Harcèlement de rue, cette épuisante banalité

Pondu par Jack Parker le 3 août 2013     

Le harcèlement de rue, ou le fait de se faire aborder, voire verbalement agresser par des inconnus, sort enfin de l’ombre. Point sur la situation et conseils de Jack Parker.

Publié initialement le 1er août 2012

Aaaah bah voilà. Enfin, on en parle, grâce au documentaire de Sofia Peeters. Le “harcèlement de rue”. Ces petites remarques quotidiennes incessantes et plus ou moins insultantes selon les individus, que nous devons subir calmement tout au long de notre vie. Pourquoi ? Parce qu’on a commis l’immense affront de naître avec deux chromosomes X. Il n’en faut pas plus pour avoir droit à ces petites remarques “innocentes”. Ce coup de projecteur sur le harcèlement de rue permet de constater à quel point les mentalités ont besoin d’évoluer de tous les côtés sur le sujet.

Harcèlement de rue, cette épuisante banalité harcelement de rue twitter1

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Un truc que je remarque systématiquement quand le sujet est abordé entre femmes : tout le monde est d’accord, on partage nos histoires, on s’énerve, on s’offusque, on tape du poing sur la table, on raconte nos pires histoires, on calme ça avec une bonne dose de second degré – bref, on se comprend. Quand le sujet est abordé en présence d’hommes, en revanche, il arrive très souvent qu’ils nous répondent “Mais euh… c’est un cas isolé ça, nan ? Enfin j’veux dire, ça arrive une fois de temps en temps quoi, faut pas non plus en faire des caisses, c’est pas comme si c’était tous les jours… et ça arrive pas à tout le monde”. Et bim, les deux pieds en plein dans la tartiflette.

Notons d’abord, parce que c’est important sinon après on va dire que je suis une harpie castratrice, que je comprends TOUT À FAIT cette réaction. Mais elle m’attriste profondément. Parce qu’elle prouve bien qu’on a encore pas mal de route à faire pour que le problème soit reconnu par tout le monde. Il est difficile pour un mec de se rendre compte de l’ampleur du problème, déjà parce qu’il est assez rare que nous, femmes, accostions un mec dans la rue pour lui dire “Pssst, pssssttttt, eh jeune homme, eh viens voir ! AZY VIENS VOIR J’VAIS PAS T’BOUFFER ! Pffff, sale tapette va !”. Mais également parce que quand on se promène en compagnie d’un ou plusieurs hommes, les habituels relous prennent vachement moins de risques pour se faire remarquer. Y a toujours des exceptions, des histoires de mâle alpha qui veut prouver sa valeur, défier le rival qui parade avec sa femelle pour faire entendre sa grosse voix virile, mais globalement, c’est quand on est seule ou entre meufs que ça se corse.

Donc forcément, quand un mec vient nous péter notre trip en intervenant d’une voix solennelle pour nous dire “Eh, oh, tututut, arrêtez de tout exagérer tout le temps là, c’est bon, c’est pas grave une remarque de temps en temps et puis c’est flatteur”, comprenez qu’on perde un peu notre calme.

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Pour information, toi lecteur mâle qui déguste ces mots comme un verre de chianti, sache que ça n’est pas d’ “une remarque flatteuse de temps en temps” dont on parle.

Pour parler de ce que je connais, j’ai grandi et vécu quasiment toute ma vie à Paris et que je sois en mini-jupe + talons de douze ou gros baggy + capuche sur la tête, très rares ont été les jours où j’ai pu foutre un pied dehors sans me faire accoster, dès le moment où j’ai eu des attributs féminins visibles.

Et ça n’a rien à voir avec une question de physique (parce qu’on m’a aussi répondu “Pff, tu t’la pètes hahaha” à chaque fois que j’ai tenté de l’expliquer) : femme = proie potentielle. Qu’elle soit “belle” ou pas selon les standards de celui qui l’accoste, peu importe. Le fait même qu’elle soit une femme suffit à justifier qu’on lui fasse une remarque.

Quel genre de remarques ? Hmmm voyons…

“Eh madmoiZelle, t’as pas un 06 ?”
“Eh petite coccinnelle, viens voir deux s’condes !”
“Ho la pute là-bas, tu suces ?”
“Eh salope ! Eh grosse pute ! Eh viens voir deux minutes !”
“Hmmmmm… charmaaaante….”
“Joli p’tit cul !”
“Hmm, c’est beau ça, j’peux toucher ?”
“Vous êtes charmante mademoiselle !”
“Eh eh eh ! Eh t’as un mec ? Vas-y viens, monte, j’vais t’montrer c’est quoi un vrai mec !”
“Sssssssssalope !”
“VIENS M’BAISER GROSSE PUTE !”
“Pourquoi tu fais la gueule ? T’es tellement plus jolie quand tu souris ! Allez, fais moi un sourire !!”

