La différence entre les araignées et les mouettes

On ne peut pas aimer tous les animaux. On essaie, on se donne à fond, et puis non… Des fois ça passe juste pas. Histoire d’une haine sans aucun doute réciproque.

La différence entre les araignées et les mouettes

Oui, je sais ce que vous allez dire. « Et allez, encore un article sur les animaux, entre les écureuils et son perroquet bizarre, là, elle a définitivement craqué sa culotte ». Ce à quoi je vous répondrai que, d’une, je ne peux pas craquer ma culotte parce que je lis madmoiZelle et que je n’ai pas de culotte. Et de deux, que l’optique cette fois-ci est un peu différente. Enfin. Il me semble. Je sais plus.

Aujourd’hui, j’ai décidé de verser un peu plus dans l’intime, et de partager avec vous ce qui correspond chez moi à deux sources de profond déplaisir. Et il se trouve que lesdites sources de profond déplaisir font partie du règne animalier.

Bon, alors, bien sûr, si on allait fouiller dans la salle sombre de mon cervelet où sont répertoriées toutes mes sources de déplaisir (profond), on en trouverait d’autres, qui s’éloignent un peu de ce domaine que vous pourriez trouver redondant chez moi. Comme les oranges, les yorkshires, les gens qui crachent, les courgettes bouillies et les aubergines, les gamins qui me regardent fixement, le vent, les sushis en plastique, le wifi qui déconne, le… Et j’en passe et des meilleures – mais comme vous pouvez le constater, ça prendrait un peu de temps de dépoussiérer tout ça.

Sachons rester simples. Je vais vous parler des araignées et des mouettes.

Oui, madame, il y a un rapport : je ne les aime pas et elles me le rendent bien.

« J’aime l’araignée et j’aime l’ortie, parce qu’on les hait »

Il y a tout de même une nuance à observer, puisqu’il s’agit, de l’araignée à la mouette, de deux types de haines bien distincts. Et nous commencerons par cette araignée si chère, semblerait-il, à ce pseudo-marginal qu’est Victor Hugo. Ah ça, pour la licence poétique, il y a du monde, mais est-ce qu’il a envisagé deux secondes de se blottir dans un lit d’orties avec une petite douzaine de tarentules comme doudou ?

L’araignée, personne ne peut se la voir, ou alors pas de trop près. À part peut-être une dizaine d’originaux qui peuvent vraiment affirmer trouver ça tout doux et trop choupi-mignon-pipou. Et encore, une dizaine… Même l’individu vexant qui va glousser parce qu’un petit cri aigu vous a échappé à la vue de la charmante bestiole squattant, au hasard, l’un de vos murs, il va peut-être faire le malin, mais est-ce qu’il va aller lui déposer un bisou délicat sur ses petits poils dégueulasses ? Non, madame.

Ceci est un chaton mignon, parce que je refuse de chercher des photos d’araignées. Voilà.

Mon aversion pour les araignées, c’est cette même haine qui va de soi vis-à-vis de tout quidam non invité et un peu sale qui s’introduit chez moi. Et alors si ledit quidam se roule dans mes draps ou se colle à mon plafond en attendant que j’arrive pour se casser la gueule, je vous dis pas la crise. (Spiderman, dégage.)

Mon aversion pour les araignées, c’est le simple dégoût, qui mène à la panique dès que cette catin bouge sans prévenir, qui mène à l’absurdité lorsque je grimpe sur le premier truc venu avec une agilité que je ne me connaissais pas, et qui mène à la frustration intense de devoir rester sur cette chaise parce que la chose velue en bas ne veut pas partir. Et qu’à tous les coups, elle est en train de me chercher.

Mon aversion pour les araignées, c’est l’indignation que toute personne normalement constituée ressent face à un squatteur. Non, je n’ai pas peur du haut de ma chaise, JE SUIS INDIGNÉE, okay ?

« HihihiââÂÂÂR » ou : la mouette

C’est bon, vous êtes convaincu-e-s ? Parfait. Passons aux mouettes.

Ah ! les mouettes. Verlaine disait un truc sur la mouette, il me semble, mais c’est probablement encore une licence poétique issue d’une boîte crânienne dont le cuir chevelu ne s’est jamais pris de guano, alors nous ferons sans lui. Mais qu’ai-je donc contre les mouettes, puisque celles-ci n’ont pas plus de deux pattes et ne sont même pas velues ? (Manquerait plus que ça, tiens.)

