L’Art Epistolaire : témoignage de deux filles qui écrivent à leurs idoles

Pacôme et Louise (ce sont leurs pseudonymes) ne font pas du tricot, ne font pas du scrapbooking ni du macramé. Non, elles, leur truc c’est de faire de l’art épistolaire. C’est le mot bien compliqué pour dire qu’elles s’envoient et envoient des lettres dont le contenu et l’enveloppe sont imaginés de A à Z par […]

L’Art Epistolaire : témoignage de deux filles qui écrivent à leurs idoles

Pacôme et Louise (ce sont leurs pseudonymes) ne font pas du tricot, ne font pas du scrapbooking ni du macramé. Non, elles, leur truc c’est de faire de l’art épistolaire. C’est le mot bien compliqué pour dire qu’elles s’envoient et envoient des lettres dont le contenu et l’enveloppe sont imaginés de A à Z par leur cerveau créatif. Mais comme rien ne vaut un bon témoignage, voici toutes les explications sur leur démarche dans ce joli article écrit à 4 mains !

– Pacôme : L’épistolaire (sous entendu, du courrier, de l’art postal, que dis-je, des enveloppes trop chouettes avec de la magie dedans) ça a commencé quand j’ai fait la connaissance de Louise. On s’est rencontrées via nos blogs respectifs et après quelques commentaires échangés on a entamé une relation épistolaire. Je crois bien qu’on s’est envoyé assez de courriers pour retapisser chacune tout un mur de nos chambres. Ce qui est chouette avec l’épistolaire, c’est que ça fait autant plaisir d’en envoyer que d’en recevoir, et puis il faut avouer que des couleurs et des confettis dans une boîte aux lettres ça égaye le quotidien.

– Louise : L’épistolaire (sous entendu, trépigner devant la boite aux lettres et avoir des chamades au cœur quand on aperçoit à l’intérieur un timbre prometteur) ça a pris avec Pacôme des proportions assez joyeuses. Se poster des bouts de tout et de rien, et puis faire aussi des tempêtes de collages de papiers, de matières et de couleurs, c’est vite devenu la raison d’être de notre relation. De la carte postale en passant aux assemblages d’images que l’on déplie pour faire des posters, des bricolages petits formats aux colis remplis de douceurs, on a fait voyager beaucoup de rêves et d’affection dans les camions de la poste.

– Pacôme : Toujours est-il qu’un jour, Louise m’a envoyé un très très bel album illustré, Rendez-vous n’importe où écrit par Thomas Scotto et illustré par Ingrid Mongy.

– Louise : A l’époque, après le lycée je m’échappais à la bibliothèque, où je montais au dernier étage, celui de la jeunesse. Je passais des heures à farfouiller dans les étagères et à m’émerveiller des albums pour enfants. C’est comme ça que par hasard, Rendez-vous n’importe où est tombé dans mes mains. Le coup de foudre a été instantané. Avec une pensée immédiate pour Pacôme, j’ai eu la sensation que ce livre là avait été écrit pour nous. C’était l’été. Je suis partie en vacances avec Thomas Scotto et sa poésie dans mon sac à dos.

– Pacôme : Pendant 4 ans il ne nous a pas quitté. Ce livre est tellement chouette qu’on a fini par le connaître par tous les bouts et que c’est devenu entre nous deux une petite ritournelle. On le citait à tire-larigot, on se l’écrivait sur des enveloppes, des mails, partout. Ce qui est extra, c’est que ce livre raconte l’histoire de Monsieur et de Madamz’elle, un amour épistolaire plein de missives au goût d’enfance et de douceur. Autant dire qu’il était fait pour nous, ce bouquin.

– Louise : Il y a peu, je me suis mise à trainer sur Facebook. J’y ai mis en ligne beaucoup de photo, dont une qui montrait un collage que j’avais envoyé à Pacôme. C’est la première des lettres de Rendez-vous n’importe où, façon « courrier anonyme », vous savez, quand on découpe les lettres une par une dans différents journaux, pour assembler ce puzzle d’alphabet et avoir finalement des phrases complètes. J’ai ajouté Thomas Scotto à mes amis. Il a donc vu cette image et l’a commentée : « Magnifique… Mais c’était quand, quoi, comment, pourquoi ? On ne sait jamais rien de rien, nous, les auteurs ! » En lisant ses phrases, j’ai réagi au quart de tour. Je me suis dit que c’était l’occasion rêvée de lui écrire une lettre, pour lui raconter toute l’importance que Rendez-vous n’importe où avait pour nous !

