J’ai testé pour vous… être assistante de langue à l’étranger

Anne-Cécile est une jeune française expatriée en Espagne pour y être assistante de langue. Elle nous raconte son quotidien et les quelques difficultés rencontrées pendant son aventure !

J’ai testé pour vous… être assistante de langue à l’étranger

Vous avez envie de passer une année à l’étranger mais vous ne savez pas quoi faire de vos petites mimines pendant ce temps? Vous avez entendu parler du poste d’assistant de langues et vous ne savez pas du tout à quoi vous attendre ? Vous venez de vous engager dans cette mission et vous voulez connaître l’envers du décor ?

Laissez-moi donc vous éclairer chers amis !

Cela va faire plusieurs années que le CIÉP (Centre International d’Études Pédagogiques) propose aux étudiants français de partir à l’étranger en tant qu’assistant de langues, mais concrètement il faut faire quoi pour pouvoir accéder à ce poste ? Rien de bien compliqué cher ami, puisque moi j’y suis :

  • Être étudiant(e) de nationalité française
  • Avoir entre 20 et 30 ans
  • Avoir une bonne connaissance de la langue du pays d’accueil

Si tu remplis tous ces critères, alors l’assistanat n’attend que toi !

Plus de 2500 postes sont à pourvoir dans plus de vingt destinations différentes : de l’Allemagne aux États-Unis en passant par l’Espagne, avec même la possibilité de partir dans des pays plus exotiques comme Taiwan, l’Amérique Latine ou encore l’Australie…

Oui oui, c’est bien beau tout ça mais concrètement, ton boulot, il consiste en quoi ?

Les étapes à suivre

Je me présente donc, Moi, petite assistante dans la fleur de l’âge, vieille d’à peine une vingtaine d’années, débarquant en Espagne dans la province des Asturies.

Mais ton périple en tant qu’assistant(e) débute bien avant ton arrivée dans ta destination finale ! Après que ton dossier a été complété et accepté par la commission du CIÉP, tu auras la chance d’assister, au début du mois de septembre, à une petite réunion d’information t’enseignant « plus ou moins » comment te débrouiller avec la paperasse administrative et comment préparer tes cours (partie malheureusement trop succincte).

Et te voilà, après tout ce parcours du combattant, arrivé(e) en terre inconnue, toi, assistant(e) de français ! Bien évidemment, tu t’y es pris un peu à l’avance (en tout cas, je te le conseille vivement), tu as trouvé un magnifique appartement (ô douce galère…) et te voilà prêt(e) à affronter les horribles morveux.

Choc des cultures et petits monstres

Combien d’heures de travail par semaine ? Douze ! Mais rassure-toi, cela te suffira à être épuisé(e) par ces terribles gosses qui veulent ta peau. Je ne sais pas si c’est l’impression générale, mais en tout cas les élèves espagnols sont les créatures les plus bruyantes que j’aie vues de toute ma courte vie. Ô doux choc des cultures : ici les élèves appellent les professeurs par leurs prénoms, les tutoient, et ne se gênent pas pour leur emprunter de l’argent ou les chahuter un peu… Ça ne m’étonne même plus de voir un élève étreindre un professeur pour son anniversaire (essayez d’imaginer cela en France !). C’est intéressant de voir comment fonctionnent les relations professeurs/élèves selon les pays, et en Espagne la différence avec nos habitudes aseptisées et polies est frappante. Mais finalement, on en vient à regretter cette barrière élève/professeur car, s’ils se permettent tellement de choses avec les titulaires, ce n’est pas avec vous, pauvres petits assistants, qu’ils vont commencer à se comporter de manière exemplaire !

Concrètement, sur le papier, ton travail c’est de faire découvrir ta culture, d’ouvrir les portes du savoir à ces petits êtres et de les convaincre que le français, c’est cool ! Et comment tu t’y prends ? C’est là que ton travail se complique. Tu as des professeurs qui ne vont pas du tout te laisser le choix, et tu devras faire des exercices ô combien passionnants sur le participe passé, le subjonctif présent et les pronoms relatifs… Et lorsque tu as plus de liberté, ça se complique encore plus : tu te mets dans tous tes états et tu te demandes ce que tu vas bien pouvoir trouver comme thème ou activité ludique pour intéresser ces petits monstres.

Arme-toi donc de patience et de créativité, car si tu te retrouveras parfois devant des classes totalement réceptives à ce que tu fais, tu devras aussi faire face à des gros flops qui te donneront envie de te défenestrer. Ah, qu’ils sont cruels les enfants…

Avantages et inconvénients

Ce programme est une véritable chance. Le salaire que tu gagnes est honorable (700€ en moyenne pour 12h de cours) et si tu as envie de te faire une véritable expérience en tant que professeur, je pense qu’il faut d’abord passer par cette case.

Les bémols que j’ai pu noté durant mon année, c’est le flou total dans lequel on te laisse pour la préparation de tes cours : tu apprends le métier sur le tas. Autre souci : lorsque tu es assistant, pas facile facile de se faire des amis, vu que tu ne fréquentes soit que des couches-culottes, soit des adolescents, parfois des adultes quand tu as de la chance. Douze heures par semaine, c’est peu, et quand tu n’as pas d’amis, c’est long.

Alors comment se faire des amis ? Plusieurs solutions pour cela : essaye de rester en contact avec les autres assistants qui sont dans ta région… Et si tu n’as pas de chance, et que tu es seul paumé dans un village, essaye de te rattacher aux Erasmus, ou aux programmes d’échanges de langues qui te permettent de rencontrer des gens de différents horizons !

Alors est-ce que ce boulot est fait pour toi ? Si tu es un grand débrouillard et quelqu’un d’extraverti, oui ! Mais si tu détestes les gosses, fuis !

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