J’ai couru 30km et c’est le truc le plus dur que j’ai fait de ma vie

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Clémence a pris le départ des 30km de l’EcoTrail, à Paris, samedi 17 mars 2018. Un parcours du combattant, qu’elle a réussi à boucler dans la douleur et LE FROID.

J’ai couru 30km et c’est le truc le plus dur que j’ai fait de ma vie

En partenariat avec l’UCPA (notre Manifeste)

Je vais pas y arriver.

Je vais pas y arriver, mais j’ai pas le choix, je suis au milieu de nulle part.

J’en peux plus, vraiment, c’est TROP dur, je vais pas y arriver.

Ça, c’était la voix que j’entendais, dans ma tête, au 18ème kilomètre de l’EcoTrail de Paris. Et comme j’étais engagée sur le parcours du 30 km, j’étais à peine plus loin de la moitié du parcours, et ma montre affichait pourtant déjà près de 3 heures de course.

Retour sur la ligne de départ, à Meudon. Il est 9h30 lorsque la pluie se met à tomber, et c’est pas un crachin breton, si vous voyez ce que je veux dire. Ça tombe.

Et là, c’était au début du parcours : il a plu non stop pendant plus de 2h30

Je ne suis pas inquiète pour moi, mais pour les chemins sur lesquels nous allons nous engager, à partir de 10h.

Il faut savoir qu’à 8h30, plus de 2 000 coureurs et coureuses ont pris le départ par vagues successives. Ils nous ont labouré le chemin, déjà bien humide, que la pluie est en train de transformer en piscines de boue.

Lorsque ma vague prend enfin le départ, à 10h30, il nous faut moins d’un kilomètre pour nous trouver englué·es dans de la boue jusqu’aux chevilles.

Ci-dessus, une portion de piste PEU BOUEUSE, et PRATICABLE !!! Je te laisse imaginer le reste du parcours…

Ça a duré pendant des kilomètres. Je n’arrivais pas à courir, je ne savais pas où je posais les pieds, la gadoue m’agrippait les chevilles à chaque pas, l’eau glacée s’infiltrait dans mes chaussures et mes chaussettes, c’était insupportable.

Et la pluie ne s’arrêtait pas. L’état du chemin empirait. Je tentais bien de passer par les côtés, lorsque le terrain le permettait, mais c’était pas vraiment mieux.

Le dernier kilomètre avant le ravitaillement de la colline de Saint Cloud se déroulait à travers des esplanades de gazon, transformées en marécages.

Pourquoi je dis que cette course est l’épreuve la plus dure que j’ai vécue dans ma vie ? C’est même pas juste à cause des conditions météo hostiles…

C’était dur parce que j’étais pas prête, psychologiquement

J’étais pas prête à affronter un terrain aussi impraticable, et pourtant, ça n’aurait pas dû me surprendre.

Le trail, si tu n’as pas suivi mes fabuleuses aventures de #TrailXpérience, c’est de la course nature. C’est-à-dire de la course qui ne se pratique pas sur le bitume, en milieu urbain, pour schématiser grossièrement.

Donc en milieu naturel, figure-toi que le terrain est par essence changeant, en fonction des conditions météo.

Et tu vois, pendant les semaines qui ont précédé l’EcoTrail, j’ai systématiquement refusé les opportunités d’aller faire une sortie de reconnaissance sur le parcours, avec mes coéquipiers. Motif ? La météo était dégueulasse.

Bah ouais, je vais pas aller de mon plein gré, un dimanche matin, courir sous la pluie et dans la boue pendant 20 kilomètres, voyons.

Tssk tssk.

« J’aurais VRAIMENT dû faire des sorties de reconnaissance », se dit cette coureuse désarçonnée par les conditions naturelles hostiles

J’attendais donc que les éléments soient plus cléments pour pouvoir aller faire ma reconnaissance du parcours. La météo ayant été ce qu’elle a été depuis le début de l’année, ma fenêtre idyllique n’a pas eu lieu. Je ne suis donc pas allée tester le parcours.

Il n’allait quand même pas pleuvoir à verse le jour de la course, quand même ! Le 17 mars, ça va, c’est pratiquement le printemps !

La gueule que j’ai faite quand j’ai compris que les éléments, et la gueule du terrain, ça faisait PARTIE du trail…

On va pas se mentir, au 15ème kilomètre, quand je me suis rendu compte que j’étais à peine à la moitié, que j’avais sans doute déjà 3 orteils gelés et que j’allais vraisemblablement passer encore 10 km avec de la boue jusqu’aux chevilles, je me suis demandé si le trail c’était VRAIMENT pour moi, si au fond, je préférais pas les sports d’intérieur CHAUFFÉ.

