Les 100€ d’augmentation promis par Emmanuel Macron, c’est pour quand ?

Emmanuel Macron avait annoncé une augmentation de 100€ pour les revenus les plus bas, par une hausse de la prime d'activité. Explications sur les promesses du Président.

Les 100€ d’augmentation promis par Emmanuel Macron, c’est pour quand ?

Mise à jour du 17 décembre 2018 — C’est confirmé : c’est bien la prime d’activité qui va être revalorisée, et c’est par le versement de cette prime que le gouvernement entend donner un coup de pouce aux salaires les plus bas.

Dans un entretien accordé aux Echos, Edouard Philippe, le Premier ministre, a détaillé le dispositif que Muriel Pénicaud, ministre du Travail, avait déjà présenté sur France Inter au lendemain de l’allocution présidentielle du 10 décembre. (Lire ci-dessous).

La prime d’activité augmentée dès février 2019

En résumé :

  • La hausse de 100€ annoncée sera effective dès le 5 février, elle sera versée via la prime d’activité. Qui y a droit, comment l’obtenir ?
  • Le nombre de foyers éligibles à cette prime va augmenter : 55% des salarié·es au SMIC y auront droit, contre 40% actuellement.
  • Le nombre de travailleurs et travailleuses éligibles à cette prime va également augmenter : le plafond au-delà duquel un salarié n’est plus éligible à la prime d’activité passera de 1 379€ à 1 723€.

À qui profite la prime d’activité ?

TOUS les smicards ne bénéficieront pas de l’augmentation promise par Emmanuel Macron lors de son allocution : si tu es au SMIC et que ton ou ta conjointe est bien mieux rémunérée que toi, tu ne toucheras pas la prime d’activité (a priori c’était déjà le cas).

Sur France Inter, l’édito éco de Dominique Seux était ce matin un commentaire des précisions apportées par Edouard Philippe. Et justement, sur ce point :

« 1,2 million de salariés autour du Smic se trouvent dans les 30 % des foyers français les plus aisés. Est-ce aux contribuables d’intervenir ? Il n’y a pas vraiment de raison.

Au total, 5 millions de foyers, c’est considérable, percevront la prime d’activité. »

À écouter ici en intégralité (2min25).

Publié le 11 décembre 2018

Vas-tu gagner plus en janvier ? Qu’est-ce que Macron a promis ?

Emmanuel Macron a annoncé des mesures visant à ce « qu’on puisse vivre mieux de son travail ». Est-ce que ça veut dire gagner plus ? Et qui paie ? Explications.

Lundi 10 décembre, le Président de la République Emmanuel Macron s’est adressé aux Français et Françaises, en réponse aux manifestations menées à travers le pays par les Gilets Jaunes.

Il a annoncé plusieurs mesures, visant à ce « qu’on puisse vivre mieux de son travail ».

Discours de Macron : est-ce que je vais gagner plus en janvier ?

Quelles sont les mesures annoncées susceptibles d’affecter directement l’argent perçu par les salariés et salariées à la fin du mois ? Quand entreront-elles en vigueur ?

Voici ce que le Président a annoncé :

« Je demande au Parlement et au Gouvernement de faire le nécessaire afin que l’on puisse vivre mieux de son travail dès le début d’année prochaine ».

Deux informations sont à retenir de cette phrase :

  • Les annonces d’Emmanuel Macron ne sont pas des décisions, ce sont des projets, des demandes, des annonces, des promesses.

Le Président de la République française n’a pas le pouvoir de décider de mesures économiques et fiscales tout seul.

En France, un de nos principes fondateurs est le consentement à l’impôt : le Pouvoir exécutif ne peut pas créer des charges, des dépenses, sans l’aval des représentants du peuple.

C’est pourquoi le Président « demande au Parlement et au Gouvernement de faire le nécessaire » : un ou une ministre va certainement déposer très rapidement un projet de loi à l’Assemblée Nationale, qui sera vraisemblablement examiné en urgence.

  • La deuxième information à retenir, c’est la volonté du Président de voir ces mesures entrer en vigueur dès janvier 2019.

J’en déduis que la procédure législative va devoir être sérieusement accélérée. Il n’est pas impossible que certaines mesures soient prises par ordonnances, et donc votées et validées par le Parlement a posteriori.

Discours de Macron : le SMIC va-t-il augmenter ?

Emmanuel Macron a effectivement annoncé ceci :

« Le salaire d’un travailleur au SMIC sera augmenté de 100€ par mois dès 2019, sans qu’il n’en coûte un euro de plus pour l’employeur. »

Par quel truchement peut-on augmenter les salaires des smicards et smicardes sans augmenter la charge pour les entreprises ?