Les mouettes ne m’inspirent pas du dégoût, ni ne squattent mes murs. D’ailleurs, si elles essayaient, j’aurais moins peur — je veux dire, je serais moins indignée — à l’idée de me lancer dans une lutte sauvage au balai-brosse. Parce que cette ordure, hein, elle ne peut pas se planquer dans les rideaux, te laissant angoisser toute la nuit, y est-elle, n’y est-elle pas, falalala…

Vazy kessta tu veux ma photo ?

Si je devais me auto-psychanalyser à ce sujet, car ce n’est pas du tout ce que je suis en train de faire, je citerais deux références culturelles ayant marqué ma jeunesse :

  • le film à peine glauque et sans espoir d’Hitchcock, Les Oiseaux, avec des oiseaux agissant, ma foi, comme à leur habitude, parce que les oiseaux, c’est bien connu, sont des psychopathes qui volent, et pas nous, et qui nous en veulent
  • la mouette rieuse totalement frappée de Gaston Lagaffe qui a fait de mon enfance un perpétuel tremblement nerveux réprimé.

Deux références qui soulignent de manière assez subtile (non) les caractéristiques navrantes des mouettes. D’une, elles sont parées d’un bec un peu surfait pour ce qui est de choper du poisson, et un peu plus adapté à l’ouverture d’une boîte de conserve, voire d’une boîte crânienne (je passerai sur leurs petits yeux vicieux, parce que même le moineau joli regarde ta miche de pain comme ça). De deux, elles n’ont jamais mué.

La Bête.

Le cri de la mouette ! Cette espèce de menace sourde et stridente à la fois qui, à la manière des Langoliers, commence par un brouhaha de cris hystériques à peine distinct — et pourtant, je l’entends ! — pour se rapprocher… lentement… et finalement… TE PÉTER LES ESGOURDES alors tu essayais de dormir au soleil.

Et en plus, qu’est-ce qu’il est débile, ce cri. Et vexant à la fois. Hiark, hiark, eurk, eurk, iiik, iiik, et piapiapia. Et que je me fiche de ta trogne, et que je vais venir te crever un oeil, ou deux, et que je me soulage l’intestin sur toi quand je veux…

Mon aversion pour les mouettes, c’est une sorte de pétage de plomb continuel auquel s’associe, je ne sais pourquoi, la nécessité d’un balai pour aller tataner leurs sales tronches. Et tiens ! Et tiens ! Ah tu rigoles moins, hein ! Sale bête, prends-toi ça dans la glotte, ça va te passer l’envie de brailler ! Ahaha, ce soir, MOUETTE À LA BROCHE !

Je me calme. Je vais bien.

Et la prochaine fois, je viendrai vous parler de ma curiosité à l’égard de la consultation chez un psy, et comment ma crainte de finir en train de brailler debout sur le sofa et un balai à la main m’empêche de l’assouvir.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Aesma
    Aesma, Le 13 février 2014 à 20h00

    J'aime, que dis-je ? J'adore les araignées !

    Et ce pour une raison évidente : elles font parties des prédateurs de l'ennemi public n°1 j'ai nommé *roulement de tambour* EL MOSQUITO ! C'est donc avec une joie immense que je laisse les araignées gambader sur mon plafond car je les imagine boulotter ce microscopique mais ô combien insupportable suppôt de Satan.

    Je suis particulièrement outrée quand un sauvage se permet de réduire en bouillie l'une de ses pauvres créatures :'( Pourquoi tant de haine ? Vous avez peur de quoi ? Qu'elles vous pondent des oeufs dans la tête ?! Ces charmantes créatures préfèrent se faire un pique-nique sandwich au mouche & pâté de moustique que venir galoper sur vos orteils. ALORS QUE LE MOUSTIQUE LUI SE SENT OBLIGÉ DE VOLER À DEUX CENTIMÈTRES DE TES OREILLES ET T'INJECTERAS UN POISON QUI GRATTE POUR TE POMPER DU SANG. MEC, SI TU VEUX MON SANG, FAIS TOI PLAIZ' MAIS LAISSE MOI DORMIR !

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