Anaïs s’en-va-t-en guerre, la jeune bretonne qui refusait de subir sa vie (MÀJ)

Anaïs s'est lancée dans la culture de plantes aromatiques, seule, à 24 ans. Marion Gervais consacre un film-documentaire, Anaïs s'en va-t-en guerre, à cette jeune bretonne déterminée, malgré les obstacles qui entravent ses ambitions.

Anaïs s’en-va-t-en guerre, la jeune bretonne qui refusait de subir sa vie (MÀJ)

Mise à jour du 24 juillet 2014 :

La campagne Ulule qui avait été lancée par Quark Productions pour permettre à tou•te•s celles et ceux qui le souhaitent d’apporter leur soutien au projet d’Anaïs est arrivée à son terme.

L’ambition était d’atteindre 4000 € pour aider la jeune cultivatrice à acquérir son propre terrain et faciliter son installation.

Ce sont plus de 19000 € qui ont été récoltés grâce à la générosité des internautes, touchés par le portrait d’Anaïs réalisé par Marion Gervais (voir ci-dessous) !

Une bien belle histoire, qui loin d’être finie, permet à Anaïs de prendre un nouveau départ, bientôt en tant qu’exploitante ET propriétaire !

Article initialement publié le 11 juin :

Anaïs a décidé de ne pas subir sa vie. Elle s’est lancée dans la culture de plantes aromatiques à 24 ans, avec l’ambition de confectionner des tisanes et de les vendre.

Marion Gervais est réalisatrice. Un jour, pendant une promenade, elle a vu Anaïs, en train de travailler dans son champ, en talons hauts ! Elle raconte sa rencontre avec cette jeune femme fascinante :

« Elle vivait dans une cabane, sans eau, avec une électricité à 12 Volts. Elle m’a raconté qu’elle menait un combat, celui de devenir agricultrice, de vendre des tisanes dans le monde entier.

J’ai été séduite par sa rage, cette volonté de ne pas subir sa vie.

J’ai voulu la filmer. J’ai contacté Quark Productions, et ils ont soutenu le projet. Je me suis immergée dans le monde d’Anaïs pendant presque deux années entières.

J’allais déjeuner avec elle, l’aider dans ses champs, la filmer. Au final, le film est l’aboutissement de deux ans de rencontres régulières, de respect et de confiance mutuelle et d’amitié, une relation qui s’est construite de manière instinctive et naturelle. »

« Anaïs s’en-va-t-en guerre »

Le résultat ? Un film de 46 minutes, entre le portrait et le documentaire, sur le quotidien d’Anaïs, ou plutôt sur son combat : en effet, la jeune femme se heurte à la misogynie de certains acteurs du secteur agricole, à l’inertie des administrations, et plus globalement à l’ampleur de la tâche que constitue la gestion d’une exploitation agricole en solo.

Diffusé sur TV Rennes, le documentaire a connu une audience si importante en replay que la chaîne a décidé de le laisser en ligne à l’issue des sept jours de disponibilité habituels pour ce genre de contenu.

À l’heure où j’écris ces lignes, le film cumule plus de 310 000 vues. Il a été projeté au Festival des Étonnants Voyageurs.

« Ne pas subir sa vie : tout le monde se reconnaît là-dedans »

Un tel succès d’audience était inattendu, pour ce film réalisé avec trois fois rien, mais pas si surprenant : nombre d’entre nous peuvent s’identifier au message véhiculé par l’histoire d’Anaïs, selon Marion Gervais, qui a été touchée par la rage de réussir de la jeune bretonne. Elle cite un de ses amis, dont elle approuve la formule :

« En ces temps déprimants pour l’humain, ce sont des films sur des histoires comme celle d’Anaïs qui nous donnent envie de nous battre et de nous ré-approprier nos vies. »

Et le combat d’Anaïs a trouvé un écho formidable à travers le documentaire de Marion Gervais : la diffusion du film a donné naissance à une chaîne de solidarité.

