L’égalité des sexes au pays des Poneys

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Dans « My Little Poney Friendship Is Magic », on peut devenir à peu près n'importe quoi et faire ce qu'on veut, peu importe son sexe et son genre. Et ça c'est COOL.

L’égalité des sexes au pays des Poneys

MLP FIM : si ces sigles mystérieux ne vous sont pas familiers, la simple évocation de Mon Petit Poney doit déjà être plus éloquente.

My Little Pony Friendship is Magic (l’amitié c’est magique, tu les sens tes paillettes et tes petits cœurs ?) est une série d’exception. À la base créée pour vendre une nouvelle ligne de jouets (comme ces bonnes vieilles séries d’une si incroyable qualité, vous savez… Transformers Jem et les hologrammes…), elle a été développée par LA bonne personne : Lauren Faust, qui a travaillé sur les Super Nanas et Foster la maison des amis imaginaires (elle est d’ailleurs mariée avec Craig McCracken, un autre animateur qui a bossé, entre autres, sur Le laboratoire de Dexter).

Résultat, MLP FIM est, sans surprise, une excellente série. Elle est drôle, dispose d’un univers cohérent, de personnages sympathiques et attachants et d’un graphisme séduisant, moderne et dynamique. En plus d’attirer un public adulte tout en étant d’abord destinée aux enfants, elle est également l’objet de culte de milliers de garçons, les bronies, alors qu’elle est clairement destinée aux filles.

Rien qu’avec ça, on peut le dire : merci MLP FIM ! Cette série contribue à faire rentrer dans le chou de certains qu’une bonne série reste une bonne série, peu importe sa dose de « girly ».

La parité des Petits Poneys

Et pourtant, il y a mieux car si on se penche de plus près sur ces Petits Poneys, on se rend compte que cette série est probablement l’une des seules destinée à un jeune public (qui plus est féminin) à mettre une scène une société où règne l’égalité des sexes.

Bon d’accord, c’est aussi une société où des poneys volants sont responsables de la météo et où un tatouage sur le croupion, apparu à la préadolescence, détermine ta fonction dans la société. N’empêche !

Des femmes de pouvoir qui n’ont pas besoin des hommes

Tout d’abord, il n’est absolument pas gênant de voir des femmes occuper des hautes fonctions : on a une maire à Ponyville et la princesse Célestia est un genre de reine/déesse universelle/mentor ultime.

À côté de ça, les « Mane 6 », les six héroïnes ponettes dont on suit les aventures, ne semblent absolument pas intéressé par la romance. Ce n’est pas nécessairement mal de s’intéresser au sexe et/ou aux relations de couples mais, hélas, les héroïnes de programmes et films destinés à la jeunesse sont souvent limitées au seul but de trouver un géniteur potentiel (merci Walt Disney), malgré certaines exceptions marquantes ces dernières années (Mérida, pour n’en citer qu’une). Et puis, ne pas verser dans le romantisme, c’est quand même plus cohérent vu le public ciblé à la base, à savoir : les gosses.

Alors que des séries comme Totally Spies mettent en scène des héroïnes qui nous arrachent férocement les tympans à coup de criaillement bestiaux supposés ponctuer leurs chasses aux « garçoooooons », MLP FIM nous montre qu’on peut très bien remplir ses journées sans chercher l’âme sœur et c’est très bien comme ça. Et puis, entre 5 et 8 ans, beaucoup de mômes se tamponnent le coquillard de tout ça… Non ? Jusqu’à mes douze ans, personnellement, je disais « beurk » quand les gens se « bisouillaient ».

Pas sûr que les enfants se reconnaissent dans cette scène.

Des personnages féminins forts, diversifiés et complexes

Parmi les Mane 6, on a donc Twilight Sparkle, l’intellectuelle curieuse de tout, Pinkie Pie la déjantée survoltée, mais on peut aussi distinguer Rainbow Dash, l’athlète, et Applejack, la fermière, qui sont physiquement très fortes et bien éloignées de la douceur et de la féminité qu’on s’attendrait à trouver chez des Poneys aux longs cils.

Même si Applejack reste assez maternelle, elle a une entreprise à gérer et des responsabilités. Quant à Rainbow Dash, elle bat absolument tout le monde à la course (mâles musclés compris) et n’est intéressée que par ses performances (et ses amies) sans qu’on la présente pour autant comme une jument « masculine ».

Aimer les trucs « girly », ce n’est pas une tare

Mais il faut noter également que deux autres Mane 6, Fluttershy et Rarity, associées toutes deux à des notions très féminines (prendre soin des autres et se faire belle), tirent leurs forces de ces talents.

Fluttershy dompte dragons et esprits du chaos à force de douceur et de compréhension et Rarity se défend toute seule d’une horde de chiens troglodytes accros aux diamants en jouant la princesse.

