Le père de la lycéenne agressée sexuellement pendant son bac de sport réagit face au silence de l’établissement

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Une élève de terminale a été agressée sexuellement par un inconnu pendant son bac de sport. Face au manque de soutien de sa prof, elle a décidé d'agir. Son père a également réagi, indigné par le silence du lycée.

Le père de la lycéenne agressée sexuellement pendant son bac de sport réagit face au silence de l’établissement

Mise à jour du 5 juin 2018 – au soir

Le père de la lycéenne agressée pendant son épreuve de bac de sport (cf. article ci‑dessous) a réagi auprès des médias, comme le relate Le Figaro Étudiant.

Il indique que c’est un camarade de sa fille qui lui est venu en aide lors de l’agression, et non pas l’enseignante. Il ajoute que sa fille lui a affirmé que plusieurs de ses camarades auraient été victimes de l’agresseur. Il s’est manifesté auprès de l’enseignante responsable, mais a confirmé sa non‑réaction :

« On a dû attendre 30 minutes après les faits pour que l’épreuve s’arrête. Les deux enseignants présents n’étaient pas en faveur de l’arrêt de l’épreuve. »

Il explique par la suite avoir dû contacter le proviseur du lycée pour que celui-ci fasse appel aux forces de l’ordre et demande la cessation de l’épreuve.

Selon lui, à son arrivée la jeune fille était prostrée, en pleurs, et l’enseignante dos à elle.

Il s’indigne que le lycée n’ait pas communiqué auprès des parents, se contentant de rassurer les classes en leur affirmant qu’elles ne seraient pas pénalisées pour cette épreuve.

Plusieurs parents d’élèves auraient donc envoyé un courrier à l’attention du lycée, mais seraient restés sans réponse.

Article initialement publié le 5 juin 2018

C’est l’un de ces faits divers qui serre le ventre, et qui rappelle que pour les femmes, le droit à la sécurité et à l’intégrité de leur corps n’est pas acquis.

Quand bien même elles sont dans un environnement neutre, censé ne pas être dangereux.

Une lycéenne agressée sexuellement pendant son bac de sport

France Info relaie l’histoire de Léa (prénom modifié), victime d’agression sexuelle pendant l’épreuve de sport du bac 2018.

Elle devait accomplir, en compagnie des autres élèves de son lycée du Nord, une course d’orientation et récupérer des balises dans un morceau de forêt.

Après s’être approchée d’un homme lui signalant une balise, Léa l’a senti sortir son sexe et se coller à sa cuisse. Une autre élève raconte qu’on lui a demandé une fellation en échange d’indications pour localiser les balises.

« J’ai eu peur, je n’ai même pas pu crier, je suis partie en courant », se souvient-elle.

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Elle retrouve alors sa camarade, qui fait prévenir, via une autre élève, une enseignante qui les encadre. « Elle nous a dit de nous débrouiller pour retrouver notre chemin avec la carte. »

Les lycéennes s’égarent et courent longtemps pour retrouver leur groupe. Léa fait un malaise à l’arrivée, épuisée.

Quand les enseignantes lâchent les lycéennes agressées sexuellement

Malheureusement, l’autre prof n’a pas su prendre la défense de ses élèves, qui ont été forcées de continuer l’épreuve, ou risquaient de rater leur bac.

« Tu vas courir, sinon c’est zéro ! »

Puis, toujours selon Léa, elle minimise la scène : « Ce n’est quand même pas la première fois que vous voyez un homme nu ! »

Léa insiste sur le fait qu’il ne s’agissait pas « seulement » d’exhibitionnisme (qui peut déjà être traumatisant), mais d’une agression sexuelle puisque l’homme l’a touchée sans son consentement après avoir sorti son pénis.

La lycéenne agressée sexuellement porte plainte

Léa a déposé une pré-plainte en ligne contre son agresseur, et a rapporté à la direction du lycée les propos tenus par l’enseignante.

Jean-Yves Bessol, directeur académique, explique que la prof en cause a reçu un « rappel à ses obligations de sécurité » et que le proviseur a confirmé aux élèves que l’incident ne les pénaliserait pas pour le bac.

L’adolescente estime cependant que le lycée n’a pas agi à la hauteur de la gravité des faits. Léa s’est résolue à agir.

Elle a donc décidé de faire du bruit dans le bahut, en placardant partout des affiches : « BAC SPORT = AGRESSION SEXUELLE ».

« Je ne le fais pas pour moi, je le fais pour les classes d’après. Mais j’ai vu la CPE et une prof arracher mes affiches », regrette la lycéenne, qui espère briser le silence.

De mon côté, j’espère que la police pourra retrouver l’agresseur de Léa et que ce qu’elle a vécu mobilisera les personnels des lycées pour mieux assurer la sécurité des élèves.

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Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu'elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.

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Commentaires
  • SoldatLouise
    SoldatLouise, Le 15 juin 2018 à 11h47

    JAK-STAT
    @Gringo ouais et comment il savait où étaient les balises :hesite:
    J'ai été au bahut en face d'un grand parc où les courses d'orientations sont possibles, je sais encore où sont les balises, et ça fait des années que j'ai passé mon bac. Il est même possible de demander en famille ou entre amis a l'entrée du parc de quoi faire la course d'orientation donc bon c'est pas très compliqué...

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