Les cerveaux hommes-femmes : différents ? Catherine Vidal répond pour Le Monde

Pondu par Sophie-Pierre Pernaut le 28 mai 2013     

La question des soi-disant différences entre le cerveau des hommes et ceux des femmes fait débat. La neurobiologiste Catherine Vidal a répondu clairement au Monde.

Peut-on deviner, en étudiant un cerveau, au représentant de quelle identité sexuelle il appartient ? Notre cerveau nous détermine-t-il ? Et plus largement, est-ce la nature seule ou la culture (et à quel point) qui nous donnent le sentiment d’appartenance à un genre ?

Pour Le Monde, Lucie Soullier a interviewé Catherine Vidal, neurobioligiste et directrice de Recherche à l’institut Pasteur. Elle a étudié la plasticité du cerveau et répond à toutes les questions de la journaliste à ce sujet, avec beaucoup de pédagogie. Développement cérébral, mais aussi existence ou pas de différences entre les cerveaux selon les sexes, existe-t-il une sorte de « déterminisme génétique et hormonal » et si oui, peut-on le contrer ou y sommes-nous complètement soumis-es ? Une interview des plus éclairantes sur un sujet qui passionne de nombreux chercheurs et chercheuses. Extrait :

« Des connexions s’établissent-elles de façon différente dans nos cerveaux en fonction de l’éducation plus ou moins « genrée » que l’on reçoit ? 

Tout influence nos cerveaux. Donc tout apprentissage va entraîner des modifications dans les connexions cérébrales. Mais attention, ce n’est pas parce que, petit, on a été élevé dans des normes sociales, avec des critères masculins et féminins, que l’on va adopter ces normes en grandissant. Le plus important à retenir dans cette plasticité cérébrale est que rien n’est jamais figé à tout jamais dans nos neurones. »

L’interview est à lire dans son intégralité sur Le Monde.fr !

Ça vous a plu ? Partagez !

46 BIG UP
 

Cet article a été pondu par Sophie-Pierre Pernaut - Tous ses articles

Sophie-Pierre Pernaut (dite SPP, dite Sophie) écrit pour madmoiZelle depuis l'an 2011. Elle s'est donnée pour mission de vous informer, de vous divertir et d'éventuellement vous faire rigoler avec son humour somme toute assez crétin. Elle aime la tartiflette et les chèques en blanc.

Plus de Sophie-Pierre Pernaut sur le web :

Tous les articles Actu, Actu dans le Monde, Actu en France et aussi Culture
Les autres papiers parlant de ,

Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

Tu dois être inscrite pour lire l'intégralité des réactions ou commenter !
Identifie-toi ou clique ici pour t'inscrire, c'est gratuit !

  1. Sophie-Pierre PernautSophie-Pierre Pernaut

    Le 28 mai 2013 à 12:12

    Ce sujet est dédié aux réactions concernant cette actu : Les cerveaux hommes-femmes : différents ? Catherine Vidal répond pour Le Monde.

    Merci d'utiliser ce post pour publier vos commentaires et vos avis
  2. PoppyliciousPoppylicious

    Le 28 mai 2013 à 12:50

    Le sentiment d'appartenance peut-être ? Plutôt qu'appartement :innocent:
  3. MymyMymy

    Le 28 mai 2013 à 12:56

    Posté par poppylicious
    Le sentiment d'appartenance peut-être ? Plutôt qu'appartement :innocent:
    :yawn: C'est corrigé, merci !
  4. M-arinetteM-arinette

    Le 28 mai 2013 à 13:25

    Une fois de plus, sur ce genre d'article, les commentaires abondent pour crier au scandale et s'écrier qu'il y a des oublis ou des erreurs dans ce que la neurobiologiste dit, qu'elle essaie avant tout de faire passer une théorie subjective féministe qui n'a pas de base scientifique solide. J'ai remarqué que ce genre de commentaires apparaissent surtout sous les interviews de Catherine Vidal, et que (curieusement?), la majorité de ces commentaires semblent écrits par des hommes (je me fie pour cela aux noms, on a par exemple ici des 'Emilio', des 'Jean-Baptiste', des 'Axel', 'Langelot', 'Charles-Hubert' and co…).