Comme le ping pong, par exemple. C’est bien, le ping pong.

« MAIS QU’EST-CE QUE JE FAIS LÀ ? HELP »

C’était dur parce que j’étais pas prête, matériellement

Une course de trail ne s’improvise pas comme un 10km en ville : il y a du matériel obligatoire à prévoir.

Je portais une veste de type Gore-tex, coupe vent et imperméable, par-dessus mon maillot de course.

Dans mon sac à dos, (dans un sachet plastique étanche), j’avais aussi un haut technique, à manches longues, contre le froid. Je ne voulais pas partir en le portant sur moi, car s’il pleuvait au départ, il ne faisait pas froid.

J’aurais dit environ 8°C, et c’est ce que la météo prévoyait. Je me disais que j’allais me réchauffer en courant.

Au bout de 3h, j’avais vraiment les doigts gelés — je n’avais pas pris de gants, parce que hé, c’est le printemps, non ?

La fatigue faisant, je me sentais perdre mes moyens. Je me suis dit que le froid, c’était dans ma tête, que c’était mon corps qui n’arrivait pas à se réchauffer parce que toute mon énergie partait dans mes muscles.

Et puis, il s’est mis à neiger, mais à BIEN BIEN BIEN NEIGER. Ce n’était donc pas du tout dans ma tête, et les températures avaient dû chuter drastiquement en l’espace de quelques heures seulement.

15h, l’arrivée est sous la Tour Eiffel qu’on distingue à peine à travers LA BRUME NEIGEUSE : je suis trempée, épuisée, et c’est un rire nerveux de désespoir qui se lit sur mon visage

Impossible d’ouvrir les clips de mon sac, ou ses fermetures éclaires, et d’ajouter le pull que je me réservais : mes doigts étaient gelés, c’est tout juste si j’arrivais à tenir et retirer l’emballage pré-ouvert de mes pâtes de fruits, que je grignotais toutes les demi-heures par bouchées pour continuer à avancer.

J’aurais clairement pu m’éviter de souffrir autant du froid en me renseignant mieux sur les conditions météo.

L’organisation avait pourtant envoyé un email la veille, pour prévenir de la chute de température annoncée.

Je ne sais pas pourquoi, cette information a glissé à travers mon esprit. J’ai totalement sous-estimé les conditions de cette course, et je l’ai payé cher !

À l’arrivée, je claquais des dents, et j’ai mis plus de 2 heures à me réchauffer malgré des vêtements secs passés rapidement, et une douche chaude plus tard.

Car oui, au final : JE SUIS ARRIVÉE !

IL. NEIGE. Samedi 17 mars 2018, 15h30 et quelques: ENFIN, LA DÉLIVRANCE!

C’était dur parce que j’étais pas prête, physiquement…

Je suis arrivée, mais à quel prix ? Je me suis épuisée nerveusement à me débattre dans la boue, à lutter contre ce qui aurait dû être une évidence : je ne vais pas trouver une piste lisse et nickel pendant 30km.

J’ai eu tout le temps de pester contre moi-même pour avoir séché les exercices de proprioception, qui m’auraient été si utiles sur un terrain pareil…

La proprioception, qu'est-ce que c'est ?

La proprioception, c’est, je cite l’expertise UCPA : la perception de la position des différentes parties du corps – une faculté essentielle à la pratique du trail.

Le travail de proprioception consiste à renforcer ses appuis. Vois plutôt l’excellent tutorial vidéo ci-dessous pour te rendre compte que ce travail n’est ni pénible, ni fastidieux.

Il ne requiert que discipline et régularité, et j’ai complètement séché cette partie de la préparation au trail.

L’ai-je amèrement regretté tandis que je me débattais dans 12 cm de boue ? CERTES.

Lorsque j’ai enfin atteint le ravitaillement à 20km, après plus de 3h de course, je me suis dit que j’allais pouvoir commencer à lâcher ma foulée.

Sauf qu’après 20km et 3h d’effort, vraiment, il ne me reste plus grand chose en réserve. Même ma montre m’a lâchée, batterie vidée, et je jalousais l’engin de pouvoir juste s’éteindre à mon poignet.

Moi, j’étais sur les quais de Seine à Issy les Moulineaux, en train de cogner le bitume à chaque pas, en train de me concentrer pour mettre un pied devant l’autre, parce que c’est pas possible d’abandonner si près du but.