– Pacôme : Quand j’ai vu que Louise avait ajouté Thomas Scotto dans ses amis Facebook, je ne vous raconte pas l’hystérie. Parce que ce n’est pas simplement un écrivain jeunesse, c’est un petit bout de magicien qui raconte des histoires comme un enfant, avec de la poésie, de l’imagination, de la douceur et des éclats de rire cachés entre les lignes. C’est un trait d’union entre Louise et moi. Alors quand elle m’a dit « Chiche, on se donne deux semaines pour envoyer une épistolaire à Thomas Scotto en lui racontant Rendez-vous n’importe où, ce qu’il représente pour nous, des photos de ce qu’on s’est envoyées sur ce thème… », je n’ai pas hésité et j’ai sorti mes boîtes à trucs, colle, scotch, photos, paillettes, un grand bazar pour lui fabriquer un petit bijou qu’il n’allait pas oublier de sitôt.

– Louise : Lalalalala. (chantonne) Elle est cool, ma copine, hein ?

>> Suis les aventures de Pacôme & Louise : Anna Gavalda, des réponses étonnantes et d’autres photos de leurs réalisations sont au rendez-vous !

– Pacôme : Il faut dire aussi que, chacune de notre côté, on n’en est pas à notre première tentative d’épistolaire à un magicien. Il y a tellement de personnes dont on tombe amoureuse, des écrivains, des illustrateurs, des chanteurs, qu’on ne peut pas s’empêcher d’avoir envie de leur raconter les frissons qu’ils nous offrent avec leurs chefs-d’œuvres. Je crois bien avoir harcelé Mathias Malzieu (chanteur de Dionysos) au moins trois fois et le pire c’est que je sais bien que je ne résisterai pas à la tentation de lui bricoler de nouvelles enveloppes.

– Louise : Écrire à des gens que l’on admire, ça a été une de mes grandes spécialités. Poètes, photographes, comédiens, tout le monde y est passé. Écrivains aussi, évidemment… Anna Gavalda a été ma plus belle victime. J’ai saturé sa boîte aux lettres de courriers en tous genres pendant des mois. A tel point que lorsque je me suis présentée devant elle, un jour, à une séance de dédicaces, et que je lui ai dit « Bonjour, je suis Margot, je ne sais pas si te souviens, je t’ai envoyé pleins pleins de lettres », elle m’a répondu « Oui oui, je t’ai reconnue, je te vois du coin de l’œil depuis tout à l’heure, et je me disais que tu étais exactement aussi colorée que les lettres que tu m’as envoyées. Mais bon, je ne voulais pas crier comme ça devant tout le monde Salut Margot ! «  Je ne tenais plus sur mes jambes, j’étais à deux doigts de m’évanouir. A propos de jambes, elle a jeté un coup d’œil à mes collants, et m’a dit « OH, j’ai les mêmes, pas en vert-pomme comme toi, mais les mêmes quand même. Tu fais quelle taille ? «  Et quelques mois plus tard, je recevais trois paires de collants de la même collection que ce jour là, avec un petit mot signé Anna Gavalda. Youpi haïdi ! La folie-folie-folie-des-spaghettis.

– Pacôme : Louise a donc réussi à soutirer à Thomas son adresse personnelle contre la promesse d’une réponse à son commentaire : une lettre à deux voix. Il ne nous restait plus qu’à nous mettre au travail. Pour ma part, quand je fais de l’épistolaire, en général je pars de ce que j’ai sous la main, je découpe dans mes magazines, je fouille dans ma boîte à papiers, dans mes rubans, mes fourre-tout remplis de petites choses amassées et puis je fais au feeling.
Mais Thomas Scotto, c’est quand même pas n’importe qui alors j’ai cogité comme une dingue pour faire un truc au top du top. Je me suis dit que j’allais lui raconter comment son livre nous avait inspirées, Louise et moi, pour se bricoler des rendez-vous n’importe où toutes les deux. Depuis 4 ans qu’on se connaît on ne s’est jamais vues en vrai, ou presque, on n’a jamais entendu le son de nos voix, et pourtant on a fait des trucs plus chouettes qu’avec n’importe qui. Aller chez l’une et chez l’autre quand il n’y a personne pour se laisser des ballons au plafond ou des post-it partout sur les murs, ce genre de choses un peu folles. Et c’était toujours avec Rendez-vous n’importe où en filigrane derrière nos paupières. Alors j’ai cousu à Thomas Scotto toute cette petite histoire folle sur du joli papier, glissé des photos et des post-it dans de belles pochettes et saupoudré le tout de confettis pour lui envoyer. Tout ça bien au chaud dans une enveloppe géante peinturlurée comme la couverture de son livre.

