Alison Wheeler et Mr Poulpe taclent Eric Zemmour dans leur « lundi R’n’B »

« Le lundi, c'est R'N'B », et cette semaine, Alison Wheeler et Mr Poulpe ont dédié leur météo à Éric Zemmour, invité du Grand Journal. Le résultat est savoureux.

Alison Wheeler et Mr Poulpe taclent Eric Zemmour dans leur « lundi R’n’B »

Éric Zemmour n’en finit plus d’écumer les plateaux télé pour faire la promotion de son dernier livre. Depuis sa condamnation pour incitation à la haine raciale, il n’a pas modéré son discours, loin de là.

Il avait déclaré que « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est comme ça, c’est un fait » sur le plateau de l’émission Salut les Terriens, le 6 mars 2010. Cette affirmation est bien entendue fausse, comme l’a récemment démontré John Paul Lepers dans une double enquête sur les liens entre immigration et délinquance.

À lire aussi : « Sept idées reçues sur l’immigration et les immigrés », à lire sur Le Monde

Depuis, Éric Zemmour a décidé de se consacrer à la misogynie, puisqu’il est encore permis de tenir des propos ouvertement sexistes, la bêtise n’étant pas un délit en France. C’est ainsi qu’il récite une ode à la virilité à la moindre occasion, et blâme en partie le féminisme pour « la déchéance de la société française ».

À lire aussi : La virilité et moi — Le Dessin de Mr.Q

Et vous avez désormais toutes les clés pour comprendre pourquoi ce « lundi, c’est R’N’B » est particulièrement savoureux.

Excellente démonstration du principe de « ne pas rire avec » des gens auxquels on ne veut pas être associé, et ce malgré les efforts ostensibles d’Éric Zemmour pour trouver ça drôle. Mais après tout, peut-être n’a-t-il pas compris ce qui était dit (Morano-style).

Pour un autre exemple tout aussi réussi de « ne pas rire avec », on peut revoir l’excellente Bio Interdite de Louis Aliot par Vincent Dedienne.

Cette météo fait une entrée fracassante pour le titre de « meilleure météo du monde de tous les temps », au coude à coude avec la « météo spéciale Manif Pour Tous », qui m’avait déjà fracturé plusieurs côtes.

Changez rien, les enfants. Vous êtes parfaits.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • MorganeGirly
    MorganeGirly, Le 4 décembre 2014 à 16h36

    Emel-
    Puis sur le salariat des femmes, il est évident que ça a surtout profité au patronat. Et je ne suis pas pour un retour en arrière mais je trouve qu'il y a beaucoup de critiques à faire. L'émancipation des femmes n'a pas profité à toutes.
    A des femmes comme E. Badinter, très certainement. Mais aux quinquagénaires qui ont passé une bonne partie de leur vie à l'usine ou à faire du ménage, j'en suis moins sûre. Sans oublier que les contraintes ne sont absolument pas les mêmes. Et là où j'ai quelques reproches à formuler au féminisme bon teint, c'est d'avoir oublié les femmes issus de milieux populaires et de ne pas tenir compte de leurs aspirations ou de les mépriser (le fait qu'une femme voie dans la maternité une forme d'accomplissement par ex).
    Et ça MLP l'a bien compris.
    Ce dernier argument revient beaucoup chez les adeptes de Soral et sert à mon avis surtout à décrédibiliser l'égalité femme-homme sous couvert d'être "du côté des femmes et des pauvres" (je ne parle pas de toi hein mais il se trouve que si Zemmour le reprend c'est que c'est très en vogue chez les anti-féministes).
    Le truc c'est qu'il est faux! Les femmes qui bossent à l'usine ou font le ménage, elles auraient fait quoi sans "l'émancipation"? Elles auraient quand même bossé à l'usine et fait le ménage mais sauf que le salaire aurait pas pu être versé sur leur compte sans l'avis du mari, qu'elles auraient dû demander leur avis au mari pour le choix de l'emploi, que leur salaire aurait été de par la loi inférieur à celui des hommes etc. L'émancipation des femmes n'a pas poussé les femmes pauvres à se tuer au travail selon une logique capitaliste blablabla, ces femmes pauvres ont toujours travaillé. La femme au foyer, c'est un idéal bourgeois et aristocratique, c'était absolument impossible pour les femmes des milieux populaires d'être au foyer parce qu'il faut trouver de quoi manger et nourrir ses enfants (alors bien sûr avant la fin du 18e siècle, le travail était différent, les artisans pouvaient effectuer beaucoup de tâches de chez eux mais ça restait un travail destiné à gagner sa vie). L'émancipation des femmes a permis à celles des milieux populaires de travailler pour leur propre compte (non celui de leur époux ou des parents) et d'avoir un salaire un peu plus élevé qu'avant, voire un salaire tout court parce qu'autrement beaucoup des tâches féminines étaient ce qu'on appelle aujourd'hui un travail mais pas forcément vraiment rémunéré. Cela veut dire que quand on aide son mari à la boutique, qu'on complète ses tâches d'artisan ou qu'on participe aux travaux des champs, on touche une rémunération qui permet de se barrer le jour où vivre avec lui devient insupportable. Autrement, c'était du travail gratuit!

    J'entends aussi beaucoup l'argument que le féminisme était un truc mené par des bourgeoises qui s'ennuyait mais c'est faux! Dès le 19e siècle, on a eu des féministes issues de la classe ouvrière justement parce que leur salaire était structurellement inférieur à celui des hommes et qu'un salaire plus juste pour leur cas signifiait forcément s'intéresser aux inégalités femmes/hommes. Sans compter le fait que les ouvriers étaient politisés et que le droit de vote n'était donc pas un débat d'intellos bourgeois mais concernait aussi les ouvriers.

    Et à l'heure actuelle, oui il y a un féminisme bourgeois avec des féministes qui ne réalisent pas que l'urgence n'est pas la même pour tout le monde mais je ne vois pas ce que tu veux dire par bon teint. Un gros courant féministe consiste simplement à donner aux femmes les outils pour choisir c'est-à-dire choisir d'être mère au foyer ou femme sans enfant dévouée à sa carrière du moment que le choix est réel. Donc ceux qui affirment comme Zemmour ou Soral que le féminisme ne se préoccupe pas des questions qui intéressent les classes populaires, c'est qu'ils ne connaissent que les arguments les plus classiques du féminisme et qu'ils ne cherchent pas à s'intéresser aux débats contemporains, à l'état de la recherche. En gros, ils ont peut-être lu un bouquin sur la conquête du vote et sur le refus de la maternité et ils généralisent à partir de là.
    Mais la problématique du viol n'est pas une question importante seulement pour "les bourgeoises", pas plus que l'avortement, l'équité au travail avec les questions de précarité, la garde des enfants, l'accès à l'éducation (qui permettra ensuite de sortir ou non de la pauvreté), la violence conjugale, la connaissance de ses droits (qui permet d'éviter l'exploitation), le droit à l'expression politique pour faire entendre sa voix et ses besoins etc. Non, vraiment, je ne vois pas comment le féminisme en général peut être vu comme un non-allié des femmes issues des milieux populaires. C'est au contraire un militantisme qui se préoccupe de questions essentielles pour ces femmes. Bien sûr qu'il y a des questions moins urgentes pour ces femmes dont s'occupe aussi le féminisme mais cela ne signifie pas que leurs nécessités ne sont pas pris en compte (et à mon sens souvent bien mieux que d'autres mouvements car la pauvreté touche plus violemment les femmes et le féminisme est le courant qui comprend le mieux les conséquences du genre).

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