Et en même temps, dans la purée de pois qu’était devenu le ciel ce samedi 17 mars à 14h, je ne voyais plus rien.

J’étais frigorifiée et complètement désorientée : j’étais persuadée d’être en train de m’éloigner de la Tour Eiffel, au lieu de courir vers elle.

J’ai crié de colère et de douleur, j’ai fondu en larmes mais ça m’empêchait de respirer alors j’ai arrêté, tout ça en courant toujours au même rythme, environ 6km/h.

J’étais épuisée, à bout de forces physiquement.

La douleur, l’épuisement, le poids des regrets de tous ces jours où je ne suis PAS allée m’entraîner sérieusement lol

…Mais ma tête a pris le relai pour passer la ligne d’arrivée

Je me souviens d’un moment étrange. Comme si j’étais sortie de la course et que je me regardais moi-même, je me demandais :

« Qu’est-ce que tu fais là ? »

C’est vrai ça, qu’est-ce que je fais là ? Si ça me saoule, j’ai qu’à abandonner.

« — Non, je peux pas.

— Pourquoi tu peux pas ?

— Ben je sais pas, je peux pas, c’est tout.

— Bah c’est débile, si tu te fais chier, t’abandonnes, vraiment, la vie est trop courte pour avoir des gelures aux doigts sur les quais de Seine un 17 mars.

— Non mais je veux finir.

— Pourquoi ?

— Parce que j’en suis capable.

— Ah bon ? T’es sûre ?

— Ben non mais y a qu’une seule façon de le savoir.

— Ben ouais. Faut finir.

— Mais si t’y arrives pas ?

— Je vois pas pourquoi j’y arriverai pas, il reste 7km, j’ai déjà couru plein de fois 7km. »

J’ai mis plus d’une heure à parcourir les 7 derniers kilomètres, et j’ai re-fondu en larmes en voyant enfin le 1er étage de la Tour Eiffel percer à travers la brume neigeuse.

ENFIN. LA FIN. EST. PROCHE !!!

Un éclair de lucidité illumine un instant les restes de conscience encore présente derrière ce regard vitreux : pourquoi s’être infligé ça ? Pourquoi la vie ? Pourquoi un tapis jaune ? J’ai froid. Help.

J’ai bouclé le 30km de l’EcoTrail en 4h38

4 heures, 38 minutes et 6 secondes après avoir pris le départ, je franchis enfin la ligne d’arrivée, à quelques mètres du Champ de Mars.

La team madmoiZelle de l’équipe #TrailXpérience est là pour m’encourager sur les derniers mètres, et je pense que je dois leur apparaître un peu chill et hyper blasée : j’ai peu d’émotions parce que mon cerveau vient de changer de canal.

On est passé de « effort constant » à « et maintenant, OPÉRATION CHAUFFAGE » et je ne veux rien faire, rien entendre, rien boire ni manger tant que je n’aurais pas passé des fringues sèches.

J’étais littéralement trempée de la taille aux orteils, mais j’avais gardé la tête au chaud et au sec pendant toute la course, et c’est sans doute ce qui m’a évité l’hypothermie.

Je suis loin d’être la seule à avoir souffert sur ce parcours, si j’en crois l’email envoyé par les organisateurs, suite à l’événement.

Finisher 2018 de l’EcoTrail 30km : j’ai appris la persévérance

Épilogue de ce défi sportif, qui m’a téléportée à une galaxie fort, fort lointaine de ma zone de confort : j’en suis capable.

J’ai passé ma journée de dimanche dans un état de fatigue avancé, constamment tiraillée par une sensation de soif et une sensation de faim.

« Un peu comme une gueule de bois, en fait ? » m’a fait remarquer ma coloc.

Oui, exactement, sauf qu’au lieu de m’être tapé 3 pintes en terrasse, je me suis enfilée 30 bornes dans la boue. La différence, c’est qu’à chaque gueule de bois, je me dis « t’as déconné, plus jamais ça ! » et que dans ce cas précis, j’arrête pas de me dire « vivement la prochaine ».

Ce paradoxe m’a occupé l’esprit pendant une partie de la journée : si j’en ai tant souffert, pourquoi j’ai envie d’y retourner ?

Parce que j’en suis capable. Parce que cette course m’a démontré que j’étais capable de réussir quelque chose dont je me sentais incapable.

Je m’étais persuadée, convaincue d’être incapable, physiquement et psychologiquement, de courir aussi longtemps, sur une si longue distance, a fortiori sur un terrain aussi pourri.

