Mes émotions ne sont pas des boulets qui me lestent #62jours

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« Les émotions, la sensiblerie, c’est bien un truc de gonzesses »… Ou comment chasser sa nature peut aboutir à se clouer sur place (en attendant qu’elle ne revienne au galop).

Mes émotions ne sont pas des boulets qui me lestent #62jours
Clémence veut mettre à profit cet été pour développer 62 réflexions introspectives, dans le but de devenir sa meilleure alliée… et donc une meilleure version d’elle-même. Rendez-vous tous les jours sur #62jours pour devenir meilleure : un exercice de développement personnel en pratique.

Précédemment dans #62jours : Combien de temps peut-on vivre dans le moment présent ?

C’est une idée que je digère depuis plusieurs semaines maintenant. Je sais, depuis que j’ai commencé une (nouvelle) thérapie psy, qu’il me faut arrêter de batailler contre mes émotions.

Oui, mais (pire locution, au passage), c’est vraiment pas facile à faire. Je suis un bordel sans nom lorsque je laisse libre cours à mes émotions. C’est comme si chaque partie de mon corps avait son propre cerveau, et qu’ils étaient tous capricieux.

Les jambes ? Je ne le commande plus, elles perdent toute vitalité. Je passe des heures vautrées dans un canap’. Les mains ? C’est le contraire : impossible de rester tranquilles, faut que je triture un truc, que je tripote mon téléphone. Même quand je regarde une série, je fais un sudoku en même temps.

L’estomac ? Il ne répond plus de rien : lunatique, insatiable, c’est comme si une bête sauvage prenait le contrôle de mon corps.

Ça me fait sourire, quand je repense à l’un de mes premiers billets #62jours : Maître Yoda contre ma Mean Girl intérieure. Si seulement c’était si simple. Trois semaines plus tard, après m’être écoutée, regardée, examinée à la loupe, je me rends compte que c’est plutôt une multitudes de forces contraires qui s’affrontent en moi.

Et comment faire un peu de rangement dans ce capharnaüm ?

Comment écouter mes émotions ?

J’ai déjà commencé ce travail d’écoute et d’acceptation. Avec le doute, d’abord, avatar de mes angoisses légères. La peur, ensuite, qui se nourrit des angoisses plus profondes, plus intenses. La colère, enfin, qui me consume progressivement, et me dévore lorsqu’elle explose.

J’apprends à reconnaître ces émotions, à comprendre ce que leur émergence soulève en moi, à accepter leur présence, et donc à vivre avec.

Mais j’en ai tellement d’autres. Et comment m’en détacher ?

…Faut-il que je m’en détache ?

Mes émotions ne sont pas des boulets

Plus j’avance dans mes réflexions, plus je me dis que c’est sans doute mon postulat de départ qui n’est pas le bon. J’essaie de me détacher de mes émotions, car elles m’amènent beaucoup trop d’instabilité, d’inconfort, de perturbations.

Je les perçois, depuis toujours, comme un handicap, des forces que je subis, des forces négatives. Qui m’a mis cette idée dans la tête ? Environ l’ensemble de la société et de la pop culture, j’imagine. Être émotive ou sensible n’est une qualité que pour les artistes de génie.

Pour nous autres, communs des mortels, « la sensiblerie » est une tare des faibles, donc très souvent des femmes (merci les stéréotypes sexistes).
Forcément, je n’ai jamais perçu mes émotions autrement que par ce filtre de la négativité. Je ne suis pas émotive. Je ne suis pas sensible. Les émotions, c’est pour les faibles. Moi, je suis ra-tion-nelle. Intuitive aussi, mais avant tout : ra-tion-nelle, logique.


Ok la drama queen, respire.

Sauf que non, pas vraiment. Je perdrais pas comme ça le contrôle de ma tête au profit d’un torrent d’émotions si j’étais profondément rationnelle. Je suis intuitive. Parce que je pense avec mes émotions.

Sauf que je ne sais pas comment les contrôler…

Mes émotions et moi : l’heure de la réconciliation ?

C’est vraiment dur, d’essayer d’accepter une chose contre laquelle tu as passé 20 ans à lutter. J’ai même une part de seum non négligeable, qui me vient justement parce que je comprends aujourd’hui que cette lutte était sacrément vaine.

Lutter contre mes émotions, c’est comme nager contre la marée: tu m’étonnes que je finissais toujours par me noyer.

Même quand j’en parlais négativement, j’appelais mes émotions « une force ». C’est donc que j’ai toujours su, au fond de moi, qu’elles n’étaient pas un boulet qui me leste, mais plutôt un potentiel que je ne sais pas exprimer.

Je ne sais toujours pas comment l’exprimer, mais j’apprends, une émotion à la fois. J’apprends à reconnaître et accepter le doute, sans le laisser me déséquilibrer. J’apprends à écouter et défier mes peurs. J’apprends à utiliser ma colère à bon escient (ni contre moi, ni contre les gens qui ne m’ont rien fait/ n’ont rien demandé).

C’est comme si j’avais rangé trois tiroirs dans ma chambre. Il me reste encore beaucoup de travail. Mais je suis sur la bonne voie.

Comment je le sais ? J’ai comme une intuition que j’avance dans le bon sens…


Bring it on, life.

À lire ensuite dans #62jours : Pour aller mieux, travaux pratiques

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Clemence Bodoc

Clémence Bodoc a été jeune cadre dynamique dans une autre vie, avant de rejoindre la Team madmoiZelle. Elle s’intéresse à l’actualité et à l’écologie, aime la politique et les débats de société. Grande fan de sport (mais surtout à la télévision), et de cinéma (mais seulement en VO), son nom de scout est dinde gloussante azurée. Elle ne mord pas mais elle rit très fort.

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Commentaires
  • _s-krey_
    _s-krey_, Le 18 février 2018 à 5h41

    Réflexion sur la haine
    C'est marrant :hesite: pour moi la colère est un sentiment incontrôlable alors que la haine est plus latente .Elle permet une réflexion sur le pourquoi de son existence quand la colère n'est analysable qu'une fois libérée. Comme si la colère était de l’énergie en barre et la haine ton entrepôt de stockage.
    Mais enfin soit ça n'empêche rien à l'idée de la haine qui pourrit et qui détruit de l'intérieur.Il faut juste savoir la remettre en question et ne pas l'oublier risquant qu'elle s'insinue en nous.
    Quand je faisais du basket ou quand je m'investissais dans une nouvelle lubie:vieux:,je traduisais mes émotions en rage et ça me donnait l'adrénaline dont j'avais besoin. Je me rend compte que j'ai énormément plus de mal à me gérer maintenant que j'ai arrêtée le sport et que je ne me passionne pour rien. Je n'ai plus rien pour investir le trop-plein.

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