La cultivatrice, qui a aujourd’hui 26 ans, a reçu des centaines d’emails de soutien et de commandes. Les offres d’aides sont si nombreuses que Quark Productions a monté une page Ulule pour permettre à tou•te•s celles et ceux qui le veulent d’aider la jeune bretonne à acquérir des terres pour étendre son activité et pouvoir en vivre, ce pourquoi elle se bat.

Les tisanes d’Anaïs sur Ulule : « Aidons Anaïs à acheter sa propre terre »

Et ensuite ? Marion Gervais espère que son film passera les portes des lycées et des prisons, en espérant que d’autres soient inspirés par le portrait de cette jeune femme déterminée.

– Merci à Marion Gervais d’avoir répondu à nos questions !

Pour en savoir plus :

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 29 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Mlinemline
    Mlinemline, Le 28 juillet 2014 à 21h11

    osez-josephine;4848504
    mlinemline;4846710
    osez-josephine;4845344
    Je pense que le fait qu'elle soit belle n'est pas la raison du succès de ce petit film. La raison pour moi c'est surtout son ENORME PAIRE DE CORONES.
    C'est ça qui fascine les gens parce que peu nombreux sont ceux qui arrivent à faire preuve d'autant de courage!

    Puis j'en ai un peu assez de lire/voir/entendre des trucs genre: ça marche parce qu'elle est belle, ce serait un boudin les choses auraient été différentes.
    C'est faux, si elle avait été moche (et d'ailleurs ça veut dire quoi ça exactement?), j'aurais quand même vu une nenette en pleine cambrousse avec la même énorme paire de corones.
    je suis entièrement d'accord avec toi (et avec les autres madz qui vont dans ce sens). cette fille a du courage, elle persévère pour faire quelque chose qui lui plaît, elle monte au créneau et ne laisse pas tomber. On va pas lui en vouloir d'être particulièrement belle, ou décrédibiliser son parcours du combattant et sa force à cause de son physique.

    Par contre, je tique toujours quand je lis ou j'entends des trucs comme "elle a des corones" (et encore plus sur madmoizelle.com évidemment ...). je sais que c'est "juste"  une façon de parler, mais comme les idées et la culture passent par les mots, autant bien les choisir pour véhiculer les bons messages.
    Même si c'est très ancré dans l'imaginaire collectif, il y a quand même rarement une corrélation parfaite entre corones et courage, force, persévérance etc, enfin tout ce qui est rattaché à tort à des traits de caractère exclusivement masculin et héroïque !
    Une bonne paire d'ovaires peut aussi bien faire l'affaire ^^

    je veux pas te faire une leçon à toi particulièrement, ni à personne d'ailleurs hein, mais voilà, moi ça me gave un peu d'entendre des clichés, même sous forme d'expression toute faite, et j'aimerais bien juste des fois qu'on s'arrête à des faits sans les relier à des genres. Puisque l'équation peut être fausse, autant ne pas l'utiliser.

    :fleur:
    T'inquiète, je vois très bien ce que tu veux dire, malheureusement, je parle comme ça, je sais pas si c'est parce que je vis à Marseille, mais "je m'en bas les couilles, j'en ai plein les couilles, il me casse les couilles, j'ai posé mes couilles" font partie intégrante de mon vocabulaire. Du coup, c'est pas très joli, je sais, mais j'ai du mal à faire autrement. Et au cas où d'autres madz passent à coté du message de base de mon poste: Cette nana a du courage! Et des ovaires!
    :)
    j'avais bien compris le fond de ton post, et je pense que les autres madz l'ont bien compris aussi, il est très clair =)
    avec une amie, par chez nous, on "pose nos ovaires sur la table". Ca surprend un peu les non-initiés au début, mais ça passe plutôt bien au final ;)

Lire l'intégralité des 29 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)