Mardi 11 décembre sur France Inter, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a expliqué le dispositif plus clairement.

En résumé : ce n’est pas le SMIC qui est augmenté, c’est la prime d’activité, une aide allouée aux travailleurs et travailleuses qui gagnent entre 500 et 1500€ nets par mois.

Demande ta prime d’activité si tu travailles !

La prime d’activité est un dispositif d’aide qui existe déjà, j’en avais parlé sur madmoiZelle dès sa mise en place, en 2015 : La prime d’activité, qu’est-ce que c’est et qui y a droit ? Fais la simulation !

C’est cette prime qu’Emmanuel Macron compte faire augmenter.

J’ai fait la simulation pour une salariée au SMIC vivant seule sans personne à charge, qui ne touche aucune autre aide (donc pas d’APL par exemple) : le simulateur estime à 158€ par mois le montant de la prime que ce profil peut obtenir.

Avec l’augmentation promise lundi soir par le Président, la simulation passerait à 258€ : 100€ d’augmentation. 

Bien sûr ceci est une estimation réalisée sur la base des annonces faites, rien ne garantit que c’est cette solution, ce montant, ce montage qui sera votée par le Parlement.

Clique sur l’image pour en savoir plus sur la prime d’activité

Discours de Macron : qui paie cette augmentation ?

Ce n’est pas l’employeur qui paie cette prime : c’est l’Etat, donc c’est l’impôt.

Ce qu’annonce Emmanuel Macron lundi soir, ce sont des mesures qu’il veut rapides à mettre en place, et dont les effets seraient immédiats.

De nombreuses petites entreprises ne pourraient pas augmenter les salaires même si elles le voulaient : 100€ d’augmentation de salaire net ne signifient pas 100€ de plus à payer pour l’entreprise !

Selon le niveau de salaire, de charges, le coût est beaucoup plus important.

Forcer une entreprise à augmenter les salaires qu’elle verse à ses employés et employées pourrait la contraindre à licencier, voire à faire faillite.

Une mesure qui fragiliserait nombre de petites et moyennes entreprises ne remplirait donc pas l’objectif de « vivre mieux de son travail », si l’on est amené à le perdre quelques mois plus tard.

Augmenter la prime d’activité permet d’augmenter directement l’argent perçu par toutes les personnes dont les revenus sont compris entre 500 et 1500€ nets par mois.

Clique sur l’image pour accéder au simulateur

Discours de Macron : l’État n’augmente pas le SMIC ?

Si, l’État va augmenter le SMIC… mais comme d’habitude !

L’augmentation est indexée sur l’inflation, le SMIC est légèrement et régulièrement revalorisé pour tenir compte de l’augmentation du coût de la vie.

En janvier 2019, le montant mensuel net du SMIC passe à 1210€ (entre 20 et 30€ d’augmentation).

Si tu bénéficies déjà de la prime d’activité, et que l’annonce de sa hausse promise par Emmanuel Macron est confirmée par le Parlement, ce sont 100€ de plus qui viendraient s’ajouter au montant de la prime que tu touches déjà.

C’est en tout cas ce qu’expliquait Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, en réponse aux questions de Léa Salamé sur France Inter.

Discours de Macron : quand est-ce que les mesures entrent en vigueur ?

Comme je l’expliquais dès le départ : le Président n’a pas le pouvoir de décréter des augmentations d’aides ou de prime, il n’a pas le pouvoir d’exiger des entreprises qu’elles augmentent les salaires ou versent des primes.

Nous sommes en démocratie. C’est donc le Parlement qui a ce pouvoir, et notamment celui de voter, valider des décisions budgétaires, ayant une influence sur le montant de l’impôt, les finances de l’État.

Ce sera donc au Parlement de se prononcer… et très rapidement d’ailleurs si le chef de l’État veut que ses annonces deviennent effectives dès le début de l’année, afin que les salariés et salariées françaises gagnant moins de 1500€ nets par mois perçoivent une différence dès janvier 2019 !

Muriel Pénicaud l’expliquait ce mardi matin sur France Inter : le coût de l’ensemble des mesures annoncées est estimé à 10 milliards d’euros. 

Discours de Macron : vais-je toucher une prime de fin d’année ?

