Interview d’Agnès, militante du MoDem

Jusqu’au premier tour de la présidentielle, nous allons rencontrer des jeunes militantes engagées auprès d’un parti politique dans la course à l’Elysée. Aujourd’hui, nous rencontrons Agnès, militante au MoDem, afin de parler de la campagne.

Interview d’Agnès, militante du MoDem

Le MoDem et François Bayrou

Le Mouvement Démocrate (MoDem) a été créé par François Bayrou à la suite de l’élection présidentielle de 2007, en réponse à une volonté de rénovation de la vie politique autour de plusieurs points clés, notamment le dépassement du clivage droite/gauche et la volonté d’ouverture au-delà des formations politiques traditionnelles, mais aussi l’envie de repenser les modalités de participation des citoyens à la vie politique, etc. Cette ambition se traduit à travers un projet de refonte des institutions (“Moralisation de la vie publique” dans le projet 2012) et de développement d’une véritable citoyenneté européenne.

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 Interview d’Agnès, militante MoDem

Je me suis rendue au QG de François Bayrou pour rencontrer Agnès, 22 ans, bretonne, étudiante à Clermont-Ferrand ; après une licence en économie et en droit, elle est actuellement en master d’administration publique pour préparer les concours d’entrée dans la fonction publique. Le QG fourmille de jeunes militants (près de la moitié du staff de campagne a moins de 25 ans !) et c’est une ambiance résolument jeune et dynamique qui entoure le candidat centriste.

Depuis combien de temps milites-tu au MoDem ? Pourquoi avoir choisi de t’investir en politique ? Pourquoi avoir choisi le MoDem ?

[rightquote]Le déclic a été de me dire “Qu’est ce que tu peux faire pour ton pays, pour ta société, plutôt que de râler devant les journaux télévisés ?”[/rightquote] J’ai pris ma carte le 1er avril 2009, ça fait trois ans que je suis engagée. Le déclic a été de me dire “Qu’est ce que tu peux faire pour ton pays, pour ta société, plutôt que de râler devant les journaux télévisés ?”. M’engager en politique était la solution évidente. Et puis, sur un plan plus personnel, j’ai appris que mon grand-père avait été résistant. Qu’il ait eu un engagement aussi fort m’a confortée dans l’idée que consacrer du temps à la politique était le minimum que je puisse faire pour contribuer au changement !

Après, pourquoi François Bayrou ? J’ai le coeur à gauche, mais je n’ai pas été convaincue par le Parti Socialiste ; j’ai en tête cette citation : “Si les socialistes n’existaient pas, le socialisme gouvernerait le monde”… Pour moi, François Bayrou est davantage en accord entre paroles et actes, j’adhère totalement à l’idée de prendre les compétences des personnes d’où qu’elles viennent, de ne pas s’arrêter à un clan… Je n’aurais pas rejoint l’UDF, davantage figé dans l’échiquier politique ; mais le MoDem est différent, l’ambition est de dépasser les clivages.

Tu es au coeur de l’action : quel est ton rôle au MoDem ? Quelles actions mènes-tu personnellement (participe ou organise) pour la campagne ?

Je travaille à ce qu’on appelle, avec une touche d’humour, le “Pôle Plumes”, c’est-à-dire le pôle rédaction – je précise que François Bayrou rédige ses discours lui-même, ce n’est pas de cela qu’il s’agit : nous répondons aux questionnaires qui lui sont envoyés par les médias, les associations… Nous rédigeons le premier jet, qu’il relit, corrige et valide ensuite. Nous rédigeons également des notes d’actualité pour la direction de campagne, des notes de fond. Cela consiste par exemple à faire des synthèses objectives des programmes des autres candidats, à rédiger des notes sur des sujets de société complexes, ou à donner des arguments pour réagir à l’actualité. Nous répondons aux mails envoyés à François Bayrou via le site bayrou.fr, au nom de l’équipe de campagne. Nous faisons une synthèse des messages reçus pour François Bayrou ; et surtout, nous répondons à toutes les questions qui portent sur le programme !