Ce ne sont que de tous petits exemples de ce que je peux entendre assez régulièrement, soit en faisant trois pas dans la rue, soit en écoutant les histoires de mes amies. Et ça, c’est verbal, parce qu’on parle même pas des mains au cul, dans les cheveux, des mains qu’on attrape au vol, juste pour avoir un contact physique, des baisers volés sur la moindre partie du corps qui traîne, de la main sur la cuisse, ou du gros lourd qui se colle à toi en remuant du bassin dans un métro bondé. Et qu’on vienne pas me parler de cas isolé – pour beaucoup d’entre nous, ça s’appelle “le quotidien”.

Ça fait relativiser sur le cliché de la nana crispée qui fait la gueule, celle qui vous lance un regard noir si vous vous attardez trop longtemps sur ses courbes – alors que putain, sans déconner, elle pourrait au moins avoir l’air flattée la connasse, merde. J’suis sûre qu’elle est mal baisée.

Ouais, c’est sûr que la majorité des femmes ont l’air vachement moins détendues quand elles marchent dans la rue, ou qu’elles se ratatinent sur leur siège dans le métro. Après, c’est toujours la même histoire de “marche un peu dans mes pompes pour voir si t’aimes ça” – tant qu’on fera pas l’effort de se mettre à la place des autres, d’essayer de comprendre deux minutes à quoi peut ressembler le quotidien de l’autre côté, on ira pas bien loin.

Il faut donc saluer l’initiative de cette étudiante, de la création du hashtag #HarcèlementDeRue sur Twitter, de celles qui officient derrière I Hollaback et de tous ceux et celles qui souhaitent informer et faire bouger les choses.

Personnellement, en allant discuter avec des mecs qui m’avaient accostée et/ou insultée, j’ai réussi un paquet de fois à obtenir des excuses – bafouillées entre deux rires gras et soupirs agacés, mais quand même. Et quand ce ne sont pas ceux qui ont ouvert leur gueule qui s’excusent, il arrive souvent que les potes prennent le relais et s’excusent à sa place en lui mettant des tartes derrière la tête et en l’insultant à leur tour parce que putaaaain, t’as déconné ah ouais, excuse-toi ! Ça arrive.

Après y a toujours les vrais gros connards, ceux qui ne jouent pas aux durs mais qui le sont vraiment et qui partent en vrille dès qu’on ouvre un peu notre gueule. C’est un risque que j’ai choisi de prendre – mais je n’encouragerais pas tout le monde à en faire de même. Je risque sans doute de me prendre une patate dans la tronche un jour à force d’ouvrir ma grande gueule, mais j’en ai ma claque de rester sans rien faire. Même si ça veut dire prendre la défense de celles qui n’osent pas se faire entendre.

Et puis libre à vous toutes de trouver le moyen qui vous sied le plus pour vous défendre – ça peut être le silence de l’indifférence (feinte ou non), l’attaque bisounours “socialisons-nous et parlons de ça tous ensemble autour d’un lait fraise”, la gueulante qui surprend et qui calme souvent les esprits échauffés ou l’extravagance totale (l’imitation du sanglier en rut, le hurlement strident qui attire l’attention…), chacun sa technique.

Mais il va bien falloir que ça s’arrête un jour, qu’on arrête de nous répondre “Euh bah ouais mais vous voulez faire quoi ? Les mettre en prison ? Bah nan hein, c’est bon, des cons y en a partout, c’est la vie”, qu’on arrête de nous demander de subir en silence et de faire les bonnes fifilles bien sages qui sourient et obéissent au mâle tout-puissant.

Va falloir que les spectateurs se réveillent et prennent le réflexe, eux aussi, d’exprimer leur avis – parce qu’il n’y a rien de pire que de subir les attaques d’un ou plusieurs mecs pendant que des gens regardent la scène sans rien dire, en faisant mine de ne rien remarquer d’anormal.