Mais en fait, j’en suis capable. Et je veux continuer pour ne plus jamais, jamais oublier cette leçon : je suis bien plus puissante que je ne m’autorise à le croire.

Pénélope Bagieu me racontait, dans notre entretien pour Sois gentille, dis merci, fais un bisou, que terminer un marathon avait été un déclic pour elle.

Désormais, lorsqu’elle se trouve face à une tâche qu’elle estime insurmontable, elle se rappelle à elle-même : « ouais mais, je suis marathonienne ! » Sa façon de se rappeler qu’elle a la capacité de se surprendre.

J’ai pas encore terminé un marathon, mais j’ai bouclé un trail de 30km, dans des conditions pas faciles-faciles. Et je viens d’écrire « j’ai pas ENCORE terminé un marathon », t’as vu, j’ai déjà changé ma manière de projeter les possibles, et mes capacités.

Rendez-vous l’année prochaine ! (Je prendrai des gants).

Eh ouais mon gars : je l’ai fait. Tu vas faire quoi ? JE SUIS FINISHER de l’EcoTrail Paris 2018, 30km !

#TrailXpérience, qu'est-ce que c'est ?

Pendant un an, l’UCPA va former une joyeuse bande de coureurs du dimanche ou de sportifs ou sportives variées à la pratique du trail. Objectif ? S’aligner au départ du Marathon du Mont Blanc (42 ou 23 km, selon les niveaux).

madmoiZelle est partenaire média de l’opération, on amène 7 recrues dont Clémence, qui tient un journal de bord tout au long de l’année. Spicee réalise une websérie de toute cette belle aventure, qui sera diffusée sur Mont Blanc Médias. Plus d’infos ? C’est là !

Envie de… découvrir le trail ?

L’UCPA propose des séjours accessibles aux débutant·es : pas besoin d’avoir des mollets d’athlète olympique pour s’y essayer !

Motivation, envie d’apprendre et soif de découverte suffisent amplement ! Rendez-vous sur le catalogue des vacances UCPA, sur cette page dédiée aux séjours trail spécial débutant !

Et pour plonger dans l’univers de trail, par les mots de celles et ceux qui le pratiquent, rendez-vous sur le blog We Are UCPA !

Clemence Bodoc

Clémence Bodoc a été jeune cadre dynamique dans une autre vie, avant de rejoindre la Team madmoiZelle. Elle s’intéresse à l’actualité et à l’écologie, aime la politique et les débats de société. Grande fan de sport (mais surtout à la télévision), et de cinéma (mais seulement en VO), son nom de scout est dinde gloussante azurée. Elle ne mord pas mais elle rit très fort.

Tous ses articles

Commentaires
  • Skogsdóttir Langurhár
    Skogsdóttir Langurhár, Le 27 juin 2018 à 12h01

    Super ces articles et surtout MERCI pour les détails techniques.
    Je suis exactement pareil que toi avec la musique, j'ai remarqué que courir avec c'est jouissif ok mais c'est plutôt mauvais pour le rythme, parce qu'on a tendance à naturellement essayer de s'y coller. Alors tout ce qui est pump-it-up, rapide, excitant... le jour où j'ai décidé de mettre des trucs tout doux voire de ne pas en écouter, je me suis rendue compte avoir plus d'endurance !
    Mon record est de 45mn à courir à quasi 100% sur du vallonné, après j'ai un peu lâché le morceau et les portions de courses ont été un peu plus restreintes (faut dire aussi je me suis "paumée" à la tombée de la nuit en forêt, et pour rentrer, les champs n'avaient pas été fauchés et les herbes m'arrivaient à la poitrine, c'est pas très pratique pour courir)

    Je commence à pouvoir courir 30mn de façon régulière et sans m'arrêter (toujours pas sur les routes ni le plat, chez moi c'est 100% nature), bientôt je vais tenter mes premiers dénivelés "sérieux" en attaquant les montagnes au dessus de ma tête, mais en attendant j'essaye de rester régulière:
    - un strict minimum (petit parcours vallonné de 20mn) dans les périodes de fatigue style règles
    - un peu plus et tendance à explorer plus loin / allonger le parcours quand ça va mieux
    Et la régularité m'a fait prendre un petit.... kilo et demi de muscles (je me suis fait la remarque l'autre jour en mettant une p'tite robe que mon cul était vaaachement rond et promis c'est pas les chips).

    Merci pour ces supers articles qui montrent que çaypossible !

    De bons conseils aussi par ici ! https://alpinemag.fr/trail-6-conseils-pour-bien-se-lancer/

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