– Louise : Pacôme a assuré comme une folle (comme d’habitude). Il se trouve, que de mon côté, je n’ai toujours pas posté ma lettre à Thomas…

– Pacôme : Je crois qu’il a été touché par notre histoire et ravi d’avoir reçu du courrier pas comme les autres. Je suppose que pour un auteur c’est un bonheur de voir à quel point ses livres ont été adorés, lus et relus, et peuvent rendre la vie de certaines personnes bien plus belle. Il nous a posté quelques commentaires adorables de remerciement sur Facebook et nous a laissé entendre qu’il allait nous répondre.

Pacôme… le facteur est loin d’être impressionnant à côté de ce que je viens de recevoir aujourd’hui… Voilà, j’ai trouvé une sacrée clé, un grand « il était une fois » d’émotions… J’ai reçu dans ma boite aux lettres deux sourires de filles très douées pour cela. La voix dans mes chaussettes et le cœur en tourbillon…des mercis au kilomètre…merci merci merci. Je ne vais pas en rester là…

Depuis je guette le facteur, j’attends, mais d’avoir eu une réaction de sa part c’est déjà une chouette victoire !

– Louise : Évidemment, Pacôme a conquis Thomas Scotto. Je suis évidemment un peu jalouse… Il faut maintenant que je galope jusqu’à la boîte aux lettres de Thomas Scotto pour y rejoindre mon amoureuse qui m’attend sagement !

– Pacôme : C’est décidé, 2010 s’annonce plein de surprises d’épistolaire, j’ai déjà tout un tas de personnes magiques à qui envoyer du courrier !

– Louise : C’est décidé, 2010 sera timbré ou ne sera pas ! Les aventurières de l’épistolaire ont encore tant de sourires à partager…

>> Mais ne crois pas que leur histoire se termine ici ! Pacôme et Louise ont bien d’autres idées : avec une troisième protagoniste qui a pris part à leur projet, elles viendront te dévoiler régulièrement leurs aventures épistolaires ! Rendez-vous, non pas n’importe où, mais dans deux mois pour connaitre la suite ! ;)

_Retrouve Pacôme sur son blog : Pas comme les autres
_Retrouve Louise sur son blog : A votre Guise
_ Rendez-vous n’importe où, Thomas Scotto

>> Cet article t’a inspiré ? Tu souhaites faire la même chose que Pacôme et Louise ? Rendez-vous page suivante pour tout savoir !

Tu connais déjà sûrement l’Atelier Cartes Postales des forums madmoiZelle, dont la dernière édition sur le thème de l’Hiver a été menée tambour battant par Amy’ !

Suite au succès de cet atelier et à l’article de Pacôme et Louise, on s’est dit : pourquoi pas faire pareil ?

C’est pour ça qu’on vous propose d’envoyer de jolies cartes & lettres accompagnées de leurs enveloppes aux personnalités que vous admirez le plus ! Qu’elles soient connues ou un peu moins, peu apporte : le but de la manœuvre étant de déclarer votre flamme à cette personne !

Le topic de cet article servira de plateforme où vous pourrez nous tenir au courant de vos envois : dites-nous à qui vous envoyer votre lettre, surtout montrez-nous vos créations (on pourra par la suite les mettre dans une galerie) et prévenez-nous d’une éventuelle réponse ! ;)

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 27 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Clarinouille
    Clarinouille, Le 5 septembre 2010 à 21h17

    Le truc que j'adoooorerai se serai d'envoyer une lettre a Amélie Nothomb ...

Lire l'intégralité des 27 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)