Pour résumer

  • Les filles : vous n’êtes PAS SEULES. On en chie malheureusement presque toutes. Et ça pue du cul. Et vous avez le droit de le dire. De le raconter, sur le forum par exemple.
  • Les mecs : on exagère que dalle, on en souffre vraiment, on ne fait pas de fausse modestie “Ohlala j’en ai trop marre, on m’a encore dit que j’étais trop bonne aujourd’hui, pfff”, on ne provoque RIEN ni PERSONNE (qu’on soit en jogging ou en minirobe latex), et vous avez vous aussi le droit d’ouvrir votre gueule quand vous assistez à une scène du genre.
  • Tout le monde : il n’y a pas de fatalité à accepter, pas de “c’est comme ça”, pas d’excuses faciles, pas de “le problème vient de telle catégorie de personne seulement et uniquement, c’est leur faute à eux, ces sales XXX”, ça commence à bien faire, et va falloir que ça se calme. Et surtout, ce n’est pas aux femmes de régler le problème. Ce n’est pas à nous de faire attention à ce qu’on porte, à l’endroit où on se promène, à quelle heure, avec quelle attitude, qui on regarde dans les yeux, comment on marche ou quelle couleur de cheveux on a et je ne sais quelle autre connerie. On n’a pas à corriger notre comportement pour arrêter de titiller les mâles qui ne savent pas se retenir parce que les pauvres, c’est dans leur nature (c’est aussi avilissant pour eux que pour nous comme genre de généralité, les hommes ne sont pas des animaux sauvages qui ne savent pas retenir leurs pulsions).

Edit : Dans les commentaires, Leech nous conseille également de lire ce petit manuel d’autodéfense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire, disponible en intégralité par ici !

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Jack Parker est rédactrice multifonction pour madmoiZelle depuis janvier 2009. Elle aime tout ce qui se rapporte à la pop culture américaine, aux animaux, aux trucs bizarres qu'on trouve dans le monde et se nourrit essentiellement de films d'horreur et de nouilles instantanées.

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. VitanyVitany

    Le 23 octobre 2013 à 22:05

    Personnellement, avec le temps, j'ai appris à séparer deux types d'accosteurs dans la rue et à adapter mon comportement en conséquence :

    1) l'accosteur "léger", qui vous lance gentiment "vous êtes charmante mademoiselle" ou "vous avez de très jolis yeux"… à ceux-là, je réponds un simple merci et je continue ma route sans m'attarder, et généralement, ils ne vont pas plus loin… pareil pour ceux qui disent "bonjour", je réponds simplement bonjour, sans ralentir, et ils comprennent en général…

    2) l''accosteur "lourd", qui ne comprends pas le mot non ou bien l'attitude "pas intéressée" (genre je continue ma route sans le regarder, je n'engage pas la conversation, je lui demande de pas me suivre)… en général, ceux-là, faut être un peu plus ferme dans le propos et carrément montrer sa franchise : JE VEUX PAS QUE TU ME SUIVES, LÂCHE-MOI ! JE SUIS PAS INTERRESSEE… éviter de répondre aux questions qu'ils posent et ne pas se justifier, d'aucune façon, est pas mal aussi pour désarmocer le dialogue forcé qu'ils essaient d'instaurer…

    Ces deux techniques ont été testées à toutes heures du jour et de la nuit (7h le matin ou minuit ou 4h du matin à la sortie des boîtes) et fonctionnent plutôt bien…

    maintenant, il est vrai que j'ai un physique avantageux pour ce genre de choses (1m71, plutôt costaude…), donc c'est clair que c'est plus facile… mais j'ai une copine de petite gabarit qui se laisse pas du tout faire et ça marche aussi, donc c'est possible !

    les 2-3 conseils que je donnerai c'est vraiment :

    1) regarder droit dans les yeux quand vous refusez
    2) ne pas bafouiller, à la limite, préparer quelques phrases toutes faites à réutiliser pour chaque cas
    3) ne pas se justifier, ne pas entrer dans la conversation, ne pas répondre aux questions
    4) ne pas s'arrêter, continuer sa route comme si de rien, si le mec vous suis (ça m'est arrivé), se retourner, le regarder bien droit dans les yeux et lui gueuler "je veux pas que tu me suives ok, alors fous-moi la paix !"

    il est également possible, avec les mecs qui ne se rendent pas compte de la peur qu'ils peuvent inspirer (genre en plein nuit) en abordant une fille seule, de lui faire remarqué… moi j'ai même eu des mecs qui m'ont accompagné jusqu'à la gare pour me "protéger" après que je leur ai dit que ça se faisait pas d'aborder une fille seule en pleine nuit et qu'elle pouvait prendre peur… mais faut être bien ferme sur le fait qu'il n'obtiendra rien, et ne laisser aucun doute… et vous pouvez aussi refuser qu'il vous accompagne, ça va de soi !

