Biutiful, le classique méconnu de la semaine pour briller en société

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En 2010, Alejandro González Iñárritu délaissait le film choral pour s'essayer au drame intimiste avec Biutiful. Kalindi consacre un « classique de la semaine » à cette fiction âpre, essentielle dans la filmographie de son créateur.

Biutiful, le classique méconnu de la semaine pour briller en société

En 2016, The Revenant séduisait la critique et menait ENFIN ce bon vieux Léo jusqu’à l’obtention de sa statuette dorée.

Alejandro González Iñárritu, de son côté, recevait l’Oscar du meilleur réalisateur pour Birdman.

Comme toutes les œuvres à succès, The Revenant a bien sûr été critiquée, maltraitée et parfois même moquée.

Pour ma part, j’ai pris une leçon de cinéma plutôt complète. Plus qu’un survival movie, The Revenant est un exercice de style maîtrisé et finalement humaniste.

Mais ce film a éclipsé tous les autres, faisant un peu oublier le talent d’Iñarritu, pourtant brillant cinéaste !

J’ai par exemple aimé Amours Chiennes et Babel passionnément — plus que The Revenant.

Quelques années après la sortie de ces deux films devenus cultes, Iñárritu se lançait dans un drame social ambitieux et risqué, qui n’a pas connu un succès rayonnant.

Il est temps de lui rendre ses lettres de noblesse, en lui accordant toute mon attention.

Biutiful, de quoi ça parle ?

Uxbal, le père de deux enfants prénommés Mateo et Ana, est au bord du gouffre.

En chute libre, il sent la mort lui tourner autour.

Il vivote de l’organisation de trafics liés à l’économie souterraine de la ville et emploie des immigrés clandestins, principalement d’origine chinoise ou sénégalaise.

Mais Uxbal a une activité parallèle. Il est voyant, et communique avec les gens qui viennent de décéder, pour les aider à passer « de l’autre côté ».

Marambra, son ancienne compagne et mère de ses enfants, est bipolaire et a perdu la garde de ses enfants. Mais Uxbal est bien décidé à renouer avec elle après qu’une de ses proches lui a prédit une mort imminente.

Il apprend en effet être atteint d’un cancer de la prostate, qui ne lui laisse pas beaucoup de chance de survie. Quelques mois, pour être précise.

Son objectif pour ces derniers moments de vie ? Accroître ses activités illégales de manière à pouvoir assurer un « futur » à ses gosses.

Voilà voilà, on est sur de la grosse joie quoi.

Biutiful et son acteur principal récompensé

Présenté en compétition officielle du festival de Cannes en 2010, Biutiful a su se faire remarquer.

Enfin surtout son rôle-titre, en la personne de Javier Bardem.

Il y livre une prestation bluffante tant elle est rude, âpre et dramatique. Javier Bardem a pour elle été récompensé d’un Prix d’interprétation masculine.

Il a également été nommé aux Oscars mais en est reparti bredouille.

La paternité, au coeur de Biutiful

Dans un dossier de presse distribué aux journalistes lors de la sortie du film, le cinéaste se confie sur sa vision de la figure paternelle :

« La peur de perdre son père, de devenir père, et ce moment précis où vous commencez à devenir votre père et où vos enfants deviennent vous. »

Le thème central de son film m’a bouleversée.

Le personnage d’Uxbal a tout de détestable, a priori. Pourtant, quelque chose dans sa détresse, dans sa volonté de protéger sa progéniture, le rend touchant.

Il y a un peu de mon père, chez lui. Ce qui fait probablement de Biutiful l’un des films qui m’a le plus retournée.

Si tu as l’âme plutôt sensible, passe ton chemin. Biutiful est dur, presque trop…

Javier Bardem, dès le début

Dans l’esprit du réalisateur, tout était très clair depuis le départ.

Uxbal serait campé par Javier Bardem et personne d’autre.

Pourtant Alejandro n’avait jamais collaboré avec l’acteur. Jamais ! C’était donc un risque à prendre, et pas des moindres.

Toutefois, le créateur de Babel s’est lancé dans l’aventure à corps perdu avec son poulain. Et le résultat le ravit :

« Personne d’autre n’aurait pu apporter au personnage ce qu’il lui a donné. Je n’aurais pas pu faire ce film sans lui, parce que pour moi, lui seul était Uxbal. 

Avec Javier, c’était comme réunir l’Ogre et l’Affamé… et chacun de nous voulait être satisfait. »

En tout cas, à l’écran c’est une évidence : Javier est Uxbal !

Iñárritu, des airs de Dostoïevski

Comme Dostoïevski, Iñárritu est du côté des opprimés. Proche d’eux, au plus près de la marginalité, il capture des morceaux de vie bruts.

Il fait la lumière sur ceux qu’on oublie, qu’on ne regarde pas. Il compatit, souffre avec eux.

Comme l’auteur russe, il défend le veuf et l’orphelin, avec une fureur proche de l’ivresse. C’est dingue, et ça fout des claques !

Biutiful, parfait dans la forme

Son exercice de style, Iñárritu le maitrise.

Son film est précis, malgré ses airs un peu fous, un peu flous.

Les scènes se font écho les unes les autres, la scène finale est en fait la scène d’introduction, les plans s’enchaînent comme des coups de vent, à la manière de la tempête qui s’abat sur la vie d’Uxbal.

Bref, dans Biutiful rien n’est laissé au hasard. Je l’ai vu, vu, vu, et revu. Pourtant, je suis toujours aussi bluffée.

Je t’encourage à essayer Biutiful. Il est brutal, triste et un peu amer.

Mais c’est l’une des pièces maitresses de la filmographie (vivier à chefs-d’oeuvres) du réalisateur.

Ose Biutiful.

Même si tu ne l’aimes pas, je pense qu’il provoquera en toi quelque chose de fort. Dégoût ou admiration, le principal, c’est d’émouvoir.

Voilà ma bonne dame, c’est tout pour aujourd’hui. Je te souhaite de passer le meilleur des dimanches, et une belle vie en générale, loin j’espère de celle d’Uxbal !

À lire aussi : Transformers 5, le chef-d’œuvre cinématographique de la semaine pour briller en société

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