    Or, tous ces commentaires me dérangent. Car ce que dit Catherine Vidal me semble parfaitement cohérent et juste, mais moi je ne suis pas neurologue, et que la réminiscence de commentaires s'insurgeant contre elle  me perturbent. Cette femme est quand même directrice de recherche à l'institut Pasteur et neurobioliste reconnue… Serait-il possible que tous les commentaires dénigrant ces connaissances (quelqu'un dans les commentaires parle de preuves "pseudo-scientifiques", un autre dit qu'elle est "Un scientifique reconnu dans un domaine se déclare expert dans un domaine voisin", qu'elle nie l'importance des gènes, c'est dire le crédit qu'on lui accorde…) soient fondés? Ou bien est-là le retour de flamme des mysogynes qui ne supportent pas d'entendre une vérité qui les dérange appuyée par les découvertes de la science, et se lancent eux-même sur de grandes tirades en se prenant pour les chantres de l'explication de l'influence biologique?

    Je pose la question parce que la quantité de commentaires allant à l'inverse de ce que Catherine Vidal dit est quand même flagrante… Pour ne pas dire écrasante! Qu'en penser??? :confused: Quelqu'un a-t-il des pistes de réponses???
  5. M-arinetteM-arinette

    Le 28 mai 2013 à 13:59

    Posté par leopoldine-4
    Il ne faut pas tenir compte des auteurs des commentaires qui souvent ne sont eux-mêmes pas neurobiologistes ni même dans le corps de la recherche et de la médecine ;) (…)
    J'avais lu un article de modérateur de commentaire de journaux en ligne qui disait que ces groupes d'extrémistes avaient même une sorte de veille pour ce genre d'articles et qu'ils allaient massivement poster des commentaires pour le dénigrer :)
    Il est clair que le discours de Catherine Vidal me semble de meilleure facture que ceux des commentaires!! ^^

    C'est l'ampleur des réponses et le dénigrement systématiques qui m'ont fait me poser ces questions. Face à de telles réactions je me disais: soit Catherine Vidal a réellement tort, soit c'est un lynchage via commentaires… Je reste toujours coite face au déferlement de mépris que certains sujets touchant au féminisme peuvent provoquer!
  6. William ShakespeareWilliam Shakespeare

    Le 28 mai 2013 à 14:17

    Posté par elynor
    Et donc ils ont plus ou moins prouvé que quand on a un taux de testostérone élevés avant la naissance (les garçons en ont 2 fois plus que les filles) cela indique qu'on a plus de chance d'avoir une préférence les "métiers de garçons" ( mécanique, construction, logique & cie) et inversement pour les filles qui préfèrent les métiers où on s'occupe des autres, l'altérité est une valeur, il y a beaucoup d'empathie, une volonté de se protéger face au danger…  parce que selon une scientifique anglaise spécialiste de l'évolution si nous avons survécu à la sélection naturelle c'est parce que les femmes sont génétiquement prédisposées à avoir des enfants et à les protéger.
    Eh bien dis-donc, c'est officiel, je ne suis pas une femme ! Parce qu'aider les autres je n'en ai rien à carrer, et je ne centrerai certainement pas ma carrière là-dessus. J'ai besoin d'un métier qui me passionne, et où je peux m'affirmer. S'occuper de sales gosses, des malades ou des personnes âgées, très peu pour moi.
    Mes gènes doivent vraiment déconner parce que je ne souhaite pas avoir des enfants, car je déteste les enfants.
    Par contre, mon copain adore s'occuper des autres, et adore les enfants. Nous avons dû échanger nos taux de testostérone et d'oestrogène, apparemment.

    Clairement, ce genre d'études pour moi, c'est n'importe quoi. (Naturellement mon animosité est dirigée contre les "scientifiques" qui pondent ce genre d'âneries, et nullement contre toi :))

    Sinon Catherine Vidal, je t':coeur:
  7. greyAgreyA

    Le 28 mai 2013 à 15:11

    Posté par elynor
    Donc en gros y a pas de différence entre les cerveaux mais le rôle des hormones et la socialisation joue un role dans les choix de vie.

    Il y avait un documentaire intéressant où dans un des  pays les plus égalitaires on remarquait qu'il y avait peu  de femmes ingénieurs et a contrario peu d'hommes infirmiers. Et ils comparaient ça avec des pays pauvres où beaucoup de filles étaient inscrites pour devenir ingénieurs.