    ma "technique" est pas universelle, chaque femme est différente (et chaque lourdaux aussi), mais pour l'avoir expérimentée moultes fois, c'est plutôt efficace…
  2. ChoOketteChoOkette

    Le 04 novembre 2013 à 13:35

    Ah, les hommes..
    Une seule fois j'ai rétorqué. Et j'ai piqué le plud gros sprint de ma vie, même pour faire pipi j'ai jamais autant couru. Explications :
    Je me ballade pour aller en cours, MP3 en panne donc pas d'écouteurs (aujourd'hui ça ne me dérange plus, j'enfile mes écouteurs dès que je suis seule…). Il fait beau, je préfère la marche au tram ("pour votre santé, bougez plus"…)
    Débarque le gros lourdeau qui n'a rien à faire de sa journée qui balance, une fois que tu l'a suffisamment dépassé pour estimer être tranquille "Hum, c'est une belle bouche de suceuse ça". Furieuse, pour la première fois de ma vie je rétorque "Ah ouais? T'as du en sucer beaucoup pour pouvoir juger !" Trois secondes passent :
    1 : je réalise ce que je viens de faire, le mec aussi
    2 : le mec commence à courir dans ma direction
    3 : je cours comme si une armée de zombies me poursuivait en rêvant d'un tartare
    J'ai eu la meilleure chance du monde quand j'ai sauté d'un bon de Yamakasi dans le tram au moment où les portes se fermaient. Victorieuse, j'ai éclaté en sanglot arrivée en cours.
    Ben je vous le donne en mille, j'ai jamais osé porter plainte ou le raconter à quelque image d'autorité, persuadée que c'était ma faute.

    Aujourd'hui, je préfère l'ignorance (mon sprint ayant perdu de sa qualité) dans la plupart des cas, ou à un "je sais, mon copain me le dis tous les jours" quand une approche "gentillette" tente sa chance.
  3. LaumademoiselleLaumademoiselle

    Le 02 janvier 2014 à 22:55

    Je voudrais, moi aussi, apporter ma pierre à l'édifice ou plutot mon témoignage à ce que l'on appelle harcèlement de rue.
    Pour ma part, je ne vois plus cela comme du harcèlement. Je ne sais pas si un mot existe pour qualifier et définir ce que je vis au quotidien et ce que je ressens.
    Et non, je n'exagère pas, comme on a souvent voulu me le reprocher. Non, pour moi ça n'a rien de flatteur.
    C'est humiliant et dégradant.

    Alors voilà, je me suis installée en région parisienne depuis la rentrée 2013 afin de poursuivre mes études. Les tentatives d'approches, les regards, etc. je le subissais déja dans ma région d'origine. Et j'en avais marre - marre que des hommes de 7 à 77 ans me dévisagent comme un morceau de gateau ou plutot comme un morceau de viande - depuis l'age de 14/15 ans. J'étais loin de me douter que ce que j'avais vécu jusque là était loin d'etre le pire.

    Ce que je vis chaque jour ici est incommensurable.
    Ce sont des regards lubriques ou pas tous les jours, tout le temps. Pas une ou deux fois par jour. C'est tout le temps. Tous les jours. Dès que je passe le pas de ma porte. Dès que je suis seule ou accompagnée.
    Toujours des hommes de 7 à 77 ans et parfois, meme lorsqu'ils sont eux meme accompagnés.

    Je ne compte plus les fois ou l'on m'a arreté dans la rue, sur le quai de la gare, en centre commercial et j'en passe depuis mon arrivée. J'en viens à changer de trottoir, de wagon de train ou à me cacher sous la capuche de mon manteau.

    Je ne compte plus les fois ou je me suis demandée ce qui n'allait pas chez moi. Je ne suis jamais provocante, ni découverte, jamais. Souvent, j'ai un bonnet enfoncé sur le crane et je n'ose meme pas mettre de jupe, ni de robe alors que ce sont des pièces que j'apprécie. D'ailleurs, je n'en possède pas.
    En surfant sur internet ou en passant devant les boutiques sur le chemin des courses, je me dis qu'il y a des choses qui me plaisent et que j'aimerais pouvoir porter.