La plus féminine des ponettes, Rarity, est également la seule parmi ses amies à réellement apprécier les falbalas (oui, les poneys portent des robes de temps à autre dans cet univers). Mais sa passion est loin d’être dénigrée : elle est styliste et consacre sa vie aux vêtements, et est surtout présentée comme une working-woman et une artiste tout à fait capable malgré tout de laisser tomber ses rêves de diamants, de gloire et de haute société pour aider ses amies.

Bref, dans MLP FIM, ce n’est pas un mal d’avoir de l’ambition et d’être carriériste quand on est une fille. Et ce n’est pas non plus mal ou dévalorisant de dévouer sa vie aux autres.

Un poney dans un corps de dragon

Je voudrais aussi m’attarder sur le personnage de Spike, le bébé dragon qui revendique son côté poney dans l’épisode Dragon Quest. Élevé par les poneys, il se demande qui il est et part dans une quête existentielle en suivant une migration de dragons. Après un périlleux voyage, il se retrouve au beau milieu d’une bande de gros lourds atrocement limités du bulbe qui le maltraitent et l’invitent à des concours viriles de rototo et des batailles de queues.

On ne pourrait être plus clair.

Mais malgré les efforts qu’il fait d’abord pour s’intégrer, Spike finit par refuser son côté dragon et assumer qu’il est un poney et aime prendre son thé avec des napperons de dentelle.

Ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas un mâle : il y a des poneys mâles (dont le très séduisant Big MacIntosh — vous avez dit animaux sexy ?). Et ce qui ne veut pas non plus dire qu’il est gay puisqu’il est clairement attiré par Rarity. Non, Spike refuse simplement de se plier à une caricature de virilité : les dragons grossiers et violents.

En bref, MLP FIM est une des meilleures séries animées que j’ai pu voir ces dernières années et probablement une des meilleures séries tout court. En plus de toutes les qualités citées — humour, cohérence, personnages, graphismes — elle transmet également des valeurs véritablement enthousiasmantes et ouvre d’autres perspectives. Dans cet univers, qu’importe son identité, on peut exercer n’importe quelle fonction, qu’elle soit traditionnellement masculine ou féminine et ça, c’est un chouette concept. Si vous n’y avez pas encore jeté un œil, vous ne savez pas ce que vous perdez !

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LadyDandy


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Voici le dernier commentaire
  • GreyA
    GreyA, Le 10 juin 2013 à 14h24

    De mon expérience, le fandom brony n'est pas au-dessus des autres ni de la société en terme d'égalité et de respect des femmes.

    On y retrouve beaucoup de clichés sur le féminisme d'ailleurs (hystérique, extrémiste, inutile, misandre, voulant la suprémacie des femmes), l'égalité (déjà acquise, plus un débat), etc. et un phénomème d'occultation du fandom féminin (en fait, j'ai longtemps hésité à rejoindre des forums bronies car je pensais qu'il ne s'agissait que des hommes à cause des memes et tout), mais ce phénomène reste minoritaire et rarement agressif. Il y a même eu des messages postés pour rappeler que rejeter les femmes et petites filles du fandom pour leur sexe était stupide et indigne de la mentalité prônée par les bronies. :-)

    Voici un exemple du phénomène critiqué par un spectateur.

    Certaines critiques des bronies sont légitimes a priori (pas assez de personnages masculins), mais moins quand on se réfère aux ambitions de Lauren Faust dont j'ai parlé et au paysage télévisuel actuel. Il y a un phénomène d'appropriation de l'univers pour imposer une certaine masculinité qui peut déranger, mais est, une fois encore, souvent critiquée dans la mesure où de nombreux fans sont conscients qu'en affirmant "c'est pas pour les filles" ou autre, les bronies ne font que renforcer les stéréotypes qu'ils prétendent combattre (et font preuve d'une certaine forme de misogynie).

    En général, le sexisme du fandom est lié à un phénomène d'homophobie. Il y a une certaine partie du fandom qui souhaite à tout prix s'affirmer en mâle viril et hétérosexuel et qui finit par rejeter indirectement les homosexuels, bisexuels, efféminés et les femmes parce qu'ils "renforcent les stéréotypes".

    C'est malheureux, mais c'est une réaction à une société qui rejette assez vivement les bronies (qui sont parfois même associés à des pédophiles). Beaucoup se sont prononcés contre l'homophobie et la misogynie latente du fandom.

    Autre phénomène minoritaire : les personnages "garçons manqués" comme Rainbow Dash sont parfois considérés comme extrêmes ou pas crédibles pour des femelles, voire dangereuses pour les petites filles parce qu'elles brouilleraient les différences entre les genres et les sexes.

    Parce qu'au final, chez les bronies, il y a aussi beaucoup de personnes qui sont tout simplement issus de notre société et n'ont pas dépassé certains clichés.

    Mais je pense que le fandom se consolide, s'affirme et peut dépasser les stéréotypes pour devenir plus ouvert. :-)
    Après, très honnêtement, j'ai choisi de ne plus trop trainer avec le fandom (français notamment) car je ne me sentais pas vraiment bienvenue en tant que femme. Il y a aussi eu des affaires assez dérangeantes lors de conventions.

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