Avec « FémiCité », Osez le féminisme reconquiert les rues parisiennes

Seules 2,6% des rues parisiennes portent le nom d'une femme notoire. Un manque de visibilité et de reconnaissance aux figures féminines de notre Histoire, que dénonce Osez le féminisme à travers une action de communication-réappropriation baptisée « FémiCité ».

Avec « FémiCité », Osez le féminisme reconquiert les rues parisiennes

Vous la reconnaissez ? La femme dont vous voyez le visage ci-dessus est Marie Curie — sans doute l’un des noms les plus cités lorsque l’on demande, comme ça, sans préambule, qui sont les femmes françaises qui ont marqué l’Histoire.

Si la physicienne franco-polonaise a gagné sa place sur les plaques de rues et les bâtiments universitaires, c’est bien souvent aux côtés de son mari, Pierre Curie, comme la majorité des femmes qui renomment les rues parisiennes, selon l’association Osez le féminisme :

« Tandis que les hommes honorés sur des plaques de rue sont légion, seules quelques 160 femmes, pour la plupart épouses ou filles d’hommes célèbres, sont ainsi valorisées à Paris. Notre histoire regorge pourtant de scientifiques, d’écrivaines, de militantes, de femmes politiques, d’artistes, de résistantes qui méritent la reconnaissance du pays. »

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Nina Simone est une célèbre pianiste, chanteuse américaine, militante pour les droits civiques 

En dehors de Jeanne d’Arc, numéro un au classement, les femmes illustres mises à l’honneur dans le patrimoine parisien se comptent sur les doigts de la main. Une seule des quelques trois cents stations de métro porte le nom d’une femme, la communarde Louise Michel. Marie Curie en partage une avec Pierre, et Marie-Madeleine de Rochechouart de Mortemart côtoie Armand Barbès.

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Pour dénoncer ce déséquilibre (non sans une touche d’humour !), Osez le féminisme a réalisé un quiz sur la présence des femmes dans l’odonymie parisienne. (Vas-y tu peux Googler « odonymie » avant de commencer, après ce sera de la triche, je te préviens.)

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« À côté de la plaque ». Tu l’as ? (Clique sur l’image pour accéder au quiz !)

« FémiCité » rend leur place aux femmes illustres dans l’espace et dans l’Histoire

Osez le féminisme a fait appel à l’artiste Bau Bô et mis à contribution ses militantes pour réaliser quelques 2 600 carrés de crochets, qui ont été exposés ce mercredi 26 août sur l’Île de la Cité, afin de rendre aux femmes illustres la place qui leur est due dans notre patrimoine.

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L’absence des femmes françaises notoires aux coins de nos rues n’est pas anecdotique : elle témoigne de l’absence de considération accordée à ces citoyennes et à leur contribution à l’Histoire de notre pays et du monde. Pourtant, elles ont bel et bien existé, et pas seulement en tant que « femmes ou filles de » !

J’ai pris une sacrée claque en lisant l’excellent ouvrage de Catherine Dufour, Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesseElle y présente des dizaines de professions à travers les portraits de deux femmes : une pionnière, et une qui l’exerce actuellement. On apprend ainsi les prémices du métier, confronté à ses évolutions et ses enjeux contemporains.

J’ai découvert en le lisant en le dévorant que nombre de professions que je considérais comme très masculines (notamment dans l’informatique et la recherche scientifique) avaient en réalité été largement développées par… des femmes ! Mais compte tenu de l’absence de statut social indépendant de la femme à ces époques pourtant pas si lointaines, le crédit de leurs découvertes était souvent attribué à leurs confrères masculins…

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Or maintenant que les femmes ont le droit de vote (1944), le droit d’ouvrir un compte bancaire et de travailler sans l’autorisation de leur mari (1965), il serait quand même bien temps qu’on restaure leur crédit dans l’Histoire. Les femmes françaises et étrangères qui se sont illustrées par leurs découvertes et leurs actions méritent bien une place, des rues ou des ponts à leur nom. Au moins autant que les hommes !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Clodwiga
    Clodwiga, Le 27 août 2015 à 11h27

    Pourquoi pas, c'est vrai que le nom des rues est évocateur de beaucoup de moments d'histoire différents. Après les femmes sont loin d'être la catégorie la moins présente dans l'intitulé des rues, c'est le problème même du concept du "culte des Grands Hommes" développé au XIXe dont participe ce phénomène commémoratif. Le but est d'édifier, de souder une nation autour de figures politiques, éventuellement intellectuelles et artistiques, de rechercher la grandeur afin d'imposer une image puissante aux nations étrangères, il y a donc beaucoup d'oubliés. Il faut cependant ne pas oublier que ce choix de nom est intéressant pour comprendre les sociétés précédentes, et ne jamais oublier que les gens n'étaient pas les mêmes que nous et pensaient différemment.

    Ce qui me gène c'est que la sélection est faiblarde, les militants féministes manquent souvent de variété dans leurs personnalités références, alors que dès qu'on réfléchit 5mn, il y a beaucoup de femmes connues du grand public et que dès qu'on creuse un peu dans la culture de domaines spécifiques, des femmes au profil intéressant on en trouve des tas.

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