    Je n'ai pas une attitude d'allumeuse. Et puis, je n'ose jamais rien dire, alors qu'à l'intérieur de moi se mélangent colère et honte. Honte de me dire que j'ai peut-etre l'air accessible ou facile et que je ne vaux pas grand chose en tant que femme. Je me sens salie.

    Jusque là, je ne me suis jamais fait abordée avec des insultes ou meme insultée à part une fois ou un malade - car pour moi ce sont des malades - s'est penché vers moi pour me traiter de "salope", gratuitement.
    J'ai tenté de très nombreuses fois d'en parler autour de moi, mais on me donnait toujours l'impression de raconter des betises, comme si je devais accepter cette situation car " d'autres auraient aimé etre à ta place " et fermer ma bouche.

    Je me sens bien moins seule, après la lecture de cet article, des histoires et témoignages.. ça fait longtemps que j'avais besoin d'en parler, de me rassurer sur le fait que ce n'était pas moi le problème
  4. Mizuki SaniMizuki Sani

    Le 06 janvier 2014 à 19:20

    Voila j'ai un problème les filles : Le harcèlement que l'on me fait c'est plutôt des mouvements (comme un mec qui me regarde et qui fait genre de lécher une b*** devant moi alors qu'il est dans sa voiture) et personne n'est venu un jour pour me faire un " hey madmoizelle etc " donc je ne sais pas du tout comment réagir devant cela d'autant que c'est de plus en plus fréquent, qu'il sont souvent en voiture et que personne n'a l'air choqué. Je ne sais pas quoi faire à chaque fois et vu que je n'ai que 15 ans (mais j'ai l'air d'en avoir 18 ), je me sens mal voir déboussolée qu'on me regarde tel un bout de viande en faisant des gestes obscènes…
    Une idée pour lutter contre ça ou je dois être obligée de subir ça sous les regards de tous sans parler..? ._.
  5. MymyMymy

    Le 06 janvier 2014 à 19:25

    Posté par mizuki-sani
    Voila j'ai un problème les filles : Le harcèlement que l'on me fait c'est plutôt des mouvements (comme un mec qui me regarde et qui fait genre de lécher une b*** devant moi alors qu'il est dans sa voiture) et personne n'est venu un jour pour me faire un " hey madmoizelle etc " donc je ne sais pas du tout comment réagir devant cela d'autant que c'est de plus en plus fréquent, qu'il sont souvent en voiture et que personne n'a l'air choqué. Je ne sais pas quoi faire à chaque fois et vu que je n'ai que 15 ans (mais j'ai l'air d'en avoir 18 ), je me sens mal voir déboussolée qu'on me regarde tel un bout de viande en faisant des gestes obscènes…
    Une idée pour lutter contre ça ou je dois être obligée de subir ça sous les regards de tous sans parler..? ._.

    Tu peux répondre à un geste par un geste avec un beau doigt ou bras d'honneur ! Si le mec est en plus en voiture, donc en mouvement, il ne va probablement pas s'arrêter au beau milieu de la chaussée pour sortir t'engueuler ;)

    Sinon, si tu les interpelles verbalement bien fort, ça peut leur foutre la honte. Eux ils sont "discrets" puisque silencieux, toi tu peux gueuler « EH MAIS ÇA VA DE TE BRANLER SUR MOI DANS TA VOITURE ? GROS PORC ! », surtout si la rue est fréquentée : avec un peu de chance la fois d'après ils y réfléchiront à deux fois !
  6. Mizuki SaniMizuki Sani

    Le 06 janvier 2014 à 20:12

    Posté par mymy
    Tu peux répondre à un geste par un geste avec un beau doigt ou bras d'honneur ! Si le mec est en plus en voiture, donc en mouvement, il ne va probablement pas s'arrêter au beau milieu de la chaussée pour sortir t'engueuler ;)

    Sinon, si tu les interpelles verbalement bien fort, ça peut leur foutre la honte. Eux ils sont "discrets" puisque silencieux, toi tu peux gueuler « EH MAIS ÇA VA DE TE BRANLER SUR MOI DANS TA VOITURE ? GROS PORC ! », surtout si la rue est fréquentée : avec un peu de chance la fois d'après ils y réfléchiront à deux fois !