    L'explication était que les femmes des pays pauvres essayaient d'exercer des métiers d'homme pour s'élever dans la hiérarchiser alors que quand on vit dans un pays égalitaire, les femmes peuvent choisir librement sans être influencées par leurs carrières et donc la plupart choisissez des métiers "féminin" parce que c'est un métier où elles peuvent s'épanouir.

    Et donc ils ont plus ou moins prouvé que quand on a un taux de testostérone élevés avant la naissance (les garçons en ont 2 fois plus que les filles) cela indique qu'on a plus de chance d'avoir une préférence les "métiers de garçons" ( mécanique, construction, logique & cie) et inversement pour les filles qui préfèrent les métiers où on s'occupe des autres, l'altérité est une valeur, il y a beaucoup d'empathie, une volonté de se protéger face au danger…  parce que selon une scientifique anglaise spécialiste de l'évolution si nous avons survécu à la sélection naturelle c'est parce que les femmes sont génétiquement prédisposées à avoir des enfants et à les protéger.

    Après on adhère ou pas mais je vous recommande ce documentaire gender equality paradox qui a mon sens est intéressant car il interroge des scientifiques de différentes nationalités ainsi que des psychologues et on compare tous les points de vue.

    (Par contre c'est sous-titré en anglais mais vous pouvez par la même occasion améliorer votre norvégien :yawn:  )
    Il y a un article intéressant à ce sujet (qui reprend aussi la notion de race et le fait que les notions de races et de genres sont avant tout des classes sociales).

    Je rajoute que si l'égalité légale est presque parfaite dans un système, les individus ne sont pas pour autant libres de toute influence culturelle).
  8. ClodwigaClodwiga

    Le 28 mai 2013 à 15:31

    Je vais tenter d'apporter quelques éléments d'ethnologie sur le sujet, qui, dans le cadre de l'école culturaliste, complètent beaucoup l'immense plasticité du corps que permet d'appréhender la neurobiologie.

    Souvent, dans cette  dialectique nature/culture de la construction du genre, j'ai l'impression que le problème est pris à l'envers (dans quel mesure notre corps influence-t-il notre personnalité?…), alors que l'observation de la variété des culture, appuyé par des analyses biologiques devrait plutôt nous faire poser la question : dans quelle mesure notre culture influence-t-elle notre corps ?

    Il faut en effet savoir que même au niveau de nos perceptions les plus élémentaires, nous sommes en toute chose influencés par notre environnement culturel : connaissez-vous le gout umami par exemple ? sorte de sensation ronde mais peu goûteuse qu'on retrouve beaucoup dans la cuisine japonaise ou coréenne. Comme l'Europe n'y est pas habituée, elle ne connaît pas, et ne donne pas de nom à ce gout. On pourrait également rappeler les très nombreux mots pour désigner les différentes nuances de blanc dans la langue inuit.

    Ainsi, si même au niveau des perception, des populations en contexte de vie de de culture différentes n'appréhende pas le monde de la même façon, comment pourrait-il en être différent concernant la construction du genre ?

    Dès les années 1920, les culturalistes américains, principalement les ethnologues Margareth Mead et Ruth Benedict ont mis en avant, au travers d'observations de diverses populations de Mélanésie, de Polynésie et d'Amérique du Nord la variabilité des comportements associés aux valeurs de "masculinité" et des "féminité", mettant en évidence que les schémas binaires de comportements étaient essentiellement construits. En effet, la différence entre homme et femmes est toujours marquée, mais rarement de la même façon.

    Il est également important de noter que le conditionnement culturel agit sur l'esprit de façon parfois spectaculaire (proche de l'effet placebo/nocebo). Marcel Mauss avait ainsi mis en évidence l'effet réel des envoûtements et de la sorcellerie: les personnes observées en Indonésie, persuadées d'être envoûtées, mais présentant un état de santé parfait, mourraient pourtant peu de jours après. On retrouve le même phénomènes dans de nombreux rituels magico-religieux ou médicaux dans les sociétés traditionnelles (comme dans les phénomènes de transe).
    Il n'y a donc rien de particulièrement choquant, concernant la question du genre que les personnes aient fondamentalement incorporé (ou non) le fait de se sentir homme ou femme selon la définition de ces notions dans leur société.

Tu dois être inscrite pour lire l'intégralité des réactions ou commenter !
Identifie-toi ou clique ici pour t'inscrire, c'est gratuit !