En Argentine, les parlementaires ont voté en faveur de l’avortement – Direct

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Esther s'est rendue en Argentine pour suivre les débats autour d'un projet de loi qui permettra potentiellement de légaliser l'avortement dans le pays. Elle explique ici la situation, juste après l'annonce des résultats du vote.

En Argentine, les parlementaires ont voté en faveur de l’avortement – Direct
madmoiZelle en Argentine

Esther est partie recueillir les témoignages des jeunes femmes de plusieurs pays, à travers le monde, avec une attention particulière portée aux droits sexuels et reproductifs : liberté sexuelle, contraception, avortement.

Elle a déjà rendu compte de ses rencontres avec des Sénégalaises, puis avec des libanaises, elle a aussi suivi les débats sur l’avortement en Irlande et sa quatrième étape l’a menée en Argentine !

Tu peux suivre au jour le jour ses pérégrinations sur les comptes Instagram @madmoizelledotcom et @meunieresther, avant de les retrouver ici bientôt !

Mise à jour du 14 juin 2018 — Les parlementaires ont voté en faveur de l’avortement ce jeudi. Esther a suivi l’événement en direct, tu peux assister à l’événement comme si tu y étais sur le compte Instagram @madmoizelledotcom, en story !

On y voit les militant·es pro-choix s’y réjouir et fêter ce vote historique. Le combat n’est cependant pas fini, puisque le Sénat, très conservateur, devra à son tour voter la loi.

On t’emmène suivre la manifestation à Buenos Aires en direct sur Instagram !

Esther est toute la journée sur la Plaza Congreso, juste devant le bâtiment où tout se jouera à Buenos Aires. Elle te montre l’ambiance sur place sur les comptes Instagram @madmoizelledotcom et @meunieresther.

– Article paru le 12 juin 2018

Ce mercredi 13 juin 2018, les député·es argentin·es vont se prononcer sur un projet de loi lié à l’avortement.

L’avortement à la demande en Argentine est illégal

En effet, comme dans la très grosse majorité des pays d’Amérique du Sud – à l’exception notable de l’Uruguay et des territoires d’outre mer guyanais – l’avortement est interdit en Argentine.

Capture d’écran issue de la World Abortion Laws Map.

C’est seulement en cas de risque pour la santé ou la vie de la mère, en cas de viol/inceste, ou de malformation foetale que les Argentines peuvent légalement recourir à l’avortement.

Celeste Mac Dougall, très investie au sein de la « Campagne Nationale pour le droit à l’avortement legal, sûr et gratuit » m’indique cependant que même dans ces cas, l’accès à l’IVG n’est pas automatique.

« Et de toutes façons il y a aussi toutes les situations qui ne correspondent pas à la loi actuelle et qui conduisent les femmes à avorter dans la clandestinité.

Pour elles, ça peut être fait dans des conditions relativement sûres si elles ont les moyens, mais lorsqu’elles n’en ont pas, ce peut être des conditions dangereuses. »

Selon les statistiques officielles, 43 femmes seraient décédées des suites d’avortements pratiqués dans des conditions non-sûres en Argentine en 2016, mais cela serait largement sous-estimé d’après des ONG.

Le chiffre de 450 000 avortements pratiqués chaque année dans le pays est souvent utilisé pour décrire la situation. Il date de 2005 mais donne un ordre de grandeur utile pour prendre conscience du problème.

À lire aussi : Interdire l’IVG, c’est mettre la vie des femmes en danger, comme le confirme cette nouvelle étude

Le combat pour le droit à disposer de son corps

C’est donc pour faire évoluer cette situation que les militantes s’organisent depuis 13 ans pour tenter de faire changer la loi.

Il y a déjà 7 ans qu’elles ont fait une première proposition. Cette fois-ci, comme le raconte Celeste Mac Dougall, de grandes consultations ont été faites en amont.

« On a travaillé sur le projet de loi ensemble, on a organisé des assemblées, dans les universités et dans différents lieux publics pour que notre proposition soit élaborée le plus démocratiquement possible.

Par exemple on a changé le mot « femme » pour l’expression « personne enceinte » pour que le texte soit plus inclusif. »

Jusqu’à cette année, le gouvernement s’était toujours opposé à son examen par le parlement.

Mais Mauricio Macri, qui a accédé à la présidence en 2015, souhaite marquer une véritable rupture avec le précédent gouvernement et c’est sans doute ce qui l’a incité à autoriser l’examen de la loi bien qu’il soit lui même opposé à l’idée de la légalisation de l’avortement.

Il n’a pas donné de consigne de vote pour laisser aux membres de son parti et de son gouvernement la possibilité de définir eux-mêmes leur position. D’ailleurs, le ministre de la santé a pris son contrepied en affirmant son soutien au projet de loi.

Mais à la veille de la journée décisive de son examen par le parlement, le résultat demeure très incertain.

Que signifierait le vote de la loi de légalisation de l’avortement en Argentine ?

La proposition faite par les militantes impliquerait de dépénaliser et légaliser l’avortement jusqu’à 14 semaines de gestation sans condition.

Ce délai pourrait toutefois être dépassé en cas de grossesse issue d’un viol, de danger pour la vie de la mère ou de malformation foetale.

À l’origine, le projet de loi ne prévoyait pas d’objection de conscience :

« Le sujet a été très fortement débattu dans nos rangs mais nous avons décidé que nous ne pouvions pas l’inclure car c’est un obstacle, une limite à l’accès au droit à disposer de leur corps pour les femmes. »

Mais de même, que la possibilité pour les jeunes à partir de 13 ans d’avoir recours à l’IVG sans être accompagné·es d’un parent ou responsable légal, cela pourrait changer pour rallier les parlementaires qui doutent encore et dont les votes seront décisifs.

Le droit à l’avortement, une lutte sans fin ?

Alors que la session parlementaire pourrait durer entre 12 et 30 heures selon différentes estimations des médias argentins, les militantes pro-choix ont prévu de se rassembler sur la Plaza Congreso toute la journée, devant le bâtiment où tout se jouera.

Mais même si la chambre basse du parlement vote en faveur de ce progrès, le projet de loi risque fort de se heurter à l’opposition du Sénat, plus conservateur, et qui devra aussi voter le texte en août.

Celeste Mac Dougall ne prévoit pas de baisser les bras pour autant :

« Nous allons continuer de faire ce que nous savons faire et ce que nous sommes légitimes de faire : lutter pour nos droits et sauver les vies des femmes en travaillant avec tout le monde, des professionnels de la santé jusqu’aux enseignants.

Nous allons nous battre pour créer un consensus social sur ce droit, ce qui est la clef pour qu’il soit effectif. »

Merci infiniment à Marie Jacquillard et Mathilde Truong pour à la traduction !

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Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Au croisement de la rubrique actu et de la rubrique témoignages, elle passe de temps en temps une tête à l’étranger pour tendre son micro aux madmoiZelles du monde entier !

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