« Et toi, tu veux être qui quand tu seras grande ? »

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Pour le 8 mars 2017, Clémence a réfléchi aux rôles modèles féminins qui l'inspirent, et pourquoi il est aussi important d'en avoir sous les yeux.

« Et toi, tu veux être qui quand tu seras grande ? »

« Et toi, qu’est-ce que tu veux être quand tu seras grande ? »

Aussi loin que je m’en souvienne, j’avais pris cette question au pied de la lettre. Qu’est-ce que je veux « être ». Qui je veux être, quand je serai grande.

Les possibilités étaient infinies : astronaute, pilote d’avion, écrivain, artiste, aventurière, exploratrice, révolutionnaire, chevalier, reine… Il n’y a pas de limites à l’imagination quand on a six ans.

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Les limites, elles sont arrivées en grandissant. Ce n’est pas l’âge qui les impose, ce sont les autres qui les posent : les adultes, même les plus bienveillants, projettent sur moi leurs propres représentations du monde.

Et si les horizons s’ouvrent de plus en plus, à chaque nouvelle génération, les enfants d’hier projettent encore leurs propres limitations sur ceux de demain.

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L’âge où les limites s’installent, sans crier gare

Je ne sais plus à quel âge j’ai revu mes ambitions à la baisse, abandonnant mes rêves aux heures de la nuit.

Il y a plein de facteurs qui expliquent l’apparition, et le renforcement de toutes ces limitations que j’ai intégrées, qui ont façonné l’adulte que je suis devenue. Toutes nous sont personnelles, propres à nos expériences, aussi diverses soient-elles.

Il y a peut-être un dénominateur commun à de très nombreuses femmes : c’est l’absence de modèle.

Si je me suis vue devenir professeure des écoles ou journaliste d’investigation, c’est parce que je voyais, autour de moi, dans les films, à la télévision, des femmes qui incarnaient déjà ce que j’aspirais à devenir.

Le talisman de la représentation

L’identification agit comme une formule magique contre le mauvais sort de l’auto-limitation : cette personne me ressemble, donc je peux ÊTRE ce qu’elle est. C’est parfois aussi simple que cela.

Il n’y a pas besoin d’en avoir tout un régiment. Une seule suffit, une seule pionnière suffit à ouvrir la voie, une seule audacieuse réussit à faire voler en éclats le plafond de verre pour toutes les suivantes.

S’il y en a une qui y arrive, c’est que nous le pouvons toutes, ou en tout cas, c’est que notre genre ne nous arrêtera pas.

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Le cercle vertueux de la lumière qu’on se transmet

Plus les années passent, et plus ces modèles deviennent nombreux. Il se construit alors un cercle vertueux époustouflant : les nouveaux rôles modèles s’attèlent à rendre la lumière aux aînées, et ce faisant, passent le flambeau aux suivantes.

Je pense à Pénélope Bagieu, dont la lecture du blog quand j’étais étudiante m’a confortée dans l’idée qu’on pouvait être une jeune femme, parler de soi, embrasser une carrière artistique à force de travail et de persévérance.

La voir aujourd’hui écumer les plateaux télé en promotion pour ses albums des Culottées, rendre hommage à toutes ces femmes d’exceptions que l’histoire laisse injustement dans l’ombre et menace d’oubli, m’émeut profondément.

Je dirais la même chose d’Alison Wheeler et de Bérengère Krief, dont les carrières racontent la même histoire de culot, de travail, et de persévérance.

Le modèle qui m’a manqué

Mais moi, je n’avais pas, en grandissant, le modèle dont j’avais besoin pour projeter mes ambitions d’engagement au service des autres. On me parlait « d’hommes politiques » et effectivement, je ne voyais que des hommes.

Et je suis loin, j’imagine, d’être seule dans ce désarroi : où sont les pionnières, mais surtout, comment leur emboîter le pas ?

Moi, j’ai de la chance : j’ai fini par trouver un modèle qui incarne ma conception de l’engagement politique. Je me reconnais dans les obstacles qu’elle a dû franchir, dans sa philosophie de vie, dans son rapport aux autres.

Et mon modèle en politique, c’est Najat Vallaud-Belkacem. Elle a accepté notre invitation pour le 8 mars, et avec elle, nous avons parlé de confiance en soi, légitimité, d’ambition et de syndrome de l’imposteur, des difficultés rencontrées dans sa vie professionnelle, mais aussi « du bonheur suprême qu’est celui de pouvoir agir. »

Najat Vallaud-Belkacem a répondu à nos questions pendant une heure

Nous avons pu démarrer notre marathon live du 8 mars sur le thème #EllesOuvrentLaVoie avec la première femme française à avoir été nommée Ministre de l’Éducation Nationale !

« L’engagement politique, c’est être habité par une cause qu’on a envie de voir progresser »

Un beau moment de sororité et d’échange avec toute la rédaction, qui nous a donné un bon shot de confiance et d’empouvoirement !

Les replays des autres séquences de la journée arrivent, stay tuned sur madmoiZelle !

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Clemence Bodoc

Anciennement Marie.Charlotte, Clémence Bodoc a été jeune cadre dynamique dans une autre vie, avant de rejoindre la Team madmoiZelle. Elle s’intéresse à l’actualité et à l’écologie, aime la politique et les débats de société. Grande fan de sport (mais surtout à la télévision), et de cinéma (mais seulement en VO), son nom de scout est dinde gloussante azurée. Elle ne mord pas mais elle rit très fort.

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