    Je sais pas j'ai peur aussi mais j'essaierais pour le mouvement ou le doigt d'honneur :)
  7. KimsouilleKimsouille

    Le 10 janvier 2014 à 23:58

    Coucou, je travaille en ce moment sur les manifestations contre le viol et j'essaye de trouver une définition claire sur le harcèlement de rue :) Si quelqu'un sait ou en trouver une/ en a une, je lui en serais très reconnaissant

    (j'ai essayé de formuler ma phrase toute seule, mais entre la fièvre et la fatigue, c'est trop me demander ^^)
  8. lune-demi_ailelune-demi_aile

    Le 04 février 2014 à 16:38

    J'ai plutôt une bonne capacité de gestion de ce genre de situation, en analysant un peu le/les type(s) , j'arrive  à m'en débarrasser assez rapidement…
    Et le principal, c'est vraiment NE PAS AVOIR PEUR!!
    Je me suis débarrassé d'un nombre incalculable de relous de la nuit (2h-5h du mat) sans avoir a etre agressive… le fait qu'on ne soit pas affolé et mal a l'aise les destabilisent, ils ont l'habitude de dominé la fille par leur simple présence! Du coup, si t'a l'air pepère, ils savent plus ou ce mettre :rire:

    Bon, j'ai aussi la capacité de me créer une aura de Psychopathe vénère,ça sers :bomb:
    j'ai déjà "repoussé" une groupe de ouechs comme ça:
     à Lyon (à Vaise, genre banlieue) à 3h du mat, ils abordaient de manière TRÈS insistante toutes les filles qui passées devant eux -vu qu'ils s'étaient foutu vers l'entré du métro -_-' évidement qu'il y en avait qui passé-
    Quand ils ont commencé à s'approcher de moi en gloussant, je les ai fixé, sans m'arreter de marcher, avec une aura meurtrière… ils on fermaient leur gueules et vite fait demi-tour!
    Petite victoire personnelle! :v:

    Bon, ça m'a pas empéché de subir les mains dans les transports, les remarques dans la rue, voir le type qui te suis dans la rue….  :erf:
  9. HMCHMC

    Le 07 février 2014 à 02:50

    Moi une fois c'était dans un village d'habitude tranquille ou t'as aucun problème ,ben ce jour la oui y'avais un gars en survettement  adossé a sa voiture et accompagné d'une fille habillée avec une sorte de shorty doré et en guise de haut une simple brassière de la même couleur plus des chaussures a plate-forme transparente  et je passe devant eux (c'était une rue étroite donc pas moyen de changer de bord ) au moment ou je passe le gars me dis bonjour, comme c'est un village ou je connais du monde je regarde pour voir si je le connais je vois que je ne le connais pas donc je continu et la il me dis c'est ça barre toi sale pute ! et je ne sais pas ce qui m'a pris mais j'ai bloqué je me suis retourné et je lui et dis " la prochaine fois avant d'insulter les gens sans raison il faudrait connaitre la définitions des mots que tu utilises alors achètes un dico et on en reparle , ah et au fait juste un indice pour le mot pute , t'en a une juste a coté de toi":boxing:
    Le gars a du tellement être choqué par ma repartie qu'il n'a rien répondu  . Je suppose qui si ça s'était passé a paris  je ne serrai  peut être plus en vie pour vous raconter cette histoire.
  10. HMCHMC

    Le 07 février 2014 à 03:26

    Posté par cepharma
    Je n'ai pratiquement jamais été victime de ce genre d'harcèlement dans ma vie (ou en tout cas, pas en France!). Je voyage beaucoup & J'avoue que ceci est pire que ce que Je croyais! :facepalm:

    J'ai juste une question qui me trotte dans la tête depuis que J'enquête sur le sujet… Pourquoi les filles ne répondent-elles pas?? Est ce que c'est dangereux? Est ce que les harceleurs irait jusqu'à frapper leur victime? Ou c'est tout simplement par timidité ou honte?
    Il m'est arrivé (en Afrique!!) de devoir répondre mais il ne m'est jamais rien arrivé, est ce différent en France?
    Je sais très bien que si demain Je reçois ce genre de commentaire de la part de nimportequi c'est une réponse injurieuse qui sortira de ma bouche mais Je crains quand même la réaction vu que Je n'en ais vu aucune jusqu'à présent!!

    une fois j'ai répondu , et le gars n'a pas réagis mais ils ne sont pas tous comme ca va dans une cité qui craint si tu oses répondre je pense que tu te fais tabassé , aprés moi je fais rien je laisse coulé mais je me dis qu'un jour il faudra les imiter et leur parler comme il nous parlent pour les faire réagir

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