Il y a une véritable ambiance familiale ici au QG, c’est très agréable. Même si je travaille au “Pôle Plumes”, cela ne m’empêche pas de participer à des tractages et des collages avec d’autres membres de l’équipe de campagne !

Ton sentiment sur cette campagne : quel est le thème qui te tient à coeur ? Trouves-tu qu’il soit traité de façon pertinente dans cette campagne ?

MON thème, le thème qui me parle le plus est la moralisation de la vie publique. Déjà, c’est une réponse à l’abstention. Ensuite, je suis convaincue que c’est le thème qui préoccupe les citoyens, cette réforme est absolument nécessaire pour que le politique puisse retrouver un lien de confiance avec les Français.

Je ne comprends pas que ces sujets ne soient pas plus largement relayés ! On veut nous imposer le thème de la sécurité, sujet qui divise les Français, alors que notre thème sur la moralisation de la vie publique vise à rassembler.

C’est ta première campagne électorale au sein d’un parti ? Quelles sont tes impressions ? (Par rapport à tes attentes ?)

Je m’étais déjà impliquée dans la campagne pour les élections européennes, en Bretagne, en 2009, puis lors des régionales en Auvergne (2010) et enfin lors des élections cantonales à Clermont-Ferrand en 2011. Mais cette année est ma première campagne présidentielle, oui ! J’ai de la chance de pouvoir la vivre ici, à Paris, au coeur de l’action ; tous les matins, c’est vraiment une boule d’excitation qui t’anime dès le lever, je suis heureuse de venir au QG. Je vis une véritable aventure humaine, on est là pour tout donner – et d’ailleurs on donne beaucoup ! (NDLR : horaires entre 9h30 et 22-23 heures selon les jours !)

Parlons un peu de la stratégie de campagne de François Bayrou :  on assiste à beaucoup de surenchère de la part de certains candidats, il semblerait que François Bayrou assume le choix de ne pas rentrer dans ce jeu. De fait ne risque-t-il pas d’être “hors jeu” ? Comment convaincre en dehors du cercle des sympathisants sans adopter un ton un peu plus incisif ?

Au contraire, je pense que sa stratégie contribue à le démarquer des autres candidats, c’est la bonne stratégie. Là où d’autres promettent monts et merveilles, François Bayrou choisit de dire la vérité aux Français. “Vendre du rêve”, c’était peut être payant en 2007, mais entre temps il y a eu une crise, la réalité économique et sociale du pays a changé, les attentes des Français ont évolué ; et surtout, les Français ne sont pas dupes. En choisissant d’être honnête et franc, François Bayrou prend le contrepied des autres candidats.

[rightquote]Il me semble que François Bayrou est le seul à faire preuve de réalisme.[/rightquote] Ce postulat ne l’empêche pas de partager une véritable ambition pour la France ! Lors de son meeting au Zénith, il commence d’ailleurs son discours en disant “Je suis venu vous parler d’espoir” ; certes, il dresse un tableau sombre – mais réaliste – de la situation actuelle, mais il ajoute “Les mauvais jours finiront”. Il souligne bien que les causes de nos maux viennent de l’intérieur, nous pouvons inverser la tendance à condition de regarder la vérité en face : c’est un premier pas nécessaire. Il me semble que François Bayrou est le seul à faire preuve de réalisme.

Est-ce que François Bayrou ne serait pas un peu “loin” des préoccupations des Français ? Ce matin (NDR le 29/03) dans la Matinale de Canal+, il disait : “La solution au prix de l’essence c’est les énergies alternatives”. Or la question de la journaliste était : “Comment agir, là, maintenant, pour le pouvoir d’achat grevé par le prix de l’essence ?”, problème immédiat, mais la réponse de François Bayrou porte sur un (très) long terme ;  un peu déconnecté ?

