Quatre galères qu’endurent les stagiaires (parce qu’après tout la précarité, c’est pas suffisant)

Beaucoup d'étudiant•es doivent passer par la case stage pour valider leurs études. Si l'expérience est riche en apprentissage, elle nous apprend que de la main-d’œuvre pas ou peu payée, ça peut vite servir à n'importe quoi.

Quatre galères qu’endurent les stagiaires (parce qu’après tout la précarité, c’est pas suffisant)

Quand on est sur le point d’entrer dans l’univers cruel et sans pitié des stages, on se prend toujours les mêmes préjugés dans la tronche :

Haha tu va tout le temps faire le café !

Du haut de mon expérience de bientôt diplômée en bac + 5, j’ai de quoi témoigner : j’en suis à DIX stages. Et croyez-moi, je n’ai jamais préparé le moindre café. Voici quelques galères auxquelles j’ai VRAIMENT fait face durant ma (trop) longue carrière de stagiaire.

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Répondre au téléphone

J’ai eu le droit à cette attribution au cours de mon troisième stage. Dans les deux premiers, je n’avais jamais eu de tâche en inadéquation avec ma formation. J’ai donc à peine compris quand le plus ancien stagiaire m’a expliqué mes attributions. Déjà quand c’est le plus ancien stagiaire au lieu du boss qui t’explique ton boulot, y a de quoi se méfier.

Quand c’est un stagiaire et pas le boss qui t’explique ton boulot, y a de quoi se méfier.

À la fin de son speech, il m’a dit que mon boulot serait aussi de répondre au téléphone. Je ne connaissais le nom de personne, j’étais complètement larguée, et je devais jouer le rôle de l’intermédiaire entre TOUT LE MONDE et la boîte !

Dès le deuxième jour de boulot, je me suis fait copieusement engueuler par mon patron, parce que je n’avais pas demandé le nom de la personne avant de raccrocher…

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J’avais subi tout un interrogatoire pour essayer de décrire les modulations et le ton de sa voix. Et ça s’est conclu par un sermon sur mon professionnalisme : pardon mec, je fais des études de journalisme, mon boulot c’est d’écrire des articles, de faire des interviews, de trouver des sujets, pas de te servir de standard perso !

Je l’ai pensé si fort. Mais je n’ai rien dit parce que j’étais tétanisée.

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Rester le soir pour compléter des tâches à la con

Roh zut on a trois palettes de magazines qui ont été imprimées avec le mauvais prix ! Bon, bah les stagiaires, vous collerez des vignettes dessus.

Et voilà : la soirée était gâchée, et on se retrouvait dans un entrepôt à cacher le prix de chaque magazine. Un par un. C’était long. C’était ennuyeux. Et c’était absolument pas notre job.

C’était long. C’était ennuyeux. Et c’était absolument pas notre job.

Pour passer le temps, on s’amusait avec la machine à relier les journaux entre eux et on faisait des courses de transpalettes. Je peux vous dire que j’ai mis la misère à tout le monde parce qu’avant d’enchaîner les stages, j’ai enchaîné les jobs en usine et en entrepôt ! Je te dis pas le CV de belle gosse.

Servir de punching-ball au patron

Aaaaaah mon boulot préféré. J’ai rencontré trois types de boss (et c’était tous des hommes, tiens, surprise) : ceux qui sont tout simplement adorables et prennent le temps de t’expliquer les ficelles du métier, ceux que je laissais complètement indifférents et qui ne connaissaient même pas mon prénom… Et ceux qui pensent clairement que les stagiaires sont là pour qu’ils puissent passer leurs nerfs dessus.

Les patrons qui pensent clairement que les stagiaires sont là pour qu’ils puissent passer leurs nerfs dessus.

J’en ai eu un qui avait la fâcheuse réputation de tou•tes les faire pleurer au moins une fois. Même quand il n’était pas de mauvaise humeur, il se plaisait à nous faire des speech sur l’importance de se comporter en adulte et d’être professionnel•le, et aussi que son temps était précieux.

Enfin, visiblement pas tant que ça, puisqu’il trouvait toujours le temps pour nous faire la morale pendant vingt minutes.

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Les travaux administratifs à la con

Ça, c’est le genre de galères qu’on a presque tou•tes rencontrées au moins une fois en tant que stagiaire. Certains après-midi, au lieu de partir en reportage, on s’asseyait tous autour d’une table et on glissait des dossiers dans des enveloppes. C’était long. Et totalement inutile.

Quand on a fait remarquer que c’était pas trop dans nos attributions, on nous a répondu qu’il y aurait bien un moment en entreprise où on se retrouverait à faire ça. Je me suis mise à imaginer un stage qui regrouperait tous les trucs à la con qu’on devra prétendument faire quand on sera embauché•es quelque part…

Je me suis mise à imaginer un stage qui regrouperait tous les trucs à la con qu’on devra prétendument faire quand on sera embauché•es quelque part…

Il durerait trois semaines : on devrait remplir des enveloppes, coller des vignettes, appeler des tas des numéros de téléphone, classer des cartes de visites par ordre alphabétique, repeindre des murs, vider des corbeilles à papier, trier des dossiers, et autres trucs absurdes. Une fois ce stage passé, on ne nous donnerait que des tâches en rapport avec notre formation, parce qu’après tout, c’est un peu le but de l’opération.

Qu’est-ce que vous en pensez, c’est une bonne idée non ?

Alors ok, mes stages m’ont apporté plein de choses : des contacts, de l’expérience, de quoi remplir mon CV… Mais il y a trop de supérieur•es qui pensent que ce n’est pas un souci de faire appel aux stagiaires quand il y a un boulot ennuyeux et répétitif !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Squick
    Squick, Le 1 mai 2016 à 14h34

    Bah justement lors de mon dernier stage quand j'avais fais remarquer à ma réfèrente que le boulot que je faisais en stage n'était pas vraiment dans mes qualifications elle m'a regardé d'un air hautain et m'a craché "Oui mais tu es stagiaire". Ça m'a tellement choqué qu'elle me le dise de cette manière que je ne savais plus quoi répondre. :goth:

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