Ça dépend de l’entreprise qui t’emploie. Emmanuel Macron a en effet exprimé ce souhait :

« Je veux qu’une vraie amélioration soit tout de suite perceptible, c’est pourquoi je demanderai à tous les employeurs qui le peuvent de verser une prime de fin d’année à leurs employés.

Et cette prime n’aura à acquitter ni impôts, ni charges. »

Mais il n’a clairement pas le pouvoir d’aller plus loin que cette « demande ».

Donc c’est à ton employeur qu’il faut directement poser la question : va-t-il répondre à l’appel du Président ?

Discours de Macron : quelles autres mesures annoncées ?

Outre l’augmentation de la prime d’activité, voici les autres annonces faites par le Président de la République pendant son allocution :

  • L’annulation de la hausse de CSG pour les retraités et retraitées qui touchent moins de 2000€ par mois
  • La défiscalisation des heures supplémentaires : elles devraient être versées « sans impôts ni charges dès 2019 »

Là encore, ce sont des mesures qui doivent passer par le Parlement pour devenir effectives. À ce stade, ce ne sont donc que des annonces.

Dernier point de l’allocution présidentielle sur le sujet des mesures économiques et fiscales : Emmanuel Macron ne reviendra pas sur la réforme de l’impôt sur la fortune (ISF) mais il a exprimé sa volonté de renforcer la lutte contre l’évasion fiscale.

Revoir l’allocution présidentielle d’Emmanuel Macron

L’intégralité de l’intervention du Président de la République, lundi 10 décembre 2018, est à revoir en intégralité en replay ci-dessous. La synthèse des mesures annoncées à lire sur Le Monde.

À lire aussi : Libérons-nous du « sacro-saint CDI », passons au revenu de base !

Clemence Bodoc

Clémence Bodoc a été jeune cadre dynamique dans une autre vie, avant de rejoindre la Team madmoiZelle. Elle s’intéresse à l’actualité et à l’écologie, aime la politique et les débats de société. Grande fan de sport (mais surtout à la télévision), et de cinéma (mais seulement en VO), son nom de scout est dinde gloussante azurée. Elle ne mord pas mais elle rit très fort.

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Commentaires
  • StellaMars
    StellaMars, Le 20 décembre 2018 à 10h56

    @MissMachine et @LolaEnCiencia on est tout à fait d'accord, je ne fais que vous rapporter les craintes de certains laboratoires d'observation sociale =)

    Il faut toujours faire attention aux épiphénomènes, et de toute façon je crois qu'on est sortis du pic de violence, mais au moment où les chars d'assaut sont sortis pour "défendre la démocratie" (notez que j'ai mis des guillemets hein, les médias n'ont pas du tout rapporté les appels d'Amnesty International qui condamne largement les violences policières sur les dernières semaines ) et tandis qu'une part de la population française s'armait pour "investir l'Elysée" et "décapiter le pouvoir", perso je faisais pas la maligne et j'ai eu peu de foi sur les prochains mois.

    J'ai peu d'avis sur le RIC, la même sorte d'écoute permanente se fait en suisse et le résultat étant la lutte des lobby permanente et une grande manipulation de l'opinion publique. C'est un système qui favorise la participation, mais qui nécessite un investissement et une connaissance des sujets pas toujours simple pour tout le monde. Après, y'a pas de modèle parfait j'imagine =)
    A ce propos cet article hyper intéressant qui évoque le fonctionnement et le compare au (pâle) modèle français : RIC ce que nous enseigne le modèle suisse

    L'homme providentiel n'existe pas, et je suis heureuse qu'on s'accorde tous à le dire sur les dernières années. Je suis toujours agacée quand on fustige un mandat présidentiel en accablant le président, car on oublie toute la logistique derrière (ex. Hollande) et tout ce qui fait loi sans qu'on le voit.

    Sur le principe, c'est plus de démocratie qui est souhaitée (comment, on le verra vite), mais les modalités pour l'obtenir ont largement fait risquer une prise de pouvoir justement un peu borderline (coucou la récupération du front national), sans l'assentiment général certes, mais tout de même.

    J'ai adoré les reportages en immersion qui ont montré un point super important : des personnes précarisées qui n'avaient autrefois que leur télé à qui parler se sont réinvesties socialement et portent leurs opinions avec force. Ma mère en fait partie, et même si je ne suis pas toujours d'accord avec ce qu'elle me partage (elle est un peu théorie du complot sur les bords, c'est parfois fatiguant), je suis hyper heureuse et émue qu'elle fasse de nouveau entendre sa voix. Parce qu'après 12ans de profonde dépression, je ne l'avais pas entendue depuis longtemps.

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