On en revient au postulat de sincérité : il ne pourrait pas d’un côté se présenter comme étant “celui qui dit la vérité” et céder à la tentation des promesses électoralistes. Les solutions “court terme” ne sont pas des solutions, les seuls scénarios viables se pensent justement sur le long terme. Je pense qu’il est de la responsabilité de nos hommes politiques de ne pas répondre aux situations par des “mesurettes” façon “sparadrap”. François Bayrou a ce courage. Dire la vérité n’est peut-être pas toujours électoralement payant, mais c’est un choix assumé pour nous. Il faut être honnête, compte tenu de l’état des finances publiques, de la nécessité de réduire les dépenses publiques et la dette, nous ne proposons que ce que nous aurons les moyens de réaliser ! Nous refusons d’entrer dans la surenchère du plus offrant, il faut faire preuve de réalisme et de responsabilité. Le constat actuel, l’état des lieux est une vérité difficile à entendre mais qui doit être dite. Les solutions ? Elles existent, mais elles doivent se concevoir sur le long terme.

Après, je croise souvent François Bayrou au siège, je peux vous assurer qu’il n’est pas déconnecté des réalités, au contraire, on sent que c’est quelqu’un de proche des gens !

Quelle est LA mesure de François Bayrou qui te tient le plus à coeur ? Pourquoi ?

Je vais revenir au thème de la moralisation de la vie publique, pour moi, l’inéligibilité portée à 10 ans pour tous les élus condamnés par la justice est vraiment une mesure importante. Cette mesure, qui n’en est qu’une parmi tant d’autres, s’inscrit dans un projet de loi-cadre de moralisation de la vie publique, dont le texte sera soumis par référendum aux citoyens le 10 juin prochain. Pour moi, l’intégrité est véritablement une valeur républicaine essentielle, la condition sine qua non pour assumer des responsabilités politiques. Quand on pense à toutes les « affaires » auxquelles nous avons eu droit sous la Vème République (pour rester dans une époque “contemporaine” !), c’est scandaleux… Rien d’étonnant à ce qu’un nombre de citoyens toujours plus important se détourne des urnes…

À l’inverse, quelle serait la mesure qui t’a le moins convaincue ?

Difficile de choisir une mesure comme ça, le projet présidentiel n’est pas un inventaire dans lequel on pourrait piocher facilement ! Si je dois vraiment choisir… Je suis peut-être moins convaincue par les engagements en matière de politique étrangère tels que « la promotion des relations économiques mondiales en y instaurant des conditions d’équilibre et de réciprocité » ; évidemment c’est louable, mais je ne vois pas comment on peut y arriver en 5 ans !

L’après présidentielle : quels sont tes projets politiques au lendemain de l’élection ? Tu continues ?

Oui, bien sûr ! Cet engagement est tellement important pour moi ! Et puis, quel que soit le résultat de l’élection, il nous faudra un groupe parlementaire, donc oui, on continue, et on enchaîne avec les élections législatives ! Mais faire de la politique, c’est également (et avant tout !) avoir les pieds sur Terre, donc je m’attellerai à la réussite de mon année universitaire, à passer du temps avec mes amis que je vois trop peu depuis quelques semaines… et à prendre quelques jours de vacances !

La dernière question : “Un dernier mot aux madmoiZelles qui hésiteraient encore sur leur vote à la présidentielle ?”

La critique qui est faite à François Bayrou est de ne pas avoir “un parti politique” derrière lui. Selon moi, c’est justement son principal avantage. Il n’est pas lié à une machine de guerre, il n’est pas “pieds et poings liés” à un réseau. Nous, nous sommes libres, indépendants, il n’y a pas de passif derrière François Bayrou mais une histoire. Il ne vient pas d’un clan.

Par conséquent, je crois vraiment à son honnêteté et à son intégrité, selon moi deux qualités essentielles pour devenir le Président de tous les Français.

Merci à Agnès d’avoir accepté de nous répondre !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Aalia
    Aalia, Le 12 avril 2012 à 20h12

    Molly12;3060908
    Moi qui hésitait entre aller voter Bayrou, et m'abstenir, j'irais voter ;)
    Moi Bayrou et blanc, parce que parfois je le trouve un peu mou, mais c'est vrai que je partage sa vision, quand il parle je suis d'accord avec à peu près tout.

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