inconnu•e y avait déposé ses miasmes, sur ce buffet quatre étoiles pour les bestioles urticantes.

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« Tu n’auras pas ma peau, vermine. »

Un soir, j’ai croisé les bras, et ça a été le choc : j’ai senti une boule, grosse comme une noisette (genre, celle sur les pots de Nutella) entre mon aisselle et mon sein. Branle-bas de combat, rendez-vous chez le médecin, psychose et environ dix pages sur un forum façon apocalypse des glandes mammaires.

Mon docteur a fait une drôle de tête — ce qui m’a franchement rassurée (non) — et m’a prescrit une échographie. En passant, j’ai voulu lui montrer les boutons sur mes côtes, en dessous de mon soutif. Ils prenaient de plus en plus de place et commençaient à ressembler à ce genre de vidéo YouTube filmée en gros plan qui montrent des spécimens avec beaucoup de pus dedans. La réponse a été rapide et le visage du médecin s’est détendu :

« Ok, donc ça c’est un zona, et votre boule c’est un ganglion gonflé. »

Elle a ajouté :

« Allez quand même faire l’échographie, je vous prescris un traitement et trois paquets de Doliprane, vous risquez de douiller grave. »

À lire aussi : Ma passion pour les vidéos de perçage de boutons

C’est quoi en fait, un zona ?

Comme j’ai de la chance, il y a deux ans, j’ai chopé la mononucléose. Baisse d’immunité, stress, nervosité ; je suis très sensible à ce genre de trucs. À peine remise d’une longue période de déréalisations quasi-quotidiennes et d’un malaise qui a laissé mon crâne s’écraser avec panache sur le carrelage, j’étais ravie de faire connaissance avec ce nouveau truc « pas grave, mais chiant ».

Ce que j’ai oublié de préciser, c’est que mon médecin m’a assuré que ça pouvait passer en deux semaines, deux mois, deux ans ou… jamais. Lol.

Le zona, c’est la réactivation du virus de la varicelle. Mon médecin m’a assuré que ça pouvait passer en deux semaines, deux mois, deux ans ou… jamais.

Le zona, c’est la réactivation du virus de la varicelle. Une fois que tu as été recouvert•e de boutons petit•e, il se cache dans un ganglion nerveux pour débarquer à la suite d’un gros pic d’énervement ou de stress. Genre, la veille d’un entretien pour le job de ta vie, quand tu reçois ton boîtier au moment de passer le code ou après une dispute avec un vieux mec qui a voulu te doubler dans la file des caisses rapides du Simply.

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Les boutons sont contagieux pour les gens qui n’ont jamais contracté la varicelle (ils pourraient l’attraper en touchant ton zona, donc) et pour les personnes plus sensibles aux maladies (enfants, femmes enceintes ou gens malades).

Le zona et à l’intérieur de moi, le feu

La plaque a commencé à s’étendre sur mes côtes pour former d’autres petites plaques sur le ventre et sur le dos, du côté droit. Et au moment où elles ne m’ont plus grattée, elles se sont transformées progressivement en brûlures. C’est là que le dawa a commencé.

Avoir un zona, c’est transformer chaque frottement sur ta peau en morsure de crotale.

Avoir un zona, c’est transformer chaque frottement sur ta peau en morsure de crotale ou en séance de roulade nue dans un champ d’orties. Au revoir jean taille haute, sac en bandoulière et crop top en dentelle. En fait, au revoir mes vêtements.

Pour moi, ce ne fut pas une douleur extrême qui m’a clouée au lit, comme certaines formes de zona peuvent le faire. Mais c’est ce truc vraiment chiant qui venait me donner un petit coup derrière la nuque à chaque fois que je commençais à l’oublier.

Je ne pouvais plus dormir sur le côté droit et la moindre pression un peu trop forte sur ma peau me donnait l’impression d’auditionner pour le nouveau Ghost Rider.

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Moi, quand j’enfile mon pyjama.

Parfois, le soir surtout, je sentais comme une courbature sur le flanc. Elle se propageait sur mon ventre et descendait jusque dans ma cuisse. Le reste du temps, ma peau brûlait comme après un tatouage ou une heure de trop sur la plage sans crème solaire.

Zona, sors de ce corps

Le zona, on connaît bien dans la famille. Ma grand-mère en a eu un, ma tante et mon grand-père aussi. Ce dernier a d’ailleurs eu une méthode bien particulière pour le faire partir : vantant les mérites des « guérisseur•ses » depuis que l’une d’entre elles avait réussi à faire disparaître à jamais les verrues plantaires de ma mère, il avait décidé d’aller lui-même en voir une.

À lire aussi : Je suis une sorcière wiccane — Témoignage

Depuis, l’histoire se transmet dans la famille et se raconte chaque Noël autour du plateau de fruits de mer : la vieille dame l’avait accueilli chez elle. Elle avait un peu parlé avec lui et marmonné de drôles de phrases. Puis elle avait tenté de porter mon grand-père sur son dos — chose qu’elle ne pouvait physiquement pas faire (encore un coup de la gravité).

Du coup, elle lui avait demandé de la suivre en marchant, pendant qu’elle le maintenant contre son dos en marchant à travers toute la pièce en déclamant :

« Je porte le Saint ! Je porte le Saint ! »

Il a eu beau se taper un merveilleux fou rire intérieur, le zona a disparu le lendemain.

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Malheureusement, je n’ai pas eu l’occasion de tester cette méthode (même si l’idée de me transformer en carapace humaine pour retraité•e me tente grave). J’ai juste fini la boîte de médocs et désinfecté mes plaques tous les jours.

Elles ont fini par sécher, faire des croûtes et le dragon sous ma peau s’est transformé en barbecue tiède.

Si je prie tous les dieux des maladies cheloues pour ne pas les ressentir à vie — trois semaines, c’est bon, j’ai bien capté l’idée — ces sensations sont là pour me rappeler une chose, la plus importante de toutes : se mettre de gros coups de pression, c’est quand même très, très, très con.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Leeah
    Leeah, Le 10 juillet 2016 à 23h10

    J'ai eu un zona à 16 ans sur les côtes, en plein été. La brûlure du truc plus les 30°C, un véritable enfer. Je ne dormais que 2 ou 3 heures par nuit tellement c'était insupportable :mur:.
    Mais le pire, c'était les douleurs aiguës qui arrivaient sans prévenir et qui parcouraient les nerfs, comme un coup d'électricité ou des coups de couteau... 3 semaines bien sympas, la fête quoi :gonk:! Et le traitement n'en parlons pas....
    Après tout ça, il a fallu récupérer, je sais pas si c'est comme ça pour tout le monde, mais j'ai passé les 6 mois suivant à dormir tout le temps, je rentrais du lycée avec une seule idée en tête : m'affaler sur mon lit ! :dodo:
    En résumé, j'ai douillé 3 semaine, gardé une belle cicatrice pendant un moment mais qui heureusement a fini par s'estomper et joué à la belle au bois dormant pendant 6 mois. Tout un programme que je souhaite à personne.

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